Dans le domaine du cinéma de guerre, l'armement individuel est souvent négligé, bien qu'il soit paradoxalement essentiel. Les films semblent souvent considérer les armes comme allant de soi, prêtes à être utilisées par des experts, sans aborder leur conception, leur maniement ou leur abandon.
Pourtant, l'arme devrait être au centre de la perspective cinématographique, fusionnant la visée et l'œil, comme le suggèrent de nombreux jeux vidéo où le joueur voit ses "mains" tenir l'arme. Il faudrait alors filmer selon un weapon of view, et pas seulement avec une gun vision.
L'étude de l'armement individuel dans le cinéma de guerre révèle des paradoxes et des omissions surprenantes. Si l'on pousse le renversement de perspective cinématographique à son terme, la fusion de la visée et de l’œil devrait s’accomplir dans l’arme.
Parmi les armes individuelles, le Luger P08 Artillerie occupe une place particulière. Pour appréhender cette réalité contrastée, et surtout tenter d’évaluer la réfraction idéologique de différents systèmes de production (à la fois armurière et cinématographique) existe la très utile « Internet movie firearms database. »
Le Luger P08 est un pistolet semi-automatique conçu par Georg Luger et produit à partir de 1900. Il a été adopté par l'armée allemande en 1908, d'où son nom P08 (Pistole 08). Le modèle Artillerie, également connu sous le nom de Lange Pistole 08 (LP 08), est une variante dotée d'un canon plus long (200 mm) et d'une crosse amovible, ce qui lui confère une portée et une précision accrues.
Lire aussi: PM d'Artillerie Mortier : Définition et utilisation
Le Luger P08 Artillerie était destiné à être utilisé par les artilleurs et les troupes d'assaut, qui avaient besoin d'une arme de poing plus puissante et précise que les pistolets standards. Sa crosse amovible permettait de l'utiliser comme une carabine, offrant une meilleure stabilité et une portée accrue.
Cependant, le Luger P08 Artillerie avait aussi des inconvénients. Sa culasse à genouillère était complexe et sujette aux enrayages, surtout dans des conditions boueuses ou poussiéreuses. De plus, son coût de production était élevé, ce qui limitait sa diffusion.
Quoi qu'il en soit, il est rare que les qualités intrinsèques d’une arme soient évoquées.
Le succès cinématographique du Luger tient moins à ses propriétés objectives de tir (liées à sa légèreté et à un centre de gravité très reculé), qu’à sa culasse à genouillère nécessitant un armement hétérodoxe et un net relèvement du canon, en tir, donc visuellement expressifs.
En résulte son identification avec l’officier allemand, que souligne un instructeur-commando britannique dans Age of Heroes (Adrian Vitorio, 2011) consacré à une opération montée par Ian Fleming. On trouve l’arme chez le « major Bergmmann » dans Rome, ville ouverte (Roberto Rossellini, 1945) jusqu’à Inglorious Bastards (Quentin Tarentino, 2009) tenu à contre-emploi par le « caporal Zoller » - héros nazi devenu objet d’un film dans le film pour avoir abattu près de 300 soldats alliés en Italie.
Lire aussi: Le Luger P08 Artillerie Français
Mais ces qualités sont imméritées : le Luger est fragile, s’encrasse et sitôt enrayé long à remettre en service.
Le tableau ci-dessous illustre la présence du Luger P08 dans divers films, soulignant son identification avec l'officier allemand et son rôle dans la culture visuelle du cinéma de guerre.
| Film | Réalisateur | Année | Rôle du Luger |
|---|---|---|---|
| Rome, ville ouverte | Roberto Rossellini | 1945 | Arme du "major Bergmmann" |
| Age of Heroes | Adrian Vitorio | 2011 | Arme utilisée par les officiers allemands |
| Inglorious Bastards | Quentin Tarentino | 2009 | Arme du "caporal Zoller" |
Bien qu'il soit rare que les qualités intrinsèques d'une arme soient évoquées, le Luger P08 Artillerie reste un symbole fort de la Première Guerre Mondiale, tant sur le champ de bataille qu'à l'écran.
D'ailleurs, l'impact des véhicules a été grandement revu à la hausse, puisque le jeu se focalise sur le travail de l'infanterie et de ses armes à l'ancienne. Conséquence de ces changements : des armes à la précision nettement inférieure à ce que vous avez pu voir dans Battlefield 4, des chargeurs de petite taille et des cadences de tir en baisse. Il va désormais falloir prendre des risques pour avoir votre frag et bien souvent un duel finira au corps-à-corps, réglé à coup de pelle ou de masse de tranchée.
Petite nouveauté, les pilotes et autres chauffeurs de tanks ont désormais leur propre classe spécialisée. Ces derniers seront nettement moins bien équipés que les autres, avec en général un pistolet en version carabine (c96 carabine ou P08 carabine), ce qui évite que les joueurs utilisent les véhicules comme des taxis pour se rendre sur le front. Ceci dit, il suffit d'aller récupérer l'équipement de n'importe quel joueur tombé au champ d'honneur pour se remettre en selle.
Lire aussi: Viseur Fixe Artillerie Belge: Analyse Technique
Niveau artillerie, Battlefield 1 est finalement une petite déception par rapport aux anciens opus puisque la variété des armes est bien plus faible. Tout d'abord, aucune différence n'existe entre les différentes factions si ce n'est le design de l'uniforme. L'arsenal disponible ne varie pas d'un iota en fonction de vos choix. Concrètement, chaque classe dispose d'environ cinq ou six armes chacune proposée dans différentes versions, principalement au niveau des optiques de visée.
tags: #p08 #artillerie #battlefield #1 #pistolet #histoire