Le Mosin-Nagant est un fusil à verrou légendaire qui a marqué l'histoire militaire et continue de susciter l'intérêt des collectionneurs et des passionnés d'armes à feu. Il a été le premier à utiliser la cartouche de 7,62 x 54 mm R et est resté en service sous différentes formes de 1891 aux années 1960, où il a finalement été remplacé par le Dragounov SVD. Cet article explore en détail l'histoire du Mosin-Nagant, ses différentes versions, ses caractéristiques techniques, son utilisation au combat, ainsi que des conseils pour sa restauration et son entretien.
Le Mosin-Nagant est un fusil militaire russe à canon rayé, à verrou et à répétition manuelle, conçu pour tirer cinq cartouches. Il est réputé, comme toutes les armes russes, pour sa solidité. Initialement utilisé par les militaires des armées de la Russie impériale, il a ensuite équipé les soldats fantassins de l'Armée rouge en Union soviétique, ainsi que différents pays du bloc de l'Est.
Le Mosin-Nagant a été conçu en 1891 pour répondre aux besoins de l'armée impériale russe, qui cherchait à moderniser son armement. Le fusil est le fruit d'une collaboration entre Sergueï Ivanovitch Mosine, un capitaine de l'armée russe, et Émile Nagant, un armurier belge. À la fin du XIXe siècle, l'armée de terre russe cherchait à remplacer le fusil Berdan par une arme à chargeur. Le Mosin-Nagant est né de la compétition entre deux conceptions : celle du capitaine russe Sergueï Ivanovitch Mosine et celle de l'armurerie des frères Nagant. Bien que le fusil belge ait été retenu, il fut nommé Mosin-Nagant pour des raisons de fierté nationale.
Durant le conflit russo-turc (1877-1878), les troupes russes étaient armées en majorité de fusils Berdan à un coup alors que les Turcs étaient armés de fusils à répétition Winchester. Il apparait évidemment une nette infériorité d’armement et on recherche des solutions pour prolonger la longévité du Berdan tout en le modernisant : accélérateurs de tir, essais de transformation à répétition, etc… Ce sont autant d’échecs.
Le résultat de cette collaboration fut un fusil robuste, fiable et relativement simple à produire, qui fut adopté comme fusil réglementaire de l'armée russe sous le nom de "Fusil de 7,62 mm modèle 1891". Les frères Nagant, industriels belges, étaient des figures importantes à la cour du tsar en 1895. Le Mosin-Nagant 1891 a été l'arme utilisée par l'armée du Tsar jusqu'en 1917. Après les bouleversements de 1918, la nouvelle Armée rouge a adopté le modèle 1891 et l'a conservé pendant de nombreuses années.
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Au cours de sa longue histoire, le Mosin-Nagant a connu plusieurs modifications et améliorations, donnant naissance à différentes versions, parmi lesquelles :
En 1924 est créé un département pour moderniser le fusil. Le modèle 1891/30 basé sur la conception du modèle de cavalerie simplifié voit ainsi le jour. Il sera utilisé jusque dans les années 1960. C’est le fusil russe de la 2ème guerre mondiale.
Le Mosin-Nagant tirait une cartouche de 7,62 mm. Bien que de bonne qualité, ses caractéristiques n'étaient pas exceptionnelles. Son mécanisme de culasse était relativement complexe et son système d'alimentation utilisait un dispositif qui, sous la pression d'un ressort, présentait une seule cartouche à la fois. Néanmoins, il s'agissait d'un fusil globalement satisfaisant. Sa longueur importante lui donnait un avantage dans le combat au corps à corps, d'autant plus qu'il était toujours équipé d'une baïonnette avec une pointe cruciforme servant au démontage de l'arme.
Sur le modèle 1891 d'origine, les instruments de visée étaient gradués en "arschins", une ancienne unité de mesure russe équivalant à 0,71 m. Cependant, après 1918, le système métrique fut adopté. En 1930, les Soviétiques lancèrent un programme de modernisation de leurs anciens fusils et commencèrent à fabriquer exclusivement une nouvelle arme, le modèle 1891/30, légèrement plus court et modifié pour faciliter la production en série. Ce fut le fusil généralement utilisé par l'Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale.
Il existait également une version carabine du Mosin-Nagant, destinée notamment à la cavalerie. La première, le modèle 1910, fut suivie beaucoup plus tard par le modèle 1938, correspondant au modèle 1891/30.
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| Modèle | Calibre | Longueur | Longueur du Canon | Poids | Vitesse Initiale | Capacité du Chargeur |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Modèle 1891/30 | 7,62 mm | 1,23 m | 729 mm | 4 kg | 811 m/s | 5 cartouches |
| Carabine Modèle 1938 | 7,62 mm | 1,01 m | 508 mm | 3,47 kg | 766 m/s | 5 cartouches |
| Modèle 1944 (M44) | 7,62 mm | 1,02 m | 51 cm | 4,1 kg | N/A | 5 cartouches |
Le Mosin-Nagant a été utilisé dans de nombreux conflits à travers le monde, notamment :
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Mosin-Nagant était l'arme de choix des snipers soviétiques et finlandais. Des tireurs d'élite comme Vasiliy Zaytsev et Tania Chenaya ont utilisé le Mosin-Nagant pour abattre des centaines de soldats ennemis.
La spécialité de « sniper » était très développée dans l’Armée rouge » et l’objet de sollicitude de la part de l’Etat-major. Il existe d’ailleurs à partir de 1937, une tresse spéciale qui distingue les tireurs d’élite (Sniperskaia). Il est à noter d’ailleurs que nombre de ces tireurs d’élite furent des femmes.
Une version « sniper » (en Russie on utilise ce terme anglais) est créée vers 1932. Il s’agit d’un fusil à canon long équipé d’une lunette qui se distingue du modèle standard par son boitier renforcé et son levier d’armement coudé afin de ne pas heurter la lunette. Il s’utilise sans baïonnette et sa finition généralement meilleure que l’arme de base. Le Modèle « sniper » a été équipé de 3 modèles de lunette qui ne se sont pas nécessairement succédées mais ont pu être utilisées conjointement :
Avant le début de la Seconde Guerre mondiale, l’Union Soviétique cherchait à développer une version de précision de son fusil Mosin Nagant modernisé, le 91/30, inspirée par les travaux des Allemands. Certains SVT-40 étaient équipés de lunettes pour faire office de fusil de précision. Ces fusils ont été produits en grand nombre, avec environ 380 000 Mosin Nagant 91/30 PU fabriqués entre 1942 et 1944.
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Elle dispose d’un grossissement de 3,5 fois permettant de faciliter les tirs à plusieurs centaines de mètres sans accentuer les tremblements du tireur. Elle est réglable en hauteur et en dérive grâce à des tourelles qui vont déplacer le réticule dans l’optique. L’insertion des cartouches doit désormais se faire manuellement car la lunette empêche l’utilisation de lames-chargeurs malgré la présence de l’encoche sur le boitier de culasse.
Le fusil Mosin-Nagant a été également utilisé par les Finlandais (m/27, modèle 1891 raccourci, m/28/30 avec des appareils de pointage modifiés et m/39 révisé), par les Polonais (karabin wz 91/98/25) et par les Allemands. Ces derniers ont récupéré des stocks d'anciens fusils soviétiques qu'ils ont largement distribués aux unités de garnison et de la milice, ainsi qu'aux formations qui occupaient le Mur de l'Atlantique.
Si vous cherchez un Mosin Nagant 91/30 PU, il est préférable d’étudier le fusil avant l’achat car de nombreux remontages existent. Tout d’abord, la plupart des préfixes des numéros de série ont été catalogués. Les canons destinés aux fusils de précision disposent de marquages spécifiques sur le tonnerre. Les caractères cyrilliques "CH" sur les modèles Tula indiquent un canon destiné aux fusils PU. Chez Izhevsk, ce marquage est différent : il s'agit d'un "C" inscrit dans un cercle.
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