Le livre La Science du Football de John Wesson explore les différents aspects du football avec un œil scientifique. L'auteur aborde, de manière simple, des sujets variés allant de la physique du rebond à la mécanique du coup de pied, en passant par la composition des équipes et les résultats du championnat.
L’auteur commence par montrer que, dans le cas d’un score final de 1-0, il y a 33 % de chances que le but de la victoire ait été marqué par l’équipe la plus faible. Or, on constate statistiquement que dans 75 % des matchs joués dans la Ligue anglaise, moins de 4 buts sont marqués. Le hasard joue donc un rôle très important au football car il n’y a pas assez de buts marqués !
La question posée est de savoir si l’équipe qui gagne un tournoi ou un championnat est réellement la plus forte. John Wesson effectue alors un nouveau calcul en simulant une équipe meilleure que les 19 autres : on lui attribue une probabilité de gagner un match 1,5 x plus élevée que de perdre. Ceci se confirme avec les statistiques de la coupe anglaise.
Wesson calcule notamment que l’équipe qui gagne le championnat de la ligue n’a qu’une chance sur 8 de faire le doublé et d’emporter la coupe, ce qui correspond parfaitement au 7 cas de doublés enregistrés depuis 1946.
D’autres faits étonnants sont abordés dans ce livre, par exemple, qu’une proportion statistiquement très significative des joueurs anglais ont leur anniversaire à la fin de l’année. Ceci s’explique lorsqu’on sait que les enfants anglais sont regroupés par l’âge qu’ils ont en juillet. Les natifs de l’automne sont plus âgés que leurs copains de classe du printemps, donc plus grands, donc ont plus de chances d’être pris dans l’équipe de foot ! De même, les joueurs de 22 ans sont les plus nombreux sur les terrains de foot, mais, comme leurs carrières ne dépassent 3 ans que dans 50 % des cas, ils sont déjà moins nombreux à 24 ans, âge auquel ils marquent statistiquement le plus de buts.
Lire aussi: L'Arbalète dans la Science-Fiction
Aujourd’hui, nul ne peut nier l’apport considérable des sciences d’appui dans l’évolution des pratiques sportives tant du point de vue de la recherche de performance que de celui de l’intervention lors des apprentissages initiaux, puis du perfectionnement. L’approche technologique de l’activité se présente comme un outil complémentaire pour aborder les pratiques sous un angle original, centré sur la réalité du terrain.
La technologie des Activités Physiques, Sportives et Artistiques (APSA) se présente comme un outil privilégié. Elle permet d’orienter son travail vers les points clefs de transformations et d’évolutions des pratiques d’intervention.
L’objet de cette étude concerne l’ouverture de la marque en football. Nous voulons vérifier dans quelle mesure l’équipe qui ouvre le score a plus ou moins de chances de remporter la victoire. Nous partons du postulat que le premier objectif du jeu est la victoire.
John Wesson (2004), en se basant sur la Premiership anglaise, aborde les probabilités d’une équipe à marquer un but lors d’un match. Il démontre aussi que la stratégie défensive adoptée par les équipes considérées comme plus faible est pertinente. En effet, les statistiques montrent qu’une équipe a de grandes chances de marquer au moins un but durant le temps réglementaire. Le fait de défendre et d’empêcher l’adversaire de marquer serait un facteur de rééquilibrage des chances.
« Il est clair qu’un match à score faible avantage l’équipe faible et qu’un match à score élevé profite à l’équipe forte » (op. cité p. 85). Deux idées fortes ressortent malgré tout de ses travaux. La première est l’importance de toujours chercher à améliorer sa moyenne de buts marqués par unité de temps quel que soit le niveau de l’équipe adverse. La seconde concerne la nécessité de toujours être dans cette démarche d’accroître le score même si le risque augmente de prendre un but.
Lire aussi: Analyse de la vitesse moyenne
Par ailleurs, les chiffres présentés par Duprat (2005), pour la Coupe du Monde de 1998 en France, confirment l’idée que l’ouverture de la marque est importante puisque la moyenne des buts marqués lors d’une rencontre s’élève à 2,75. Cela implique que chaque équipe marque en moyenne 1,4 but par rencontre.
Entre 2000 et 2006, une étude a relevé les résultats dans trois types de compétitions différentes : le championnat de France de Ligue 1 professionnelle, la Champion’s League et les rencontres internationales opposant les équipes nationales en compétition ou en matchs « amicaux ».
Nous pouvons déjà observer que dans 42,4 % des cas, au minimum (score de 1-0), l’équipe qui ouvre la marque remporte la rencontre. Ce chiffre est largement supérieur au taux des matchs nuls (24,3 %). Nous constatons aussi, sans prendre en compte l’ouverture du score, qu’on remporte le match dans 36,7 % des cas lorsque l’écart s’élève à deux buts ou plus.
Une étude sur la dernière Coupe du Monde de football (2010) en Afrique du Sud montre que sur 64 rencontres, 8 se sont soldées par un 0-0 et 54 ont vu le tableau d’affichage évoluer. Sur l’ensemble des rencontres, l’équipe qui a ouvert la marque a gagné dans 67,2 % des cas, a fait match nul dans 15,6 % des cas, et a perdu dans 4,7 % des cas. Si l’on tient compte seulement des matchs avec au moins un but marqué, le taux de victoires après l’ouverture du score passe à 76,8 %, le taux de matchs nuls à 17,9 % et le taux de défaites à 5,4 %. Ajoutons que lorsqu’une équipe a marqué deux buts, sans en concéder un, elle a gagné dans 100 % des cas.
On peut déjà considérer l’ensemble de ces chiffres actuels comme suffisamment révélateurs d’une tendance forte à la victoire pour l’équipe qui marque le premier but.
Lire aussi: La nouvelle règle de penalty en question
Les données ont été recueillies pour cent rencontres de championnat de la Ligue 1 Française (CF-m, masculin) lors de plusieurs journées de compétition. Dans le prolongement de la première étude abordée et dans la même idée nous avons pris les résultats des compétitions internationales. D’abord au niveau européen avec les résultats des Championnats d’Europe (CE-m) des Nations 2000 et 2008 ce qui représente un échantillon de 62 matchs. Puis en rassemblant les résultats de la Coupe du Monde (CM-m) de football de 2006, soit 64 rencontres.
Impliqué dans le football féminin de haut niveau, il nous est apparu intéressant, en deuxième étape, de reproduire la démarche dans le cadre de la pratique féminine, celle-ci étant rarement abordée. Nous avons donc recueilli les données dès la seconde journée et en condensant la saisie des résultats au milieu de la saison, soit 90 matchs du Championnat de France de Division 1 (CF-f, féminin) lors des journées suivantes. Puis nous avons retenus les résultats des 40 rencontres des Championnats d’Europe des Nations (CE-f) de 2005 et 2009, et enfin 64 confrontations lors des Coupes du Monde Féminines (CM-f) 2003 et 2007 (moins de matchs chez les femmes pour des compétitions de même niveau).
Pour l’ensemble de ces rencontres nous avons relevé les scores et l’évolution des scores pour nous permettre d’analyser l’issue en fonction de l’ouverture du score, mais aussi lorsqu’une équipe parvient à un écart de deux buts. Nous avons analysé les résultats sur les 90 minutes du temps réglementaire de la rencontre, sans tenir compte des prolongations en cas de match à élimination. De plus, nous n’avons pas pris en compte la notion de match à domicile ou à l’extérieur étant donné les différences lors des phases finales des compétitions internationales.
La troisième étape a consisté à réaliser une approche statistique pour confirmer ou non l’hypothèse de départ et aborder d’autres critères que nos données nous permettent d’analyser. Nous avons ainsi vérifié s’il existe des différences entre le football féminin et le football masculin et s’il existe des différences suivant les compétitions.
| Issue | Pourcentage |
|---|---|
| Victoire avec ouverture du score | ... |
| Match nul avec ouverture du score | ... |
| Défaite avec ouverture du score | ... |
| Issue | Pourcentage |
|---|---|
| Victoire avec ouverture du score | ... |
| Match nul avec ouverture du score | ... |
| Défaite avec ouverture du score | ... |
D’après notre échantillon, la probabilité de remporter la rencontre en général est de µ0 = 0,39 pour l’ensemble des rencontres (0,36 pour les hommes, 0,42 pour les femmes). Nous appliquons alors le test de Student pour les rencontres avec ouverture du score, afin de vérifier si notre hypothèse est confirmée ou non, au seuil de 0,05. Le résultat obtenu, soit la p-valeur = 2,2 10-16, confirme sans aucun doute l’hypothèse que l’équipe qui ouvre la marque a plus de chance de gagner la rencontre. Cette information est valable pour le football masculin (0,31) mais aussi pour les féminines (0,36).
En se basant sur la répartition des victoires, nuls et défaites, un test de chi-deux a été effectué. Le résultat obtenu (p = 0,27) montre qu’il n’y a pas de différence significative entre les deux sexes. Les proportions des victoires, nuls et défaites, après l’ouverture du score, en tenant compte de l’ensemble des compétitions, ne sont pas significativement différentes. Néanmoins il existe certains écarts sur lesquels nous reviendrons.
Dans le cadre du football féminin le test du chi-deux donne une p-valeur = à 0,92 qui nous permet de d’affirmer qu’il n’y a pas de différence significative suivant les compétitions. Pour ce qui est des hommes même si le résultat obtenu est différent (p-valeur = 0,37), la conclusion est la même et aucune différence significative n’apparaît. Nous pouvons toutefois signaler qu’il existe près de deux fois et demie moins de chances pour les filles de revenir au score que chez les garçons. Cela confirme que notre hypothèse de départ est encore plus forte dans le football féminin. Notre attention a aussi été attirée, à la vue des chiffres, par la différence au niveau des matchs sans but marqué.
Nous ajoutons à ces données les pourcentages obtenus lorsque l’équipe qui ouvre la marque prend un avantage de deux buts. Dans ce cas l’équipe qui bénéfice de cette avance remporte la rencontre dans presque 96 % pour les femmes et dans 88,3 % chez les hommes. Le retour des adversaires pour obtenir le match nul est observé dans 2 % des cas dans le football féminin et 7,45 % dans le football masculin. La logique est inversée pour 2 % chez les femmes et 4,3 % chez les hommes, où l’équipe adverse revient au score et l’emporte.
Si l’on estime que la possibilité de revenir au score est un critère d’équilibre des forces en présence, force est de constater que cette situation apparaît plus souvent dans le football masculin que féminin. On pourrait donc penser que le niveau dans le football masculin est plus homogène.
tags: #la #science #du #football #john #wesson