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À Montellier, dans l’Ain, à quelques kilomètres de Lyon, se cache un lieu discret mais essentiel à la compréhension de l’histoire industrielle française : le conservatoire Berliet. Loin d’un musée traditionnel, ce site préserve une collection exceptionnelle de véhicules industriels, d’automobiles et de moteurs qui témoignent de plus d’un siècle d’innovation mécanique et de savoir-faire national.

La Fondation Berliet : Gardienne du Patrimoine

Créée en janvier 1982 par les descendants de Marius Berliet, la fondation Berliet a pour mission de conserver et transmettre ce patrimoine unique. Créée en janvier 1982 par les descendants du constructeur lyonnais Marius Berliet et par Renault Véhicules Industriels devenu Renault Trucks, elle est reconnue d’utilité publique dès sa constitution.

« Dès le départ, la Fondation Berliet a eu deux objectifs : la sauvegarde et la valorisation du passé de l’automobile de la grande région lyonnaise, et la sauvegarde et la valorisation de l’histoire du camion, car et bus de l’ensemble des marques françaises », explique Monique Chapelle, vice-présidente de la Fondation.

Missions de la Fondation

  • La sauvegarde et la valorisation du passé de l’automobile de la grande région lyonnaise.
  • La sauvegarde et la valorisation de l’histoire du camion, car et bus de l’ensemble des marques françaises.

Marius Berliet : Un Pionnier de l'Automobile

L’histoire commence à la fin du XIXᵉ siècle avec Marius Berliet, figure majeure de l’industrie automobile française. Marius est le fils d’un ouvrier du textile à la Croix Rousse. Apprentitisseur il rejoint son père à l’atelier familial tout en étudiant la mécanique. En 1895, à seulement 27 ans, il construit sa première voiture. En1895 il construit son premier véhicule à moteur, la voiturette, dite aussi la pantoufle à cause de sa forme caractéristique. Il persévère et s’installe en 1902 dans le quartier Monplaisir, actuellement Lyon 8ème.

Le tournant décisif survient en 1905, lorsque Marius Berliet vend trois licences de ses voitures à l’American Locomotive Company (Alco). Réponse à la question de l’origine du logo : en 1906 le constructeur de locomotives American Locomotive & Co (ALCO) achète une licence pour 3 types de véhicules. Berliet s’implante ainsi aux Etats-Unis et diversifie son marché international. Cette collaboration permet à l’entreprise de changer d’échelle. Aux États-Unis, la locomotive « chasse-buffle » fabriquée par Alco devient l’emblème de la marque Berliet, symbole de robustesse et de puissance.

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Le Conservatoire Berliet : Un Trésor Caché

Situé sur la commune du Montellier, à 30 km au nord de Lyon, le conservatoire n’est pas un musée. Situé dans l’Ain, sur la commune du Montellier (30 km au nord de Lyon) notre conservatoire héberge l’essentiel de notre collection de véhicules. La vocation de ce bâtiment de 7200 m² est de conserver les matériels restaurés, soit : 280 voitures, autocars, camions tracteurs, moteurs et organes. Il est donc habituellement fermé au public. La vocation de ce bâtiment de 7 200 m² est de conserver les matériels restaurés, ce qui représente 280 voitures, autocars, camions tracteurs, moteurs et organes, pour trente marques qui couvrent une période allant de 1886 à nos jours. Installée à Lyon, dans la Villa Berliet, la Fondation récupère, trie, classe, valorise et archive des milliers de documents qui ont un lien avec l’histoire de Berliet.

La collection ne se limite pas aux seuls véhicules Berliet. La région Rhône-Alpes fut le berceau industriel de près de 150 marques de camions et de voitures. Conçus pour affronter les routes escarpées du Dauphiné et des Alpes, ces véhicules étaient réputés pour leur solidité et leur endurance.

« Situé dans l’Ain, à 30 km au nord de Lyon, c’est dans notre conservatoire que se trouve l’essentiel de notre collection de véhicules, détaille Monique Chapelle. Ce n’est pas un musée, les lieux sont donc très discrets, pour des raisons évidentes de sécurité.

La Fondation Berliet consacre une partie importante de ses moyens à la restauration des matériels anciens. Situé sur la commune du Montellier, à 30 km au nord de Lyon, il héberge l’essentiel des collections de véhicules industriels, voitures, moteurs et organes qui composent la « mémoire métallique » de la Fondation Berliet.

Au-delà des documents techniques, la collection de la Fondation Berliet est aussi constituée de véhicules… regroupés en dehors de Lyon, dans un conservatoire.

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Véhicules Emblématiques

  • Camion Berliet CBA : Produit durant la Première Guerre mondiale, il a joué un rôle crucial dans l’acheminement des hommes, des vivres et des munitions jusqu’au front. Entre 1914 et 1918, 15 000 exemplaires de ce modèle simple, robuste et économique sont fabriqués. Équipé d’un moteur 4 cylindres développant 35 ch, ce camion pouvait circuler entre 15 et 24 km/h, selon sa charge, offrant ainsi une mobilité appréciable sur les routes parfois difficiles.
  • Berliet CBA 9 de 1920 : Transformé en camion porte-alambic, équipé d’un moteur 4 cylindres de 5,2 litres, capable de transporter une charge utile de 5 tonnes, ce camion disposait d’un régulateur de vitesse, innovation notable pour l’époque. Son alambic à forte capacité, doté de 3 cuves de refroidissement, permettait la distillation ambulatoire.
  • Berliet T100 : Ce camion de 50 tonnes, développant 700 ch, est conçu pour la recherche de gisements d’hydrocarbures dans le Sahara algérien. Quatre exemplaires seulement ont été construits. Le modèle exposé au conservatoire est le numéro 2.

Visiter le Conservatoire et la Fondation

Le conservatoire n’est pas ouvert en continu au public : les visites s’effectuent en groupes d’au moins 15 personnes, et la fondation organise une visite sur inscription.

S’il n’est pas ouvert au public, le conservatoire reçoit régulièrement des visites de groupes, par exemple des scolaires. Proposées depuis peu, ces visites connaissent succès grandissant. Elles sont assurées par des guides bénévoles spécialistes et ont lieu à des dates aléatoires selon les mois. Les groupes (15 personnes minimum) sont pris en charge par des guides bénévoles spécialistes et les visites sont planifiées de MARS à NOVEMBRE (sauf juillet-août).

« Pour le visiter à titre individuel, il faut être membre de l’Association des Amis de la Fondation Berliet, ce qui permet d’être invité à la Fête des Amis, explique Monique Chapelle. La troisième solution pour visiter le conservatoire, est d’adhérer à l’Association de la Fondation Berliet, ce qui vous permettra de venir à la FÊTE DES AMIS.

La Fondation Berliet peut également mettre à disposition des pièces de sa collection pour des manifestations ou des expositions à des fins historiques ou éducatives. Le conservatoire a aussi une vocation pédagogique : accueil d’écoles, de lycées, universités et grandes écoles, d’entreprises liées aux technologies automobiles, au transport, d’institutions et organismes liés au patrimoine industriel et à l’histoire régionale et française.

Pour prendre rendez-vous pour une consultation sur place au siège de la Fondation (39, avenue Esquirol à Lyon 3e), appeler le 04 78 54 15 34. Pour une visite de groupe ou individuelle du conservatoire des véhicules, consulter le site de la fondation (www.fondationberliet.org) : des dates sont régulièrement proposées, sur inscription.

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Informations Pratiques

  • Adresse de la Fondation : 39, avenue Esquirol à Lyon 3e
  • Téléphone : 04 78 54 15 34
  • Site web : www.fondationberliet.org

Coûts d’adhésion à l’association des amis de la Fondation :

  • Moins de 25 ans: 22 euros
  • Sympathisant: 53 euros
  • Adhérent actif: 102 euros

La Villa Berliet à Lyon

Un peu moins connue à Lyon que la Villa Gillet ou la Villa Lumière, la Villa Berliet, située dans le quartier de Montchat fait partie de ces grandes demeures bourgeoises de Lyon construites au XXe siècle. Sur les hauteurs du quartier de Montchat dans le troisième arrondissement, se dresse la Villa Berliet. C’est en 1911 que Marius Berliet fait entamer la construction de cette villa bourgeoise. L’entreprise Berliet est alors en pleine expansion.

Désormais, la villa accueille les locaux de la Fondation de l’automobile Marius Berliet. Quelques pièces de la collection de la fondation sont exposées dans le hall principal : au centre, la première voiture montée par Marius Berliet, à droite, son premier moteur.

Histoire de la Villa

Son destin est marqué par de grandes étapes historique et, notamment, l’incarcération pour collaboration de son propriétaire, Marius Berliet, en 1944. Et dès septembre 1944, la villa est réquisitionnée par la mairie de Bron pour y accueillir l’état-major américain. Arrive la seconde guerre mondiale et la Libération. Jugé et condamné pour collaboration, Marius Berliet est incarcéré à Montluc et la famille écartée de la direction de l’usine.

Puis en 1958, à la mort de Louise Berliet, les sept enfants Berliet décident finalement de l’apporter au capital de l’entreprise, en y ajoutant une condition : qu’elle ne reste pas à l’abandon et soit utilisée. À cette époque, Paul Berliet, le fils cadet, est parvenu à revenir progressivement à la tête de l’entreprise fondée par son père.

La villa s’insère d’abord dans le premier volet, puisqu’elle est alors transformée… en internat pour étudiants apprentis venus de pays émergents. Durant une quinzaine d’années, la villa héberge ainsi une vingtaine de jeunes venus du Sénégal, de l’Algérie, du Maroc, de la Tunisie, de la Côte d’Ivoire ou du Congo, invités par l’entreprise pour être formés pour la plupart aux chaînes de montages.

Et en 1981 la villa s’insère dans le second volet des ambitions de Paul Berliet, au moment où celui-ci crée la fondation. La Fondation de l’automobile Berliet est donc créée en 1981 ; elle est reconnue d’utilité publique dès 1982.

Archives et Documentation

« Il y a de tout dans notre collection, précise Monique Chapelle. Cela va de la lettre manuscrite de Paul Berliet, aux documents techniques sur les pièces détachées, modèle par modèle, en passant par les publicités et les catalogues. Nous pouvons proposer de l’aide à de nombreuses personnes : celles qui souhaitent restaurer un véhicule, faire une maquette, une étude, un article universitaire, jusqu’aux passionnés, qui veulent simplement en savoir plus sur une marque.

La vice-présidente de la fondation, Monique Chapelle (qui est aussi présidente de l’association des Amis de la Fondation) explique que son « cœur de métier » est de s’occuper des archives qui sont conservées au sous-sol dans une salle dédiée. Archives des usines Berliet, mais aussi plus largement de celles de l’automobile en France (revues, archives d’autres sociétés, etc) car à la fondation Berliet, « on ne fait pas de ségrégation », commente-t-elle. Ce rôle de conservation, la fondation l’étend également à un certain nombre de modèles de collection, qui sont stockés pour la plupart dans un local à Montellier (Ain).

L'Histoire de la Berliet VRD19 de 1933

Parmi les véhicules de 31 marques françaises, la Berliet VRD19 de 1933 est un modèle unique au monde. Unique aussi par son histoire. En janvier 2017, à l’occasion de la démolition de bâtiments à la Croix-Rousse, des ouvriers « tombent » sur une limousine emmurée dans un garage. Et avec cette exhumation, c’est une histoire familiale incroyable qui refait surface. En 1933, le fabriquant Berliet, déjà renommé pour ses poids lourds, propose aussi à son catalogue la VRD19, limousine sept places et fleuron de la marque lyonnaise. Jean-Victor Legros, entrepreneur prospère dans le bâtiment (aujourd’hui Legros TP) achète ce modèle haut de gamme et produit à seulement neuf exemplaires.

Dans l’album photos des Legros, la voiture fait la joie de toute la famille. La publicité de l’époque ne tarit pas d’éloges sur l’engin : « Luxueux, muni des derniers perfectionnements. Le châssis extra-surbaissé, robuste, équilibré, est équipé d’un moteur de forte cylindrée, aux reprises franches et aux démarrages instantanés. C’est un véhicule confortable avec une ligne moderne et une peinture soignée qui lui donnent un aspect très élégant. La conduite est agréable, la direction douce et sûre. Les commandes d’éclairage et d’avertisseur sont groupées en un astucieux commutateur, rapidement appelé “commodo”, situé en dessous du volant, pratique car toujours sous la main du conducteur ! ».

Lors de sa « sortie de grange », comme on dit, Sylvie Legros, petite-fille de Jean-Victor est abasourdie. Comment cette voiture avait-elle pu « disparaître » ? De son emmurement, on ne sait pas grand-chose. La “limo” Berliet a probablement été emmurée suite au décès de son propriétaire, en 1957. Peut-être même avant ! Autre question qui se pose alors : que faire de cette Berliet au bois dormant ? Pourrait-elle se réveiller ? Mme Legros la confiera aux experts de la Fondation Berliet : bien que très fatiguée, la VRD19 est complète. Mais les apparences sont trompeuses. Le véhicule est dégradé au niveau de la structure en bois composant l’ossature de la carrosserie sur laquelle la tôlerie est plaquée. Le garnissage intérieur est en mauvais état.

Après une cure de jouvence de deux ans au conservatoire Berliet de Montellier, dans l’Ain, la VRD19 retrouve son état d’origine en décembre 2023, grâce, notamment au travail « dans les règles de l’art » de Maurice Chevallier (carrosserie) et de Jean-Claude Olagnon (mécanique). La Berliet VRD19 est le seul exemplaire connu à ce jour dans le monde.

Restauration financée grâce au Grand Prix de la Fondation du patrimoine - Motul de 2018, au soutien de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, à la souscription ouverte par la Fondation du patrimoine. Estimation des travaux : près de 90 000 euros.

Caractéristiques Techniques de la Berliet VRD19

  • Moteur quatre cylindres, 3,3 litres de cylindrée, soupapes en tête, culasse rapportée, refroidissement à eau par pompe centrifuge.
  • Embraye à disque unique
  • Boîte quatre vitesses (3 e et 4 e vitesses silencieuses et synchronisées).
  • Freins très puissants par servo-freinage dans les quatre roues, commandé au pied. Frein à main agissant sur les roues arrière.
  • Démarrage et éclairage électriques.

La Berliet VRD19 sera visible au prochain salon de l’automobile de Lyon sur le stand de la fondation Marius Berliet, du 24 au 28 septembre à Eurexpo Lyon.

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