Depuis le début du conflit en Ukraine, une série d'incidents, notamment des incendies et des explosions, ont frappé des sites militaires et industriels en Russie. Parmi les spécialistes anticipant l’attaque russe ou suivant son déroulement, bien peu auraient pensé initialement à une telle perspective mais il devient désormais plausible que l’armée russe ne parvienne pas à une victoire militaire en Ukraine dans la configuration actuelle de son engagement.
Ces événements, souvent qualifiés de "catastrophes industrielles" ou d'"accidents", soulèvent des questions quant à leurs causes réelles. Bien qu'ils soient fréquents en Russie, il est difficile de parler de simples accidents industriels.
L'armée russe a déjà dû affronter l'incendie d'un dépôt de munitions dans la région de Krasnoïarsk en Sibérie, qui a causé des explosions impressionnantes envoyant des débris à des kilomètres à la ronde et faisant un mort et au moins huit blessés.
De leurs côtés, les autorités ukrainiennes n'ont proposé aucune explication claire, laissant planer le doute.
Face à cette série d'incidents, certains observateurs évoquent la possibilité d'un sabotage ukrainien visant à affaiblir la logistique russe et à retarder le renforcement des capacités militaires russes dans le Donbass. Mikhailo Podolyak, conseiller à la présidence ukrainienne, a ironisé sur le fait que les incendies et explosions produits en Russie seraient une forme de "démilitarisation". A noter que pour que le matériel du Kremlin transite du front du nord, il faut repasser par le territoire russe.
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L'objectif des Ukrainiens serait d'affaiblir la ligne logistique des Russes selon Emmanuel Dupuy : "Ces explosions ont une importance stratégique, car elles retardent le renforcement des capacités militaires russes dans le Donbass tout en permettant aux Ukrainiens de compenser le rapport de force, qui est quantitativement aux dépens des forces ukrainiennes (1-3) mais l'apport accéléré depuis trois semaines des armes américaines et européennes relativise ce rapport de force."
En parallèle des incidents sur le territoire russe, la Russie est soumise à une pression économique croissante de la part des pays occidentaux. Celles-ci visent notamment à limiter le plus possible la capacité du Kremlin à financer la guerre qu'il a déclenchée.
L'Union européenne a adopté plusieurs trains de sanctions contre la Russie, ciblant divers secteurs de l'économie, des personnalités politiques et des entreprises. Ces mesures restrictives incluent :
L’objectif est toujours de sanctionner le Kremlin pour la guerre qu’il mène en Ukraine et de le couper de ses sources de financement. Tout en préservant l'UE de difficultés trop importantes pour s'approvisionner en énergie.
Un après le début de l'invasion de l'Ukraine, les Vingt-Sept adoptent un dixième paquet de mesures restrictives contre la Russie. 121 nouvelles personnes et entités, dont des opérateurs iraniens, sont notamment sanctionnées pour leur contribution à l'effort de guerre russe.
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Le douzième paquet de mesures restrictives de l'UE contre Moscou s'attaque cette fois-ci au commerce de diamants. Un secteur qui rapporte entre 4 et 5 milliards de dollars par an à la Russie, premier producteur mondial.
Adopté à la veille des deux ans de l'invasion russe de l'Ukraine, ce treizième paquet de mesures restrictives contre Moscou cible 106 personnes et 88 entités supplémentaires, dont les avoirs dans l'UE sont gelés et auxquelles les entreprises européennes ne peuvent mettre de fonds à disposition.
En outre, l'UE impose pour la première fois des sanctions totales (interdiction de voyager, gel des avoirs et interdiction de mettre des ressources économiques à disposition) à l’encontre de personnes et d'entités chinoises, ainsi que de haut-fonctionnaires nord-coréens.
Dans le Grand Nord russe, dans la région d'Arkhangelsk, une explosion sur une base de lancement de missiles a fait deux morts et plusieurs blessés jeudi et provoqué une « brève hausse » de la radioactivité, ont indiqué les autorités. Le ministère de la Défense a indiqué dans un communiqué transmis aux agences de presse russes qu'un accident a eu lieu lors de l'essai d'un « moteur-fusée à ergols liquides ».
Selon l'agence russe de protection des consommateurs (Rospotrebnadzor), citée par l'agence TASS, « il n'y a pas eu de niveau de pollution présentant des risques pour la santé publique ».
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La navigation des navires civils dans la baie de la Dvina, qui fait face à Severodvinsk, a toutefois été interdite pendant un mois jusqu'au 10 septembre, selon l'Administration des ports maritimes d'Arctique de l'Ouest qui gère cette zone de la Russie.
D'après l'ONG Greenpeace, qui s'appuie sur un autre relevé des autorités locales, le niveau serait monté à 2 microsievert par heure. L'association a indiqué avoir adressé une demande officielle à l'agence russe de protection des consommateurs pour connaître l'ampleur exacte et la cause de ces émanations.
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