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L'existence de répliques d'armes à feu ultra-réalistes, comme le Grand Kalachnikov en plastique, soulève d'importantes questions de sécurité et de société.

La prolifération des répliques d'armes à feu

Cela fait longtemps que les fabricants d’armes à feu concluent des contrats de licence lucratifs avec les fabricants de jouets, permettant ainsi à leurs produits d’être reproduits. Certaines répliques partagent le même nom de marque, le même poids et les mêmes matériaux que leurs homologues réels, la seule différence étant qu’ils tirent de petits billes en plastique.

En 2017, Glock, qui s’est toujours battu devant les tribunaux contre les fabricants de jouets qui produisaient des copies non autorisées de ses armes, a accordé à Umarex, société basée dans l’Arkansas, ses premiers droits de licence mondiaux pour la production de répliques d’airsoft. Les clients peuvent choisir une grande variété de répliques, allant des AR-15 sous licence de Heckler et Koch aux fusils de chasse haut de gamme, en passant par les mitrailleuses Uzi.

Cybergun : Un acteur majeur de l'industrie

Mais s’il y a bien une société qui offre un aperçu unique de cette industrie artisanale, c’est Cybergun, qui est considéré comme le plus grand fabricant d’airsoft au monde et le seul à être coté en Bourse. Depuis sa fondation en 1993, la société a négocié des dizaines d’accords de licence avec des fabricants d’armes à feu tels que FN Herstal, Beretta et Desert Eagle. Après avoir côtoyé de nombreux fabricants d’armes, les dirigeants de Cybergun ont embauché John Steele, ancien gourou des licences de Smith and Wesson, recruté un ancien officier des forces spéciales militaires et signé des contrats avec une entreprise militaire privée anciennement connue sous le nom de Blackwater.

En 2003, Jerome Marsac, PDG de la société, a serré la main de Mikhaïl Kalachnikov, l’inventeur du fusil AK-47, après avoir négocié avec succès un accord sur la fabrication de répliques factices de son célèbre fusil. Interrogé par Challenges, Marsac a refusé de donner des détails sur le montant de la Kalachnikov, affirmant qu’il s’agissait d’un « secret d’affaires ».

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Les risques et les conséquences

Selon la base de données du Washington Post sur les fusillades policières, 153 personnes sont mortes aux mains de la police alors qu’elles détenaient de faux pistolets depuis 2015. En 2014, quelques secondes à peine après son arrivée dans un parc de Cleveland, aux États-Unis, Tamir Rice, 12 ans, est abattu par la police. Les agents en patrouille expliqueront par la suite qu’ils se croyaient en danger car Rice tenait une arme à feu. Selon un rapport publié par le bureau du procureur du comté de Cuyahoga, la réplique d’airsoft, qui tirait des billes en plastique de 6 mm, était si proche de l’original que « même pour un œil averti, une comparaison attentive est nécessaire ».

« Le fait qu’ils semblent réels aggrave le problème », a déclaré David Carter, professeur de justice pénale à la Michigan State University. L’étude a révélé que divers facteurs peuvent influencer un officier avant de tirer sur quelqu’un qui tient ce qui ressemble à une arme à feu, notamment le comportement du sujet et les informations reçues avant le déploiement.

Législation et réglementation

Il existe peu de lois régissant la vente ou l’apparence des armes factices. La loi fédérale exige seulement que les acheteurs soient âgés de 18 ans ou plus, et que tous les produits importés soient marqués d’un embout orange vif. Cependant, de nombreux magasins proposent des embouts de remplacement en métal qui peuvent être installés en quelques secondes.

Certains États et villes ont adopté des lois pour réprimer ces répliques. Il y a cinq ans, la Californie a adopté une loi à la demande de Charlie Beck, alors chef de la police de Los Angeles, qui avait évoqué le meurtre en 2013 d’un garçon de 13 ans portant un faux AK-47 et demandé que les répliques devraient avoir une couleur facile à distinguer. La National Rifle Association ainsi que la National Shooting Sports Foundation, un groupe de l’industrie des armes à feu, se sont farouchement opposées à cette mesure.

Mais, à l’instar du débat sur les armes réelles, d’autres administrations ont assoupli la réglementation sur les armes factices. Les législateurs de l’État du Michigan, avec l’appui de la NRA, ont adopté une loi en 2015 visant à faciliter l’achat de pistolets d’airsoft en modifiant les lois qui les traitaient à l’origine comme des armes à feu. Le législateur a également annulé une loi antérieure interdisant aux personnes de moins de 18 ans de porter un pistolet à air comprimé en l’absence d’un adulte.

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Réactions et mesures prises par les entreprises

Seul un petit nombre de détaillants se sont détournés de ces produits qui génèrent des millions de dollars de revenus par an. En 2014, Google Adwords, la régie publicitaire de Google, a décidé de modifier sa politique et d’interdire toute promotion des pistolets et accessoires d’airsoft. « Notre priorité absolue est de protéger nos utilisateurs », a déclaré un porte-parole de Google dans un communiqué envoyé à The Trace. « Les publicités pour des produits et services dangereux, y compris les armes récréatives qui peuvent causer de graves dommages si elles sont mal utilisées, constituent une violation de nos règles.

L’an dernier, Walmart a déclaré qu’il limiterait les ventes d’airsoft en arrêtant de proposer des modèles ressemblant à des fusils d’assaut. On ignore si de telles mesures ont eu une incidence sur les ventes.

L'incident Auchan et la polémique

Le groupe nordiste Auchan a mis en vente une mitraillette en plastique qui a choqué des internautes. Le catalogue s'appelle "Top 100" et se trouve sur le site d'Auchan. On y trouve des jouets très divers. Leur point commun : ils sont vendus 1 euro. Parmi ces objets, des livres, des peluches, des petites voitures, des faux bijoux et... une fausse mitraillette de type Kalachnikov.

Une mitraillette, avec au-dessus de la gâchette : un croissant et une étoile, symboles des drapeaux des pays musulmans. On aperçoit également un sabre. Ce jouet a été repéré ce week-end par plusieurs internautes qui s'étonnent de voir ces symboles de l'Islam sur une arme plastique vendue aux enfants.

Le groupe nordiste Auchan a exprimé ses "regrets", ce lundi 29 septembre reconnaissant avoir manqué de vigilance et se dit "désolé si certaines personnes ont été heurtées par le rapprochement des symboles et de la religion". "Ce n'était pas du tout notre intention", affirme un porte-parole au Nouvel Observateur. "Nous avions commandé auprès d'un fournisseur une mitraillette parmi d'autres jouets pour notre opération spéciale. Mais le produit commandé, qui devait être un produit neutre, ne correspondait pas au résultat final.

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Les armes factices et les attentats

Depuis les tragiques attentats du 13 novembre dernier à Saint-Denis et à Paris et qui ont coûté la vie à 130 personnes, la donne a sensiblement changé. Et à l'approche des fêtes de fin d'année, la plupart des responsables ont décidé de prendre une mesure forte et symbolique : retirer des rayons jouets toute arme factice pouvant prêter à confusion.

Exit donc notamment les jouets de type Gohner dont les répliques des pistolets automatiques ou des Colt sont saisissantes. "Le lundi qui a suivi les attentats, nous avons retiré de nos rayons 23 références, uniquement des armes qui peuvent être source de confusion. Cette décision est effective dans les 48 magasins en France mais également sur internet", précise-t-on du côté de Toys"R"us où l'on a cependant conservé à la vente les pistolets à eau, les sabres laser ou bien encore les déguisements de cow-boy.

À Carrefour, un panneau indique qu'à la suite "des événements, votre magasin vous informe de la décision de retirer de nos rayons tous les jouets ressemblant à des armes, type pistolets ou fusils." Deux produits "présentant des risques de ressemblance manifeste" ont également disparu des rayons d'Auchan, fait-on savoir du côté du service communication de la grande surface.

Le point de vue des professionnels

« L'année prochaine, nous ne mettrons pas du tout au catalogue de copies d'armes de combat », assure au « Parisien » Alain Bourgeois-Muller, le PDG de JouéClub.

« Tout est une question de profit. Ils se vendent bien. » Comme il le dit : « Tout est une question de profit. Ils se vendent bien.

Statistiques et données clés

Voici un tableau résumant les principales statistiques concernant les incidents impliquant des armes à feu et des enfants aux États-Unis :

Type d'incident Nombre
Enfants blessés par balle chaque jour 32
Enfants tués par balle chaque jour 8
Drames impliquant des enfants tirant accidentellement (2021) Près de 400
Décès liés à ces incidents (2021) 163
Blessés liés à ces incidents (2021) 248

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