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Cet article se propose d'explorer la signification et l'utilisation du terme "chevrotin meurt musc" dans divers contextes culturels et linguistiques.

Le Chevrotin et le Musc

Certains parfums proviennent d’animaux. Le musc secrété par le chevrotin du Tibet se sent à 1 km à la ronde.

Le Chevrotin : Un Animal Timide

Perché sur ses pattes fluettes, le chevrotain est aussi timide qu'une souris: il ne sort que la nuit en empruntant par sécurité un chemin souterrain qui ressemble à un tunnel. Par son aspect physique et son mode de vie, le chevrotain n'est pas très différent du duiker (une petite antilope) ou du vrai cerf. Les taches du pelage du chevrotain permettent à l'animal de se fondre dans la végétation pour se protéger des prédateurs.

On rencontre le chevrotain dans les épaisses forêts tropicales d'Afrique, d'Inde et d'Asie du Sud-Est. Ce petit ruminant vit rarement loin de l'eau, dans laquelle il se réfugie en cas de danger - c'est un bon nageur. La femelle adulte vit seule avec sa progéniture. Le mâle vit en solitaire sur un territoire qui empiète sur celui de la femelle. Il marque son domaine grâce à des glandes odorantes situées sous le menton. Lorsqu'une femelle a choisi son territoire, elle y reste toute sa vie.

Les mâles, cependant, semblent ne pas rester au même endroit plus d'un an. Pendant la période de reproduction, les mâles se battent pour avoir le droit de s'accoupler avec les femelles. Ils se pourchassent et s'engagent dans des combats longs. Heureusement, l'épaisseur de la peau de leur arrière-train limite les dégâts. On a observé des chevrotains mâles d'epèces asiatiques marquer les femelles de leur odeur.

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Après l'accouplement, la femelle donne naissance à un seul petit - rarement deux. Chez les espèces asiatiques, elle peut être prête à s'accoupler de nouveau au bout de 48h. Dans la journée, le chevrotain reste dissimulé dans les profondeurs de la végétation de la forêt: il ne sort que la nuit pour se nourrir.

Le chevrotain aquatique ne mange que des fruits tombés sur le sol, alors que le chevrotain indien ajoute à son régime des feuilles et des bourgeons d'arbres bas. Les espèces asiatiques mangent de l'herbe, des fruits, des baies, des bourgeons et des feuilles. Ce type de végétation fibreuse et dure est difficile à digérer, mais le chevrotain possède un appareil digestif adapté, avec un estomac à trois compartiments - et comme son parent plus grand que lui, le cerf, c'est un ruminant.

Les chevrotains ont peu de défenses contre leurs prédateurs naturels. Pour se cacher, le chevrotain aquatique plonge tête baissée dans l'eau et reste immergé pendant plusieurs minutes. Mais les chevrotains sont souvent victimes des léopards, des crocodiles, des serpents et des grands rapaces. Dans certaines régions, les humains les chassent pour les manger, ce qui explique le déclin des chevrotains aquatiques par exemple.

Une sous-espèces plus grande, le chevrotain de Balabec, est en voie d'extinction à cause de la chasse, de la déforestation et de la perte de son habitat. Le chevrotain aquatique vit en Afrique, de la Sierra Leone à l'Ouganda. Le chevrotain indien vit au Sri Lanka et en Inde.

L'Utilisation du Musc en Parfumerie

À l’époque de Salomon, il n’y avait pas d’alcool distillé. Pour fixer les odeurs, on utilisait souvent de l’huile. Il y a l’exemple saisissant de la consécration des prêtres décrite en Exode. Il y avait cinq kilos de myrrhe liquide, deux kilos et demi de cinnamome, deux kilos et demi de cannelle de bonne odeur, et cinq kilos de casse. Il devait aussi prendre six litres d’huile d’olive… verser cette huile sur Aaron et ses fils, et les consacreras pour qu’ils servent Dieu comme prêtres.

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Pourquoi croyez-vous que tous les commerciaux, qui veulent avoir un brin de succès, se parfument? Parce que l’odeur d’un parfum renseigne un peu sur l’individu.

Kasituri et Odeur

Pour de nombreux Nuaulu, le terme kasituri ne se rapportait pas simplement aux oiseaux. Tout d’abord, il était évidemment associé à tout ce qui pouvait évoquer kihoke (Lorius domicella). Ainsi, il y a l’arbre ai kihoke (Glochidion, dont G. rubrum, et aussi l’euphorbe Breynia cernua), classé en malais d’Ambon comme kayu nuri ou kayu kasturi, et la liane kihoke wane (Poikilospermum suaveolens) également appelée kayu kasturi, parce que les loris et les loriquets y trouvent une source de nourriture ou des lieux de nidification.

Mais kasituri peut aussi s’appliquer à des insectes, par exemple pour désigner des punaises de la famille des Pentatomidae (rikune, rikune anae), dont l’espèce Oncomeris flavicornis et la punaise de l’hibiscus (Tectocoris diophtalmus), que les Nuaulu appellent rekupate. Cette dernière est bien connue pour son odeur nauséabonde, bien que kasituri ne soit pas, à ma connaissance, utilisé en malais d’Ambon comme synonyme de punaise.

Parmi les plantes, kasturi s’applique en malais d’Ambon à l’ambrette (Abelmoschus moschatus [syn. Hibiscus abelmoschus]), buisson de bord des chemins que les Nuaulu appellent pionenane, et dont ils utilisent les feuilles comme shampoing. Les graines de l’ambrette ont un parfum capiteux, douceâtre et floral rappelant le musc. L’odeur et l’huile volatile proviennent du tégument des graines. On les utilise en parfumerie en Asie du Sud-Est (y compris à Java) et dans les traitements ayurvédiques en Inde.

Ainsi, lorsqu’ils ne s’appliquent pas aux oiseaux, ce qui relie à la fois ces termes nuaulu et malais est la référence commune à une odeur. Kasturi en malais d’Ambon est répertorié à la fois comme kasturi et kesturi en indonésien standard, signifiant « musc », tandis que musang kasturi désigne la civette.

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On connaît deux espèces de civette à Seram, la Civette de Malaisie (Vivera tangalunga) et la Civette palmiste (Paradoxorus hermaphroditus), appelées respectivement lau et kuha en nuaulu. Paradoxorus hermaphroditus est probablement présent depuis des millénaires, mais Vivera tangalunga n’avait pas été signalé à Seram avant mes observations dans les années 1970, confirmées plus tard par Kitchener et al. (1993). On connaît la Civette de Malaisie à Ambon et Buru, où elle fut vraisemblablement introduite pour son musc dans les siècles précédant 1621. À cette date, Gijsels (1871, p. 387-387) signale son emploi comme fixateur en parfumerie.

Nous avons déjà noté l’emploi de kasturi pour désigner l’ambrette (Abelmoschus moschatus) que Rumphius (2011, vol. 3, p. 243) traduit par castori. Mais en malais d’Ambon, bunga kasturi est également la Rose de Malaisie (Tapeinochilos ananassae). Tikus kasturi (Echols et Shadily, 1989, p. 575) désigne la Musaraigne des maisons (Suncus marinus), parfois nommée Grande pachyure ou Pachyure musquée (Wojowasito, Poerwadarminta et Gaastra, 1958, p. 107), appelée kusa-kusa en nuaulu.

En raison de son odeur, les prédateurs évitent la Musaraigne des maisons qu’ils mangent rarement, même s’ils l’attrapent par erreur (Burton et Burton, 2002). Nous l’avons vu, des termes apparentés à kayu kasturi, en nuaulu, s’appliquent à certaines espèces d’arbre. Mais dans d’autres archipels du Sud-Est asiatique, le nom désigne le conifère Juniperus chinensis, endémique de la zone tempérée d’Asie orientale, et dont on fait une grande consommation comme drogue et stimulant.

À la fin du xviie siècle, Rumphius (2011, vol. 2, p. 88, et no 37) le nomme caju casturi, qui, dit-il, est mélangé à de la « civette ». Mais beaucoup plus tard, nous avons aussi kayu kasturi hutan, la plante Gomphandra quadrifida (Wilkinson, 1932, vol. 1, p. 584). À Ternate, kasturi kokotu désigne l’Hibiscus radiatus et kasturi roriha la roselle Hibiscus sabdariffa (Heyne, 1913, p. cxxiii). Ainsi, kasturi est passé du statut d’adjectif à celui de substantif. Autrement dit, sa position morpho-syntaxique de postérieure est devenue antérieure (Clerc-Renaud, Laligant, 2012).

De même, à Java comme à Ternate, kasturi désigne l’ambrette Abelmoschus moschatus, bunga kasturi l’orchidée Renanthera moschifera (syn. Arachnis moschifera) et gadong kasturi l’orchidée grimpante et parfumée Epidendrum, et ganda kasturi se réfère à des haricots roulés dans la farine de riz et frits à l’huile. Enfin, limau kasturi désigne le calamondin Citrofortunella microcarpa, qui possède des utilisations culinaires et médicinales.

Par conséquent, sur le plan sémantique, le commun dénominateur semble être ici l’odeur en général, bonne ou mauvaise, mais évoquant le musc. Les termes kasituri, kasturi et kesturi sont connus des Nuaulu et d’autres peuples du monde malais comme homonymes pour un éventail d’espèces animales et végétales. Ce phénomène n’est pas rare dans les terminologies biologiques populaires à travers le monde, les justifications linguistiques étant souvent très convaincantes.

Histoire Lexicographique du Kasturi dans le Monde Malais

Les termes malais kasturi ou kesturi, signifiant musc, dérivent du sanskrit kasturika (Monier-Williams M., 1899). Le dictionnaire malais de Marsden (1812, p. 259) indique que le terme pour musc, ou castoréum, fut assimilé par l’hindi, et de là passa au malais. En effet, le malais moderne s’écrivait à l’origine en syllabaires indiens avant d’utiliser les alphabets jawi (arabe) ou romain (Collins, 1998), et c’est probablement par cette voie que l’écriture fut introduite dans l’archipel du Sud-Est asiatique.

D’après Gimlette et Thomson (1971 [1939], p. 124 ; voir aussi Wilkinson, 1932, vol. 1, p. 584), le musc commercialisé dans le monde malais est la sécrétion séchée de la glande préputiale située dans une poche chez le Chevrotin porte-musc sibérien (Moschus moschiferus), qui vit dans les régions montagneuses d’Asie centrale. Le musc, à l’odeur particulière, pénétrante et au goût plutôt amer, fut importé du Tibet dans le monde malais par la Chine, sous la forme de grains de couleur rouge-brun sombre.

On l’associait parfois à l’ambre gris, cette concrétio...

Tableau des Correspondances des Termes Nuaulu, Malais et Scientifiques

Le tableau ci-dessous illustre les correspondances entre les termes nuaulu, malais et les noms scientifiques désignant les Psittacidae (loris, perroquets et cacatoès) :

Terme Nuaulu Nom Scientifique Termes Kasituri en Nuaulu Malais
nakatua (putie) Cacatua moluccensis (Gmelin, 1788) - kakatua
wekae msinae/uoi, nakatua wekae, wekae uoi Eclectus roratus (Müller, 1776) kasituri kasturi
wekae marae Eos semilarvarta (Bonaparte, 1850) et autres kasituri kasturi
kunini Eos squamata (Boddaert, 1783)Eos bornea (Linnaeus, 1758) poss. Chapmosyna placentis (Temminck, 1834) kasituri msina kasturi
kihoke Lorius domicella (Linnaeus, 1758), Micropsitta bruijnii (Salvadori, 1875) kasituri kasturi
konane Tanygnathus megalorhynchos (Boddaert, 1783) kasituri kasturi
siseite Alisterus amboinensis (Linnaeus, 1766) kasituri kasturi
tuie Geoffroyus geoffroyi (Bechstein, 1811) kasituri kasturi

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