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Le monde des influenceurs est en constante évolution, et avec lui, les responsabilités et les risques associés à ce métier. Un récent incident impliquant un influenceur algérien met en lumière les dérives possibles et les conséquences juridiques qui peuvent en découler.

Un Influenceur Algérien Condamné pour Apologie du Terrorisme

Un influenceur algérien, déjà condamné et incarcéré en janvier pour apologie du terrorisme, a été de nouveau interpellé pour avoir récidivé en détention. D’après une source policière, Mahdi B. continuait à faire l’apologie du terrorisme depuis sa cellule de la prison de Villepinte (Seine-Saint-Denis). Son frère, âgé de 26 ans, a également été placé en garde à vue.

En janvier, l’homme de 29 ans avait été condamné à huit mois de prison ferme au tribunal judiciaire de Bobigny et écroué pour avoir mis en ligne une vidéo faisant référence, en arabe, au terrorisme qui va « revenir » ou à la « pose d’une bombe à La Défense ».

Le Crime Organisé et le Marketing de la Violence

Le crime organisé, à l'instar d'une multinationale, adopte des modèles économiques, de management, de marketing et une hiérarchie. Toutefois, il conserve sa marque de fabrique : la violence et les règlements de comptes. « Notre truc à nous, c’est l’argent », déclare un dignitaire du Primeiro Comando da Capital (PCC), la plus grande mafia du Brésil.

L'organisation, la finance, le management des ressources humaines, les relations publiques, la logistique, le marketing : ce boss fait bien la description d’une multinationale. Le parallèle entre le fonctionnement de son organisation et celui d’une grande entreprise se dévoile nettement au fil de la discussion, jusqu’à ce qu’il montre sur son iPhone les images des horreurs commises par ses employés contre un concurrent du PCC : amputations, têtes coupées et cœur arraché à la machette.

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L'Attrait Controversé de l'Afghanistan et des Talibans

De plus en plus d'influenceurs occidentaux visitent l'émirat islamique afghan, guidés par les talibans eux-mêmes. En France, c'est l'influenceur Tibi Jones qui s'est laissé séduire par la théocratie d'Asie centrale. En août 2025, le vidéaste a raconté son voyage en Afghanistan sur ses réseaux sociaux : visite de Bâmiyân où les statues géantes de Bouddha ont été dynamitées par les talibans en 2001, passage par « la grotte où se cachait Ben Laden », tirs au AK-47.

Si Tibi Jones filme aussi les camions pleins à craquer de réfugiés ou simplement la gastronomie locale, l'escapade flirte avec le dark tourism (ou « tourisme morbide » en français), dont le sensationnalisme fait recette sur les réseaux sociaux.

Cette documentation du « réel » montre sans le vouloir la situation des femmes, quasi invisibles dans ces saynètes. Et pour cause, le régime taliban a réduit la liberté des femmes au seuil du domicile et plus encore. Face caméra, Tibi Jones, lui, relativise « le narratif des médias occidentaux ».

Cette carte postale orchestrée par les talibans et relayée par les influenceurs sonne faux. « Oui, il existe parfois des arrangements locaux qui laissent plus ou moins de libertés aux femmes. Mais c'est aussi parce que les talibans sont très mal organisés, ce n'est pas le KGB. Globalement, la situation des femmes est catastrophique et ne fait qu'empirer. Ces touristes ne voient rien, comme des vacances en Corée du Nord », compare la sociologue Carol Mann.

Soucieux de montrer une image accueillante aux étrangers, les talibans laissent en effet une certaine latitude aux femmes touristes. « On voit des étrangères qui se filment parfois sans voile. Les talibans les regardent de loin, intrigués, mais laissent faire parce que ces influenceurs et influenceuses sont en quelque sorte une caution pour le régime », observe Karim Pakzad.

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Les "T-Bro" du Tourisme : Humour Noir et Accord Gagnant-Gagnant

À la manœuvre de ces circuits touristiques, une figure revient régulièrement : Asadullah ou « Teabropartyyy » sur les réseaux sociaux (« T-Bro » fait référence à l'appartenance aux talibans). Barbe noire, sourire sympathique et kalachnikov toujours à portée de main, le taliban multiplie les vidéos promotionnelles qui manient l'humour noir.

Contacté, Asadullah, qui se présente comme propriétaire d'une agence touristique, explique : « Beaucoup de grands influenceurs viennent ici pour explorer le pays. Ils gagnent bien leur vie : beaucoup de vues, de nombreuses collaborations… Donc c'est gagnant-gagnant. » Un accord qui profite aussi au régime afghan. « Grâce à de nombreux influenceurs, il est possible de montrer que notre pays est le plus sûr. »

Le ministère français des Affaires étrangères rappelle de son côté que les voyages individuels ou collectifs en Afghanistan sont « formellement déconseillés », notamment face aux risques terroristes et d'enlèvements qui pèsent sur les ressortissants occidentaux, alors que subsistent des cellules de l'organisation État islamique sur le territoire du pays.

La Normalisation sur la Scène Internationale et la Crise Actuelle

Cette tentative d'ouverture n'est pas strictement économique, alors que le pays a été mis au ban de la communauté internationale, en partie en raison des discriminations visant les femmes. « Les talibans cherchent à tout prix à normaliser leur société et la situation des femmes sur le plan international, analyse Carol Mann. Ils estiment que le tourisme et les influenceurs sont un moyen efficace pour ça. Ce n'est pas étonnant, parce que ce sont des jeunes très connectés qui sont aux commandes de l'information. »

Et cette stratégie numérique s'inscrit dans une nécessité quasi vitale de sortir de l'isolement. « L'Afghanistan est aujourd'hui placé en quarantaine diplomatique, indique Karim Pakzad. Les talibans revendiquent leur légitimité en rappelant qu'ils ont remporté la guerre. Ils dénoncent en retour l'asphyxie économique imposée par les pays occidentaux. »

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Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, environ 22,9 millions de personnes en Afghanistan ont besoin d'une assistance humanitaire vitale en 2025, soit plus de la moitié de la population nationale. L'Occident continue cependant de faire pression sur le régime en gelant ses avoirs, tout en prodiguant à la marge une politique humanitaire.

Voici un tableau récapitulatif des données clés concernant le tourisme en Afghanistan :

Année Nombre de touristes étrangers
2024 Environ 9 000
Premier trimestre 2025 Près de 3 000

tags: #métier #influenceur #kalachnikov

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