Le fonctionnement du FAMAS repose sur le principe du système à culasse non calée à levier amplificateur d'inertie, également appelé à ouverture retardée. L'on retrouve l'emploi de ce système sur de nombreux fusils-mitrailleurs comme l'AA 52 ainsi que sur la gamme HK, comme le G3 ou l'HK 33 par exemple.
L'avantage de ce système est qu'il n'est pas nécessaire de disposer sur l'arme d'un régulateur de gaz comme sur les armes à emprunt de gaz. Un régulateur qui est généralement à trois positions et que l'on fait varier en fonction du type de munitions employées ou en fonction de l'encrassement de l'arme.
Les pièces qui entrent en jeu dans ce système de fonctionnement sont :
Le système moteur comporte deux mouvements :
Au départ du coup, la culasse et la masse additionnelle se trouvent en position avant et le percuteur a été frappé par le marteau. L'expansion de l'étui assure l'étanchéité.
Lire aussi: Tout sur les carabines à plomb
Le mouvement arrière comporte deux phases distinctes :
La culasse mobile transmet à la masse additionnelle par l'intermédiaire du levier amplificateur d'inertie l'énergie qu'elle a reçue. Celui-ci effectue un mouvement de rotation de 45° entraînant par la même un mouvement de recul de la masse additionnelle à une vitesse 3,6 fois supérieure à la sienne. Durant le mouvement de rotation le retrait du percuteur s'effectue et l'extraction se produit.
Pendant toute la durée du trajet de la balle à l'intérieur du canon la culasse se trouve en position avant, jusqu'au moment où le levier finit sa rotation.
Une fois que le levier a achevé sa rotation, chacune des pièces composant l'ensemble mobile reculent à la même vitesse. L'étui s'éjecte, le marteau se réarme et la gâchette automatique l'accroche. Le ressort récupérateur se comprime durant l'entière phase du mouvement arrière. Une fois que la culasse a reculé au-delà de la cage chargeur une nouvelle cartouche peut se présenter. En fin de course arrière l'ensemble mobile dissipe son surplus d'énergie sur l'amortisseur qu'il comprime sur une course de 25 mm.
Le ressort récupérateur en se décompressant produit le mouvement avant. Ce mouvement est limité vers l'avant soit par le contact d'une nouvelle cartouche sur le cône d'appui de la chambre soit par le contact de la masse additionnelle avec la boîte de culasse dans le cas où aucune cartouche n'est introduite.
Lire aussi: Tout savoir sur le Plan de Tir à Ciel Ouvert
Si une cartouche est introduite durant le mouvement avant, lors de la fermeture de la culasse la griffe de l'extracteur s'engage dans la gorge de l'étui et l'éjecteur se compresse.
Le retour du levier amplificateur d'inertie dans sa position initiale c'est-à-dire en position verticale et dont la masse additionnelle passe sur la partie supérieur de ses bras supérieurs marque la fermeture complète de l'ensemble mobile. La fermeture est dite « complète » si le levier d'armement a franchi l'arrêt du levier d'armement.
Effectué par l'introduction du chargeur garni.
La décompression du ressort élévateur qui entraîne vers le haut la planchette élévatrice permet le déplacement des munitions à l'intérieur du chargeur.
Deux demi-transports permettent d'assurer la distribution des cartouches. Le premier s'effectue lors de la fermeture de l'ensemble mobile (mouvement avant) et le second lors de l'ouverture (mouvement arrière). La fausse cartouche qui est constitué par la planchette élévatrice du chargeur ainsi que par sa lèvre gauche permet le guidage de la dernière cartouche.
Lire aussi: Plan de Campagne Paintball
Les cartouches sont placées à l'intérieur du chargeur en deux piles imbriquées.
Pendant le second demi-transport la cartouche qui fait saillie est saisie par la culasse qui la propulse dans la chambre.
L'extracteur se saisit de l'étui afin de retirer celui-ci de la chambre. La place qu'occupe l'extracteur dans la cuvette de tir sert à orienter le sens de l'éjection en fonction de la configuration adoptée (gaucher ou droitier) sur l'arme.
L'éjecteur à pompe occupe la même position quelque soit le sens de l'éjection car il est placé dans le plan de symétrie de la culasse. L'étui pivote autour de l'extracteur qui le maintient sur son côté puis étant poussé par l'éjecteur, il jaillit à l'extérieur de l'arme par la fenêtre d'éjection qui n'a pas été obturée.
Sur le fût ; le pontet avec :
Dans le boîtier de mécanisme :
Les rôles joués par les mécanismes de détente sont :
Le sélecteur de tir se trouve sur la position « 1 ».
Le sélecteur de tir est sur « R » Le fonctionnement est identique à celui du tir au coup par coup exception faite que la course de l'entraîneur de gâchette commandée étant plus longue en position rafale le marteau ne peut plus s'accrocher sur la gâchette automatique. Lorsque le tireur interrompt l'action de son doigt sur la détente le tir cesse, la gâchette commandée peut donc se mettre en position d'accrochage coup par coup.
C'est le levier amplificateur d'inertie qui assure toutes les sécurités.
Le levier amplificateur d'inertie ne peut pas appuyer sur la commande de gâchette automatique et donc libérer le marteau s'il n'a pas achevé sa rotation du fait que la masse additionnelle ne soit pas revenue en position avant.
Pendant le mouvement avant le corps du levier amplificateur d'inertie qui n'a pas fini sa rotation bloque le percuteur empêchant celui-ci de faire saillie dans la cuvette de tir.
Voir obturation, mouvement arrière. Si l'utilisateur au cours d'un remontage oublie le levier amplificateur, la gâchette automatique ne peut s'effacer, le départ du coup ne peut avoir lieu car le marteau reste accroché sur la gâchette automatique.
Lorsque le sélecteur de tir se trouve en position « s ». La détente bute sur le gradin supérieur du sélecteur et la gâchette commandée ne peut donc pas être actionnée. La sûreté est donc la conséquence directe du blocage de la détente.
Lorsque le limiteur est enclenché (position « 3 ») et que le doigt est appuyé sur la détente, à chaque rotation arrière du marteau, la tige de marteau entraîne en rotation le levier de manœuvre du limiteur qui grâce à son cliquet « d'entraînement » fait réaliser à la roue à rochet une rotation correspondante au comptage d'un coup. Un cliquet dit « de retenue » s'engage alors dans la roue opposée et empêche la roue à rochet de revenir à la position repos. Un coup est compté.
Quand le marteau effectue la course de percussion, sa tige libère le levier repos qui revient à sa position en appui sur le moyeu de la roue à rochet. Le comptage des 2 coups suivants s'effectue de cette façon et le fonctionnement du mécanisme de détente pendant les deux premiers coups est identique au fonctionnement en automatique. Au troisième coup, la gâchette de limiteur arrête le marteau à fond de course arrière en le crochetant sur le cran inférieur du marteau. Ce crochetage est provoqué par la rotation de la came de roue à rochet qui permet au 3ème coup le basculement de la gâchette de limiteur. Le tir s'arrête et c'est l'interruption du doigt sur la détente qui entraîne le décrochage de la gâchette de limiteur en 2 temps :
Le marteau peut alors s'accrocher sur la gâchette commandée.
Le début des pistolets-mitrailleurs français commence réellement après la Première Guerre mondiale. Le souvenir de la terrible efficacité de cette arme en combat rapproché resta bien présent dans l’esprit des rédacteurs du programme de 1921, qui définissait le futur armement français. Aussi les caractéristiques du futur PM de l’armée française furent elles fortement inspirées par celles du Bergmann MP18/I.
Ce document plein de pragmatisme, en date du 11 mai 1921, a été rédigé par des militaires encore proches des réalités du combat! L’arme aura la forme d’une carabine raccourcie. Son poids sera compris entre 3 et 4 kg, sa munition devra être la même que celle du pistolet qui sera choisi comme modèle de l’armée.
En attendant que ce modèle ait été fixé, les armes à présenter devront tirer la cartouche de Parabellum 9 mm, l’arme tirera des chargeurs de 25 cartouches au moins, son mode de tir normal est le tir en mitrailleuse, un mécanisme permettant le tir coup par coup n’est pas demandé, la cadence de tir sera de 400 à 500 coups par minute, l’arme sera très rustique, très simple, bien protégée contre la boue, le principe d’une arme à culasse non verrouillée est recommandé en raison de sa simplicité, l’arme tirée sur appui à une distance de 100 mètres devra donner un rectangle inférieur à 70/70 (cm) dans le tir par rafales de 5 à 6 cartouches et inférieur à 100/100 (cm) dans le tir par chargeurs complets, la précision dans le tir à bras francs sera expérimentée et entrera en compte dans l’appréciation de l’arme, la hausse comportera que les crans de 100 et 200 mètres, pour faciliter le tir sur appui, l’arme devra être munie d’un bipied.
Au cours des années suivant la publication du programme, des armes d’origines diverses, en calibre 9mm Parabellum vont être proposées à l’armée, soit par des établissements d’état, soit par des fabricants étrangers. Le programme de 1921 avait stipulé que les armes proposées devraient être établies en calibre 9 mm Parabellum «en attendant que le calibre du futur pistolet de l’armée française ait été choisi ».
Ainsi que nous l’avons mentionné précédemment, dans l’attente du choix définitif de cette munition, il avait été décidé que les prototypes de PM seraient chambrés en 9 mm Parabellum. De très importantes quantités de cartouches de ce type capturées sur les troupes allemandes étaient en effet disponibles dans nos arsenaux. Il n’y avait par contre aucune raison particulière pour que la France choisisse d’adopter définitivement la 9 mm Parabellum, qui n’était à cette époque fabriquée qu’en Allemagne, plutôt que telle ou telle autre cartouche.
Les services techniques de l’armée avaient expérimenté la cartouche de .30 Pedersen en 1922, en étudiant une carabine semi-automatique, dans ce calibre, que John M. 50 000 Cartouches de .30 Pedersen furent commandées aux USA pour effectuer les premiers essais. Cette cartouche peu connue avait été conçue pour alimenter un dispositif permettant de transformer le fusil réglementaire américain Springfield 1903 en arme automatique.
Le choix de la munition de 7,65 mm Long, a souvent été critiqué dans les publications contemporaines. Le choix de cette cartouche s’expliquait aussi par une modification apportée aux caractéristiques initialement prévues pour le futur pistolet de l’armée française par le programme de 1921.
En 1927, ce cahier de caractéristiques militaires fut modifié au profit d’un pistolet plus léger et moins encombrant. La réduction de calibre, permettant d’utiliser une cartouche plus légère était cohérente avec cette tendance. Une évolution analogue se dessina pour le PM. Les rédacteurs du programme de 1921 avaient initialement défini une arme d’assaut, comme l’était le MP-18 : un pistolet-mitrailleur More rustique, destiné à prendre d’assaut les positions ennemies en noyant leurs défenseurs sous un déluge de feu ou à défendre nos propres positions, par le même procédé.
Entre les deux guerres, les penseurs militaires français voyaient plutôt dans le PM, une arme de défense, destinées à armer les cadres et les spécialistes qui n’avaient pas à combattre avec un fusil.
En 1933, les critères de choix contenus dans le programme d’armement de 1921 furent complétés par deux nouvelles exigences : les PM devraient désormais être dotés d’une crosse repliable et d’un chargeur rabattable. L’ETVS mit rapidement au point un nouveau PM doté d’une crosse et d’un chargeur repliables. Deux prototypes de cette arme furent construits au sein de l’établissement. Ils furent testés en 1937 le premier par l’ETVS lui-même, le second par la Commission d’Études de l’Infanterie (CEI) en compagnie du PM Petter et du PM MAS modèle 1935 SE.
Long de 67 cm une fois la crosse dépliée et de 42 cm crosse repliée, le PM ETVS était doté d’une culasse ingénieuse, à l’intérieur de laquelle était intégré un ralentisseur de recul actionné par un volant à inertie. Cette conception permit de créer une arme courte et légère. Grâce à la faible puissance de la munition de 7,65mm Long et à l’efficacité du ralentisseur de recul qui maintenait la cadence de tir autour de 600 coups par minute, les concepteurs de l’ETVS avaient pu se dispenser de doter l’arme d’une culasse lourde et volumineuse et limiter la course de cette culasse pendant son recul.
En revenant en position de fermeture, la culasse actionnait un levier de percussion, qui déclenchait la percussion de la cartouche présente dans la chambre. Avec son levier de percussion commandé par la fermeture de la culasse et sa partie avant cylindrique, la culasse de l’ETVS n’est pas dépourvue d’analogies avec celle du PM Thompson, dont l’établissement technique de Versailles (ETVS) avait testé plusieurs exemplaires entre 1921 et 1927.
La Manufacture Nationale d’Armes de Châtellerault (MAC), se vit confier par l’ETVS, la charge d’en réaliser dix exemplaires de présérie du PM ETVS. Devant le résultat prometteur des essais, le 14 Mars 1937, la Direction des Études et Fabrications d’Armement (DEFA) ordonna à la MAC de fabriquer quarante PM ETVS supplémentaires. Cette commande ne fut finalement achevée qu’en 1939. L’adoption du PM Petter en 1939 et le choix de mettre en fabrication en urgence une version améliorée du PM modèle 1935 (qui donna naissance au PM MAS 38) de la MAS mettront fin à la carrière de l’ETVS, qui était pourtant une arme fort intéressante et bien conçue.
Étrangement, l’une des fiches d’identification des matériels étrangers (Kennblätter Fremdengeräts) éditées par la Wehrmacht, présente le PM ETVS sous la désignation de «Maschinenpistole 721(f)».
Les ingénieurs français vont concevoir de nombreux prototypes dans le cadre d’un nouveau programme d’armement censé moderniser l’équipement français. Malheureusement, aucune arme ne sera adoptée avant la fin des années trente. En 1938, on décide enfin d’adopter le dernier prototype de pistolet-mitrailleur conçu par la Manufacture d’Armes de St-Etienne, le SE MAS 1935 qui devient alors le MAS modèle 1938.
C’est dans cette logique que le MAS 38 est conçu du côté de Saint-Etienne et de sa manufacture d’armes. Il est d’abord utilisé lors de la Seconde Guerre mondiale, notamment par les Corps francs, la Milice française et les FFI. Le MAS 38 est un pistolet mitrailleur compact, facilement contrôlable. Il jouit d’un mode automatique impressionnant. Cependant, les troupes de l’armée française se plaignent rapidement de sa faible puissance, mais également de sa courte portée de tir. De plus, la production de MAS 38 est ralentie à cause de son prix.
Son utilisation au sein des troupes de l’armée française n’est finalement que très faible. C’est davantage du côté de la gendarmerie, de la police nationale ainsi que de l’Armée de l’air que le MAS 38 est utilisé. Seulement deux mille exemplaires vont être fabriqués avant l’armistice, mais la production se poursuivra sous l’occupation. Les Allemands désigneront alors ces armes MP722 (f). A la Libération, la production à grande échelle peut enfin reprendre et on estime que plus de 200 000 MAS 38 ont été fabriqués.
Ce petit pistolet mitrailleur était une bonne arme car il était compact et facilement contrôlable en mode automatique cependant il souffrait de deux défauts majeurs. Le premier est sa cartouche de 7,65 Long avec une trop faible puissance d’arrêt et le deuxième est son prix.
En 1939-1940, la France doit combler ses lacunes tactiques, mises à nu lors des escarmouches durant la drôle de guerre. La société SACM a proposé à l’état-major l’une de ses inventions créée en 1935 par son ingénieur PETTER, le créateur du pistolet 1935 A déjà adopté par l’armée. Il s’agit d’un pistolet-mitrailleur dont la particularité est d’être en tôle emboutie, beaucoup plus économique à construire que l’usinage du Mas 1938. La culasse avait son ressort récupérateur au-dessus du canon, permettant de gagner en compacité.
tags: #plan #fusil #mitrailleur #fonctionnement