Devant les yeux étonnés et impressionnés du public, des chevaliers combattent valeureusement. Une reconstitution presque déroutante qui plonge le public à l’ère médiévale. L’ambiance est à son comble, musique, langage et boisson sont aux couleurs médiévales. Une atmosphère presque déroutante pour certains. « C’est impressionnant.
Chaque année, le château de Sainte-Croix-Grand-Tonne réunit les meilleurs chevaliers français pour concourir à des tournois de chevalerie, bien sérieux, où ils affrontent une équipe internationale. L’idée des tournois de chevalerie est de jouer l’histoire plutôt que de la raconter, bien que rien n’empêche certaines interventions à visée éducative.
Pour réellement comprendre la nature de la chevalerie à cette époque, la meilleure solution est d’aller à la rencontre de certains de ces chevaliers, qu’il s’agisse de personnages historiques comme Richard Cœur de Lion, ou de personnages littéraires. En réalité, la frontière entre document historique et invention littéraire est souvent difficile à tracer : les personnages de fiction ont eu une influence sur le comportement de vrais chevaliers, et les vrais chevaliers ont apporté de la matière pour nourrir l’inspiration des auteurs de récits littéraires.
L’un des exemples les plus anciens et les plus représentatifs d’un chevalier est Godefroid de Bouillon (1060-1100 environ). Après le 14e siècle, il fut inclus dans la liste des Neuf Preux : neuf hommes à travers les âges (certains historiques, d’autres légendaires) dits avoir incarné les idéaux de la chevalerie. Avec ses frères, il participa à la première croisade en 1096. La renommée et le prestige de Godefroid parmi le groupe de barons commandant la croisade ne firent que croître au point que, lorsque les croisés parvinrent à reprendre Jérusalem à la domination islamique en 1099, ils lui offrirent le trône du nouveau royaume de Jérusalem.
Dans un acte remplissant toutes les conditions de la chevalerie, Godefroid refusa et fit pieusement valoir que personne ne devrait porter une couronne d’or dans la ville où le Christ avait porté la couronne d’épines. À la place, il accepta le titre d’avoué du Saint-Sépulcre. Godefroid était un chevalier si exemplaire qu’il en devint légendaire. Des récits embellis furent écrits sur son voyage en Terre sainte, allant jusqu’à établir sa noble lignée.
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Un chevalier bien connu en France et en Angleterre fut Guillaume le Maréchal (1146-1219 environ). Il joua le rôle de conseiller du roi pour quatre monarques anglais : Henri II, Richard Ier (plus connu sous le nom de Richard Cœur de Lion), Jean, et Henri III. Même les membres de la cour de France reconnaissaient à contrecœur qu’il était le meilleur chevalier du monde. Guillaume guida ces quatre rois avec sagesse à travers de nombreuses crises et dangers, faisant de son nom un synonyme de modèle des vertus chevaleresques de son époque.
Les détails de la vie de Guillaume le Maréchal furent préservés dans un récit littéraire commandé par l’un de ses fils, Histoire de Guillaume le Maréchal, écrit en vers en vieux français. Les lignes de cet ouvrage retracent sa carrière fulgurante, depuis son départ de la maison paternelle dans le but de se former au métier de chevalier (en tant que second fils de la fratrie, cette voie était attendue) jusqu’aux dernières heures de sa vie. Bien que Maréchal ne fut pas un chevalier ordinaire, le récit donne un aperçu de ce qu’était généralement la vie des chevaliers à cette époque.
Très vite, le jeune Maréchal découvrit une activité qui façonna sa vie et devint pour lui une véritable passion : le tournoi. Ces compétitions étaient bien plus brutales que les versions populaires qui sont célébrées aujourd’hui, puisqu’il s’agissait davantage de batailles que de jeux. Les jeunes chevaliers y participaient, individuellement ou en équipe, dans l’espoir de démontrer leurs prouesses au combat et, peut-être, de gagner gloire et fortune.
À la fin du 12e siècle, les tournois connaissaient leur apogée, et Maréchal excellait dans les joutes. On dit que, pendant plus d’une décennie, il enchaîna les tournois, et désarçonna et captura plus de 500 combattants. Les chevaliers vaincus devaient payer une rançon. Avec le butin provenant de la saisie des harnais et des selles, Maréchal pouvait profiter d’une pratique chevaleresque très appréciée : la largesse.
Inventée par la Chine il y a plusieurs centaines d’années, l’arbalète est une arme de grande histoire. À l’époque de sa fabrication, l’arbalète n’était dotée d’aucun mécanisme. Elle est avant tout utilisée pour la chasse et a commencé à se développer durant les guerres du Moyen-Age, principalement les Croisades. L’une des plus grosses évolutions de l’arbalète était au XIVème siècle lors de l’invention d’un système qui permet de recharger automatiquement.
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Au Moyen-Age, l’arbalète était utilisée aussi bien comme arme de chasse qu’arme pour la guerre. Détestée par la chevalerie, elle est considérée comme arme déloyale puisque, tuant à distance, elle ne permet pas à l’adversaire de se défendre. De ce fait, estimant que l’arbalète, qui ne nécessite pas une formation de haut niveau, permet à des soldats peu aguerris de tirer de loin un chevalier en armure qui a consacré son existence au métier de la guerre, le clergé considère que c’est une arme immorale en raison du peu de courage et de formation qu’elle requiert à celui qui la manipule.
En Europe chrétienne, l’arbalète est touchée d’anathème et en 1139 le IIe concile du Latran interdit son utilisation. Quelques années plus tard, en 1143, le pape Innocent II confirme cette interdiction et menace les arbalétriers, les fabricants d’arbalètes et ceux qui en faisaient le commerce d’anathème et d’excommunication. Par ailleurs, cette interdiction valable seulement pour les combats entre chrétiens, demeurera médiocrement observée par les princes d’Occident en dépit des efforts du pape Innocent III pour réaffirmer en 1205, les proscriptions du concile du Latran II.
Progressivement organisée en tournois, la joute était un combat médiéval d'hommes à cheval qui luttaient au moyen d'une lance. Occupation préférée des nobles au Moyen Âge, les tournois connaissent dès le XIIe siècle une vogue extraordinaire en France avant de se propager en Allemagne et en Angleterre. Jeux de guerre à l'origine et parfois mortels, ils se transforment en spectacle. Les nobles aiment à se distinguer les armes à la main, affrontements pour lesquels ils s'entraînent quotidiennement dès leur plus jeune âge.
La veille du tournoi a lieu la revue des épées, bannière et heaumes où l'on rappelle les lois chevaleresques (voir la chevalerie au Moyen-Age). Les chevaliers se présentent le jour dit précédés de leurs ménestrels de trompettes et suivis de leurs écuyers. Les bannières armoriées de l'appelant sont apportées et plantées dans les lices. Les deux équipes combattent jusqu'à la retraite sonnées par les trompettes.
Très réglementés, les tournois requièrent des équipements spécifiques bien différents de ceux de la guerre, nécessitant le port d'une cuirasse légère sous laquelle se trouve un corset capitonné de toile et de filasse pour amortir les coups de masse et d'épée. Pour les joutes, combats singuliers, les armuriers renforcent le heaume en supprimant les larges ouvertures, remplacées par une fente étroite au niveau des yeux. Ce heaume, nommé ''tête de crapaud'' de par sa forme (pesant jusqu'à 9 kg) est fixé à un corselet d'acier par d'énormes charnières.
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La lance dite courtoise, garnie d'un rochet (pointe à trois bouts arrondis afin de répartir l'impact et éviter de percer l'armure) est légère et fragile pour se briser facilement sur le heaume ou l'écu de l'adversaire. Le cavalier doit s'arc-bouter sur sa monture pour ne pas « branler sur la selle ».
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