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Parmi les 153 tourelles à éclipse de la Ligne Maginot, la tourelle de mitrailleuses est la plus "légère" (96 tonnes quand même) et surtout, avec 61 exemplaires installés, la plus répandue. Tous les ouvrages d'artillerie et d'infanterie possédaient une, deux, voire même trois tourelles de mitrailleuses. À deux exceptions près, les petits ouvrages Annexe Sud de Coume (Secteur fortifié de Boulay) et de Lembach (Secteur fortifié des Vosges) qui n'en ont pas reçu. En outre, aucun ouvrage du front des Alpes n'a reçu une tourelle de mitrailleuses.

Conçue au début des années 1930 ce n'était pas vraiment une nouveauté puisqu'il existait déjà dans la fortification précédente dite de Séré de Rivières (Belfort, Epinal, Toul, Verdun, etc., construite à partir de 1874) un type de tourelle à éclipse de 25 tonnes pour deux mitrailleuses Hotchkiss de 8 mm. De nos jours, sur ces 61 exemplaires, huit ont été totalement ferraillés ou détruits dans les années 1940 ou 1970, les 53 tourelles restantes (remises en état par l'armée dans les années 1950-1955 lors de la Guerre froide) demeurent toujours en place actuellement, en plus ou moins bon état. Cinq tourelles ont été restaurées, une 6e était en cours de restauration en 2020-2021.

Avant tout il convient de rappeler quels étaient les huit types de tourelles à éclipse de la Ligne Maginot (cinq tourelles d'artillerie, trois d'infanterie) et la place occupée dans cette liste par la tourelle de mitrailleuses :

  • tourelle de 75 modèle 1933, 265 tonnes, portée 12 000 m, 21 exemplaires.
  • de 75 R modèle 1932, 189 tonnes, portée 9 500 m, 12 exemplaires.
  • de 75 modèle 1905 modifiée, 135 tonnes, portée 8 200 m, 1 exemplaire.
  • de 135 modèle 1932, 163 tonnes, portée 5 600 m, 17 exemplaires.
  • de 81 modèle 1932, 125 tonnes, portée 3 500 m, 22 exemplaires.
  • de mitrailleuses, 96 tonnes, portée 5 000 m, 61 exemplaires.
  • d'armes mixtes, 135 tonnes, portée mit.
  • d'arme mixte et mortier de 50, 151 tonnes. portées mit.

La tourelle de mitrailleuses CORF est une tourelle à éclipse d'infanterie de la Ligne Maginot armée de deux mitrailleuses Reibel MAC Mle 31 de 7,5 mm. Elle est destinée à effectuer des tirs rasants dans toutes les directions jusqu'à 5 000 mètres et principalement à battre les dessus des ouvrages. Toutes les tourelles étaient prévues pour être modifiées à terme et recevoir en plus un canon de 25 raccourci à un mètre, mais seuls quelques exemplaires étaient en cours de modification en 1939-40. C'est un engin d'une dizaine de mètres de hauteur, d'un poids total de 96 tonnes, inséré dans un massif bétonné de protection - généralement l'un des blocs d'un ouvrage - et comportant trois étages : l'étage inférieur avec le mécanisme de mise en batterie et d'éclipse, l'étage supérieur avec le fût-pivot de la tourelle et le monte-charge à munitions supérieur, l'étage de la chambre de tir et de ses cuirassements.

Ces trois étages sont aussi le plus souvent désignés ainsi l'étage inférieur avec le mécanisme de mise en batterie et d'éclipse, l'étage intermédiaire, avec fût-pivot de la tourelle et monte-charge à munitions supérieur, l'étage supérieur avec la chambre de tir et de ses cuirassements. C'est cette désignation qui est appliquée ici. Installée dans un puits ménagé dans le bloc bétonné, la tourelle est constituée de parties fixes (la charpente fixe, les couronnes de guidage, l'avant-cuirasse) et de parties mobiles (le balancier d'équilibre et son contrepoids, le fût-pivot de la tourelle avec les mécanismes de pointage, les norias à munitions, la chambre de tir au sommet, la toiture).

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L'étage inférieur

L'étage inférieur est celui de la charpente fixe supportant l'ensemble et du mécanisme permettant le mouvement de mise en batterie et mise en éclipse de la tourelle. On y trouve aussi les appareils de ventilation de la tourelle. Cet étage comporte des parties fixes et des parties mobiles, soit :

  • Parties fixes les quatre colonnes supports de la couronne de guidage inférieur, soit 4 poutrelles verticales constituant l'assise de l'ensemble de la tourelle, celles-ci supportent la couronne de guidage inférieur de la tourelle, placée sous le plancher de l'étage intermédiaire. C'est une pièce en acier moulé munie d'un guidage en bronze et de frotteurs pour le passage du courant électrique. Cette pièce guide le fût-pivot de la tourelle au cours de ses mouvements verticaux et horizontaux. le ventilateur aspirant (voir plus loin).
  • Partie mobiles essentiellement le balancier d'équilibre, articulé à une extrémité au corps de la tourelle, à un contrepoids en fonte de 10,7 tonnes à l'autre extrémité. Ce contrepoids comporte une partie évidée destinée à recevoir un lest variable d'équilibrage à l'aide de pièces de fonte, d'acier ou de plomb. Il se déplace dans une fosse profonde de 1,40 m. L'équilibrage est réalisé en supposant les deux servants à leur poste dans la chambre de tir et la noria à munitions approvisionnée. l'articulation entre le balancier d'équilibre et le corps de la tourelle est réalisée par un ensemble complexe de tourillons, balancier compensatoire, bielles à rotules et sellette qui permettent les mouvements de rotation et de translation verticale de la tourelle. le fût-pivot de la tourelle repose de tout son poids sur la sellette par l'intermédiaire d'un double chemin de roulement à billes en acier forgé dur qui permettent la rotation. Le centrage vertical précis de la tourelle est assuré par deux couronnes de guidage en acier moulé, l'une au niveau de l'avant-cuirasse, l'autre sous le plancher de l'étage intermédiaire. le mécanisme de mise en batterie et en éclipse est actionné par un moteur électrique placé sur le balancier d'équilibre ou, dans le cas de panne de courant, par deux manivelles de marche à bras placées de part et d'autre du balancier. Sa manette peut occuper 3 positions : repos, batterie, éclipse. Des systèmes de sécurité empêchent toute manœuvre intempestive.

Autour de la tourelle les tableaux Force et Lumière le monte-charge à munitions entre cet étage et l'étage intermédiaire une table pour le garnissage des boîtes-chargeurs trois armoires à outillage et pièces de rechange l'échelle d'accès à l'étage intermédiaire.

L'étage intermédiaire

L'étage intermédiaire - à la différence des tourelles d'artillerie il ne possède pas l'habituel poste de pointage qui est reporté dans la chambre de tir. On y trouve donc relativement peu d'éléments :

Sur et autour du corps de la tourelle le fût-pivot de la tourelle le monte-charge supérieur destiné à alimenter la chambre de tir en boîtes-chargeurs, et son moteur électrique l'appareil "Vermorel" pour le refroidissement des armes la couronne circulaire crantée reliée par arbre et pignons au moteur de rotation la couronne de guidage supérieur l'échelle d'accès à la chambre de tir.

Sur les côtés de la tourelle dans les niches trois armoires métalliques pour boîtes-chargeurs (de 36 à 45 chacune) la poterne d'accès à l'espace sous l'avant-cuirasse.

Lire aussi: Fonctionnement détaillé de la tourelle mitrailleuse

L'étage supérieur : la chambre de tir

L'étage supérieur, la chambre de tir - C'est celui des mitrailleuses protégé dans sa partie supérieure par ses cuirassements (muraille, toiture, avant-cuirasse). Par définition la chambre de tir est un espace exigu (diamètre 1,20 m) où se tiennent les deux servants du jumelage de mitrailleuses. On y trouve divers équipements : la trappe d'accès rabattable et avec verrou en position d'ouverture, le siège du tireur, le siège du chargeur, le levier d'éclipse, le coffret de commande du moteur de rotation le bâti du pointage en hauteur (mouvements verticaux du jumelage), le mécanisme de pointage en direction (mouvements latéraux de la tourelle), la recette supérieure du monte-charge à munitions de la tourelle, les conduits d'évacuation des étuis et de la ventilation aspirante, la tablette rabattable droite, la tablette fixe gauche et bien entendu le jumelage de 7,5 mm. En position de batterie, la chambre de tir émerge de 60 cm à l'extérieur.

Caractéristiques générales de la tourelle

C'est la mitrailleuse Reibel de 7,5 mm Mle 1931 F MAC à tir automatique et fonctionnant par emprunt des gaz en un point du canon. Elle tire normalement la cartouche Mle 1929 D à balle lourde mais également :

  • la cartouche Mle 1929 C à balle légère
  • la cartouche Mle 1929 P à balle perforante
  • la cartouche Mle 1929 T à balle traceuse
  • la cartouche Mle 1929 TP, à balle traceuse perforante.

Alimentée en boîtes-chargeurs en tambours (dites "camemberts") de 150 cartouches. Cadence de tir de 450 à 500 coups à la minute, portée extrême 5000 mètres. L'arme est toujours montée en jumelage et existe en modèles droit et gauche, non interchangeables. Elle ne peut tirer qu'en rafale et non coup par coup. Elle est refroidie par injection d'eau sous pression par un appareil Vermorel avec lequel la durée moyenne de refroidissement d'un canon échauffé par 300 coups en tir continu est de 20 à 30 secondes. Pendant cette opération ou tout autre temps mort la seconde arme doit rester disponible. C'est pourquoi le tir simultané n'est pas recommandé.

Outre l'arme, le jumelage comprend un affût, une lunette de pointage L 644, un dispositif d'évacuation des étuis, un dispositif d'évacuation des gaz, un dispositif de refroidissement des armes. La même arme équipe aussi les jumelages de casemate d'infanterie, les jumelages sous cloche cuirassée, les jumelages des armes mixtes sous tourelle, les jumelages des armes mixtes sous cloche cuirassée.

Alimentation en munitions

L'alimentation en munitions se fait en quatre étapes : arrivée depuis l'entrée de l'ouvrage et stockage en caisses dans le magasin à munitions des dessous du bloc, montée des caisses à dos par le personnel et par l'escalier du bloc (quand il n'y a pas de monte-charge), mise en boîtes-chargeurs à l'étage inférieur de la tourelle et montée à l'étage intermédiaire par le monte-charge inférieur, montée à la chambre de tir par le monte-charge supérieur.

Lire aussi: En savoir plus sur la tourelle Hotchkiss

Les munitions sont logées en caisses de 80 000 cartouches dans le magasin à munitions de l'étage inférieur, en boîtes-chargeurs dans trois armoires à l'étage supérieur (deux armoires à 43 chargeurs et une à 36), dans les augets de la chambre de tir. Le monte-charge inférieur à plateau est équilibré par un contrepoids et manœuvré par un treuil à manivelle. Il peut recevoir quatre boîtes-chargeurs (ou quatre paniers à munitions de 25 le cas échéant, voir ci-après, Tourelles modifiées). Le monte-charge supérieur est fixé au corps de la tourelle et est actionné soit au moteur soit à bras. Le poste haut de ce monte-charge est situé dans la chambre de tir. La dotation par pièce est de 200 000 cartouches.

Toutes les tourelles de mitrailleuses étaient prévues d'office afin d'adjoindre au jumelage un canon de 25 mm SA Mle 1934 antichar raccourci à un mètre. C'est pourquoi la muraille de la chambre de tir comporte sur toutes les tourelles installées quatre petites embrasures : deux pour le jumelage, une pour le canon de 25, une pour la lunette de pointage. Le monte-charge supérieur était également en cours d...

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