Au commencement de ce qui allait devenir le tout premier combat planétaire, l’utilisation de l’aviation suscitait de vifs débats. Il en allait de même pour son utilité.
L'armement est le facteur décisif du combat, c'est lui qui détruit la puissance de l'ennemi.
En mai 1914, Raymond Saulnier dépose un brevet portant sur un dispositif de tir synchronisé avec l'hélice, mais ce système se révèle peu fiable. Le constructeur se rabat alors sur un procédé moins ambitieux alliant une certaine synchronisation et un blindage de la partie de l'hélice située face à la sortie d'une mitrailleuse Hotchkiss. Certaines balles passent, les autres s'écrasent contre le blindage.
C'est avec la collaboration de Roland Garros, pilote à la MS.23, qu'il perfectionne ce dispositif et le rend opérationnel sur un Morane-Saulnier Type N. Ce dispositif monté sur un MS L Parasol permet au pilote de remporter trois victoires du 1er au 18 avril sur le front Nord.
L'évolution ralentit dès la fin du conflit et ce n'est qu'au début des années trente que des mitrailleuses sont parfois montées à l'intérieur des ailes, dont l'épaisseur a depuis augmenté.
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Mais le 19 avril 1915, Garros, touché par des Territoriaux bavarois affectés à la défense des voies, est contraint de se poser derrière les lignes allemandes au nord de Courtrai. Le système est envoyé à Fokker qui travaillait sur le même sujet. Il parvient à mettre au point un tir synchronisé à travers l'hélice d'une grande fiabilité avec une mitrailleuse Parabellum.
Le crantage entre le moteur et la détente permet le déclenchement du tir, tandis que le système pneumatique joue sur la pression des gaz dans le moteur qui agit sur la détente de l’arme en réglant ainsi sa cadence (Brevet du 12.06.1916). Ce système est installé sur un monoplace d’avant-guerre sous la désignation Fokker M.5K/MG (MG pour Maschinengewehr; mitrailleuse), puis sur un Fokker E I.
Quand il apparaît à l'été 1915, le Fokker E I manque de puissance avec son moteur Oberursel de 80 ch, mais le 1er août, Immelmann remporte sa première victoire avec le nouveau système. L’ère du "fléau des Fokker" débute, servie par de remarquables pilotes tels Oswald Boelcke et Max Immelmann.
Chaque avion de reconnaissance doit être dorénavant escorté par plusieurs chasseurs. La tactique d'emploi du chasseur est identique en Allemagne et en France. Les Fokker patrouillent à deux recherchant les ennemis isolés, ou escortent les avions de reconnaissance Aviatik.
Coté français, les Voisin utilisés pour les missions de bombardement sont trop lents et trop vulnérables face à ces redoutables chasseurs. Il en va de même pour les avions d'escortes. Les pertes françaises augmentent alors dans de telles proportions que le bombardement de jour est arrêté. A partir de juillet 1915, les missions sont accomplies de nuit au détriment de la précision. L'intensité des attaques baisse.
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La capture, le 17 avril 1915, du Morane-Saulnier de Roland Garros permit à Anthony Fokker de mettre au point, le même mois, une réplique allemande du système français de tir à travers l'hélice.
(Isaac) Robert Alkan voit le jour le 11 juin 1891, à Paris (3ème). C’est le fils de Samuel Alkan, voyageur de commerce, et de Caroline née Marx, modiste. Il entre, en 1909, à la plateforme d’essais de la Société alsacienne. Appelé en octobre 1912, il est affecté au 3ème Groupe d’aviation, à Lyon (Rhône).
Caporal en juin 1913, il passe sergent spécialisé dans les moteurs, en novembre 1913. Il est mobilisé, en août 1914, à l’escadrille B.L.C., puis à l’escadrille M.S. C’est au sein de cette dernière qu’il conçoit le premier dispositif de tir synchronisé à travers l’hélice, notamment avec une mitrailleuse VickersNote.
Il devient adjudant, en février 1916. Puis on l’affecte à la section technique de l’aéronautique. En 1917, il fait partie d’une mission d’étude de la section technique de l’aéronautique envoyée au Royaume-Uni, puis d’une autre en Italie.
Sous-lieutenant d’artillerie de réserve, il demeure détaché à la section technique de l’aéronautique, où on l’affecte définitivement fin septembre 1920. Démobilisé, il crée la Société Alkan & Sinay. Puis, à la demande du service technique de l’aéronautique, il crée la Société Alkan & Lessourd, qui deviendra, après la mort de ce dernier, la Société R. Alkan & Cie.
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En 1936, il met au point un nouveau pilote automatique. Il continue également à étudier des systèmes de tir. Au début de la seconde guerre mondiale, on l’envoie en mission aux États-Unis pour mettre au point les systèmes de navigation électroniques pour les avions de l’US Air force. De retour en France, il poursuit ses travaux.
En 1952, il finit da carrière comme ingénieur à la Société Française d’Equipements pour la Navigation Aérienne (SFENA).
Hommage : Le « prix Alkan », remis tous les deux ans, est destiné « à encourager les travaux de jeunes savants, inventeurs ou ingénieurs, contribuant au progrès de la science et des techniques, en particulier dans l’industrie aéronautique et spatiale ».
La mitrailleuse VICKERS présentée ci-contre fut introduite en France en avril 1915. La plupart des mitrailleuses VICKERS employées dans l'aviation se distinguent par des bandes de couleurs peintent au bout du manchon.
A partir de juillet 1915, les missions sont accomplies de nuit au détriment de la précision. L'intensité des attaques baisse.
Tout avion comportant le tir à travers l'hélice est muni d'une ligne de mire naturelle formée par 2 tiges (guidons) réglables en hauteur et en direction. L'appareil de visée doit être fixé à l'avion par l'intermédiaire d'un support et de boulons à prévoir par le constructeur. de symétrie de l'avion et à hauteur de l'oeil.
La visée doit pouvoir se faire sans que l'oeil soit gêné par le vent; à cet effet on fait passer le collimateur à travers le pare-brise. facilitée en installant un appui-front sur lequel le pilote appuiera sa tête pendant le combat.
Henri CHRETIEN est un ingénieur opticien déjà réputé quand éclate la 1ère guerre mondiale (auteur de l'Astronomie Populaire). l'Aéronautique militaire pour la mise au point de calculs et d'inventions d'instruments d'optiques de précision pour l'aviation.
Lunette de visée dit "collimateur" du fabricant LEMAIRE à Paris. Ce modèle de collimateur possède un système d'obturation de la lentille avant, évitant ainsi le gel ou les salissures d'huile moteur.
Les premières utilisations en aviation sont les modèles de 47 cartouches qui proviennent des stocks de l'infanterie. qui rendait la manipulation difficile en vol. Par la suite le Lieutenant POULAIN augmenta la capacité des chargeurs de 47 à 97 puis à 122 cartouches, puis en fin de guerre il créa un chargeur à 175 cartouches.
Colliers de fixation pour mitrailleuse Lewis. Ci-dessous, 2 modèles de collier de fixation pour la mitrailleuse Lewis.
Les constructeurs ont été amenés à étudier la formule du tir à la mitrailleuse fixe vers l'avant à travers le champ balayé par l'hélice. déposa un brevet juste avant la guerre. C'est un peu plus tard avec l'arrivée du monoplan Morane Saulnier, que l'obligation de mettre au point un système de tir à travers l'hélice se fit pressant. appliquer en avril 1915 ce principe par un dispositif particulier.
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