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La poudre noire, apparue tardivement en occident, a été utilisée en extrême orient et notamment en Chine depuis la dynastie Han il y a 2200 ans. Elle intéressait aussi les alchimistes chinois qui cherchaient à produire « l’élixir de vie ». Il faut du salpêtre, du charbon de bois, du soufre, de l’eau et de l’alcool. Le processus chimique est un peu plus compliqué qu’un simple mélange.

La poudre noire est un produit explosif, ce qui signifie que sa combustion produit beaucoup de chaleur en libérant une grande quantité de gaz. Pour produire un tel effet, elle doit contenir à la fois un produit combustible et un produit comburant. Les produits combustibles sont le soufre et le carbone contenu dans le charbon de bois. Lorsqu’elle brûle à l’air libre, la poudre noire « déflagre », ce qui signifie que l’onde de combustion (front de flamme) se déplace moins vite que les gaz générés, il n’y a donc pas d’onde de choc.

L'Artisan Armurier au Moyen Âge

C’est chose vaine que de vouloir apprécier l’importance de l’artisan armurier au Moyen Age, en se plaçant sur un plan étroitement technologique ou social. Son rôle ne peut se mesurer uniquement en fonction de ces critères. Il possède une autre dimension qui le classe nécessairement hors de pair dans le monde pré-industriel : c’est le prestige qui entoure la pratique de son art mystérieux, dans un contexte de connaissances empiriques, donc de superstitions.

Ceci est surtout vrai de l’armurier métallurgiste, mais aussi de ce que l’on appellerait aujourd’hui l’ingénieur militaire et que l’on désignait jadis sous le nom de « maître d’engins », c’est-a-dire d’une personne qui construisait aussi bien des machines de bois que des instruments de fer ou de bronze. Souvent, les deux se confondaient d’ailleurs, car, alors, l’ingénieur n’était pas seulement le concepteur mais également le réalisateur, au fond un maître-ouvrier qui faisait preuve de compétences particulières dépassant le niveau de la simple exécution.

Lucien Febvre a admirablement montre, dans une enquête des « Annales », que le forgeron, en raison de son savoir-faire, acquis par empirisme et jalousement transmis à des initiés, a toujours passé pour un être exceptionnel, doué de pouvoirs surnaturels que 1 ignorance du profane se plaisait d’ailleurs a &tendre a des domaines étrangers à la ferronnerie. De ce fait, cet artisan jouissait d’un grand prestige, qu’il retirait tout à la fois de la crainte qu’il inspirait et de l’admiration qu’il suscitait. Sa position privilégiée est commune à toutes les civilisations préindustrielles, d’Occident ou d’ailleurs, anciennes ou récentes. Elle constitue un beau sujet d’ethnographie comparative.

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Nourri aux traditions latine et germanique, le Moyen Age a hérité d’un double courant mythique qui faisait de l’armurier un demi-dieu : le symbole de Vulcain se retrouve dans l’art pictural et celui de Wieland dans les sagas et la matière épique. La croyance dans les armes douées de vertus surnaturelles participe de cette conception. Elle se retrouve aussi dans un domaine plus terre à terre, puisque certaines règles du duel judiciaire ou de combats singuliers allaient jusqu’à interdire, avec un sérieux qui ne laisse pas de nous déconcerter, l’usage déloyal des « épées enchantées ».

A ces éléments, s’ajoute le mystère qui entoure les secrets de fabrication, jalousement gardes et exploités par leur détenteur auprès des souverains désireux de se réserver le monopole des instruments de la puissance. Ceci est vérifiable de tout temps, mais le dernier siècle du Moyen Age constitue précisément un moment privilégié pour l’observation du phénomène, alors que les armes à feu s’imposent par leur nouveauté et par leur supériorité.

Le Rôle des Princes et des Armuriers

L’attitude de Philippe le Bon est tout à fait caractéristique à cet égard ; elle est bien dans l’esprit d’un prince désireux de s’assurer de moyens d’action à la mesure de ses ambitions. Ainsi, on le voit, par exemple, faire pression sur trois fabricants de bombardes pour se réserver leurs services. Il obtient de ne s’acquitter d’une dette à leur égard qu’à condition « qu’ils promettront et s’obligeront à toutes peines de ne faire ni faire faire par eux et leurs gens, de ne bailler forme, instruction ni enseignement de faire aucune bombarde pour autres que pour le duc, ses successeurs ou sujets, sinon de sa licence et exprès commandement. »

Avec l’apparition de l’artillerie à poudre et l’élargissement consécutif des connaissances techniques, le prestige du fabricant d’armes ne fait que croître. Sans cesser d’être le Vulcain de toujours, maître des secrets de la matière, il tend à devenir Prométhée, qui affirme sa volonté de puissance par la technique. La conscience de ses possibilités créatrices confère à l’artisan un sentiment de supériorité et aussi, avec la volonté d’en tirer profit, une solide dose de forfanterie.

Nanti d’un tel prestige et se sachant indispensable dans une société où la guerre occupe la place que l’on sait, l’armurier pouvait prétendre à une position sociale relativement privilégiée. Le fait de pouvoir traiter directement avec les grands ou avec les membres de leur entourage était, certes, un moyen efficace d’abattre les barrières hiérarchiques.

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La faveur dont jouissent les armuriers se traduisait aussi par des dons généreux, des recommandations, voire des mesures de grâce « en considération des bons services » rendus, d’autant que certains étaient parfois appelés à fournir des prestations spéciales, en accompagnant un grand personnage pour le servir à la guerre ou au tournoi.

Fabrication et Composition de la Poudre Noire

Au début de son histoire, la fabrication de la poudre noire n’était pas une opération simple. Les produits de base contenaient de nombreuses impuretés et les mélanges étaient effectués dans des proportions arbitraires, dans l’état naturel des produits, grossièrement pilés et brassés à la main. Les Arabes furent les premiers à apporter à la poudre noire une amélioration importante en utilisant des produits purifiés notamment le salpêtre auquel ils appliquaient un traitement à base de cendres de bois.

Au XIVe et au XVe siècle, en Occident, la composition de la poudre était de 6 parties de salpêtre pour une partie de soufre et une partie de charbon de bois. C’est le charbon utilisé pour sa fabrication qui fait la qualité de la poudre. Pour cela, on utilise du bois de peuplier, d’aulne ou de tilleul. Par distillation à 3 500 °C, on obtient du charbon noir (poudre de guerre).

Au début du XVIIIe siècle, les chimistes eurent l’idée de produire une poudre sous forme de grains. La combustion ne se faisait plus seulement dans la masse de la poudre mais, du fait de la granulation, elle se faisait également dans les interstices. Elle se propageait donc avec plus de rapidité et de régularité. La taille des grains variait en fonction de l’usage prévu : plus les grains étaient petits, plus la combustion était rapide.

Évolution et Modernisation des Poudres

Au XVIIIe siècle, les soldats s’en servaient pour assaisonner leurs aliments lorsque le sel venait à manquer. Elle produit d’abondants résidus solides (sulfure de potassium) qui encrassent les armes. Aussi, au XIXe siècle, les chercheurs tentent de mettre au point une nouvelle poudre ne présentant pas ces défauts.

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En 1884, Paul Vieille, ingénieur principal au Laboratoire Central des Poudres et Salpêtres à Paris, met au point un procédé de gélatinisation de la nitrocellulose à l’aide d’un mélange d’éther et d’alcool. Cette poudre est connue aussi sous le nom de poudre B ou poudre sans fumée. Comme son nom l’indique, elle ne produit pas de fumée. Toutes les poudres sans fumée modernes sont dérivées des poudres inventées par Paul Vieille, modifiées par Alfred Nobel (à partir de la nitroglycérine).

Rechargement et Composants Essentiels

Le rechargement de munitions est une pratique recherchée par les tireurs sportifs et les chasseurs qui souhaitent optimiser la performance de leurs armes. Fabriquer ses propres cartouches permet d'ajuster précisément la charge de poudre, le type d'amorce et l'ogive à un usage spécifique, tout en réduisant les coûts à long terme.

Le rechargement repose sur plusieurs composants clés :

  • Les douilles: Réutilisables après le tir, elles doivent être recalibrées et inspectées avant chaque rechargement.
  • Les amorces: Elles enflamment la poudre et varient selon le type de cartouche (small rifle, large pistol, etc.).
  • La poudre: Son choix est crucial pour obtenir la vitesse et la pression souhaitées. Chaque calibre a ses références spécifiques.
  • Les balles ou ogives: Leur poids, forme et revêtement influencent la précision et la balistique terminale.

Le tableau suivant présente une classification des poudres et leurs utilisations :

Type de Poudre Utilisations
Ba 10 Rechargement de cartouches pour armes de poing à performances modérées (38 SPL, 32 long).
Poudre pour armes lisses de petit calibre Rechargement des cartouches d'armes de poing (flexible pour pistolets et revolvers).
Poudre de vivacité moyenne Idéale pour le 9 mm Parabellum.
Tubal Cartouches magnum d'armes de poing (357, 41 et 44).
Tubal 4 (Tubal N.A.T.O.) Nombreux calibres et types de douilles (308 Winchester).

Sécurité et Réglementation

Le rechargement demande rigueur et précision. Il est crucial de respecter les doses de poudre recommandées et de manipuler les composants avec soin pour éviter tout accident. La poudre noire est particulièrement instable et doit être manipulée avec une extrême prudence. Il est fortement conseillé d'acheter de la poudre noire manufacturée en armurerie plutôt que de tenter de la fabriquer soi-même.

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