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La mitrailleuse lourde, une arme emblématique du XXe siècle, a connu une évolution remarquable depuis sa conception initiale. Conçue à l'origine pour des rôles spécifiques, elle a su s'adapter aux exigences changeantes des conflits modernes, tout en conservant une efficacité redoutable et une polyvalence inégalée.

Genèse de la Mitrailleuse Moderne : L'Ère Maxim

La première mitrailleuse moderne est attribuée à Sir Hiram Maxim, un inventeur britannique d'origine américaine. Son invention, rendue possible par la poudre sans fumée de Paul Vieille, a révolutionné l'armement. Avant cette poudre, les résidus de combustion perturbaient le fonctionnement des mitrailleuses à poudre noire.

Plusieurs pays ont fabriqué la mitrailleuse Maxim sous licence, notamment :

  • Vickers: Considérée comme la maison mère.
  • MG08 (MaschinenGewher 08): Un modèle allemand de 1908, souvent équipé d'un affût Schlitten (traîneau).
  • PM1910 (Poulemiot Maksima Obraztsa Goda): Une version russe de 1910.

Ces mitrailleuses partageaient des caractéristiques communes : alimentation par bande de toile par la droite, refroidissement à eau et système extérieur de régulation de cadence. Elles ont été largement utilisées pendant la Première Guerre mondiale, et les versions russe et anglaise sont restées en service pendant la Seconde Guerre mondiale.

La Browning M2 : Une Légende Née de la Nécessité

La Browning M2 est une arme extrêmement polyvalente, conçue initialement pour un rôle bien différent de son utilisation moderne. Elle a été conçue pour être utilisée contre les avions et les chars lors de la Première Guerre mondiale.

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Développement Initial et Défis

En 1917, le General Pershing demanda le développement d’une nouvelle mitrailleuse de gros calibre pour un rôle anti-véhicule, ce qui entraîna le développement de la munition de .50 BMG (Browning Machine Gun) ou 12,7x99mm. Le célèbre John Browning conçut alors une nouvelle mitrailleuse en s’appuyant sur le mécanisme de sa célèbre mitrailleuse M1917, aménagée pour la cartouche de 30-06.

La première mitrailleuse en calibre 50 fut prête pour les tests en octobre 1918 avec des résultats mitigés, d’autant plus que la Première Guerre mondiale se termina quelques semaines après les tests. Néanmoins, les développements se poursuivirent tant sur la cartouche que sur la mitrailleuse, qui devint la mitrailleuse Browning Modèle 1921, ressemblant au modèle M2, mais avec un refroidissement liquide, du moins pour sa variante destinée à être employée au sol, car il y avait également un modèle destiné à l’aviation refroidi par air.

Là encore, l’armée trouva des défauts à l’arme, notamment son impossibilité à changer le sens d’alimentation et le fait que les boitiers de culasse ne soient pas interchangeables entre la version refroidie par air et celle avec un radiateur.

Améliorations et Adoption

En 1926, John Browning décéda et le développement fut repris par le Docteur S.H. Green, qui avait travaillé sur le modèle 1921. Il résolut la majorité des problèmes de la nouvelle mitrailleuse. Le boitier de culasse fut redessiné pour être le même entre toutes les variantes. Ainsi, en fonction des clients, on pouvait plus facilement configurer ces mitrailleuses, simplifiant ainsi la production et la logistique.

Une autre branche de l’armée s’intéressa également à ces mitrailleuses : l’Air Force. Ces armes furent utilisées pour la protection des avions, par exemple montées sur des tourelles, ou directement embarquées dans les ailes. On installa également ces M2 sur des véhicules avec la variante M2 HB avec son canon lourd pour mieux absorber la chaleur.

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En France, ces armes commencèrent à être utilisées dès 1932, date à laquelle la Marine nationale commanda des M2 aménagées pour l’ancienne cartouche de 13,2 mm Hotchkiss. La Deuxième Guerre mondiale fit exploser la demande pour ces armes, qui furent fabriquées par une quinzaine d’entreprises dont Colt, Savage, l’Arsenal de Springfield, Fabrique Nationale et même l’entreprise Frigidaire.

Après la guerre, la M2 devint obsolète dans son rôle anti-aérien, mais continua à être utilisée montée sur des véhicules ou sur affût grâce à l’efficacité et la polyvalence de sa munition et de sa fiabilité.

Fonctionnement Mécanique de la M2

La M2 est une arme refroidie par air, alimentée par bande de cartouches, tirant culasse fermée sur le principe du court recul. Le fonctionnement est le suivant :

  1. Le canon et la culasse reculent ensemble lors du tir.
  2. Après une courte course, la culasse se déverrouille et poursuit son recul.
  3. La culasse s'ouvre, éjecte l'étui, tire la bande de cartouche et charge une nouvelle cartouche lors de son mouvement de retour.

La cadence de tir théorique varie entre 450 et 550 coups par minute (600 à 1200 pour la version aérienne). La portée pratique est de 1,8 km sur trépied M3, avec une portée maximale de 7,4 km. L'arme pèse 38 kg, plus 17 kg pour une bande de 105 coups et 20 kg pour le trépied M3, soit un total de 72,62 kg en ordre de bataille.

L'alimentation par bande peut se faire par la droite ou la gauche en changeant des pièces du mécanisme. Un adaptateur spécifique est nécessaire pour le tir à blanc.

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Rôle pendant la Seconde Guerre Mondiale

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la M2 offrit un avantage significatif aux alliés en raison de sa puissance capable de percer les blindages légers allemands.

Adaptation aux Opérations Modernes : Le Cas des Forces Armées Françaises

Face à la multiplication des opérations extérieures, avec notamment Chammal au Levant et Barkhane au Sahel, les forces armées françaises ont dû s'adapter afin de pouvoir disposer des équipements les plus appropriés aux opérations du moment.

Pour répondre à ces besoins, lorsque les militaires engagés en opération ressentent le besoin de modifier un matériel/armement afin de répondre au mieux aux contraintes opérationnelles, le Ministère de la Défense s'associe avec la Direction Générale de l'Armement (DGA) pour développer et mettre sur pieds ces demandes.

C'est dans ce cadre là que la DGA-EV, en étroite coopération avec Airbus Helicopters, a réalisé une campagne d'essais afin de valider l'emport sur les H225M Caracal de la mitrailleuse lourde 12,7mm M3M/GAU-21 de l'entreprise belge FN Herstal.

La M3M/GAU-21 : Une Capacité Offensive Accrue pour les Caracal

La mise en place des M3M/GAU-21 permettra aux utilisateurs du Caracal de disposer d'un armement offensif en plus de celui défensif représenté par les MAG58. Ces dernières sont efficaces pour la protection de l'appareil et des commandos à bord (lors de descente en corde lisse, par exemple) lorsqu'ils sont pris pour cible par des pax ou contre des véhicules légers.

Toutefois, les MAG58 (7,62 × 51 mm) ne sont pas assez puissantes contre des véhicules blindés ou des abris durcis et fortement protégés.

L'intégration des M3M/GAU-21 permettra donc aux Caracal de s'engager de manière plus offensive lors des opérations avec les forces spéciales du Commandement des Opérations Spéciales (COS). Selon les données officielles fournies par le fabriquant, la M3M/GAU-21 est une 12.7x99mm (calibre .50) au standard OTAN, d'un poids de 37,1kg.

Les cartouches de la mitrailleuse se déclinent sous quatre formes : traçantes, explosives, incendiaires ou perforantes. Sa portée maximale de 6 500m et sa portée efficace de 2 500m, couplée à ce type de munition et à sa cadence de tir, entre ‎950 et 1 100 coups par minute, offre une véritable capacité offensive.

Sur les Caracal français, la M3M/GAU-21 s'installe des deux côtés de l'hélicoptère sur les portes de montée et de descente. L'installation de cette dernière condamne donc obligatoirement l'une de ces sorties puisque la M3M occupe l'intégralité de l'ouverture de la porte.

Par ailleurs, pour une utilisation en totale sécurité, les douilles sont récupérées dans un étui prévu à cet effet, un levier de sécurité évite les tirs accidentels, et ses mouvements (gauche, droite, bas, haut) sont stoppés dans une configuration choisie par l'utilisateur.

Autres Exemples d'Évolution des Mitrailleuses Lourdes

Mitrailleuse Lourde de 20mm en Pologne

Après des essais avec divers canons de 20mm, la Pologne a choisi l'invention de Bolesław Jure. Produite à partir de 1938, cette mitrailleuse utilisait le court recul du canon pour réarmer la culasse, avec un canon facilement remplaçable. Elle était alimentée par un chargeur droit ou un tambour, et sa munition pouvait perforer 25mm d'acier à 300 mètres et 20mm à 500 mètres.

La MG11 Suisse

La MG11, Maschinengewehr 11 (ou mitrailleuse 11), est une mitrailleuse de fabrication suisse pour l’essentiel introduite dès avant la première guerre mondiale. Près de 11'000 pièces ont été en dotation et certaines sont restées affectées comme armes de forteresse jusque dans les années 80, notamment dans les forteresses du Valais sur le passage obligé de St.-Maurice et dans le secteur Grand-St-Bernard !

La MG11 reprend le concept développé par Hiram Maxim en 1885. Les premiers modèles ont été livrés par la DWM, puis les besoins de guerre obligeant, c’est la Waffenfabrik de Berne qui continua la production pour la Suisse à partir de 1915 ; la WF en fabriqua d’ailleurs 10'269 exemplaires pour l'armée suisse, mais également 2'000 exemplaires pour… la Perse.

L’arme a été introduite dans presque toutes les troupes : infanterie, cavalerie, cyclistes, chars, aviation et forteresses. Elle n’est engagée que sur un trépied (pas de tir à la hanche), principalement contre des buts dits « mous » jusqu’à 2’600m de distance ; elle dispose aussi d’un trépied pour le tir DCA, jusque durant la 2ème guerre mondiale.

Pendant les près de 70 années d’engagement, l’arme a subi quelques menus adaptations :

  • Suppression du siège pour le tireur.
  • Les bandes de cartouches en chanvre sont remplacées par des bandes métalliques, ce qui entraîna une modification de l'appareil pourvoyeur.
  • Ajout d'un cache-flamme.
  • Ajout d'une bande de peinture blanche sur le réservoir d'eau pour faciliter la mise en direction.
  • Ajout d'un système pour épauler.

Fonctionnement de la MG11

Comme le dit le Règlement 53.123, chiffre 1: la mitrailleuse lourde modèle 1911 est une arme automatique à refroidissement par liquide (eau) et utilisant pour son fonctionnement le recul du canon. Elle peut tirer théoriquement 500cps/min en utilisant des bandes de chanvre ou métalliques de 250 GP11.

Caractéristiques de la MG11

  • Longueur totale : 1100mm
  • Longueur du canon : 750mm
  • Poids de l’arme avec l’eau : 22,7kg
  • Poids de l’affût : 28kg
  • Calibre : 7,5mm, GP11
  • Cadence théorique : 500cps/min (sachant qu'une bande de munition compte 250 coups, un rechargement est nécessaire toutes les 30'' de feu)
  • Vitesse initiale du projectile : 800m/s

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