Le ball-trap, parfois appelé "tir aux pigeons d'argile", est une activité sportive demandant adresse, concentration et entraînement. Bien que le ball-trap soit un sport à part entière, il est loin d’être reconnu comme il le devrait.
Si historiquement, la première mention d'un tir aux pigeons remonte à 1793 dans le magazine anglais "Sporting Magazine", la pratique du ball-trap n'avait pas grand chose à voir comparé à celle d'aujourd'hui. En effet, le "club des chapeaux Haut de forme" comme on les appelait, utilisait de vrais oiseaux vivants souvent des pigeons pour pratiquer leur activité favorite.
Ce groupe de chasseurs laissaient s'échapper un à un les pigeons de leur chapeau. Cette pratique jugée honteuse à la fin du 19ème siècle n'utilisera plus d'oiseaux vivants par la suite, ils seront remplacés par des cibles artificielles de tout type jusqu'en 1920. C'est effectivement à cette période que le ball-trap comme nous le connaissons aujourd'hui est véritablement né.
Inventé dans le Massachusetts à Glen Rock Kennels, dans la ville d'Andover par l'américain du nom de Charles Davies, passionné de chasse à la perdrix. Aujourd'hui le ball-trap compte pas moins de 10 disciplines ayant toute une particularité bien distincte.
Aujourd'hui le ball-trap compte pas moins de 10 disciplines ayant toute une particularité bien distincte.
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Une fosse universelle comporte 5 appareils de lancement qui sont placés dans une excavation munie d’un toit fixe ou articulé. Les 5 appareils sont disposés en ligne droite sur des supports scellés, rigoureusement alignés et parfaitement de niveau, ils sont numérotés de gauche à droite, de 1 à 5. Un système électronique “pulleuse” assure la répartition entre les tireurs, ce qui fait que tous les tireurs auront tiré exactement les mêmes plateaux, mais dans un ordre différent. Les plateaux sont envoyés à des distances variables, 60, 65, 70 ou 75 m.
La Fosse DTL consiste en une machine de lancement placée dans une fosse surélevée. La fosse doit-être construite de matériaux qui doivent résister à l’impact des plombs tirés d’une cartouche à une distance de 14,6 mètres et garantir une protection totale de la personne desservant le lanceur (pulleur).Cinq pas de tir sont répartis sur un arc de cercle à l’arrière de la fosse. Le lanceur doit être capable de lancer des plateaux simples ou des doublés, dans les limites angulaires, de hauteurs et de distances (vitesse). Le lanceur est équipé d’un dispositif rendant les trajectoires aléatoires et totalement imprévisibles.
Selon la configuration du terrain, le stand de parcours de chasse doit être équipé d’un nombre suffisant de lanceurs de plateaux, pour que les tireurs retrouvent les conditions de tir de chasse au gibier naturel : Perdreaux, canards, faisans, bécasses, lapin, etc... Devant soi, rasant, en battue, traversant, demi-traversant, rentrant, en plaine , au bois, gênés ou non par des arbres, des massifs d’arbustes ou obstacles naturels. Les pas de tir sont délimités par des carrés de 1 mètre de coté ou par des cercles de 1 mètre de diamètre. Les plateaux utilisés sont des plateaux normaux, battue, rabbit, bourdon, flash et éventuellement des électro-cibles.
Le compack sporting mélange à la fois la discipline de la fosse universelle de par le positionnement des postes de tir et l'appareillage limitant les angles de tir.
Pour le Double Trap, ce sont seulement les lanceurs du groupe 3 qui sont utilisés pour cette discipline. Pour les hommes, la compétition de Double Trap se pratique sur 150 plateaux et 120 plateaux pour les femmes. Ce sont les 6 meilleurs participants qui réalisent une finale sur plateaux "flash" libérant une poudre fluorescente lors de l'impact. Les 2 premiers participe à la finale pour la médaille Or et Argent.
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La fosse olympique est une des disciplines de ball-trap qui est représentée lors des jeux olympiques. 5 groupes de 3 lanceurs distribuent les plateaux selon des angles diverses suivant un schéma réglementaire. Dans le règlement international, il existe 9 schémas. En compétition, les hommes disposent de 125 plateaux et les femmes 75 plateaux tirés par séries de 25. L'utilisation de 2 cartouches par plateau est autorisée.
Pour la pratique du skeet olympique, deux cabanes de lancement distantes de 40 mètres sont présentes sur le parcours. L'une des deux cabanes étant située plus en hauteur appelée "pull" et l'autre en contrebas appelée "mark". A l'intérieur de ces cabanes, des lanceurs sont programmés pour envoyer des plateaux dans des trajectoires définies et constantes. Pour le skeet olympique, les tireurs se déplacent sur 7 postes de tir équidistants placés sur un arc de cercle. A chaque extrémité se trouve les cabanes où sont lancés les plateaux.
La discipline du sanglier courant porte ce nom principalement parce que la cible en carton représente un sanglier et est fixée sur un chariot se déplaçant de gauche à droite et ainsi de suite à une vitesse variable, la cible fait ainsi des aller retour sur 12 mètres environ.
Le tir aux hélices, également connu sous le nom d'hélices ZZ, est une discipline de la Fédération Française de Ball-Trap (FFBT) née en 1960 en Belgique, grâce au Chevalier David de Lossy. Cette activité hybride entre le tir au vol et le tir aux plateaux offre un défi unique aux tireurs.
Le principe du tir aux hélices repose sur un disque en plastique entouré de deux pâles de type « ventilateur ». Le lanceur exerce une rotation, et les pâles se mettent à tourner, entraînant le plateau comme un hélicoptère hors de contrôle. L'objectif est de toucher l’hélice à l’intérieur d’un cercle de 21 mètres de diamètre, ayant pour centre le lanceur.
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En effet, les hélices ont un vol aléatoire se rapprochant du vol des pigeons, il est donc nettement plus difficile pour le tireur d'anticiper la trajectoire de l'hélice. Cette discipline demande aux tireurs d'être très attentifs et très vifs car le disque doit être touché le plus rapidement possible.
Le pas de tir représentant un carré d'un mètre sur un mètre est placé à une distance de 24 ou 32 mètres des appareils de lancer. La pratique de cette discipline à plusieurs est plus compliquée car les lanceurs doivent être rechargés après chaque envoi.
Les 5 pas de tir sont constitués par des carrés de 1 m x 1 m, espacés de 2,5 m d’axe en axe et disposés en ligne droite et parallèlement à la fosse. Une distance horizontale de 15 m doit être mesurée entre la ligne frontale des pas de tir et celle passant par le bord frontal du toit de la fosse. Le tir s’effectue debout et épaulé.
« Il faut donc tirer très vite après le départ », relève Michel Duquesnoy. En effet, le tir aux hélices demande une grande réactivité et une excellente maîtrise technique. Une hélice présente à chaque fois une trajectoire différente, aléatoire, une vitesse et une forte influence du vent, surtout au Touquet, où les compétitions se déroulent en bord de mer.
Le terrain est délimité par une zone rectangulaire de survol obligatoire des plateaux, de 35 m de large minimum à 40 m maximum et 25 m de profondeur. Cette zone sera, dans la mesure du possible, matérialisée au sol par quatre piquets d’environ 50 cm de haut, portant un fanion, afin de faciliter le travail des traceurs et dont les côtés sont, dans le sens des aiguilles d’une montre et en partant de la gauche: AB-BC-CD-DA.
Il doit y avoir six (6) lanceurs. L’emplacement des lanceurs est libre à condition que les plateaux lancés ne présentent aucun danger pour les tireurs, les arbitres, le personnel et les spectateurs, même en cas de No Bird. Dans le cas ou un lanceur est placé en arrière des postes de tir, celui-ci doit être surélevé d’un minimum de 4 m par rapport au niveau des postes de tir.
Si le plateau est cassé avec la première cartouche, il comptera pour trois points ; deux points si le plateau est cassé par la deuxième cartouche et zéro point si le plateau est raté.
Le tir aux hélices est une discipline spectaculaire où le tireur se situe à 25 mètres de 5 boîtiers de lancement, sans savoir d'où va jaillir l'hélice. Une zone de 21 mètres au-delà des boîtiers détermine si le point est accordé. Les phases de qualification regroupent généralement les 10 premiers pour la finale.
Le Touquet est un lieu reconnu pour ses compétitions de tir aux hélices. En juillet 2015, un tireur a remporté le titre de champion de France toutes catégories au Touquet, devançant les tireurs français et étrangers.
Michel Duquesnoy s’est classé troisième en catégorie vétéran, au championnat de France hélices au Touquet (62). « C’est une première pour moi dans cette discipline de la Fédération française de ball-trap (FFBT), que je ne pratique jamais… Ce fut une bonne découverte !
Doublé gagnant pour Hubert Thiollier. Le Stéphanois Hubert Thiollier fête de belles manières son retour à la compétition. Il signe un beau doublé : champion de France de tir aux hélices individuel et par équipe à Poussan (34). À l’issue des phases de qualification, la finale regroupe les 10 premiers. Le match est très serré car il faudra attendre les deux derniers tirs pour qu’Hubert Thiollier fasse la différence sur Olivier Mas Boubay qui, lors du match de qualification, a cassé le même nombre d’hélices que lui (16). Hubert Thiollier s’empare enfin du titre national avec une « hélice » de plus cassée. La journée était parfaite car il s’impose également en équipe avec Bernard Blondeau d’Auvergne (tireur international 8ème aux JO de Montréal) et à la tête du plus grand palmarès français en « fosse ».
Le tir aux hélices est une discipline exigeante qui demande une grande réactivité, une excellente maîtrise technique et une bonne connaissance des conditions environnementales. Les compétitions, notamment au Touquet, attirent des tireurs de tous horizons, faisant de cette discipline un événement majeur du calendrier de la FFBT.
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