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La poudre noire est un explosif qui brûle très rapidement, se transformant en gaz et résidus. Cette transformation fait que la poudre prend environ 280 à 290 fois son volume initial.

Sa température de combustion atteint 2400° centigrades. Cette explosion est une déflagration, c'est-à-dire une combustion dont le front de flammes atteint plusieurs dizaines de mètres par seconde, mais est inférieur au kilomètre par seconde.

Attention, elle ne peut pas servir de mèche répandue au sol, car elle brûle trop rapidement, contrairement à ce que l’on nous montre dans les films (effets spéciaux réalisés avec des poudres spéciales à combustion lente). Répandue par terre non tassée, elle brûle à une vitesse minimum de 2 mètres par seconde.

Sensibilité de la poudre noire

La poudre noire est sensible aux chocs. Elle peut exploser suite à un choc violent, à cause entre autres de charges électrostatiques qui peuvent se produire entre les grains de poudre et le contenant brutalement frottés sous l’effet du choc.

La poudre noire est sensible à la chaleur. Elle ne brûle pas si elle est mouillée, mais retrouve ses caractéristiques une fois sèche. Humide, elle brûle quand même, mais moins vite, et provoque des longs feux.

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La PNF4 est celle qui brûle le plus rapidement. Elle permet donc un dosage moins élevé (moitié moins), et ne nécessite pas de fort tassement pour exploser.

Stockage de la poudre noire

Il est crucial de stocker la poudre noire correctement pour éviter les accidents. Voici quelques recommandations de stockage:

  • 2 kilogrammes de poudre au maximum stockés dans leur emballage d’origine, mis dans une boite en bois (parois de 1cm d’épaisseur minimum), elle-même dans un coffre-fort résistant au feu, scellé au sol ou au mur, de préférence chez une personne détentrice d’un permis de chasse ou d’une licence de tir.
  • (La législation n’impose pas la résistance au feu du coffre, mais c’est une question de bon sens. Il est préférable d’éviter les coffres utilisant un système à combinaison chiffrée électronique, sauf si les éléments électriques ne communiquent pas avec le volume interne du coffre. Prendre en photo l’installation.
  • 1 kg maximum dans son emballage d’origine mis dans un coffre en bois solide (bois de 1,5cm d’épaisseur minimum) fermé à clef et fixé au sol par une chaîne et un cadenas sur un piton d’amarrage métallique en tire-bouchon vissé dans le sol sous la tente (prévention vol), et éloigné de 1 mètre de la paroi (se trouve dans les animaleries pour attacher les chiens. Baliser le terrain avec des barrières ou de la corde.

Mesures de sécurité

La manipulation de la poudre noire exige le respect strict de certaines mesures de sécurité afin de prévenir les accidents :

  • Une distance de 4 mètres minimum (8 pour les canons) doit être maintenue entre les spectateurs et les Acteurs.
  • Armes à feu de catégorie D (législation française) d’un modèle antérieur à 1900 (origine ou réplique (sauf réplique à cartouche métallique), achat et détention libre. Port sur la voie publique réglementé et de motif légitime (possible) pour les reconstitutions historiques, les manifestations ou commémoratives depuis le 1er août 2018 (art.315-3 du code de la sécurité intérieure).
  • Il est évident qu’elles doivent être dans un état parfait, nettoyées et graissées après chaque journée d’utilisation. (L’eau si possible chaude et le produit à vaisselle reste le plus simple et un excellent nettoyant de la poudre noire.
  • Limiter la quantité de poudre pour chaque dose au minimum. 4 grammes de PNF 4 suffisent pour une couleuvrine à main en calibre 18mm.
  • Ne jamais charger une bombarde ou une couleuvrine directement à la poire à poudre. C’est MORTEL en cas d’allumage accidentel (résidu de braise dans le canon après un tir, étincelle d’électricité statique, etc.).
  • Préparer les doses de poudre en charge unitaire (aussi bien pour la charge du canon que pour le pulvérin d’allumage) : 1 dose par tube ou par « apôtre » en bois.
  • N’utiliser que du papier de préférence « kraft marron » en boule, comme bourre. Ne jamais utiliser de bourre de paille ou d’herbe. Utiliser une baguette de bois sans embout (métallique ou autre) pour tasser la bourre. La poudre noire peut exploser aux chocs.
  • Aucune personne autre que le tireur, ne sera au niveau de l’arme au moment du tir. Toutes seront en arrière, mais jamais dans l’axe d’une bombarde. Toute absence de départ du coup après allumage doit faire l’objet d’une attente d’une minute au moins avant de toucher à la pièce. On passera la lumière à l’aiguille sans bouger la pièce d’artillerie, et on versera un peu de pulvérin. On réessayera l’allumage. Si le coup ne part toujours pas, on laissera la pièce sans la bouger durant 30 minutes.
  • Le responsable du groupe (Capitaine de compagnie etc.) choisit un tireur équilibré, conscient, respectueux de la sécurité, et toujours majeur. Il vérifie et surveille son équipement, et sa parfaite maîtrise des gestes. (Attention à l’alcoolisation possible. Le tireur n’est jamais torse nu. Il porte des bouchons auditifs, des lunettes, un chapeau ou un casque, et si possible des gants.

Les mesures de sécurité du code du travail sont applicables aux associations et travailleurs salariés ou bénévoles. Les compagnies d’assurance ne couvrent pas la responsabilité pénale. Donc il faut impérativement décrire par écrit vos mesures de sécurité pendant vos démonstrations, et les soumettre à votre compagnie d’assurance pour accord. Bien entendu, il faut les respecter sur le terrain.

Fabrication de la poudre noire

La fabrication se fait par trituration, en milieu humide (5% d’eau), au moyen de meules, pendant un temps pouvant varier de 30 minutes à 5 heures. Pour éviter tout risque d’étincelles, les cylindres sont en bronze.

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Ensuite, les galettes obtenues sont transformées en grains dans un broyeur à billes de bois puis triées par grosseurs dans des tamis calibrés. Ces grains sont lissés au tonneau et graphités pour un aspect plus lisse et séchés.

On emploie généralement 4 grosseurs de grains, de 4FG, la plus fine à FG, la plus grosse. Les grains les plus fins sont pour les petits calibres et les armes courtes. On distingue le pulvérin, encore plus fin, pour l’amorçage des armes à silex.

Les poudres noires s’altèrent à l’humidité ou suite à des manipulations trop fréquentes.

Caractéristiques comparées des poudres

Comparaison des caractéristiques entre la poudre noire et la nitroglycérine :

Caractéristique Nitroglycérine Poudre noire
Potentiel (Kcal/kg) 850 700
Volume spécifique (L/kg) 710 250
Force (kg/cm²) 11 000 3 000

D'après les données ci выше, on remarque que la nitroglycérine a un potentiel énergétique et une force significativement plus élevés que la poudre noire, mais produit également un volume de gaz plus important.

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Historique de la poudre noire

Parmi les grands noms qui ont illustré les sciences physiques entre 1775 et 1885, d'assez nombreux savants se sont intéressés à la poudre noire. Les propriétés et les effets de cette « poudre à canon », comme on l'appelait généralement, constituaient un sujet digne d'attention pour Lavoisier, Charles Hutton, Rumford, Berthollet, Gay-Lussac, Chevreul, Graham, Favre, Bunsen, Abel, Sarrau, Berthelot,...

Certains firent des mesures de chaleurs d'explosion. En 1828, dans son cours de chimie, Gay-Lussac (1778-1850 ; X 1797) fut amené, à propos des nitrates, à parler de la poudre noire et de ses effets qui, nous précise le rédacteur du cours (1), sont très aisés à expliquer : ils résultent de la grande quantité de gaz libérée par l'explosion et de la chaleur que celle-ci dégage. Gay-Lussac estimait que la température des gaz pouvait atteindre trois ou quatre mille degrés.

Jusque vers l'année 1830, la poudre noire fut pratiquement la seule substance explosive connue. En dehors d'elle, on ne peut citer que l'or fulminant, déjà mentionné au xive siècle, le fulminate de mercure que Charles Howard découvrit en 1799 et le chlorure d'azote (cf. 3.3 et 6.4). Après 1830, de nouveaux explosifs furent découverts : les nitrocelluloses (Braconnot, 1833 ; Pelouze, 1838 ; Schönbein, 1846), la nitroglycérine (Sobrero, 1847) puis de nombreux esters nitriques et des dérivés nitrés. Grâce, principalement, à Noble et Abel, à Sarrau et à Berthelot, une science des explosifs se développa, dans laquelle la thermochimie joue un rôle important.

En effet, si l'on retient la définition de l'explosif donnée par Sarrau (2) : « On appelle explosif tout corps capable de se transformer rapidement en gaz à haute température », on conçoit que la quantité de chaleur dégagée au cours d'une explosion doive être une grandeur très caractéristique de celle-ci : la plupart des laboratoires ou stations d'essais où l'on étudie les explosifs comprennent donc une section de calorimétrie chimique. Les traités concernant ces substances contiennent de nombreuses données thermochimiques.

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