Considérée par beaucoup comme une maladie du passé, la silicose, une maladie pulmonaire progressive et incurable reparaît à une échelle alarmante parmi les ouvriers qui fabriquent et qui installent les plans de travail en pierre artificielle dans les cuisines et les salles de bain.
La silicose reparaît régulièrement, à la faveur de l’émergence de nouvelles industries ou de l’introduction de nouveaux processus.
Or la réémergence de la silicose dans le secteur des plans de travail en pierre artificielle au cours des dix dernières années a été signalée dans des pays aussi divers que l’Australie, la Belgique, la Chine, l’Espagne, les États-Unis, Israël et la Nouvelle-Zélande.
L’Australie ne compte aucune industrie de fabrication de pierre artificielle, toutes les pierres sont importées.
Le pays n’en a pas moins connu une poussée de silicose de grande ampleur.
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En 2018, le programme d’actualité 7.30 a porté la crise en cours à l’attention du grand public en se faisant l’écho de la situation de M. Nick Lardieri, un jeune père frappé par la silicose à l’âge de 35 ans.
Sous la pression de la population, la ministre du Travail et des Relations industrielles a interdit en septembre 2018 la taille à sec sans protection de la pierre artificielle.
Dans le même temps, le gouvernement de l’État du Queensland a lancé un programme de dépistage auprès des ouvriers travaillant avec la pierre artificielle.
Les résultats donnent le vertige: un ouvrier examiné sur huit était porteur de la silicose sans le savoir.
Pire : la forme la plus grave de silicose, la pneumoconiose compliquée, dont le pronostic est très sombre, a même été diagnostiquée chez quinze d’entre eux.
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Plus troublant encore, selon de nombreux rapports, l’âge moyen des ouvriers dépistés serait inférieur à 40 ans.
Ils auraient contracté la maladie après seulement dix à quinze ans de travail comme tailleurs de pierre.
Ainsi, nous voyons se développer la silicose chez ces ouvriers bien plus rapidement que dans d’autres secteurs, comme les mines.
De nombreux ouvriers de la pierre artificielle ont été exposés à de dangereuses concentrations de silice pendant des années sans protection idoine.
Apparemment, personne n’en avait conscience jusqu’à ce que la poussière se soit suffisamment accumulée dans leurs poumons pour causer des formes aiguës de silicose et faire apparaître le problème au grand jour.
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Cela signifie que la prévention a échoué à de multiples niveaux.
Les fabricants doivent assumer les conséquences de la production et de la commercialisation de pierre artificielle contenant de la silice sans évaluation préalable des risques et sans information appropriée des ouvriers et des petites entreprises de taille de pierre.
Pendant ce temps, les organismes chargés de la prévention sur le lieu de travail n’étaient pas conscients de ces conditions, car ils n’effectuent que rarement des visites dans ces entreprises.
Nous devons donc agir, et vite, pour améliorer la prévention dans ce secteur.
Les simples masques à poussière sont complètement inefficaces pour protéger ces ouvriers.
La ventilation par aspiration dans les locaux et les méthodes de travail à l’humide peuvent réduire l’exposition à la poussière, mais les études ont montré que ces mesures ne permettent pas de réduire les concentrations de silice cristalline respirable à des niveaux sans danger.
Cela signifie qu’il conviendrait de faire un pas supplémentaire et d’interdire les pierres artificielles à forte teneur en silice, une approche proposée par les Comisiones Obreras et par plusieurs pneumologues.
La pierre artificielle peut être fabriquée avec d’autres matériaux de remplissage contenant moins de silice comme le verre recyclé et les pierres naturelles.
Outre la prévention, il est essentiel de procéder à un dépistage auprès de tous les ouvriers qui ont été exposés à la silice.
L’expérience australienne a en effet montré qu’en l’absence de dépistage, le problème peut passer inaperçu pendant de nombreuses années et les ouvriers peuvent ne recevoir un diagnostic qu’une fois parvenus à un stade avancé de la maladie.
Car si vous ne recherchez pas activement la silicose, vous ne la trouverez pas.
Nombre de médecins généralistes et pneumologues paraissent avoir oublié cette pathologie, ce qui a conduit à de multiples retards et diagnostics erronés avant d’identifier la silicose.
Il convient d’alerter la population sur la crise actuelle.
Dans l’idéal, les médecins devraient avoir accès aux antécédents d’exposition de chaque ouvrier venu les consulter.
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