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À l'été 2018, Nikon et Canon ont presque simultanément annoncé leurs hybrides 24 x 36 mm. Quelques semaines plus tard, Panasonic, Leica et Sigma ont officialisé une alliance forgée autour de la monture L. Dans le viseur de tout ce petit monde : Sony, qui jouit depuis 2013 d’un quasi-monopole sur le marché des hybrides 24 x 36 mm.

Nikon a choisi de lancer en décalé ses deux hybrides 24 x 36 mm. Sur le papier, seul le capteur distingue les Nikon Z 6 et Z 7. Si vous êtes plutôt familiarisé avec l’offre hybride, il ne vous aura pas échappé que le Z 7 se positionne pile en face du Sony Alpha 7R Mark III quand le Z 6 vient tenir tête au best-seller Sony Alpha 7 Mark III.

Surtout que Nikon a ouvertement annoncé la couleur en affichant son ambition de devenir numéro 1 mondial du marché des appareils photographiques numériques 24 x 36 mm, reflex et hybrides confondus !

Sans réelle surprise, puisque c’était annoncé, le Nikon Z6 jouit exactement du même gabarit et de la même qualité de construction que le Nikon Z7, puisque, fondamentalement, ce sont les mêmes boîtiers. Les ajustement sont impeccables, les revêtements bien choisis, les finitions irréprochables, le toucher des commandes physiques est superbe et digne des meilleurs reflex professionnels de Nikon. Vraiment, cela fait plaisir. Un seul constructeur photo, aujourd’hui, peut se vanter de faire aussi bien : Leica.

Oui, il y a comme quelque chose de changé mais, dans le fond, la philosophie est respectée et même si certaines touches ont bougé, il ne faut que quelques secondes pour retrouver ses petits. Par défaut, ces touches permettent de régler la balance des blancs, le type d’autofocus et la couverture autofocus, ce qui est très bien vu.

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Parmi les points ergonomiques les plus appréciables, l’écran secondaire sur l’épaule droite arrive en première position. Commun sur les reflex, il demeure bien trop rare sur les hybrides. Le commutateur permettant de basculer entre mode photo et mode vidéo est idéalement situé, en bas à droite du viseur. Il s’accompagne d’un changement du menu rapide qui affiche, en fonction, les paramètres photo ou les paramètres vidéo.

Le viseur électronique étant le même que celui du Z 7 (OLED d’environ 3.690.000 points), il est ce qui se fait de mieux en cette fin d’année 2018 en termes de finesse et de confort d’affichage. Sur ce dernier point, et particulièrement si vous êtes amateur de macrophotographie, le focus peaking qui surligne les zones nettes deviendra rapidement un allié dont vous aurez du mal à vous passer.

D’un strict point de vue technique, l’écran retenu pour le Z 6 est un très beau modèle. Large diagonale de 8 cm, définition généreuse d’environ 2.100.000 points, angles de champ très larges. Mais là, sur un hybride, plus aucun problème. A vous les joies de la visée à bout de bras ou au ras des pâquerettes ! Ce d’autant plus que l’écran est articulé.

Pour ses hybrides Z, Nikon a retenu l’option d’une articulation classique, sur charnière et non sur rotule, similaire à ce que vous trouvez sur les D750 et D850. Mais cela implique aussi que vous ne pouvez pas complètement retourner l’écran pour, par exemple, vous filmer, ce qu’aurait permis un mécanisme sur rotule. Nikon s’adresse ici clairement plus aux photographes qu’aux vidéastes.

S’il est possible de naviguer dans les menus, de faire défiler les clichés capturés, de sélectionner le collimateur autofocus et de déclencher en tapotant sur l’écran, entre autres actions, le tactile sur les Nikon Z demeure grandement sous exploité. La première est celle permettant d’agrandir et rétrécir à la volée la zone de couverture AF en pinçant ou étirant l’écran. Ce genre de fonction change la vie et, là encore, un joystick a beau être présent, sa mise en œuvre se révèle, dans la pratique, bien moins rapide et précise.

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Ce qui peut rapidement vous rendre dingue si vous êtes de ceux qui portent l’appareil photo à l’épaule : est-ce à cause de l’écran tactile ou du joystick, nous ne l’avons pas déterminé, mais toujours est-il que le collimateur a tendance à bouger tout seul lorsque vous vous baladez avec votre boîtier sur le côté. Si une touche, à gauche du viseur, permet de sélectionner manuellement votre mode préféré (uniquement l’écran, uniquement le viseur, bascule automatique entre les deux), cette dernière bascule automatique se montre régulièrement capricieuse.

En fait, le détecteur de proximité sur le viseur a tendance à se révéler un peu trop sensible : il ne sera pas rare que, lorsque vous cadrerez via l’écran, appareil au niveau du ventre, vous perdiez subitement l’image puisque celle-ci sera partie dans le viseur électronique. Pour ses hybrides Z, Nikon a préféré reprendre des menus inspirés de ses reflex. Ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise chose.

C’est bien parce que, si vous comptez faire la transition depuis votre reflex Nikon, vous retrouverez rapidement vos marques. Le mauvais côté de cette transposition, c’est que les menus répondent à une logique reflex mais pas encore à une logique hybride. Si vous êtes déjà rodé à l’utilisation d’un hybride Panasonic ou Fujifilm, vous aurez ici l’impression de faire un pas en arrière et d’avoir un reflex dans les mains.

Néanmoins, nous sommes arrivés à capturer en moyenne 450 vues sur une seule charge en conditions de test, ce qui est à la fois fort honorable et nettement mieux que les 300 vues avancées par la fiche technique. Point important, qui ravira les utilisateurs de reflex et plus précisément ceux des gammes D7000, D500, D600, D750 et D800, puisqu’ils pourront réutiliser leurs batteries EN-EL15a dans leur hybride Nikon Z. Avec une contrainte toutefois : seule les EN-EL15b permettent la recharge via la prise USB 3.0 Type C du boîtier.

Nous aurions pu imaginer que, simultanément, le boîtier entre dans un mode veille où l’alimentation de l’écran et du viseur, la stabilisation mécanique, les éventuelles connections WiFi et Bluetooth seraient automatiquement coupées. Tout cela sans complètement éteindre l’appareil, qui serait prêt à reprendre du service dès le zoom déployé et en ordre de marche.

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Sur le côté gauche, vous retrouverez la prise USB 3.0 Type C, la prise mini-HDMI, la prise télécommande, la prise micro et la prise casque. Pour rester sur les connectiques, le Z6 dispose du Wi-Fi IEEE 802.11b/g/n/a/ac ainsi que du Bluetooth 4.2. Tous deux permettent, entre autre, de connecter le boîtier à votre smartphone via l’application Snapbridge. La carte mémoire est, vous l’aurez certainement déjà lu, relu et compris, une unique XQD.

Donc, ici, sur le Z 6, pas de Multi-CAM, mais 273 collimateurs répartis sur une surface équivalente à 90 % de l’image. A titre de comparaison, le D750 et son module Multi-CAM 3500 FX doit se contenter de 51 collimateurs et une couverture que Nikon ne précise pas, mais qui n’est certainement pas de 90 %. La couverture à 90 % permet de positionner son collimateur dans des zones périphériques auparavant inaccessibles sur un reflex. Pour le suivi du sujet, la zone de détection se révèle plus large.

Si tout se passe bien lorsque la lumière est au rendez-vous, il n’en va pas de même de nuit. Le seuil de détection du module AF du Z 6 est abaissé à -2IL (-1IL pour le Z 7), mais cela ne suffit pas toujours. En fait, et c’est plutôt rageant, dans les très faibles conditions de lumière, le boîtier a comme tendance à paniquer et ne sait plus s’il doit faire confiance à ses collimateurs AF, à sa stabilisation, ou s’il doit monter en sensibilité.

Concrètement, cela se traduit par une image qui se fige totalement dans le viseur, imposant une attente de quelques secondes avant de vous redonner la main pour une autre tentative. En se contentant de « seulement » 24 Mp (tout est relatif), le Nikon Z 6 génère des fichiers plus légers et faciles à manipuler que ceux du Z 7 et ses 45,7 Mp.

C’est en rafale que le Z 6 est attendu au tournant, surtout par rapport au Z 7. Il est possible de régler la vitesse de rafale CL entre 1 et 5 images par seconde. La rafale CH est donnée pour 5,5 vues par seconde par Nikon. Dans tous les cas de figure, le Z 6 tient ses promesses haut à la main, et ce malgré notre carte XQD qui n’est pas la plus rapide du marché. Sur cet exercice, le Nikon Z 6 fait donc mieux que le D750 qui, dans le meilleur des cas, montait à 6,5 images par seconde.

Il faut néanmoins, face à tant d’enthousiasme, tempérer un peu les propos. Premier point : notez que le mode rafale CH, à 5,5 images par seconde, n’apporte pas grand chose par rapport à un mode CL à 5 images par seconde. Deuxième point : en CL aussi bien qu’en CH, le nombre de vues capturées est illimité. Enfin, comme précédemment signalé, pour atteindre les 12 images par seconde en NEF, il faut redescendre à 12 bits, ce qui impose d’aller modifier le réglage ad-hoc dans les menus.

La différence avec le Z 7 est que nous n’avons ici plus que 24 Mp, ce qui implique des photosites plus grands donc, in fine, théoriquement, une meilleure montée en sensibilité. Dans la pratique, cela se traduit par une plage de sensibilité décalée vers le haut : de 64 à 25.600 ISO par défaut pour le Z 7, de 100 à 51.200 ISO par défaut pour le Z 6.

Evacuons tout de suite la question des sensibilités extrêmes, comprendre « au-delà de 51.200 ISO » : elles ne sont pas utilisables. En fait, même à 51.200 ISO, c’est déjà très limite, mieux vaut rester raisonnable et ne pas dépasser 25.600 ISO, ce qui est déjà une valeur très élevée en pratique.

Sur le Z 6, la stabilisation est tellement bonne qu’elle permet de justifier de ne proposer un zoom de base n’ouvrant « que » à f/4 constant. Le diaphragme « perdu » côté objectif est largement compensé par l’efficacité de la stabilisation du boîtier, le gain en compacité et en légèreté par rapport à un transtandard ouvrant à f/2,8.

En mécanique, cela vous fait gagner une vitesse par rapport à un D750 qui s’arrête à 1/4000 s. En électronique, le déclenchement devient complètement silencieux. Utilisé en conjonction avec les excellentes montée en sensibilité et stabilisation mécanique, l’obturation du Z 6 vous permettra d’exploiter de nouvelles possibilités de prise de vue. A vous les joies des poses « rapides » à 1/50 s de nuit, dans le silence plus ou moins total, et cela sans avoir à grimper de manière excessive dans les ISO. Et tout cela avec une facilité déconcertante.

Lors de notre test, nous n’avons pas noté de banding excessif, voire pas du tout, et ce même avec des sources de lumière artificielle et en obturation électronique.

Tableau comparatif des caractéristiques des Nikon Z6 et Z7

Caractéristique Nikon Z6 Nikon Z7
Capteur 24 Mp BSI CMOS 45.7 Mp BSI CMOS
Plage ISO (par défaut) 100 - 51200 64 - 25600
Collimateurs AF 273 273
Stabilisation 5 axes 5 axes
Viseur OLED 3.690.000 points OLED 3.690.000 points

tags: #IQ #tests #fonctionnement #des #viseurs

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