Cet article explore en profondeur les paroles et les tendances musicales actuelles, en analysant des artistes variés comme Booba et Charli XCX, en passant par des figures émergentes du rap.
Trop souvent cantonné à une image d’artiste « bling-bling », Booba est surtout un redoutable poète. Depuis ses premiers trajets en RER C, Booba a fait du chemin et est inscrit dans le panthéon du rap français. Le duc cite désormais Arthur Rimbaud et son célèbre « dormeur du Val » sur Instagram. Contrairement aux préjugés, l’œuvre du rappeur est elle-aussi, imprégnée de poésie.
Souheil Medaghri, avec son documentaire Booba, des poèmes sans poésie, décrypte brillamment les spécificités d’une écriture bien plus travaillée et complexe qu’elle ne le laisse croire. Son écriture est hyper cinématographique, comme une suite de flash, ou des tableaux sonores. Il ne va pas dire “nique la police”, mais “j’ai roté mon poulet rôti et recraché deux îlotiers”. Ses textes sont pleins de petites vignettes incongrues et visuelles qui vous explosent au visage.
Contrairement à ce qu’on peut penser, son message dépasse largement le cadre de la rue. Il décrit peu la vie dans le ghetto mais plutôt ses états d’âmes, une vision de la vie nihiliste, mais aussi l’auto-glorification et un matérialisme assumé. Ses textes expriment une part d’ombre qu’on a tous en nous. Le regard qu’il porte sur la société est tout à fait en phase avec le monde d’aujourd’hui.
Comparer Booba à des écrivains comme Baudelaire, Hugo ou encore Verlaine peut ressembler à une hérésie pour certains. Pourtant, la comparaison est beaucoup plus pertinente qu’on ne peut le croire. Baudelaire et Booba utilisent le symbolisme comme clé de voûte de leur approche de l’écriture. La démarche poétique est exactement la même, l’utilisation de correspondances (l’orage/ le RER C) pour exprimer avec plus de clarté leurs émotions (le spleen/ la monotonie). Ils partagent la même ambivalence morale.
Lire aussi: L'histoire poignante derrière "Prends ton fusil Grégoire"
Chez Booba, la beauté n’est pas dans les fioritures, elle est plus cachée. Quand on se débarrasse des effets de style artificiels, distractions du vocabulaire, on peut se concentrer sur l’essentiel. « Des poèmes sans poésie », cela signifie qu’au premier abord, son écriture est parlée, vulgaire et chaotique. Mais lorsque l’on gratte la surface, on y trouve des fulgurances et l’essence même de ce qui fait la poésie. Il explore de nouvelles facettes de la langue et la façon dont les mots peuvent être combinés. Son imagerie est plus teintée des repères de son époque, ce qui lui donne plus de pertinence et d’efficacité.
« Un bloc de shit, un bloc note sur moi, j’prend l’periph, circulaire, comme le canon d’un glock”. Ici, le thème central, tourner en rond, n’est jamais mentionné, mais évoqué et rapproché de la violence et la mort, c’est une façon d’écrire instable, débordante, imparfaite, par essence poétique.
MC Solaar bénéficie d’un capital sympathie énorme, car son approche de la poésie est plus proche de celle qui nous est inculquée sur les bancs de l’école. Alors que chez Booba, la profondeur est beaucoup moins évidente, et bien plus difficile à expliquer.
Son écriture laisse une énorme place à l’interprétation. “Quand j’ai la clé, j’m’en sers pour casser le carreau”, il y a une psychologie complexe derrière cette réflexion. Peu importe les efforts, on ne peut pas changer la nature d’un homme. Cela a des répercussions profondes sur sa vision de la justice sociale. Il y a un fatalisme, même avec les bonnes cartes en main, c’est trop tard pour prendre un autre chemin. C’est une lecture déterministe du monde qu’on retrouve en permanence dans ses textes.
Louis-Ferdinand Céline était en son temps (aujourd’hui encore, d’ailleurs) un écrivain contesté. Il y a tellement de points communs, du style d’écriture au personnage, jusqu’à la vision de la vie. Sur le style littéraire, ils préfèrent le style parlé, cru et jouent beaucoup sur les rythmes et les sonorités. Ils ont une approche calculée dans leur utilisation de l’argot et n’hésitent pas à déformer la langue française pour rendre leur style plus rapide et efficace.
Lire aussi: Jacques le Fataliste : Incipit
Son influence est vraiment palpable sur la nouvelle génération, notamment chez PNL. Ils ont du écouter énormément de Booba: la façon dont l’imagerie est employée, les références à la pop culture, la vitesse du texte et le côté « stream of consciousness ». On sent vraiment les mêmes ingrédients.
Charli XCX, enfant de la rave, a toujours puisé son inspiration dans les clubs et la musique électronique. Au crépuscule des années 2000, elle découvre la bloghouse, un mélange d’électro house et de disco, influencée par des artistes comme Uffie et le label Ed Banger.
Son sixième album, Brat, explore la dualité entre une image de "sale gosse" et une vulnérabilité romantique. Ce disque réussit à transformer le club en un espace de réflexion, mêlant espoir et doute sur des rythmes saccadés.
L'album de remixes Brat and It's Completely Different but Also Still Brat inclut des contributions d'artistes comme Ariana Grande, Billie Eilish et Lorde.
Le single “Von Dutch” aborde le harcèlement constant auquel sont soumises les femmes publiques, notamment les pop stars. Dans Brat, Charli XCX s’adresse directement à ses fans, se positionnant comme une figure maternelle pour la communauté LGBTQ+.
Lire aussi: Alpha Wann explique "Pistolet Rose 2"
Brat s’immisce dans les failles de l’industrie pop, critiquant le voyeurisme et explorant les rivalités féminines. Un morceau comme “Girl, so confusing” évoque une chanteuse à laquelle elle est souvent comparée, possiblement Lorde.
Malgré la puissance des productions d’A. G. Cook, l'album propose des moments de respiration et de réflexion, comme le morceau “I might say something stupid”. "Everything is Romantic", co-produit par A. G. Cook et El Guincho, rappelle la douceur de “Move Me” et de “Party 4 U”.
Charli XCX rend hommage à ses proches dans “Club Classics”, citant A. G. Cook, George Daniel et SOPHIE, dont l’influence musicale reste prégnante. Dans “So I”, elle évoque le souvenir de SOPHIE, disparue en 2021, en référence à son morceau “It’s Okay To Cry”.
Brat se déroule à la manière de la Boiler Room de Charli XCX, enregistrée en février 2024 à New York. Une soirée où l’artiste n’hésite pas à mélanger les genres, entre une version accélérée de “Vroom Vroom” et une reprise de “Everytime” de Britney Spears. En résumé, on pleure, on danse, et on en redemande.
Après une période difficile et une cure de désintoxication, Isaiah Rashad revient avec une lucidité nouvelle, transformant ses épreuves en musique. Son single « Headshots (4r Da Locals) », produit par Hollywood Cole et Henry Was, est un voyage doux avec la mort, où il fait le bilan de ses travers et entrevoit sa rédemption.
Key Glock et Young Dolph continuent de faire vibrer la scène trap avec leur deuxième volet de Dum and Dummer. Key Glock reprend le flambeau de son cousin et mentor, s'imposant avec une trap sans compromis. Le producteur BandPlay, signé sur le label, fait des merveilles derrière les machines, notamment sur l'instru de « I Can Show You ».
BluebucksClan offre une formule ultra simpliste, où DJ et Jeezy répètent des thèmes déjà explorés par d'autres. Malgré des compétences techniques moyennes, leur egotrip arrogant et leurs voix monotones créent un plaisir coupable. L'accompagnement musical minimaliste ponctue les répliques d'un duo comique, comme sur « Horace Grant » de leur mixtape Clan Virus 2.
ALLBLACK d’Oakland invite Mozzy de Sacramento et Peezy de Detroit à partager leurs « War Stories », reprenant le refrain du « Tradin War Stories » de 2Pac. Derrière des réalités peu réjouissantes, leur alchimie évidente sur le funk froid et dépouillé du producteur DTB fait vivre un gangsta rap inaltéré.
Le jeune rappeur Wiardon d’Austin, Texas, expose les tourments d’une adolescence mouvementée dans ses morceaux, notamment sur Locked In. Son univers est inspiré par les films mafieux et la bande-originale de Scarface. Il est encore surpris de susciter de l’intérêt, un comme s’il n’avait pas conscience de son talent brut.
L'album posthume Nine Clouds de Profound, avec Myka 9, est un réceptacle admirable d’un rap laidback, smooth et jazzy. Sur « Keep On », Myka 9 et Lily Fangz s’interrogent sur la notion de résilience et convoquent la mémoire de Sach et Nouka.
Sur “WILSHIRE”, Tyler, The Creator revient aux longs monologues introspectifs. Ce morceau de 8 minutes 35 raconte une histoire d’amour interdite avec une honnêteté confondante, exposant les doutes et les questionnements de Tyler Okonma.
Vel The Wonder brille avec son album Trophy Wife, un exemple parfait du "revival boom-bap". Sur « Michelle », produit par Chase Moore, sa performance énergique et ses assonances flattent l’auditeur. Son egotrip est plus que réussi, tout comme l’ensemble de l'album.
Babytron, tiré du récent Luka Trončić, est produit par Hokatiwi et respecte la recette : un rythme uptempo sur lequel joue un sample de dance sorti des eighties, une association d'idées surréalistes et de jeux mots autour du basket, énoncés avec nonchalance.
L'influence de Gucci Mane se fait sentir dans la baie de San Francisco, où de nombreux rappeurs de rue ont reproduit le débit de « Big Cat Laflare » sur Hard To Kill. En 2021, Zaytoven boucle la boucle avec sa propre reprise de ce morceau emblématique.
Le sujet de l'airsoft est abordé, souvent perçu comme un "sport de beauf". Les stéréotypes sont nombreux : le jeune punk, le père de famille, le joueur trop sérieux, etc. L'image est parfois ternie par des comportements présomptueux et un manque de fair-play.
Il existe une fracture entre la perception de l'airsoft en France et dans d'autres pays comme le Japon. En France, l'aspect militarisant et le milieu majoritairement masculin contribuent à cette image négative.
Beaucoup de joueurs d'airsoft n'ont jamais servi dans l'armée, ce qui diminue la crédibilité aux yeux du public. L'airsoft est souvent vu comme une simulation militaire, un "Call of Duty" réel, plutôt qu'un sport avec un esprit de compétition et d'équipe.
Le regard des autres ne devrait pas importer, et il est amusant de provoquer ceux qui réagissent avec des clichés. Cependant, il est important de reconnaître que l'ambiance peut parfois être problématique, avec des comportements "beauf" qui se confirment sur le terrain.
Les réseaux sociaux et les vidéos contribuent à l'image de l'airsoft, en mettant souvent en avant le négatif et le sensationnel. Les vidéos de tricheurs et de comportements agressifs sont populaires, ce qui exacerbe les tensions sur le terrain.
Il est important de promouvoir le fair-play et les bonnes pratiques, tant sur le terrain que dans la zone neutre. La mixité et la maturité des joueurs sont essentielles pour améliorer l'image de ce loisir.
L'airsoft est un loisir qui divise, mais qui peut aussi rassembler des gens passionnés. Il est important de prendre du recul et de ne pas laisser les stéréotypes gâcher le plaisir de jouer.
tags: #paroles #pop #the #glock #explication