Un lance-roquettes est un système conçu pour propulser une roquette, une charge explosive autopropulsée non autoguidée. On peut ainsi dissocier l'arme en deux parties : le lanceur, qui comprend les poignées, le ou les tubes de lancement et les amorces, et le chargeur, qui contient les munitions.
L'histoire de l'artillerie coréenne est particulièrement riche. Les Coréens sont reconnus pour avoir inventé la première machine 'lance-roquettes multiples' sous Joseon, nommée Hwacha. Cet engin était armé de longues flèches fines auxquelles les artilleurs raccordaient un tube rempli de poudre à canon. La précision dépendait de la bonne répartition de la poudre dans le tube. Son allumage permettait de tirer en une fois 100 ou 200 de ces flèches, appelées Singijeon.
D'autres canons furent créés sous Goryeo et développés par la lignée Choe (une famille de militaires ayant pris le pouvoir sous Goryeo aux XIIe et XIIIe siècles). Il aura fallu attendre le XIVe siècle pour que le scientifique Choe Museon importe la poudre à canon de Chine avant de la fabriquer lui-même en Corée.
Le développement de l'artillerie coréenne a été possible grâce à l'importation de poudre à canon depuis la Chine. À cette époque, le développement des industries minières et de la métallurgie atteignit un essor considérable en Corée, ce qui incita Choe Museon à fabriquer lui-même la poudre à canon dans un laboratoire spécialement conçu. Cette poudre était composée de charbon (10%), de soufre (15%) et de nitrate de potassium (75%), et le mélange devait être homogène.
Les trois canons principalement créés sous Goryeo étaient :
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Outre le boulet, la munition “prototype” de la future roquette était le Juhwa (première invention qui a donné le Singijeon sous Joseon). Les Singijeon les plus longs atteignaient 1500m, tandis que les Singijeon moyens et courts atteignaient 150-200m au maximum.
L'artillerie coréenne sous Joseon a été développée à partir des plans de Goryeo grâce aux livres écrits par Choe Museon. Les rois Taejong, Jeongjong et Taejo s'en sont servis afin de développer de nouveaux engins et de moderniser leurs armées, avec la participation de Choe Haesan, fils de Choe Museon. Les premiers prototypes créés fin XIVe siècle avaient une portée maximale de 600m. Il s’agit des Cheonja Hwapo, Jija Hwapo, Hyeonja Hwapo et Hwangja Hwapo. Ces 4 canons furent renommés Janggun Hwatong, Il Hwatong, I Hwatong et Sam Hwatong.
Au XVIe siècle, ils furent de nouveau améliorés et furent renommés en Cheonja Chongtong, Jija Chongtong, Hyeonja Chongtong et Hwangja Chongtong. Ces 4 canons (sauf le Seungja) tiraient des boulets et des munitions spéciales en forme de grande flèche contenant de la poudre à canon : les Daejanggunjeon, Jangunjeon et Chadaejeon.
Le Hwacha fut spécialement conçu pour atteindre une distance maximale de 1500m et ainsi décimer un ensemble d’unités ennemies à pieds ou montées. Il consistait en un chariot à roues sur lequel on apposait un bloc de bois mobile formé de 100 ou 200 trous dans lesquels les flèches longues d’environ 1m étaient placées. Ces flèches étaient composées d’un tube placé à un endroit précis et contenant le mélange charbon, soufre et nitrate de potassium.
Le Hwacha pouvait permuter en deux modes de combat : face à des vagues d’attaques par ligne, ou ciblage au centre de l’unité ennemie. Ces engins furent, pour la plupart, utilisés pendant la guerre de l’Imjin (1592-1598) et furent notamment d’une importance capitale dans la victoire du général Kwon Yul à la bataille d’Haengju en 1593.
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L'Eryx est un missile anti-char de courte portée (600m). Au moment du tir, le missile est éjecté de son tube à basse vitesse (pour le tir en espace clos) puis son moteur se met en route et accélère. Pendant le vol (en forme de spirale), le missile reçoit les informations de vol par un fil qu'il déroule. Quand la coiffe du missile touche l'objectif, il explose.
Actuellement, la doctrine transforme le groupe Eryx en l'élément d'appui organique. En effet, l'infanterie place à chaque niveau un appui organique (le groupe Eryx pour la section, la section d'appui pour la compagnie). Depuis quelque temps, le groupe Eryx doit avoir une double dotation en mitrailleuses 7,62mm. Un groupe anti-char (2 postes de tir, 5 hommes) est une structure très faible au combat contre l'infanterie. Elle n'est pas capable d'assurer sa defense et sa mission à cause du poids à porter, de sa petite taille.
L'APILAS est une arme puissante, bien que grande, lourde et bruyante. C'était une décision étrange de la part de l'armée française, car l'APILAS était presque aussi gros et lourd que ses concurrents, extrêmement bruyant, avec une portée plus courte et un échappement de la fusée qui avait tendance à brûler le visage de l'utilisateur. En termes de capacité, l'armée avait choisi le perdant.
L'APILAS est très grand et volumineux, ressemblant plus à une version grandeur nature d'une arme de figurine d'action qu'à des munitions antichars d'infanterie modernes réelles. Le corps principal du lanceur est un tube cylindrique long et large. Des amortisseurs larges et ronds sont situés à chaque extrémité du tube; l'amortisseur arrière a la forme d'un cylindre plat tandis que l'avant est conique.
Le viseur est télescopique et est sorti de sa position rétractée lorsque l'utilisateur est prêt à tirer avec l'APILAS. Le réticule a des lignes stadimétriques pour des portées de 200 m à 600 m, par incréments de 100 m. Des marques de dérive sont également fournies, jusqu'à 40 m de chaque côté, par incréments de 10 m.
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La fusée de 112 mm lancée par l'APILAS pèse 4,3 kg. Cependant, l'ogive n'a pas de charge précurseur, donc les chars de combat principaux contemporains mieux blindés ont de bonnes chances de survivre à un coup direct. L’onde de choc en retour blackblast de l'APILAS est l'un des plus puissants de toutes les fusées antichars en service.
L'APILAS a d'abord été utilisé au combat par l'armée française, qui l'a principalement utilisé pour engager les fortifications irakiennes ; apparemment, il était dévastateur contre les structures et les véhicules. On sait que l'insurrection irakienne s'est donné beaucoup de mal pour acquérir l'APILAS pendant la guerre en Irak, bien qu'il ne soit pas clair si elle a jamais réussi à en acquérir. Il a également été récemment noté par la presse aux mains de l'Armée syrienne libre (ASL) pendant la guerre civile syrienne en cours.
Plus de 120 000 lanceurs APILAS ont été fabriqués à ce jour. C'est actuellement un produit de la société Nexter en France, et il a été co-fabriqué par Manhurin. L'APILAS est utilisé par au moins 16 pays, dont la Belgique, le Chili, la Colombie, Chypre, Djibouti, la Finlande, la France, l'Italie, la Jordanie, le Maroc, l'Arabie saoudite, la Corée du Sud, l'Espagne et Taïwan. Il a également été utilisé par des groupes non étatiques, dont l'Armée syrienne libre.
Le groupe français Turgis & Gaillard travaille en secret depuis deux ans sur un système de lance-roquettes multiple baptisé Foudre. Ce MLRS français (pour Multiple Launch Rocket System) sera présenté au salon du Bourget. Pour l’armée de Terre française, la nouvelle tombe à pic puisqu’elle ne dispose que de rares lance-roquettes unitaires capables de tirer un seul missile jusqu’à 70 km.
Le Foudre est un système conçu et produit en France, dont tous les sous-ensembles, et notamment les plus critiques sont souverains. Turgis & Gaillard présente le Foudre comme « un engin compact, doté de bonnes aptitudes au franchissement avec ses six roues motrices, tout en pouvant se projeter à haute vitesse par les voies routières ». Le véhicule est aussi équipé d’une cabine blindée pour protéger l’équipage des tirs de contre-batterie.
Côté armement, il est capable d’utiliser six munitions de précisions de différents types : roquettes guidées de 75 km de portée, missile de 150 km de portée, missile balistique de 300 km de portée et missile de croisière dépassant les 1 000 km de portée.
« La rapidité avec laquelle Foudre entre et sort de batterie, la fulgurance de ses tirs, la vitesse de ses munitions, en font le moyen privilégié de traitement des Time Sensitive Target (des cibles nécessitant une réponse immédiate, ndlr). »
L’arrivée du Foudre est donc une excellente nouvelle pour l’armée française, mais aussi pour l’Europe. Jusqu’ici, le seul engin dans le monde pouvant se vanter d’avoir de telles capacités était le lance-roquettes américain M142 HIMARS.
En Europe, une douzaine de forces terrestres ont entrepris de se doter de LRM, ou de remplacer leurs systèmes existants. Toutefois, jusqu’à présent, tous se sont tournés vers des systèmes importés, comme le HIMARS américain, le PULS israélien ou le K239 Chunmoo sud-coréen.
Voici quelques alternatives internationales aux lance-roquettes :
| Nom | Pays d'Origine | Portée Maximale | Caractéristiques |
|---|---|---|---|
| Hwacha | Corée | 1500m | Lance-roquettes multiples ancien |
| Eryx | France | 600m | Missile anti-char de courte portée |
| APILAS | France | 600m | Lance-roquettes antichar à usage unique |
| Foudre | France | 1000+ km | Système de lance-roquettes multiple moderne |
| HIMARS | USA | 500 km | Système de lance-roquettes multiple moderne |
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