La sécurité intérieure dans les pays européens relève de différents types de police, un héritage de l'histoire et des traditions de chaque État. Ce legs a des répercussions sur la sécurité à l'échelle de l'Europe.
Après la fusillade d'Örebro qui a fait 10 morts, dont plusieurs personnes d'origine étrangère dans un centre d'enseignement pour adultes en Suède, le gouvernement a annoncé vouloir limiter l'accès à certaines armes automatiques tel que le AR-15. La terrible attaque à Örebro remet sur la table plusieurs questions centrales sur la législation sur les armes, écrit le gouvernement de centre droit sur son site.
Selon la police, l'auteur des tirs, identifié par la presse suédoise comme Rickard Andersson, 35 ans, a vraisemblablement agi seul et s'est suicidé après son geste. Il disposait d’un permis pour quatre armes de chasse. Sur place, les enquêteurs ont retrouvé trois « armes longues, c’est-à-dire des fusils aux côtés du tueur, a indiqué la police, sans plus de précisions. « Les techniciens ont trouvé dix chargeurs vides à l’intérieur. Ils ont récupéré énormément de douilles », a expliqué à la presse Anna Bergqvist, la policière chargée de l’enquête en ajoutant que le tireur disposait encore de munitions qui n’ont pas été utilisées.
« Il existe certains types d’armes si dangereuses qu’elles ne devraient être autorisées à des fins civiles qu’à titre exceptionnel », a-t-il ajouté en prenant l’exemple de l’AR-15 qui « est compatible avec de grands chargeurs de type militaire et peut causer de lourds dégâts en peu de temps ».
En août 2023, l’Agence pour la protection de l’environnement avait modifié sa réglementation afin d’autoriser l’usage de certaines armes semi-automatiques, comme l’AR-15 ou l’AR-10, pour la chasse. Pour le gouvernement, les règles d’évaluation de l’aptitude d’une personne à détenir ce type de carabines automatiques vont par conséquent être clarifiées.
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Dans la réglementation actuelle, « plusieurs des critères » d’aptitude pris en compte lors de cet examen « ne sont pas suffisamment explicites », estime le ministère de la Justice. La coalition gouvernementale a également chargé la police et les services sociaux de renforcer leur coopération pour signaler les personnes médicalement inaptes à posséder une arme à feu.
Avec un projet de loi, le gouvernement souhaite revenir sur les restrictions qui étaient en vigueur avant 2023. « Il ne peut être exclu » que des individus violents « abusent de la possibilité de passer l’examen du permis de chasse, dans le but d’obtenir légalement et relativement facilement des fusils semi-automatiques » équipés de grands chargeurs, a également relevé la commission d’enquête dans ses conclusions de mai 2024.
Les sociaux-démocrates qui sont dans l’opposition souhaitent aussi passer au peigne fin tous les permis d’armes à feu déjà octroyés.
Selon les autorités policières danoises, il est assez délicat de réunir un nombre important de policiers prêts à se porter volontaires pour effectuer une mission en opération extérieure. Les autorités souhaitent que les policiers qui partent en opération extérieure disposent déjà d'une solide expérience au Danemark et ne remplissent pas plus de trois fois une mission en opération extérieure.
Aussi, ces policiers ont-il, pour beaucoup d'entre eux, plus de trente-cinq ans, sont mariés et ont des enfants et présentent des profils psychologiques certainement moins aventuriers (« less adventurous ») que les soldats. Ce choix porté sur un tel profil de policiers explique peut-être la volonté de la police danoise de ne pas se voir imposer des missions autres que celles pour lesquelles elle a été envoyée en opération extérieure. Les Danois ne veulent pas déployer leurs policiers pour des missions non clairement définies et pour lesquelles subsistent des zones grises de responsabilités ou de compétences.
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Selon les policiers danois, il est indispensable qu'ils soient non-armés, qu'ils ne fassent pas de la gestion de foule et, surtout, qu'ils ne soient pas intégrés, d'une façon ou d'une autre, à un commandement militaire. Les autorités de la police danoise sont parfaitement d'accord pour envoyer leurs hommes assurer des formations ou des missions de police civile, mais il est hors de question que la police soit confrontée à des « tâches plus difficiles ».
Au Kosovo, la police danoise est armée, mais le ministère de la Justice préfère de loin que cela ne se reproduise plus et que les soldats, avec leurs équipements, aient plutôt la charge de la gestion des foules (« riot control » selon la terminologie danoise). Les autorités de police préfèrent que, petit à petit, les affaires de police soient transférées à la police civile, à mesure que le pays se pacifie ; que cette police civile comprenne certes des éléments de police danoise, par exemple, mais qu'elle comprenne aussi et surtout des éléments de la gendarmerie qui, eux, sont équipés et entraînés pour faire face à des situations plus périlleuses.
Les autorités de la police danoises ont, en outre, insisté sur deux caractères essentiels de leur police en opération extérieure : leur intégrité et leur rapide mobilisation (en moins de dix jours, un contingent de policiers danois peut être mobilisé).
Structurellement, l'organisation de la sécurité intérieure danoise se caractérise par le rôle prépondérant du ministère de la Justice et par l'étroite imbrication qui existe entre l'appareil policier et l'appareil judiciaire. Aussi, l'unique force de police est-elle rattachée au ministère de la Justice.
Les dispositions statutaires fondamentales qui gouvernent le travail de la police se trouvent à l'article 108 de la loi sur l'administration de la Justice : les devoirs de la police sont de maintenir la sécurité, la paix et l'ordre ; de s'assurer du bon respect des lois et règlements ; de prendre les mesures nécessaires pour empêcher tout crime ; d'enquêter sur les crimes et de poursuivre les contrevenants ; les autres devoirs peuvent être imposés à la police avec l'autorisation du ministre de la Justice.
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La police, tant au Danemark qu'aux Féroé et au Groenland, n'est constituée que d'une seule entité nationale, directement employée par l'Etat. Aux yeux des autorités danoises, il est important que les candidats qui souhaitent rejoindre les rangs de la police soient représentatifs de toute la diversité de la population danoise. Aussi, la police est-elle ouverte aux hommes comme aux femmes, ayant des origines sociales, culturelles et ethniques différentes.
Les policiers danois portent traditionnellement une arme à feu dans l'exercice de leurs fonctions. Mais l'usage des armes à feu est strictement réglementé. Par ailleurs, la police danoise semble bien préparée à faire face à des manifestations violentes. En effet, celle-ci a dû gérer ces dernières années quelques manifestations violentes dans les rues de Copenhague (en particulier suite à des consultations populaires sur la participation du Danemark à la construction de l'Union européenne). Le détachement de police en charge de la lutte anti-émeute est exclusif à la police de Copenhague. L'efficacité de celui-ci s'explique non seulement par son équipement, mais aussi par l'utilisation impressionnante des chevaux.
La vigueur des manifestions anti-mondialisation ou des mouvements contestataires lors des sommets européens comme à Göteborg ou du G8 comme à Gênes ont décidé les autorités danoises à prendre la question de la sécurité à bras le corps compte tenu de la présidence de l'Union européenne par le Danemark durant la deuxième moitié de 2002. En effet, pour toute la durée de la présidence danoise, la ministre de la Justice Lene Espersen a prévu d'utiliser près de 100 millions d'euros pour la mobilisation de la police « afin d'empêcher toute attaque terroriste ou des manifestations violentes ».
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