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Le programme de Char Léger du 2 août 1933, modifié le 22 mai 1934, est destiné à trouver un remplaçant au fameux FT. La Société Hotchkiss, qui a débuté les études avant même la publication du programme, présenta des avant-projets parmi lesquels trois prototypes furent commandés en décembre 1933. Le 11 janvier 1935 le premier prototype Hotchkiss était prêt. Il s'agit d'un char casemate à blindage moulé, armé d'une mitrailleuse.

Les premiers essais réalisés par le capitaine Le Gouest de la Direction de l'Infanterie mirent en évidence plusieurs défauts comme une vision défectueuse et l'exiguïté du poste du chef de char. En revanche le char fit preuve de qualités essentielles telle que la facilité de conduite, la rapidité, une bonne maniabilité. Ce prototype fut ensuite livré à la Commission de Vincennes, présidée par le Colonel Keller (futur Inspecteur général des chars).

Le 3e prototype, est équipé d'une tourelle APX R et adopte la silhouette définitive. Examiné par la Commission de Mourmelon, les résultats des essais furent publiés le 25 juillet 1935. Le H 35 apparaît comme supérieur au Renault R 35 dont la commande en série avait été passée précédemment. Le H 35 souffre de deux défauts qui motiveront le refus pour son utilisation dans l'infanterie : le manque de puissance du moteur de 75 cv et la mauvaise répartition des masses.

La Cavalerie va pourtant s'intéresser au H 35. Le SOMUA S 35 initialement retenu pour l'armement des Divisions Légères Mécaniques coûte cher et sa production est insuffisante. Il est donc décidé de panacher les deux types d'engins puisque la vitesse du H 35 le rend compatible avec le rythme de déplacement des S 35. Son étude avant été reprise pour une adaptation complète au cahier des charges imposé par les D.L.M., le H 35, dans sa formule de série, commença à sortir en octobre 1936.

L'Infanterie sera finalement amenée à commander également le H 35 pour accélérer l'équipement des bataillons de chars de combat. En raison de ses défauts la production se limitera à 400 exemplaires dont une centaine livrés pour l'Infanterie. Il sera remplacé par le H 39.

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Description du H 35

Extérieurement le H 35 est semblable au R 35 Renault adopté par l'Infanterie. La similitude est renforcée du fait de l'installation de la tourelle APX R sur les deux engins. Trois critères permettent de les distinguer :

  • Le train de roulement : Sur les Hotchkiss la chenille est à 6 galets porteurs, montés par paires sur des boggies pincettes à ressorts supérieurs horizontaux, tandis que sur le R 35 il n'y a que 5 galets.
  • La face avant du poste de pilotage : Vu de face, le double panneau du poste de pilotage est décalé à droite sur le H 35, il est en position centrale sur le R 35.
  • Le capot moteur : Le capot moteur du H 35 est plongeant ce qui lui donne un aspect symétrique vu de profil alors que le capot du R 35 est horizontal.

Le pilote mécanicien était assis à droite à l'avant et disposait d'un épiscope monté dans un volet oblique relevable complété par deux fentes de vision sur les côtés. Une porte transversale sur le capot et s'ouvrant vers l'avant servait d'accès au pilote.

Le chef de char disposait de la porte arrière de tourelle. Dans le plancher un trou d'homme, pouvait servir d'issue de secours. L'outillage du lot de bord était disposé sur le pourtour de la caisse. Dénommé lot O-R c'est-à-dire Outils de Rechange, il se composait d'une bâche camouflée fixée par des courroies à l'arrière, d'une pelle, d'une hachette et d'une cisaille sur garde-boue gauche, d'une pioche sur étrier à gauche de la caisse, d'une masse, de 2 pinces monseigneur, d'un cric et sa manivelle sur le garde-boue droit, d'une curette de chenille sur le capot arrière, d'un câble de 10 t à l'arrière, de 2 chaînes de dépannage fixées aux manilles latérales et arrière gauche.

La tourelle APX R

La tourelle APX R étudiée par l'Atelier de Puteaux était en acier spécial, moulée d'une pièce, d'une épaisseur de 40 mm sur les parois verticales et de 25 mm sur le toit. Elle était surmontée par un tourelleau monté sur roulement à billes, la partie supérieure pouvait se soulever pour l'aération. Un système optique (fente Estienne ou PPL RX 180 P) permettait au chef de char de voir à l'extérieur de cette coupole en se tenant debout. Comme autre système de vision il disposait outre de la lunette de visée, Trois diascopes binoculaires (Diascopes Chrétien) sont positionnés à gauche du masque portant le canon et la mitrailleuse ainsi que sur chaque face latérale. Il seront rapidement remplacés par des fentes de vision PPL horizontales.

L'accès se fait par une porte rabattable à l'arrière de la tourelle. Le chef de char disposait d'une sangle pour s'asseoir mais devait se tenir debout pour l'observation et le service des armes. La tourelle pesait 1 350 kg, armes comprises. Elle était montée sur un chemin de roulement de 875 mm de diamètre intérieur et actionnée manuellement.

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L'armement se composait d'un le canon de 37 mm S.A. 18 M 37 court pesant 87 kg avec à sa droite une mitrailleuse de 7,5 mm modèle 31 avec chargeur à droite. L'ensemble avait un champ latéral de 10° permettant d'affiner la visée sans bouger la tourelle. Le canon S.A. 38 sera progressivement mis en place sur les derniers modèles produits.

Mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914

La mitrailleuse de campagne modèle 1900 est mise au point par Benjamin Berkely Hotchkiss qui, depuis longtemps, rêvait de substituer une arme automatique à son canon revolver actionné à la main par une manivelle. Une mitrailleuse de campagne modèle 1900 système Hotchkiss sur affût trepieds au fort d’Uxegney à Epinal. Elle se compose essentiellement d’un canon unique assujetti dans une boîte de culasse renfermant le mécanisme. Ce canon ne diffère d’un canon de fusil ordinaire que par sa plus grande épaisseur lui permettant de mieux résister aux vibrations de l’arme et à l’échauffement dû à un tir prolongé.

En dessous et parallèlement au canon avec lequel il communique par un orifice de prise de gaz, se trouve un cylindre renfermant un piston qui porte des cames destinées à manœuvrer les mécanismes de culasse et d’alimentation. Lorsque le piston est lancé en arrière par les gaz provenant de l’explosion de la poudre, il est retenu au terme de sa course, par une détente placée dans la boite de culasse. En appuyant sur la détente, le piston n’étant plus maintenu, est lancé en avant à sa position initiale par le ressort de rappel qu’il avait comprimé dans son mouvement en arrière. Si on appuie constamment sur la détente, le piston ne pourra plus s’accrocher et rester en arrière.

Pendant le mouvement arrière du piston, la culasse est ouverte, la douille vide est extraite puis éjectée et la bande-chargeur se trouve transportée dans l’arme d’une certaine quantité vers la droite. Mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914. Le chargement se fait en poussant successivement les bandes dans le couloir d’alimentation. Les bandes articulées sont enroulées dans des boites en chêne que l’on pose près de l’arme au moment de tirer. Pour charger, il suffit d’introduire l’extrémité de la bande dans le couloir d’alimentation.

Le mécanisme d’alimentation comprend un entraineur formant double pignon l’un des pignons engrène avec des cames formées sur la tige du piston et prend ainsi un mouvement de rotation intermittent. Deux hommes sont généralement nécessaire pour assurer le service de la pièce, l’un faisant fonction de tireur et l’autre de chargeur.

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Caractéristiques techniques de la Mitrailleuse Hotchkiss Mle 1914

Caractéristique Valeur
Calibre et/ou munition 8 mm
Cadence de tir 400 coups/min
Alimentation Bandes de 24/30/251 cartouches
Portée 2400 mètres
Masse 25,3 Kg (trépied : 27 Kg)
Longueur 1311 mm
Vitesse initiale 930 m/s

Cette mitrailleuse est une amélioration du modèle 1900. Son mode de fonctionnement, par emprunt de gaz sur le parcours, est semblable à celui du modèle 1907. Elle a une détente simple et n'est pas équipée d'un réglage de vitesse. Elle utilise l’affût Hotchkiss modèle 1907 qui comprend un support pivotant et un trépied.

L'armée française s'équipa rapidement en Hotchkiss Mle 1914. Les soldats français l'appréciaient beaucoup, ainsi que leurs alliés ! Elle avait la réputation de pouvoir fonctionner dans un "océan de boue". C'est pour cela que les Britanniques et les Américains l'utilisèrent durant la Première Guerre mondiale. Elle utilise les mêmes cartouches que la mitrailleuse 1907 T. On peut l'alimenter avec des bandes métalliques rigides de 24 ou 30 cartouches, ou encore des bandes métalliques articulées de 251 cartouches. Elle reprit du service avec l'armée française en 1940 et en était même la principale mitrailleuse.

Tourelles démontables STG

Contrairement aux tourelles de la fortification permanente, les tourelles utilisées dans la fortification de campagne diffèrent totalement. Les tourelles démontables y figurent parmi les engins les plus sophistiqués. Les tourelles démontables sont armées d'une mitrailleuse Hotchkiss et existent en deux versions : la modèle 1935 et la modèle 1937. Les deux modèles se distinguent par un changement d'aménagement intérieur relevant du détail. Enfin, nous pouvons mentionner l'existence d'un projet pour tourelle à éléments lourds destinée à recevoir un canon de 25 mm.

Plusieurs centaines d'exemplaires de cette tourelle sont fabriqués à partir de 1935. La différence de modèle est identifiable par le numéro de la tourelle, jusqu'à 495 pour le modèle 1935, à partir de 496 pour le modèle 1937. Peu importe le modèle, chaque tourelle démontable comprend des éléments fixe et mobile. L'épaisseur des parties blindées varie de 25 à 35 mm, ce qui est respectable par rapport à la protection des blindés au début des années 1930.

L'accès à la tourelle se fait par une porte arrière placée dans la couronne supérieure fixe. Les tourelles sont manœuvrées par deux hommes : le chargeur assis sur un siège rabattable et le tireur qui fait office de chef de tourelle installé sur un siège réglable en hauteur. Ce dernier repose sur le fond de la nacelle où il est maintenu en position par un piquet. Le siège est monté sur un tube qui coulisse dans un autre tube. En agissant sur la pédale, on peut descendre ou monter le siège. Le système peut être bloqué par une vis afin d'éviter tout déplacement intempestif.

La nacelle en tôle est suspendue à la couronne mobile inférieure par trois tirants. La mitrailleuse Hotchkiss est installée sur un support spécifique. Le canon de la mitrailleuse est protégé par un carter à rotule similaire à celui des trémies A2R et assimilés. Un mécanisme de pointage assez élaboré permet un fauchage en hauteur et en direction de la mitrailleuse. Un système de cames permet d'effectuer du tir repéré. Sur la calotte, deux orifices rend possible l'installation d'un périscope. Dans le cadre de la tourelle démontable modèle 1935 (et 1937), c'est celui de droite qui est utilisé. L'orifice est renforcé par une gaine qui doit protéger le périscope et permettre à ce dernier d'être fixé à plusieurs hauteurs.

Quatre volets de fente de visée donnent une visibilité toute relative. Ils peuvent coulisser dans les glissières de la couronne inférieure mobile. Un système de camouflage est prévu par la notice et livré avec le reste du matériel. La manutention des éléments de la tourelle exige comme personnel un gradé et huit hommes, ainsi que l'outillage spécifique au montage. Le poids des éléments les plus lourds variant de 150 à 280 kg.

Tourelles de mitrailleuses GF4

Plan d’une tourelle de mitrailleuses GF4 modèle 1905. Les tourelles de mitrailleuses sont destinées à la défense rapprochée de l’ouvrage dont elles font partie. Elles n’entrent en action qu’au moment où l’artillerie ennemie doit cesser ou allonger son tir pour ne pas atteindre ses propres troupes. On en déduit ensuite que la tourelle n’aura à tirer que sur des buts rapprochés, pouvant exiger par conséquent de grands déplacements angulaires.

Le cuirassement comprend une toiture formée d’une plaque de toiture emboutie, en fer laminé ou en acier spécial laminé ou forgé, de 1,43 m de diamètre extérieur et de 120 mm d’épaisseur, avec une bague d’appui en cuivre et une tôle formant parapluie fixée sur le bord de la calotte. Il peut résister en position éclipsé à l’éclatement d’un projectile de 155 à grande capacité. La toiture repose au moyen d’une agrafe sur une virole en acier dur de 15 mm qui sera remplacée après 1902, par de l’acier chromé dont l’épaisseur est de 20mm.

En batterie, la tourelle laisse à découvert la virole cylindrique qui est seulement à l’épreuve de la balle et des éclats de projectiles. Cette muraille possède plusieurs fentes d’observation ce qui permet de diriger les tirs sans observatoire cuirassé. La virole est portée par trois consoles présentant au point d’attache une plaque de caoutchouc donnant à la liaison une certaine élasticité. Les 3 consoles sont assemblées sur un pivot qui peut tourner à frottement doux à l’intérieur d’un cylindre portant à sa partie inférieure le plancher de la chambre de tir.

L’effort à exercer pour mettre la tourelle en batterie se réduit à peu de chose, car elle est complètement équilibrée. A cet effet, à l’extrémité de l’arbre vertical sont attachées trois chaînes qui passent chacune sur une poulie dont la chappe est fixée sous le plancher de l’étage intermédiaire. Le mouvement de rotation est donné directement par le pointeur qui appuie au moyen de ses hanches sur des coussins fixés sur deux des consoles portant la virole.

La première tourelle du type GF3 modèle 1899, pour une mitrailleuse a été construite par le Colonel Galopin. Elle était armée d’une mitrailleuse Gatling modèle 1895. Les autres tourelles de mitrailleuses construites, du type GF4 modèle 1905 possèdent deux mitrailleuses Hotchkiss placées l’une au-dessus de l’autre. Les deux mitrailleuses sont placées sur un affût unique qui peut glisser sur une plateforme fixée sur les trois consoles soutenant la virole.

Lorsque la tourelle est éclipsée, les canons sont contenus entièrement dans le cuirassement. Ils le dépassent au contraire légèrement lorsque la tourelle est en batterie, de manière à laisser au pointeur l’espace suffisant pour prendre commodément la ligne de mire. Ce mouvement de l’affût est produit simplement par deux cordes que l’un tire d’un côté ou de l’autre. Un verrou immobilise le tout dans les deux positions extrêmes. La ligne de mire est unique, de cette façon le passage d’une mitrailleuse à l’autre n’empêche pas le pointeur de suivre son objectif.

Le dessous de l’avant cuirasse d’une des tourelles de mitrailleuses GF4 modèle 1905 du fort de Dugny à Verdun et son panorama de pointage automatique. On a adopté l’acier moulé, comme pour les tourelles de gros calibre, parce que ce métal permet de diminuer l’épaisseur et par suite le poids du cuirassement.

Lors d’un exercice à Toul en septembre 1909, on décèle les premiers cas d’intoxication aux gaz des tirs car les tourelles n’avaient pas de système de ventilation. Le panorama de tir représenté sous l’avant cuirasse du pointage automatique d’une des tourelles de mitrailleuses GF4 du fort de Landrecourt à Verdun. Pendant la nuit ou par temps couvert, on ne peut pas viser sur le but, mais on peut profiter de ce que celui-ci chemine sur le glacis à peu de distance pour donner à la tourelle un système de pointage automatique.

Pour balayer toute la surface du glacis, du moins dans le secteur permis par le champ de tir de la tourelle, il suffit alors de donner à l’engin un mouvement d’oscillation d’amplitude convenable. Pour rendre cette manœuvre plus aisée, on dispose de deux verrous qui maintiennent la tourelle dans le champ de tir utile. Ces mêmes verrous servent à immobiliser la tourelle devant une chambre à sable lorsque, en temps de paix, on tire les mitrailleuses.

Le ventilateur qui aspire les gaz de tir de la tourelle de mitrailleuses GF4 modèle 1905 N°87 de la batterie de Vulmix à Bourg-Saint-Maurice. Lors d’un exercice à Toul en septembre 1909, on décèle les premiers cas d’intoxication aux gaz des tirs car les tourelles n’avaient pas de système de ventilation. Il faudra attendre 1912 pour qu’un modèle de ventilateur soit testé à l’ouvrage de Meroux puis au fort du Bois d’Oye. Ce ventilateur fabriqué par la société Batignolles peut être actionné par une manivelle ou par un moteur électrique de 200 watts.

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