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Le fusil Mosin-Nagant 1891, puis 1891 modifié en 1930, représente toute une galaxie. C'est celle des infinies variantes d'une arme exemplaire, mondiale, devenue mythique. L'histoire de son concepteur est également exemplaire. Ainsi, « le Mosin » est un thème de collection infini pour une arme et une munition qui ont marqué l'Histoire.

Contexte et Réglementation des Calibres

Les tireurs continuent de protester contre l’intention de la nouvelle réglementation de classer certains calibres. La raison semble toute simple : si le classement de la cartouche détermine le régime de l’arme, la réciproque classe toutes les armes du calibre quelles que soient ses caractéristiques. Viendra-t-on à un classement selon l’arme ?

Selon l'article L., « …le classement… est fondé sur la dangerosité des matériels et des armes. Pour les armes à feu, la dangerosité s’apprécie en particulier en fonction des modalités de répétition du tir ainsi que du nombre de coups tirés sans qu’il soit nécessaire de procéder à un réapprovisionnement de l’arme. »

La logique des autorités est de garder le contrôle des munitions pouvant être amenées à alimenter les armes automatiques illégalement détenues et posant des problèmes de sécurité publique. Ainsi, police et douane pourront contrôler les flux des munitions dans ces calibres qui seraient sur une liste classée en catégorie B (soumis à autorisation). Le but affiché serait d’empêcher des groupes terroristes de s’approvisionner “légalement” dans ces calibres.

Lors des débats devant les deux Assemblées Parlementaires, les élus et le Ministre de l’Intérieur ont promis que les tireurs auraient accès à ces calibres, il y aura certes de la « paperasse » à faire. Cela ne changera pas beaucoup de la situation actuelle. Il s’agit avant tout de calibres des armes en provenance des pays de l’Est : 5.45 x 39 et 7.62 x 39. Auxquels s’ajoutent les calibres de mitrailleuse 50 BMG et 12,7 Russe.

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Il est question aussi du calibre NATO .223 qui pour les militaires, est le calibre d’armes automatiques principalement utilisé dans de nombreux points chauds de la planète et qui commence à se banaliser en France. Mais le cas du .223 n’est pas encore tranché. En effet, seuls les techniciens savent que les cartouches civiles en .223 Rem non conçues pour le tir en automatique sont de conception différente. Mais leur appellation commune ne facilite pas leur contrôle lors des passages des frontières.

Il n’est pas prévu de classement pour d’autres munitions, notamment pour les vieux « calibres russes » comme le craignaient certains tireurs ou collectionneurs. Ainsi le 7,62x54 R modèle 1891 du fusil Mosin Nagant qui ne sert qu’à alimenter des fusils à verrou conçus voici plus de 120 ans et (de façon marginale) des armes soumises à autorisation de détention (fusil SVD Dragunov) ou des armes automatiques (mitrailleuses russes diverses).

Ces dernières restent bien entendu interdites dans le cadre de la nouvelle législation. Pour le Ministère de la Défense qui supervise les besoins de la sécurité nationale, il s’agit de s’assurer que les calibres dits « sensibles », lorsqu’utilisés par les forces françaises, pourront toujours continuer d’être fabriqués sur le territoire national. En quelque sorte c’est pour assurer l’approvisionnement de l’armée Française.

- la mise en oeuvre de la loi entraîne « la modification de 60 textes règlementaires » qu’il ne sera pas possible de publier « en amont du délai de 18 mois prévu » par la loi.

Le Mosin-Nagant Hongrois : Une Variante Rare

Il n’y a pas de 91/30 hongrois. À la fin de la seconde guerre mondiale, la malheureuse Hongrie, qui a commis l’erreur deux fois de suivre l’Allemagne dans ses folles aventures, est punie de son choix par l’occupant soviétique qui limite son armée à 25.000 membres. Elle ne lui laisse que 10.600 carabines des modèles 1935 et 1943, 6.250 pistolets mitrailleurs de divers types, et… 1274 armes de poing au titre des armements individuels.

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L’armée hongroise complète néanmoins ce très modeste arsenal avec quelques achats de fusils Mosin 91/30, de carabine Mosin modèle 1944, de PPSH41 et de pistolets TT33 auprès de ce qui deviendra dans quelques mois son « grand frère soviétique ». En 1948, face à l’OTAN qui se constitue, la Hongrie est pressée par l’URSS de rejoindre le Pacte de Varsovie. Elle est désormais autorisée à construire sous licence du matériel soviétique et ne va pas s’en priver.

Ces armes sont construites dans la fameuse usine FEG ( Fémáru Fegyver és Gépgyá) de Budapest qui fabriquait d’excellentes armes depuis la période impériale austro-hongroise de ce pays et l’an de grâce 1891 très exactement. Le code pays de la Hongrie dans la nomenclature du Pacte de Varsovie étant le « 02 », cela explique que l’on puisse reconnaître immédiatement ces « Mosin Hongrois » au code « 02 » complété de la lettre « B » pour Budapest qui orne leur crosse comme sur notre exemplaire.

Environ 220.000 (seulement dans l’absolu) de ces armes seront produites. Et ce sont pour l’essentiel des carabines 44 (160.000 exemplaires) et sur deux années seulement de 1952 à 1953. Si l’on croise de temps à autres la carabine M48 hongroise (ex44 russe), c’est vous dire la réelle rareté du « Mosin 91/30 hongrois » comme le notre. Il semblerait que ces fusils et carabines M48 aient répondu, dans l’esprit des producteurs hongrois, à un projet commercial d’exportations plus que de dotation des armées.

Ces armes de temps de paix sont remarquablement produites et par des ouvriers très qualifiés. Elles sont très bien finies notamment au niveau des bois, des attaches de bretelle et des ajustements ou du moins mieux que les Mosin russes de 1941 - 1944 produit eux en millions d’exemplaires pour une guerre gigantesque. Anecdote supplémentaire, ils sont si bien finis que 6.000 d’entre-deux seront transformés en version Sniper doté d’une lunette PU de conception soviétique mais de fabrication hongroise.

Ces armes de tireurs d’élite ont fini pour beaucoup au… Vietnam au titre de l’assistance à un pays frère attaqué. Elles constituaient d’ailleurs une arme de prise très recherchée par les GI et autres Marines, avides de trophées ! Pour les thuriféraires des Mosin snipers, ce sont bien sûr tous des fusils et pas des carabines. Ils sont tous de 1952, en série « BC » (série qui n’existe pas sur les autres fusils et mais que l’on trouve sur des carabines mais, dans ce cas, rien à voir avec un fusil de sniper).

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Notre exemplaire est en TBE - il est né en 1950, année du début de la guerre de Corée et de la sortie de l’Hymne à l’Amour de Piaf, c’est donc un des premiers - Il est monomatricule sauf la portière de magasin (bien hongroise aussi) et sans aucun marquage au crayon électrique ou pièce russe. Il porte un poinçon d’épreuve allemand et une mention de calibre. Il est en parfait état mécanique avec d’excellents ajustements - ses bois sont superbes (peu de traces de manipulation et aucune enture) et son canon est beau à damner un saint et il vous donnera « beaucoup bonheur au stand » (prendre l’accent brésilien pour dire ça). Bref une arme de qualité « premium plus » pour un modèle fort rare in fine.

Arme de catégorie C au CSI : Licence de tir en cours de validité avec certificat médical valide ou bien un permis de chasse avec sa validation pour l’année en cours ou l’année précédente ET CNI ou passeport en cours de validité.

Le Mosin 91/59 : Une Version Raccourcie et Mystérieuse

Voici un Mosin dont j'ignorais l'existence (les mauvaises langues diront que c'est une habitude chez moi d'acheter sans savoir ). Voici donc un Mosin qui n'est pas le modèle 38 auquel il ressemble. C'est donc un Mosin 91-30 qui a été raccourci.

Le guidon est celui du 91-30, c'est ce qui le différencie du 38. Tout comme la hausse celle du 91-30 mais qui est meulé pour faire disparaitre les dernières graduations. La crosse est celle du 91-30 qui a été aussi raccourci.

L’histoire du 91/59 est mal connue mais il semble que ces armes ne soient pas mauvaises au tir: à chaque fois que Yannick de Armes D’Histoire en vendait un, il signalait un « tir très bon » ou « tir exceptionnel ». C’était pas le cas sur les autres Mosin! Et les prix sont raisonnables.

Apparemment le canon serait plus épais que sur les M44 et M38 car c’est celui d’un 91-30 mais raccourci. Selon certains, le raccourcissement explique aussi la bonne précision généralement constatée sur ces armes, car c’est souvent la bouche qui pose problème.

Il semble aussi que la détente ait été améliorée. J'en possédais 2 et j'en ai revendu un...les 2 avec canon semblant neuf...ça tire très bien en effet...il se dit sur le net que c'est une bidouille d'importateurs US ou canadiens...est ce qu'ils se seraient fait chier à meuler la hausse au delà de 1000m... ça m'étonnerait d'autres disent que c'est une dernière adaptation du 91/30 pour certaines unités type garde-chasses ou police ferroviaire ou je ne sais quoi... j'y crois un peu plus.

Dans 91/30, 91 est l'année du modèle originale et 30, celle des modifications adoptées, nouvelle hausse et guidon, canon raccourci etc. Il n'est donc pas illogique que la modification de 1959 reprenne ce principe de nomenclature.

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