La question des dégâts causés par le gibier, notamment les sangliers, est une source croissante de tensions entre les différents acteurs du monde rural en France. Les agriculteurs, les chasseurs et les forestiers se retrouvent souvent en désaccord sur les causes de ces dégâts et les solutions à mettre en œuvre. Cet article examine les différentes facettes de cette polémique et propose une analyse des enjeux et des pistes de résolution.
Plusieurs facteurs contribuent à l'augmentation des dégâts causés par le gibier :
Il est vrai que sur le terrain la gestion des populations de sangliers semble échapper aux nemrods. Sur la dernière saison, les chasseurs Lotois en ont abattu près de 10 000, un chiffre record mais qui ne suffit pas à juguler les dégâts.
Chaque année, la gestion de la surabondance des grands animaux en forêt engendre des coûts supplémentaires pour l'ONF, principalement en raison de la mise en place et de l'entretien des protections des semis et des jeunes arbres.
Le cerf occupait plus de 49% des surfaces boisées en 2019 contre 25% en 1985, selon l’Office français de la biodiversité (OFB).
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Les dégâts causés par le gibier ont des conséquences économiques, environnementales et sociales :
En 2008, on estime à environ 42500 le nombre de collisions, dont 16800 avec des sangliers.
Selon l’état du déséquilibre sylvo-cynégétique, les coupes d’arbres prévues et nécessaires pour renouveler les peuplements ne sont pas effectuées, ou alors plus tardivement. 90 millions de tonnes de CO2 sont stockées grâce à l’utilisation des produits bois en France. Dans le bois construction, la capacité de stockage de carbone s’étend sur une durée de 50 à 100 ans.
Pour faire face à cette problématique, plusieurs solutions sont envisagées :
L’Office national des forêts, qui loue aux chasseurs près de 3 000 baux de chasse, a renforcé en 2016 les objectifs à atteindre en matière d’équilibre forêt-ongulés. Tous les trois ans, l’ONF évalue désormais ces résultats et attribue en fonction un bonus (remise sur le loyer…), un malus (pénalité financière…) ou des sanctions plus graves (résiliation du contrat de location…)
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Un système d’indemnisation des dégâts agricoles du grand gibier totalement réformé, c’est le souhait que vient d’émettre Laurent Burgoa, sénateur Les Républicains (LR) du Gard et par ailleurs chasseur lui-même, par le dépôt d’une proposition de loi.
Pour Laurent Burgoa, en tous cas, cette prise en charge par l’État devrait permettre d’assurer la pérennité financière des fédérations départementales des chasseurs.
Pour les syndicats, la priorité est de réguler davantage le gros gibier est leur maître mot pour réduire la facture mais aussi les risques sanitaires associés, comme la peste porcine africaine, la maladie d’Aujeszky ou la tuberculose.
Comme le résume Grégory Nivelle, administrateur à la FNSEA, « la seule solution pour baisser durablement les dégâts, c’est d’augmenter les prélèvements d’animaux ».
La Confédération paysanne insiste de son côté sur l’importance de la responsabilité territoriale des détenteurs de droits de chasse pour limiter les dégâts.
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La Coordination rurale n’est pas non plus tendre avec certaines fédérations départementales des chasseurs. « Les FDC appliquent une grille d’abattement de manière unilatérale, cherchant systématiquement à réduire les indemnisations pour minimiser leurs factures. Cependant, aucune sanction n’est appliquée en cas de défaillance de leur part, comme le refus de poser ou d’entretenir des clôtures dans les zones à forte pression de sangliers (points noirs). »
| Solution | Description | Acteurs concernés |
|---|---|---|
| Régulation des populations | Augmentation des prélèvements par la chasse et le piégeage | Chasseurs, pouvoirs publics |
| Prévention des dégâts | Clôtures, répulsifs, adaptation des pratiques agricoles | Agriculteurs |
| Amélioration de l'indemnisation | Réforme du système pour une meilleure prise en charge | Pouvoirs publics, fédérations de chasse |
| Gestion durable des forêts | Pratiques sylvicoles favorisant l'équilibre sylvo-cynégétique | Forestiers, ONF |
| Partenariat | Dialogue et coopération entre tous les acteurs | Tous les acteurs |
En conclusion, la polémique sur les dégâts de gibier est un problème complexe qui nécessite une approche globale et concertée. En agissant sur les causes, en mettant en œuvre des solutions adaptées et en favorisant le dialogue entre les différents acteurs, il est possible de trouver un équilibre durable entre les activités agricoles, la gestion des forêts et la préservation de la faune sauvage.
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