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« Il est plus important d'avoir une arme fiable entre les mains d'un soldat que la meilleure arme au monde entre les mains de l'ennemi. » - Mikhaïl Timofeïevitch Kalachnikov (1919-2013).

Fiabilité et simplicité, ces deux mots résument l'essence même du fusil d'assaut AK-47. Est-il encore nécessaire aujourd'hui de présenter la Kalachnikov AK-47 (peut-être écrit AK47) ? Fusil d'assaut originaire du bloc Soviétique, il est devenu encore plus célèbre que son homologue américain, l'AR15. Comment est née cette arme ? Quelles ont été les différentes évolutions techniques au fil des décennies ? Pourquoi la Kalachnikov est aujourd'hui le fusil d'assaut le plus utilisé dans le monde ? Embarquez avec nous pour un voyage dans le passé, à la découverte de l'histoire de l'arme à feu qui a façonné le monde moderne.

L'Amorce des Fusils d'Assaut Modernes

Les fusils d'assaut automatiques vont apparaître au cours de la Seconde Guerre Mondiale, plus particulièrement pendant le développement du Strumgewehr 43, en 1943, par l'armée Allemande. Un concept de carabine semi automatique avant-coureur, qui sera officiellement adopté par la Wehrmacht dans une version améliorée en 1944, sous le nom de Sturgewehr 44, plus communément appelé STG-44. Le STG-44, considéré comme le père des fusils d'assaut modernes.

Face aux défis du combat en zone urbaine, particulièrement dans la poche de résistance de Smolensk durant la bataille de 1941, les soldats de la Wehrmacht notent l'avantage des armes automatiques telles que les PPD 40 ou le PPSh-41, utilisées en masse par les Soviétiques dès le début du conflit, par rapport au fusil à levier KAR 98 et à la MP40 en service du côté allemand. Bien que les soldats du Reich disposent du MP40, cette arme chambrée en 9mm manque de puissance comparativement au PPSh-41 soviétique, et rapidement les militaires de l'Axe s'approprient ces armes sur le champ de bataille.

À l'apparition du StG44 sur le front Est, les militaires soviétiques entreprennent alors le développement d'une arme similaire qui utiliserait des munitions en 7,62 x 39 mm M43. En s'inspirant de l'arme allemande, l'ingénieur en armement Alexey Sudayev conçoit le fusil d'assaut AS-44. Testé en 1944, il se révèle trop lourd pour être efficace en service. Ce revers de conception amène l'Armée rouge à suspendre temporairement son programme de recherche sur le fusil d'assaut.

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Mikhaïl Kalachnikov : De Paysan à Soldat

Mikhaïl Timofeïevitch Kalachnikov vient au monde le 10 novembre 1919 à Kouria, en Sibérie. Issu d'une famille de Koulak (terme qui désignait, de manière négative, dans l'Empire Russe, un fermier possédant des terres, du bétail, des outils... et qui faisait travailler des ouvriers agricoles salariés), il est le 17ème enfant d'une fratrie de 19, dont seulement 8 ont survécu. Il est âgé de seulement 11 ans lorsque sa famille est déportée au sein de l'oblast de Tomsk, dans le cadre de la révolution Stalinienne au début des années 1930, Staline souhaitant supprimer les Koulaks, qu'il juge contraire aux idées révolutionnaires.

Enrôlé dans l'Armée Rouge en 1938, Kalachnikov va très rapidement montré ses capacité en mécanique, en apportant des améliorations au pistolet semi automatique Tokarev TT-33 et à différentes parties des chars d'assaut, poussant ses supérieurs à l'envoyer en cours de mécanique spécialisée dans les chars. Grièvement blessé lors de la bataille de Briansk en 1941 lors d'une tentative de stopper les troupes allemandes se dirigeant vers Moscou, il est contraint de suivre une longue convalescence en hôpital. C'est durant cette période qu'il va dessiner des modèles de pistolets et autres armes à feu, ayant constaté la supériorité technique de l'armement des soldats allemands. Au début de l'année 1942, il est ainsi transféré au sein d'une unité de conception d'armes légères. Après une première arme conçue en 1942 mais écartée par l'Armée Rouge au profit du PPS-43, son prototype de carabine semi automatique de 1945 échoue face au SKS, adopté en 1946. Ayant conçu de nombreux modèles de fusils d'assaut entre 1945 et 1949, jugés plutôt intéressant par l'armée Soviétique, il quitte l'armée pour rentrer chez le fabricant d'arme Izmash. C'est au sein de cette entreprise que Mikaïl va concevoir un modèle d'arme d'une simplicité remarquable, qui sera finalement adopté par l'armée Soviétique, après de nombreux tests dans des conditions extrêmes.

Conçu d'après une étude de 1947, son fusil d'assaut est adopté en 1949 sous le nom de : AK-47 (Автомат Калашникова, « Avtomat Kalachnikova » modèle 1947).

AK-47, AKM, AK-74... : Les Différentes Évolutions du Fusil d'Assaut Kalachnikov

Malgré le succès incontestable du fusil d'assaut Kalashnikov AK-47, celui-ci entre en perpétuelle évolution pour corriger des défauts existants. C'est à partir de 1955 que de grosses modifications sont apportées à l'arme, principalement sur le corps du fusil et le système de récupération des gaz, ainsi que l'ajout d'une baïonnette. Tous ces changements vont conduire, en 1959, à une nouvelle version nommée AKM. Adopté et fourni à l'armée Soviétique à partir de 1961, l'AKM va donner naissance à plusieurs versions, possédant chacune des spécificités comme le AKMS avec sa crosse pliable ou encore l'AKMSU, version compacte. L'amélioration principale des AKM est leur fabrication en tôle emboutie pour la carcasse et en contreplaqué de bouleau, pour la crosse, la poignée et le garde-main. Ces caractéristiques vont permettre la fabrication de plusieurs millions de fusils d'assaut à des coûts réduits.

Dans la continuité des évolutions du fusil d'assaut Kalashnikov, les ingénieurs de chez Izmash vont se pencher sur le remplacement de la RPD (Routchnoï Poulemiot Diegtiariova) mitrailleuse légère en service dans l'armée Soviétique. C'est ainsi qu'au début des années 1960 entre est mis en service la Kalashnikov RPK, basée sur la conception de l'AKM. D'une composition plus lourde, le modèle RPK est équipé d'un bipied pliable, d'un canon plus long et plus épais afin d'allonger la portée de tir mais également la durée de tir possible sans que l'arme ne chauffe.

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Depuis le début de la conception des armes Kalashnikov, celle-ci s'élabore autour d'un élément majeur : la cartouche 7,62x39 mm. Cette munition, développée en 1943 par l'armée Soviétique, est composée d'une ogive de calibre 7,62 mm montée sur un étui de 39 mm de longueur. Possédant une capacité de pénétration supérieure aux munitions de combats de l'OTAN, à savoir le 5,56x45 mm et le 7,62x51, grâce à sa balle en acier chemisé, elle bénéficie cependant d'une portée moindre que ses concurrents américains.

Dans l'optique de pouvoir tirer une balle avec une haute vitesse initiale, une trajectoire plus tendue et permettre aux soldats d'emporter plus de munitions sur le terrains, un groupe d'ingénieurs soviétique va travailler à la conception d'une nouvelle munition : la 5,45x39 mm M1974. Conservant la même longueur d'étui que la 7,62x39mm, la 5,45x39mm monte une ogive de calibre 5,6mm d'un poids de 3,43g. Suivant le même principe que la cartouche de l'OTAN 5,56x45mm, la cartouche 5,45x39mm va cependant se révéler plus efficace en terme de pénétration grâce à son ogive propulsé à haute vitesse, ce qui lui permet de perforer les gilets pare-balles.

Et c'est justement cette nouvelle munition qui va amener à la fabrication d'un nouveau fusil d'assaut Kalashnikov au début des années 1970 : l'AK74. Aujourd'hui, les deux munitions sont encore largement fabriqués en URSS.

Tableau Comparatif : AK-47 et M-16

Caractéristique AK-47 M-16
Fiabilité Très élevée Modérée
Précision Moyenne Élevée
Portée pratique 400 mètres 550 mètres
Facilité d'entretien Très facile Complexe
Coût Bas Élevé

Kalachnikov : De l'Armée Rouge aux Groupes Terroristes

"Je suis fier de mon invention, mais je suis triste qu'elle soit utilisée par des terroristes. ... Je préférerais avoir inventé une machine que les gens pourraient utiliser et qui aiderait les agriculteurs dans leur travail, par exemple une tondeuse à gazon." - Mikhail Kalashnikov - The Guardian (July, 29th 2002).

Mikhaïl Kalachnikov, souvent décrit comme un patriote dévoué à son pays, a légué au monde l'une des armes les plus emblématiques de l'histoire, l'AK-47. Dans son esprit, cet engin de guerre était conçu pour défendre la mère patrie contre toute menace extérieure. Cependant, au fil des années, il a été confronté à une réalité troublante : son invention, au lieu de rester un instrument de défense nationale, est devenue un symbole de conflit et de violence à l'échelle mondiale. La diffusion massive de l'AKM dans les conflits régionaux et son utilisation par des groupes terroristes ont profondément attristé Kalashnikov, qui a exprimé à plusieurs reprises son regret quant à la manière dont son génie technologique avait été détourné de son intention originelle.

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Après avoir été annoncée pour 2014, la mise en service d’un nouveau système d’armes légères d’infanterie destiné à équiper l’armée russe est enfin sur les rails. En effet, d’ici décembre prochain, plusieurs unités d’infanterie et des forces d’opérations spéciales seront dotées de nouveaux modèles d’armes automatiques, tous compatibles avec le système « Ratnik ».

Bien que n’étant pas une des priorités majeures des programmes d’équipements des forces armées - notamment en termes d’investissements, qui font généralement la part belle à l’armée de l’air -, les armes légères d’infanterie, fusils d’assaut et armes d’appui léger, font aussi l’objet de l’attention des états-majors avec la modernisation et/ou le remplacement des modèles en service. Sur le plan opérationnel, la nécessité d’améliorer les capacités du combattant sur le terrain n’a pas échappé non plus aux responsables militaires russes, qui ont décidé d’adopter de nouveaux modèles plus modernes, suivant l’exemple de nombreux autres pays dans le monde (Tavor TAR-21 en Thaïlande, Beretta ARX-160/200 en Italie, MPT-76 en Turquie, FN SCAR en Belgique, HK416 en Norvège, ER-88 en Australie, etc.). Mais en Russie comme ailleurs, la mise en service d’une nouvelle arme individuelle standard ne se fait pas du jour au lendemain.

La Russie, qui ne fait pas exception à la règle (sauf pour la RfI qui se fait depuis toujours « en interne »), avait annoncé pour 2014 la mise en service d’un nouveau fusil d’assaut destiné à équiper ses forces armées. Or, en 2014, la compétition était toujours en cours et, par conséquent, le ministère de la Défense n’avait toujours pas tranché. En fait, c’est seulement le 29 janvier 2018 que l’ultime étape du processus a finalement été franchie avec l’annonce officielle de l’adoption par l’armée russe de l’AK-12/AK-15 comme arme standard pour les unités classiques et de l’A-545/A-762 pour les unités d’élite et les forces d’opérations spéciales (Spetsnaz). Par ailleurs, une semaine plus tard, le 6 février 2018, le ministère russe de la Défense a annoncé la signature d’un contrat portant sur la production et la livraison d’une première tranche de fusils-mitrailleurs RPK-16 en calibre 5,45 x 39 mm.

Cependant, les industriels russes ont entrepris le développement de nouveaux modèles, y compris en 5,56 x 45 mm standard OTAN, pour satisfaire, faute de mieux, le marché à l’exportation. En 2011, cette situation n’a pas empêché la société Izhmash, devenue depuis 2013 JSC Kalashnikov Concern, de projeter et de réaliser l’AK-12, dont le prototype initial est connu comme A-200, dévoilé pour la première fois en 2012. Malgré sa prise de position concernant l’introduction d’un nouveau fusil d’assaut dans l’armée russe, le ministère de la Défense décida, en novembre 2012, d’entreprendre une campagne d’essais de l’AK-12. Environ un mois plus tard, les tests étaient pratiquement achevés. Ils révélèrent certains défauts, notamment au niveau de l’ergonomie et de la fiabilité de l’arme en condition d’utilisation en milieu adverse ; défauts auxquels le constructeur s’empressa de remédier en améliorant, sur fonds propres, son nouveau modèle chambré en 5,45 x 39 mm.

Entre-temps, l’introduction d’un nouveau système d’armes légères d’infanterie, compatible avec le programme « Ratnik » (« Guerrier », en russe), était devenue d’actualité. Le vice-président de la Commission de l’industrie militaire, Oleg Botchkarev, affirma même, le 16 septembre 2013, que les livraisons d’un nouveau fusil d’assaut aux forces armées démarreraient dès l’année suivante ; ce qui ne fut cependant pas le cas. Deux modèles en 5,45 x 39 mm étaient alors en compétition : l’AK-12 et l’A-545 de Degtyarev Plant, tous deux déclinés également en 7,62 x 39 mm (AK-15 et A-762). Ces choix ont été validés à l’issue d’une série de tests intensifs menés en 2016-2017. Le modèle définitif de l’AK-12, basé sur le prototype A-400, fut présenté officiellement lors du salon Army 2016, ainsi que la version AK-15 légèrement plus lourde. A noter que ceux-ci ont donné respectivement naissance, l’année suivante, à l’AK-12K et à l’AK-15K, variante à canon court.

En août 2017, le PDG de JSC Kalachnikov, Alexei Krivoruchko, a annoncé dans une interview à l’agence TASS que l’AK-12 avait passé les tests finaux et que la société attendait la réponse du ministère de la Défense. Celle-ci est arrivée le 29 janvier 2018, avec l’annonce de l’adoption des fusils d’assaut AK-12 et AK-15 comme nouvelles armes longues individuelles standard des forces régulières, comptant encore de nombreux conscrits dans leurs rangs.

Sans entrer dans les détails, l’AK-12 se caractérise par la présence d’un long rail type Picatinny positionné sur le dessus de la boîte de culasse, permettant le montage d’accessoires d’aide au tir en complément des organes de visée mécaniques réglables, d’une série de rails placés sur le garde-main en polymère, d’un canon facilement interchangeable, d’une longueur de 415 mm (16,3 pouces), d’une poignée-pistolet ergonomique, d’une crosse réglable en longueur et repliable sur le côté de la carcasse, d’un frein de bouche dérivé de celui de l’AK-74M, et d’un sélecteur à trois modalités de tir : coup par coup, rafale de deux coups et rafale libre. L’arme, dont l’interface carcasse-boîte de culasse a été renforcée pour une meilleure rigidité, peut être équipée d’un modérateur de son, d’une baïonnette et d’un lance-grenade de 40 mm de type GP-25/GP-34.

Si l’adoption de l’AK-12/AK-15 marque la conclusion d’une compétition lancée en 2013 et l’opposant à l’A-545/A-762, le modèle proposé par Degtyarev Plant, qui a été développé à l’origine par Kovrov Mechanical Plant (KMZ) et projeté par l’ingénieur de l’armement Sergey Ivanovich Koksharov, n’a pas pour autant été mis sur la touche. Plusieurs raisons sont à l’origine de ce choix. À commencer par la plus grande précision de l’A-545/A-762, due à l’adoption d’un dispositif compensateur, que les Anglo-Saxons nomment BARS (Balanced Automatics Recoil System). Celui-ci améliore sensiblement le système de fonctionnement traditionnel à piston à course longue du système Kalachnikov, en réduisant les effets négatifs du recul sur la précision du tir en modalité automatique (la précision de l’A-545 serait de 15 à 20 % supérieure à celle de l’AK-74M).

Par rapport à l’EK-971 original, l’A-545, qui monte un canon de 420 mm (16,5 pouces), se différencie par une série de modifications, notamment au niveau des organes de visée mécaniques, plus sophistiqués mais tout aussi robustes (hausse à tambour notamment), qui offrent, par ailleurs, une ligne de mire plus longue, et par l’adoption d’un sélecteur de tir ambidextre, d’un rail type Picatinny et d’une crosse télescopique réglable et rétractable. Une des particularités de l’arme réside aussi dans l’arc de rotation du sélecteur de tir ambidextre, qui est de 180°.

Dévoilé pour la première fois à l’occasion du salon de l’armement Army 2016, le RPK-16 va également faire son entrée dans les forces armées russes, au sein desquelles il succédera aux RPK-74 et RPK‑74M. Doté d’un bipied réglable et amovible, monté sur rail type Picatinny, au lieu du bipied fixe présent sur le RPK-74/RPK-74M, le nouveau fusil-mitrailleur de l’armée russe est équipé d’une crosse réglable et repliable, réalisée en polymère, tout comme la poignée-pistolet ergonomique et le garde-main.

Le RPK-16 se caractérise aussi par son canon facilement interchangeable, pouvant recevoir un modérateur de son. Il est disponible en deux différentes longueurs : 550 mm (21,6 pouces) pour la configuration « arme d’appui léger/mitrailleuse légère » et 370 mm (14,6 pouces) pour celle dite « d’assaut », cette dernière pouvant être équipée d’une poignée antérieure, montée à la place du bipied. Dans les deux cas, puisqu’il s’agit bien d’un fusil-mitrailleur, l’arme est alimentée par boîtiers-chargeurs amovibles de différentes capacités, compatibles avec ceux du précédent RPK-74/RPK-74M et des nouveaux fusils d’assaut AK-12 et A-545, y compris, tout naturellement, celui à tambour de 96 coups.

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