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L'affaire de la blessure de Jérôme Rodrigues, figure des "gilets jaunes", survenue lors d'une manifestation place de la Bastille à Paris, a suscité de vives réactions et déclenché plusieurs enquêtes.

Ouverture d'enquêtes et premières déclarations

Deux enquêtes, dont une judiciaire, ont été ouvertes après cette blessure, dont les investigations ont été confiées à l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN). Le secrétaire d'État à l'Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé qu'il n'y avait « aucun élément » permettant d'affirmer que Jérôme Rodrigues avait été touché par un tir de lanceur de balle de défense (LBD). « Je n’ai aucun élément qui me permette de dire qu’il y a eu un usage d’un LBD qui aurait touché M. Rodrigues », a-t-il déclaré sur LCI.

Il a en revanche confirmé l’utilisation d’une grenade de désencerclement au même moment, s’appuyant sur le rapport d’un policier ayant lancé ce projectile. De son côté, l’avocat de Jérôme Rodrigues, Philippe de Veulle, « réfute complètement » l’hypothèse d’une blessure due à une grenade de désencerclement, et affirme avoir « des éléments matériels » montrant que « c’est un tir de flash-ball ».

Contradictions et preuves potentielles

L'avocat de Jérôme Rodrigues, Philippe de Veulle, avait affirmé à franceinfo que son client avait été blessé par un tir de LBD : "Nous avons une vidéo où l'on voit clairement le tir de flash-ball [terme régulièrement utilisé pour désigner le LBD]. Et une balle de flash-ball a été récupérée par un manifestant, elle va être transmise à l'IGPN.

La balle du LBD a été « ramassée » par des témoins et mise à disposition de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour l’enquête, a déclaré Me de Veulle. « L’IGPN m’a confirmé que sur les vidéos qui ont été vues il y a bien le “boom” de la grenade et le “poc”, qui suit derrière, du tir de LBD », a-t-il dit.

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Médiapart révèle aujourd’hui l’existence d’un rapport dans lequel un fonctionnaire de police reconnait avoir utilisé son lanceur de balles de défense au moment où Jérôme Rodrigues a été blessé.

Utilisation des LBD et maintien de l'ordre

Revenant sur l'utilisation des LBD par les forces de l'ordre samedi à Paris, Laurent Nunez a souligné que 32 tirs avaient été réalisés samedi, "uniquement dans les endroits où il y a eu des violences". Laurent Nuñez a précisé que « les 32 tirs ont été filmés, y compris les 18 qui ont eu lieu sur la place de la Bastille ».

Gouvernement, policiers et gendarmes se savent sous surveillance, après la polémique qui s’est développée sur l’usage des « lanceurs de balles de défense » (LBD) et les blessures que ces armes infligent. Les forces de l’ordre expérimentaient pour la première fois ce samedi l’utilisation de LBD par des binômes, dont un des deux membres est porteur d’une caméra-piéton filmant l’utilisation de cette arme et le contexte. Cela doit permettre de « réunir des preuves s’il y avait une contestation de l’usage du LBD », avait prévenu Laurent Nuñez. Il a défendu son utilisation dimanche sur LCI : « Le LBD est absolument indispensable à un maintien de l’ordre républicain ».

« C’est une arme intermédiaire que nous utilisons en cas de guerilla urbaine, on l’utilise assez peu dans le cadre de maintien de l’ordre habituellement », a-t-il ajouté, précisant que « pour la manifestation d’hier tout a été filmé ».

L’usage du LBD comme la chaîne de commandement sont manifestement défaillants. L’arme n’a pas été utilisée dans le respect de la procédure blessant Jérôme Rodrigues au visage et lui faisant perdre un œil. Cette mutilation insupportable vient s’ajouter à la liste des centaines de blessés graves recensés depuis plusieurs mois liés à ces LBD ainsi qu’aux grenades dites de désencerclement.

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L’usage de ces armes fait partie d’une stratégie inefficace de maintien de l’ordre, conduisant en réalité à l’escalade des violences. Les responsables de l’utilisation non-réglementaire de ces armes doivent faire l’objet d’une enquête. La hiérarchie doit assumer les conséquences des ordres données aux policiers. Le maintien de l’ordre doit être complètement revu.

Bilan des blessures et enquêtes en cours

Le secrétaire d’Etat a également affirmé que 101 enquêtes menées par l’IGPN étaient en cours. Il a précisé que 1 900 « gilets jaunes » avaient été blessés depuis le début du mouvement, le 17 novembre 2018, mais que cela n’avait « parfois rien à voir avec l’action de la police ». Il a souligné que 1 200 policiers et gendarmes avaient aussi été blessés.

Catégorie Nombre de blessés
Gilets jaunes 1 900
Policiers et gendarmes 1 200
Enquêtes IGPN en cours 101

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tags: #jerome #rodrigues #flashball #enquete

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