Les inondations peuvent avoir des conséquences désastreuses sur l'agriculture et la faune, comme l'illustrent divers événements récents en France.
Dans le Pas-de-Calais, les éleveurs ont été confrontés à des inondations historiques après la tempête Ciaran en novembre 2023. Le nord-ouest du département a été particulièrement touché, avec des cumuls de pluie atteignant 250 mm sur trois semaines. Les bâtiments d'élevage ont été inondés, rendant l'accès difficile et mettant les animaux en danger d'hypothermie. Frédéric Blondel, de l'Association départementale des producteurs de lait du Pas-de-Calais (ADPL 62), a déploré la forte mortalité des veaux.
Des cheptels ont dû être délocalisés, parfois chez des voisins, pour mettre les animaux au sec. Jean-Pierre Clipet, secrétaire général de la FDSEA du Pas-de-Calais, a souligné la difficulté de trouver des bâtiments adaptés en dehors des zones inondées, avec des installations de traite et des précautions sanitaires adéquates. Des salles de traite ambulantes ont été mises en place pour pallier l'absence d'installations fixes.
Les stocks de fourrages et de paille ont été détruits par l'eau, et l'accès aux bâtiments de stockage est devenu difficile, voire impossible. Des silos de maïs fourrage ont été contaminés par de l'eau sale et des hydrocarbures, les rendant inutilisables. Ces conditions météorologiques ont également des conséquences sanitaires sur les troupeaux, favorisant les mammites et les pertes de production chez les vaches en lactation.
Les professionnels ont mis en place une bourse aux fourrages pour accompagner les agriculteurs dans l'urgence. Jean-Pierre Clipet a insisté sur l'importance pour les éleveurs de contacter rapidement les autorités en cas de situation inquiétante, afin d'anticiper les besoins en logements d'animaux, en installations de traite, en pompes ou en tonnes à lisier pour sauver les bâtiments.
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Le botulisme a causé des ravages parmi les populations d'oiseaux en Loire-Atlantique. Plus de 10 000 oiseaux ont été touchés, notamment autour du lac de Grand-Lieu et en Brière. La hausse des températures en juillet et août a réchauffé l'eau, provoquant le développement d'une bactérie toxique responsable de la maladie. Les canards colverts ont été particulièrement touchés, avec plus de 7 000 décès.
En conséquence, les chasseurs ne peuvent prélever que trois canards colverts par jour et par personne cette année. La fédération de chasse de Loire-Atlantique cherche des solutions pour limiter les risques à l'avenir, notamment en augmentant le niveau des réserves d'eau.
Les PPR (plans de prévention des risques) et les Papi (plans d’action de prévention des inondations) sont des outils de gestion des inondations. Les Papi, portés par des collectivités, visent à la réalisation d’actions pour réduire les risques ou les dommages, et permettent d’obtenir des financements de l’État pour des ouvrages ou actions de prévention et/ou de protection. Ces Papi peuvent améliorer la protection des exploitations agricoles.
Cependant, Luc Servant, président de la chambre d’agriculture de la Charente-Maritime, déplore que « l’activité agricole n’est pas assez prise en compte ». Il souligne le manque de financements pour protéger les zones agricoles en plus des zones urbanisées, et le fait que les documents d’urbanisme peuvent figer les exploitations agricoles dans les zones inondables, mettant en péril leur viabilité. Il insiste sur la nécessité de compenser les préjudices subis lorsque des espaces agricoles sont impactés par les ouvrages de protection ou utilisés comme zones d’expansion des crues.
Au printemps dernier, Frédéric Brochot, un éleveur de vaches charollaises d’Autun en Saône-et-Loire, avait constaté qu'une de ses parcelles se trouvait inondée et que l’eau menaçait les terrains de la zone commerciale qui jouxte sa propriété. Il a pris l’initiative de dégager le barrage du castor et ainsi permis le retrait des eaux. L’OFB a porté plainte contre l’éleveur pour « destruction de l’habitat d’une espèce protégée « . La justice a finalement décidé un classement sans suite avec un avertissement pénal probatoire. L’exploitant a tenu à pointer l’attitude des agents de l’OFB, trop souvent perçus comme des « ennemis » par le monde rural : » Ce que je souhaite, c’est que les agents de l’OFB viennent discuter, viennent voir. On m’a dit «on va trouver une solution», mais on ne m’a donné de solution.
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Le gibier est essentiellement consommé lors des fêtes de fin d'année. Sanglier en côtelette ou en rôti, cerf, chevreuil en saucisse... Les Français apprécient le gibier lors des fêtes de fin d'année. Fleuron de la gastronomie, le gibier français est pourtant rare sur les étals : 70% de la viande consommée en France provient de l'étranger.
Il existe de nombreuses contraintes pour les chasseurs qui souhaitent vendre les produits issus de la chasse. Ces installations sont coûteuses et les obligations freinent le développement de la filière. Les processus sanitaires complexes sont un gage de sécurité, mais font grimper les prix.
| Secteur | Conséquences |
|---|---|
| Agriculture (Pas-de-Calais) | Inondation des bâtiments, mortalité animale, destruction des stocks de fourrage, problèmes sanitaires |
| Biodiversité (Loire-Atlantique) | Épizootie de botulisme, mortalité massive d'oiseaux, restrictions de chasse |
| Gestion des inondations | Difficultés à prendre en compte l'activité agricole, manque de financements, compensation des préjudices |
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