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L’année 1944 est une année de forte croissance pour les forces aériennes françaises, notamment au Maroc.

Unités de Chasse

GC 1/2 « Cigognes »

Arrivé de Meknès en février 1944, le groupe reçoit ses premiers appareils, des Spitfire Mk V prêtés par les groupes « Ile de France » et « Alsace ». Il est déclaré opérationnel en mars et est attaché à la « 2nd Tactical Air Force » en vue du débarquement. Les missions seront des missions d’appui-feu et d’attaques au sol. Le groupe effectue sa première mission en avril et manifeste une grande activité à partir du 6 juin. Son unique combat s’effectue, le 15 juillet, à l’Est de Paris.

GC 2/2 « Berry »

Le groupe est créé le 16 janvier 1944, près d’Alger, sous les ordres du commandant Accardo et est immédiatement embarqué pour l’Ecosse. En mars 1944, il reçoit ses Spitfires Vb et se trouve engagé au sein du « Wing 141 », sous la dénomination de Squadron 345, dans le cadre de la défense aérienne aux côtés d’unité belges, hollandaises et britanniques. Les pilotes ont peu l’occasion d’engager l’ennemi car ils sont surtout utilisés pour l’escorte de bombardiers et la couverture des plages de débarquement. A compter du 7 août, le groupe prend part à des escortes de bombardiers au-dessus de la Ruhr. Le groupe est alors intégré au « 2nd Tactical Air force » et gagne le continent où il est rattaché au « Wing 145 » en compagnie du GC1/2 « cigognes » et du GC 3/2 « Alsace ».

GC 3/2 « Alsace »

Le groupe perçoit, de nouveau, des Spitfires IX, en mars 1944, et s’entraînent avec les « Cigognes, l’Ile de France et le Berry » aux missions d’appui feu et d’attaque au sol. Le 6 juin, le groupe effectue une couverture aérienne au-dessus de Caen. Le 13 juin 1944, il se pose en France mais reçoit l’ordre de rentrer en Angleterre le soir même. Le 19 août, il s’installe à Sommervieu près de Bayeux. Les 2 dernières victoires du groupe sont remportées, le 28 septembre, au-dessus de Düsseldorf. Puis en octobre, le groupe est employé au nettoyage de poches allemandes à Breskens et dans l’île de Walcheren, en Hollande. En novembre, le groupe est installé à Deurne dans la banlieue d’Anvers, ville ou s’abat une pluie régulière de fusées V1 et V2. Le 10 décembre, un V2 détruit 12 avions. Quatre jours plus tard, une autre V2 explose dans le dispersal de Deurne et détruit 18 Spitfires.

GC 4/2 « île de France »

Le groupe reçoit ses premiers Spitfires IX en février 1944. Il est affecté à la 2nd Tactical Air Force, dans le cadre du débarquement en Normandie, et les pilotes s’entraînent au bombardement en piqué. Dès avril, l’ambiance est au grand jour et les missions d’escorte de bombardiers moyens au-dessus de la France s’enchaînent. Le jour du débarquement, quatre missions de couverture sont effectuées et le 13 juin des pilotes se posent enfin en France. Les missions se succèdent à un rythme élevé, : protection de bombardiers, attaques de sites de V1, mitraillage de convois… Enfin le 19 août, le groupe s’installe en France.

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GC 2/9 « Auvergne »

Le groupe, dissous en novembre 1943, est recréé en septembre 1944 à La Reghaia. Douze P39Q arrivent en décembre et deux escadrilles sont constituées : la « 1 » dite des Jokers et la « 2 » dite Morietur.

GC 2/3 « Dauphiné »

C’est le premier groupe français à être transformé sur Republic P47 « Thunderbolt » en avril 1944. Ce ne sont pas des avions de première jeunesse car ce sont des modèles « razorback », prélevés dans les unités américaines de la 12th Air Force, mais ils sont très appréciés par leurs pilotes pour leur robustesse, fiabilité et armement puissant. Rattaché à la 4ème escadre en juin, il effectue des missions d’appui feu précédant le débarquement de Provence et suit la progression de la 1ère armée De Lattre de Tassigny.

GC 1/4 « Navarre »

Il se trouve équipé en Republic P47 « Thunderbolt », en juin 1944, en remplacement des P39 Airacobra et de ce fait passe du Coastal command au Tactical Command. Le groupe fait mouvement en Corse et appuie les troupes qui viennent de débarquer en Provence. Les missions se succèdent à une cadence effrénée.

GC 2/5 « La Fayette »

Le groupe effectue un mélange de missions pour le « Coastal Command », de campagne de tir et d’entraînement, de janvier à avril, en attendant l’arrivée progressive des P47D. La transformation sur P47 se déroule alors à cadence accélérée, en prévision du départ pour la Corse qui s’effectue le 1er mai 1944.

GC 1/5 « champagne »

Le groupe gagne Oran, le 7 janvier 1944, et commence à recevoir des P39Q.

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GC 3/6 « Roussillon »

Il rejoint la France en septembre et s’installe à Istres. Les missions de Coastal command continue mais rapidement le groupe change d’affectation et passe au Tactical Command. Les pilotes exultent et vont enfin pouvoir se battre. De nombreux objectifs en Italie du nord font l’objet des soins du groupe.

GC 3/3 « Ardennes »

Le groupe, en provenance du Moyen-Orient, gagne Bône les salines, en mai 1944 et est intégré au « Bône Fighter Command » aux côtés du GC 2/3 « Dauphiné ». Il y perçoit des P40 destinés à l’instruction des pilotes. Bien qu’il soit prévu d’être rapidement transformé sur P47, les retards de livraison et la nécessité de transformer d’autres groupes plus prioritaires contraignent l’état-major à laisser le groupe en l’état. En juin 1944, alors que le personnel technique n’a pas encore rallié Oran, le groupe est équipé de 14 Hurricane IIC, 13 P40 et un A24. Enfin, en août, le groupe perçoit 21 P39 en renfort.

GC 2/6 « Travail »

Le groupe est créé, grâce à une souscription nationale lancée à Alger, en mars 1944. Le groupe voit officiellement le jour le 1er août à la Reghaia et reçoit les P39N du 3/3 hérités eux-mêmes du 1/4. Les élèves pilotes sont formés par des instructeurs marins issus de la 1F. L’accord initial ne permet pas à ces marins de passer au Tactical Command.

Groupes de Bombardement

GB 2/23 « Guyenne » et GB 1/25 « Tunisie »

Le GB 2/23 « Guyenne », répertorié squadron 346, est créée en mai 1944. Après 7 mois d’entraînement, le groupe fait mouvement à Elvington, près d’York, rejoignant sur la même base, le GB 1/25 « Tunisie », lui-même répertorié squadron 347. Les 2 groupes sont équipés de 40 Halifax, gros bombardiers quadrimoteurs. La base est entièrement française avec 2500 militaires. Les 2 groupes sont impliqués, dès le 2 juin, au soutien du débarquement, en effectuant 19 missions en bombardant des batteries côtières, des stations radio-radar, des gares et des voies de communication.

GB 1/20 « Lorraine »

Le groupe GB 1/20 « Lorraine », répertorié squadron 342, se concentre sur les voies ferrées, les gares de triage ainsi que quelques terrains d’aviation du nord de la France. Le 6 juin 1944, le groupe est assigné à déposer un rideau de fumée entre la flotte américaine de débarquement et la côte. Puis, pendant la bataille de Normandie qui va suivre, le groupe connaît une activité intense, effectuant 712 sorties, en appui de l’armée britannique de Montgomery. Il perd 7 avions et 22 membres d’équipage. En octobre, le groupe part à Vitry le François avec toute la Wing 137.

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GB 1/17 « Picardie »

Le GB 1/17 « Picardie » de Damas, se voit attribuée une 3ème escadrille équipée en AFN, d’abord en Vultee Vengeance puis en Douglas A24 (version terrestre du Dauntless). Elle est détachée en France, en juin 1944, pour être intégrée au Groupement « Patrie » (composée des GB 1/18 et 1/34) qui va combattre sur le front de l’Atlantique et devenir une des escadrilles du GB 1/18 « Vendée ». La RAF cède également 12 Martin Baltimore V pour rééquiper une des escadrilles au Levant, car les Blenheims sont à bout de souffle.

GB 2/20 « Bretagne »

Renommé en groupe de bombardement moyen (GBM), le groupe est rattaché à la 31e escadre. Il s’installe à Villacidro en Sardaigne, le 15 mai 1944, et se trouve engagé dès le 24 du mois. Les premières missions conduisent les B26 dans la région de Rome, pour couper les voies de communication.

GB 1/19 « Gascogne »

Le groupe est reconstitué à Télergma en tant que GBM (groupe de bombardement moyen) et commence sa transformation sur B26 « marauder ».

GB 1/22 « Maroc »

Placé sous les ordres directs du Wing 42 de l’USAAF, il effectue sa première sortie opérationnelle le 29 mars 1944. Intégré à la 31ème escadre, il exécute un grand nombre de missions sur le Nord de l’Italie (golfe de Gênes), puis aux alentours de Rome.

GB 2/52 « Franche-Comté »

Intégré à la 34ème escadre, le groupe gagne Villacidro le 19 juillet.

Autres Unités

GT 1/15 « Touraine »

En janvier 1944, le groupe se déplace de Rabat à Médiouna (Casablanca) et reçoit l’appellation « Touraine ». L’activité est consacrée à l’entrainement sur « Link trainer » et aux missions de transport sur LeO et Bloch. Deux Cessna UC78 sont donnés au groupe pour l’entrainement au PSV et au vol de nuit. Dès la libération et devant l’ampleur des taches qui attendent les unités de transport chargées du rapatriement futur des prisonniers d’Allemagne, le groupe est réorganisé et rééquipé en Dakota C47. Le 15 décembre 1944, le groupe s’installe à Valence.

GT 2/15 « Anjou »

A partir de janvier 1944, l’escadrille « Saumur » du GT 2/15 « Anjou » utilise quatre Vultee Vengeance pour des missions d’entraînement et de remorquage de cibles au profit des canonniers de DCA. Ces avions viennent compléter un parc d’avions, déjà hétéroclite, comprenant cinq Caudron C445 Goéland, un Caudron Simoun, un Lockheed Hudson et deux Amiot 143. Après le débarquement allié en Normandie, des liaisons sont effectuées vers la France. A la fin de l’été, le groupe est en passe d’être réarmé avec du matériel américain. Le groupe doit voir l’arrivée prochaine de cinq Beechcraft C45 et de dix bombardiers B25 « Mitchell ». L’escadrille conserve provisoirement cinq goélands ainsi que ses deux Vultee Vengeance remorqueurs de cibles.

GR 2/33

Le groupe est équipé en Lightning F5, à partir de mars 1944, et est intégré dans la 23e « reco Wing ». Il a été transformé en Tunisie et basé à Tunis. Il s’installe en Sardaigne puis en Corse, en vue du débarquement. Les missions de reconnaissance stratégique sont particulières car les avions ne sont pas armés et seule la vitesse permet de se dégager. Les vols s’effectuent à plus de 10000 m et consistent à prendre des photos verticalement d’une très grande précision. Les vols durent de 4 à 7 h et se déroulent loin à l’intérieur des lignes ennemies (jusqu’à Lyon). Le 31 juillet 1944, disparaît en mission de guerre l’écrivain aviateur, Antoine de Saint-Exupéry. Il décolla de Bastia pour un vol de reconnaissance à bord d’un F5B codé 233 et pour des raisons encore inconnues ne revient pas.

Formation et Entraînement

Centre d’Instruction de la Chasse (CIC)

Au 10 janvier 44, toute l’école de chasse de Marrakech, riche de 108 avions divers et variés (H75, D520, A24, MS230, NAA57, Stinson et Simoun) déménage à Meknès où elle trouve un terrain déjà bien équipé possédant 2 pistes suffisamment longues pour les chasseurs. L’école change de nom et devient le Centre d’Instruction de la Chasse (CIC). C’est également au mois de janvier, que le CIC récupère tous les D520 présents en AFN. Leur mise en service ne va pas sans poser de nombreux problèmes, notamment celui des pneus. En février 1944, une nouvelle escadrille est formée, la C4 particulièrement chargée des servitudes, de l’instruction PSV (Pilotage Sans Visibilité) et au vol de nuit. Elle reçoit initialement des D520. Le CIC fonctionne ainsi, jusqu’au mois de mars, avec ses vieux avions glanés çà et là et mis en état de vol par les prodiges quotidiens de la mécanique, basés bien souvent sur le fil à freiner ou la récupération de pièces dans les cimetières d’avions.

Appui aux Troupes FFI

Avec le personnel et le matériel de l’école d’application du personnel navigant (EAPN) de Marrakech, il est décidé de créer en juillet 1944 une formation spécialement destinée à l’appui des troupes FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) qui se battent contre les forces allemandes dans le Sud-Ouest de la France. Un premier groupe (futur 1/18 Vendée) temporairement rattaché au GB 1/17 « Picardie » de Damas est équipé en Douglas A-24 Dauntless avec 16 équipages et un deuxième groupe (futur GB 1/34 « Béarn ») est équipé avec sept Douglas DB7 et six Glenn Martin 167.

Opérations Navales

C’est peu avant le débarquement de Normandie, après de longues négociations que l’US Navy accepte d’équiper et de former deux unités de la marine sur Douglas SBD Dauntless A-24, bombardier en piqué utilisé jusqu’alors dans le Pacifique. L’état-major choisit, pour ces deux formations, les appellations de 3FB et 4FB, flottilles dissoutes peu de temps auparavant. C’est la base d’Agadir, au Maroc, qui est choisie pour accueillir les deux flottilles. Les effectifs sont constitués par des anciens de l’aéronautique navale, de jeunes officiers de réserve ainsi que d’anciens des flottilles du porte-avions Béarn. D’autres personnels proviennent des escadrilles de chasse 1C et 2C, complétés par des hommes de la 3F récemment encore sur GM 167F. La formation se fait rapidement et les flottilles sont déclarées opérationnelles à la mi-septembre. Mais il manque l’essentiel : un théâtre de combat. Tout ceci tend à affecter le moral des équipages qui, après avoir manqué les deux débarquements, pensent arriver trop tard pour participer à quelques combats. C’est en novembre, qu’arrive le changement radical : Décision d’utiliser les deux flottilles pour la réduction des poches de Royan. Elles quittent, donc, le giron de l’US Navy pour être placées sous le contrôle de l’USAAF. C’est, à la mi-novembre 1944, qu’est créé le « Groupe Occasionnel SBD » sous les ordres du capitaine de corvette Lainé. Celui-ci s’emploie à faire changer le nom peu guerrier du groupe qui devient alors Groupement d’Aéronautique Navale n° 2 (GAN2). L’unité est transférée, à la fin novembre 1944, à Cognac à bord de PBY « Catalina » des flottilles 6F et 8F du GAN1. Les deux flottilles, composées de 16 avions chacune, arrivent sur une base fortement éprouvée par les bombardements alliés et les destructions allemandes. Les opérations commencent dès le mois de décembre. Attaque de ponts, de bateaux, de troupes et de batterie de DCA se succèdent à cadence élevée.

Tableau Récapitulatif des Unités Aériennes Françaises en 1944

Type d'Unité Nom de l'Unité Équipement Principal Lieu d'Opération
Chasse GC 1/2 « Cigognes » Spitfire Mk V France
Chasse GC 2/2 « Berry » Spitfire Vb Ecosse, Ruhr
Bombardement Moyen GB 1/22 « Maroc » B26 « marauder » Italie du Nord
Bombardement GB 2/23 « Guyenne » Halifax Angleterre, France
Reconnaissance GR 2/33 Lightning F5 Sardaigne, Corse
Instruction CIC Meknès H75, D520, A24, MS230 Meknès, Maroc
Navale 3FB et 4FB Douglas SBD Dauntless A-24 Agadir, Cognac

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