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Le capital des connaissances humaines s'accroît considérablement depuis quelques siècles. L'enseignement continu de ces connaissances et les découvertes nouvelles dans la littérature, les sciences et l'histoire constituent les intérêts composés de ce capital. En considération même de cet accroissement, l'éducation n'est plus aujourd'hui ce qu'elle était jadis. Presque entièrement physique aux premiers siècles de notre ère, elle a perdu peu à peu, au fur et à mesure de l'avancée dans les temps modernes, son côté corporel au bénéfice du côté intellectuel.

Quelques gens intelligents, en promenant leurs regards sur cet état de choses, poussèrent le cri d'alarme. Ceux qui dirigent l'enseignement l'entendirent. La gymnastique fut régulièrement introduite dans les lycées. L'exercice militaire y prit place. On régla les récréations, les promenades et les marches, mais on négligea, comme on néglige encore, pendant ces récréations et ces promenades, d'imposer le jeu aux jeunes gens.

Les jeunes gens se réunirent, comme ils se réunissent toujours, par groupes, causant de choses et d'autres, le plus souvent insignifiantes, sinon mauvaises, perdant de plein gré les avantages nombreux qu'ils pourraient retirer d'une récréation tout entière passée à bien jouer. Les jeux et les amusements, quelle que soit leur nature, loin d'être inutiles et puérils, doivent se rattacher étroitement à toutes les parties de l'éducation. Leur influence est salutaire, nécessaire même. Actifs, ils agissent sur le corps; paisibles, ils présentent le plus souvent un excellent exercice à l'intelligence, ou servent d'école à l'adresse des doigts, de l'oeil et de la mémoire.

Malheureusement les jeux se perdent, disparaissant sous une sorte de dédain bien mal justifié. Des jeunes garçons et des jeunes filles vont jusqu'à ignorer le nom de ceux, séculaires déjà, auxquels avaient joué leurs parents, et connaissent à peine les formes actuelles de quelques autres, préférant et ayant préféré les causeries du préau aux saines distractions de leur âge.

Désireux de contrevenir à ce dédain, dans la mesure du possible, nous avons tenté d'écrire un long ouvrage sur les jeux de la jeunesse, non pour refaire ce qui a déjà été fait maintes fois, c'està-dire une sorte d'encyclopédie ou d'académie des jeux, donnant, avec plus ou moins de sécheresse, la nomenclature et les règles des récréations variées et des exercices de la jeunesse, mais pour rechercher, d'abord et surtout, l'idée, la tradition, la coutume ou le fait historique auxquels se rattache tel ou tel jeu.

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Ce sujet, rempli de lacunes et d'obscurités, a tenté quelques savants modernes, mais tous se sont cantonnés dans un domaine spécial, ne comprenant le plus souvent que lés époques grecque et romaine. Ces travaux, tout excellents qu'ils sont, ne présentent, au demeurant, que quelques anneaux détachés de la grande chaîne des jeux. Aucun d'eux ne montre l'analogie existant entre des amusements d'aspects tout dissemblables, de prime abord, et qui, après un examen plus attentif, décèlent entre eux des liens de parenté indéniables.

Il restait donc à mettre au jour cette parenté, à renouer à travers les siècles la filiation des divers jeux, non seulement en fouillant dans les auteurs grecs ou latins, mais encore dans les récits des voyageurs qui ont écrit sur les mœurs et sur les coutumes des différents peuples de la terre. C'est ce que nous avons tenté de faire. La besogne paraissait plus facile qu'elle ne l'a été. Les auteurs grecs et latins, si minutieux en toutes choses, ont certainement dû écrire des traités sur la matière. Ils ne sont pas parvenus jusqu'à nous. Nous ne pouvons compter que sur les témoignages, généralement trop succincts, des polygraphes de la décadence, ou sur les travaux des savants modernes, que je signalais tout à l'heure. Quant aux voyageurs, beaucoup négligent cette partie vraiment typique des mœurs et des coutumes. Ceux qui en parlent approfondissent peu la question. C'est grand dommage si l'on considère que les premiers explorateurs de l'Amérique y ont retrouvé, en pleine vigueur, presque tous les jeux de la Grèce ancienne.

Il nous a donc fallu nous livrer à des lectures nombreuses et variées, notant un mot, une phrase incidente, une coutume, amoncelant ainsi des matériaux dont le plus minime pouvait, après une étude plus suivie, nous fournir les moyens de renouer cette filiation que nous cherchions à établir. Premier travail, tout de compilation celui-là, long, ingrat, décevant, plus fertile en déboires qu'en attraits, mais préparation necessaire pour que l'idée que nous avions eue puisse s'affruiter.

Premiers Jeux : Le Jeu du Cheval

« A dada! à dada! » Voilà un cri souvent répété par les tout petits et qui correspond à un jeu qu'ils comprennent à merveille sans qu'on ait besoin de le leur expliquer. L'origine de ce jeu remonte probablement aux temps où Adam et Èvé vivaient. Caïn, avant de jouer du bâton pour assassiner son frère Abel, s'était bien certainement servi de cette arme meurtrière en guise de cheval.

Plus tard, chez les Grecs, nous retrouvons ce jeu fort en usage. Élien et Plutarque nous ont transmis à ce sujet un trait curieux de la vie d'Agésilas, qui, en bon père, aimait ses enfants au point de s'associer à leurs jeux. Socrate, persuadé, en véritable sage, que l'homme a besoin de délassement, quelle que soit sa position, n'éprouva nulle honte, au dire de Valère Maxime, dans un moment où, jouant avec ses enfants, tout petits encore, il fut surpris et moqué par Alcibiade, pendant qu'il galopait un roseau entre les jambes. Henri IV, bon père de famille lui aussi, jouait au dada avec ses enfants. Il lui arrivait même souvent de remplacer le bâton par sa personne royale, et de galoper au travers de la chambre, à quatre pattes, le dos surchargé de ses bambins riant à gorge déployée, sous le regard ami de leur mère.

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Aujourd'hui encore, dès que les petits garçons peuvent courir, ils pressent entre leurs jambes un bâton, une canne, un parapluie, voire un simple balai, dont ils soutiennent avec la main le bout placé devant eux. Je connais même des petites filles qui ne craignent pas en cela d'imiter les garçons et de lutter avec eux lorsqu'ils organisent la poste sur un bâton. Dans ce cas, les cavaliers attachent à leurs montures un bout de ficelle ou de ruban, formant une boucle pour passer le poing et servant de bride. Puis ils nouent un cordon au bout d'une baguette, fabriquent ainsi une sorte de fouet destiné à accélérer la marche du cheval.

Tous les cavaliers équipés de la sorte se mettent en ligne, partent à un signal donné, se défiant, s'excitant, cherchant chacun à atteindre le premier un but fixé, ou simplement à dépasser ses camarades de plusieurs longueurs de bâton. Bien que la poste sur un bâton offre de joyeuses récréations aux tout petits, elle est cependant tenue par eux en médiocre estime sitôt qu'ils grandissent.

La Danse de la Grue et le Labyrinthe

Ils aiment mieux chevaucher un cheval de bois qui caracole dans un mouvement de bascule, s'ils préfèrent ne pas exécuter diverses figures ou se suivre en file en décrivant de nombreuses évolutions. Les Grecs donnaient à ce jeu le nom de danse de la grue, parce que, à l'imitation de ces oiseaux voyageurs qui se réunissent et volent en longue file, les joueurs se tenaient par la main, tandis qu'un conducteur les guidait, en leur faisant décrire des tours et des détours. La danse de la grue, existant encore aujourd'hui en Grèce sous le nom de danse candiote, remonte à la plus haute antiquité, non seulement comme un jeu d'enfant, mais encore comme un plaisir pour les adolescents.

Les jeunes filles, dans certaines contrées, désignent encore par labyrinthe un jeu que dans d'autres provinces on nomme la dentelle ou enfilons l'aiguille. Les joueurs forment un cercle en se tenant par la main et en élevant les bras. Deux d'entre eux, qui s'appellent l'un la navette et l'autre le tisserand, courent en se poursuivant. Le tisserand doit suivre exactement le chemin que la navette parcourt. S'il se trompe, les bras sous lesquels il voulait passer se baissent et le retiennent dans le cercle, dont il est condamné à faire partie, tandis qu'un nouveau joueur prend sa place.

On enfile l'aiguille d'une autre façon. Les joueurs, se tenant les uns les autres par la main, en une longue file, courent en suivant les courbes décrites par le caprice de celui qui, placé à l'une des extrémités, conduit le jeu, tournant la file en tous sens, l'enroulant et la déroulant, jusqu'au moment où il la fait passer sous les bras levés des deux joueurs qui se trouvent à l'autre extrémité, en chantant le refrain monotone et fort peu rimé de :

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Enfilons l'aiguille, l'aiguille,
Enfilons l'aiguille de bois !

Ce jeu prend quelquefois aussi le nom de serpentin. Nous exécutons ainsi, et sans nous en douter, la danse de la grue, mais nous l'exécutons en courant, tandis que les Grecs rythmaient et cadençaient leurs pas, pratique qui se rencontre du reste dans une grande partie de leurs jeux d'action. Artistes jusqu'au bout des ongles, ils voulaient trouver dans leurs jeux mêmes les mélodies du chant et les grâces de la pose. Aujourd'hui nous n'y regardons pas de si près,. malheureusement pour notre goût.

Jeux d'Imitation et Coquetterie

Les petites filles, nées un tantinet coquettes, cherchent dans leurs premiers jeux tout ce qui se rapporte à la coquetterie. Dès la plus tendre enfance, elles jouent à la dame, s'affublent du chapeau de maman ou de l'écharpe de la grande sœur, se promènent, avec de petites mines fort drôles, ou se font réciproquement des visites. Plus tard, grandelettes déjà, elles profitent des. fleurs et des fruits pour s'enguirlander des pieds à la tête; les coucous, les bleuets, les pâquerettes et les baies rouges du sorbier leur fournissent à bon marché de superbes joyaux.

Le Jouet à Travers les Âges

Comme l’a dit si bien le rapporteur de la Classe de la bimbeloterie en 1867, le jouet correspond à une des nécessités de la vie sociale. On peut, à la rigueur, se représenter une famille sans dentelles, sans cachemires et sans bijoux; on ne saurait s’imaginer une famille sans jouets. Le jouet, amusant avant tout, doit encore être utile à un point de vue quelconque. Il faut qu’il aide au développement de l’enfant : corps, esprit ou sentiment. Il faut enfin que le jouet soit bien fait et à bon marché.

Ces deux qualités semblent, au premier abord, s’exclure l’une l’autre, mais, avec les moyens dont l’industrie dispose aujourd’hui, ce miracle peut être réalisé. L’enfant se dégoûte vivement d’un jouet qui a été mal établi et qui tombe en morceaux la première fois qu’il le rudoie un peu ; cette perfection que l’on doit atteindre dans la fabrication est justement une des caractéristiques de l’industrie française.

Au Moyen Age, les tabletiers limousins avaient à peu près seuls monopolisé la fabrication des jouets en bois, à bon marché. Toutefois, pour tout ce qui touche réellement aux objets de goût, si nous nous en rapportons au rapport de M. Natalis Rondot, nous voyons que toutes les fois qu’il s’agit de jouets gracieux, jolis, finis, nouveaux, Paris l’emporte sur tous ses rivaux, qui suivent son impulsion et travaillent d’après ses idées, ses dessins et ses modèles.

La France et l’Allemagne sont à peu près les seules nations qui aient fait, de cette industrie, un objet de grande fabrication et de vente importante pour l’exportation. La supériorité de notre goût est tellement évidente que beaucoup de pays étrangers imitent les jouets de France, moins leur luxe excessif.

Le jouet de Paris ne se distingue pas seulement du jouet importé de l’étranger par la pureté de ses lignes et l’excellence de son goût ; ses qualités, sous le rapport le plus naturel du mot, ne peuvent pas être mises en parallèle avec les objets fabriqués hors de France. L’enfant reconnaît dans le jouet de Paris un concitoyen, et il le traite avec les égards afférents à cette condition.

La différence que l’on peut établir entre le jouet et le jeu, c’est que le premier est plus particulièrement destiné à divertir l’enfant, tandis que le second peut servir à son instruction et à son développement physique : ainsi certains jeux servent plutôt de prétexte à des exercices d’adresse et, parmi ces derniers, les plus habituels sont ceux du ballon, de la balle, du cerceau, de la corde, etc...

Il est très difficile de se faire une idée de l’intelligence et même de l’imagination qu’exige la fabrication du jouet d’enfant. Il ne suffît pas d’atteindre à la limite du bon marché;*il faut incessamment varier les modèles, les façons et les genres. Le bimb.elotier. étudie toujours, vous rencontrerez celui qui fait les animaux devant la ménagerie ou dans les galeries du Muséum d’Histoire naturelle; tel autre note, d’après les relations de voyages, les types de races, les costumes, les allures des peuples étrangers ; tel autre s’attache à suivre au jour le jour et à traduire en jouets l’histoire européenne.

En ce moment, dans bien des petites chambres on fait par grosse, en étain, des gardes mobiles et des hussards hongrois ; en bois, des Kossuth; en poupées, des reines Victoria, des quakeresses, des chinoises ; en imagerie pour jeux de patience, des prises de Rome, des campagnes de Hongrie et toujours des familles de Napoléon; en marron ou en élastique (masquesgrotesques), b s héros des luttes du Parlement et de la presse.

Les Hochets à Travers le Temps

Le but de ce petit instrument a été de tromper la douleur que cause la première dentition, et de permettre à l’enfant de placer dans sa bouche quelque chose qui attendrisse la gencive et facilite à la dent sa sortie de l’alvéole.

Une autre forme de hochet figure un petit cercle monté sur une tige et garni de grelots. Le plus rare de ces instruments se compose d’une tige sur laquelle est rivée une monture métallique formant un fer à cheval. Dans celle monture sont passées de petites tiges de fer mobiles, supportant chacune trois carrés métalliques qui étaient destinés à augmenter le bruit produit par les tiges.

Il y avait aussi des jouets semblables qui avaient la forme de petits animaux, d’un canard ou encore d’un petit cochon. Mais tous ces jouets de la première enfance étaient destinés aux fils des artisans ou tout au plus des bourgeois de cette époque.

Dans un curieux recueil de gravures sur bois qui fut publié en 1587, nous trouvons à la première gravure la représentation de hochet terminé par une sorte de dent ou de corne, et surmontant une sphère toute garnie de grelots; cette coutume de terminer ainsi les hochets peut être rapprochée de la mode des « jettatore » qui se retrouvent encore en Italie et servent à conjurer le mauvais œil.

Crécelles et Moulins à Vent

Ces petits appareils étaient plus connus sous le nom de claquette. Au seizième siècle, la crécelle faisait encore partie des menus accessoires du culte, et Pasquier, dans ses Recherches, la définit ainsi : « Petit moulinet dont nous usons le jeudy et le vendredv de la sepmaine sainte au lieu de cloche, que nous appelions cresserelle; il a emprunté son nom du son qu’il produit.

Dans cette estampe, on voit le bambino occupé à faire tourner un petit moulin qui surmonte deux coquilles...

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