Il n’est qu’à observer des chasseurs pour remarquer que le superposé est très majoritaire dans leurs rangs. Quant aux tireurs de Ball-Trap, ils n’ont recours qu’à ce type de fusil. Le choix des arquebusiers de disposer verticalement les canons n’est pas une affaire récente. Dès le XVIème siècle, les arquebuses à rouets fonctionnaient correctement avec ce type d’architecture. Le principe mécanique du rouet, pour la mise à feu de la charge du projectile, s’apparente au fonctionnement du briquet moderne.
Au second plan, une arquebuse à rouet à la monture richement décorée. Son mécanisme permet pour la première fois un départ presque instantané. Malgré son ingéniosité, le rouet fut abandonné au profit de platines à chiens extérieurs, moins couteuses à produire. Ce choix imposera aux armuriers, pendant des générations, la disposition juxtaposée des canons aux fusils de chasse.
À cette époque, au tout début du XXème siècle, l’artisanat anglais avait déjà tout inventé des principes du fonctionnement du fusil de chasse juxtaposé. L’avènement du superposé devait permettre aux grands armuriers d’enrichir leurs catalogues. Ce sera le cas de WOODWARD, aujourd’hui propriété de PURDEY, ou encore de BOSS et bien d’autres. Leur bascule utilise le basculage sur tourillons inventé vers 1885 par PIDAULT à Auxerre.
Parallèlement à l’artisanat, au début du siècle dernier, l’industrialisation permit aussi la fabrication de fusils. En 1905, l’Allemand MERKEL créa le premier superposé moderne de l’ère industrielle. Cette première « bascule allemande » comme la nommait COURALLY, est haute. Depuis 1905, MERKEL est le premier fusil superposé de série de l’histoire. Une vingtaine d’années plus tard, le génial J.-M. Le superposé BROWNING B25 partage avec le MERKEL sa bascule haute, conséquence de son axe de basculage situé sous le canon.
C’est sans conteste le tir sportif qui fit le succès commercial du superposé, comme le remplacement du traditionnel calibre 16 par le 12. Dans les années 1930, bousculés par La Grande Dépression, débarquent en Europe deux tireurs américains inconnus : RENFRO et WARREN. « RENFRO est vraisemblablement le plus grand tireur que l’on ait vu en Europe de tous temps. Il se servait d’un ou plutôt de plusieurs superposés MERKEL », témoigne Jean LURKIN* dans Le testament du tireur. L’arrivée des trublions dans le quant-à-soi européen du tir sportif au fusil de chasse sema l’émoi. Walter WARREN débutera avec un MERKEL, puis resta fidèle au B25.
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Précisons d’abord qu’en terme de qualité balistique, c’est-à-dire groupement et pénétration, les performances du superposé sont équivalentes à celle du juxtaposé. En revanche, les 2 bandes latérales des canons du superposé « influencent favorablement le réglage de son tir en hauteur », constatait Ferdinand COURALLY**. Le régime vibratoire de ses canons fait, en effet, porter naturellement leur charge un peu plus haut. En termes pratiques, cela signifie que pour obtenir la même hauteur en cible, vous devrez découvrir environ deux fois plus de bande avec un juxtaposé qu’un superposé.
L’architecture des canons « over and under », comme les anglais l’appellent, aide aussi grandement au pointage et à la visée en masquant moins la cible. Si, à calibre égal, le fusil juxtaposé est un peu moins lourd que le superposé, celui-ci possède un centre de gravité un peu plus en arrière. Avantage non négligeable, il s’accommodera de canons plus longs sans piquer exagérément du nez, ce qui peut se révéler fatiguant à cadence élevée. De plus, la position « sur le champ » des canons donne l’impression qu’ils sont plus légers qu’en réalité. Les allemands se sont convertis à la bascule basse.
Lors du tir, le départ du premier coup, normalement le canon du bas, le tireur ressent un recul moins traumatisant pour sa pommette qu’avec un juxtaposé. En cas de doublé, cela lui permettra de mieux conserver la visée en vue du tir du second coup. On a pu reprocher aux superposés la difficulté d’introduction de la cartouche du bas. Tous ces avantages du fusil superposé, un Américain nommé RENFRO les avait repérés avant tout le monde. Tout juste débarqué en Europe, en 1931, son superposé contribua à sa victoire surprise au championnat du monde de tir au pigeon de Monte-Carlo.
Dans une cartouche à broche ou cartouche Lefaucheux, la base de la douille inclut la capsule d’ignition ou amorce. Le fulminate de mercure dans celle-ci est mis à feu par une courte tige de métal, la broche, saillant à l’angle droit, assez longue pour sortir du contour du canon ou barillet. Pour la mise à feu de la cartouche, le chien frappe verticalement cette broche. Lefaucheux dépose un brevet d’invention le 10 janvier 1833 décrivant son célèbre fusil à brisure. Grâce à cette invention, il démocratisa ainsi le chargement par la culasse.
Le fusil de chasse à broche est évidemment d’un modèle antérieur à 1900 et d’une fabrication antérieure à 1946.
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Rel. Peu commun fusil Darne Rotary en calibre 12/65, brevet déposé en 1879 pour ce modèle C hammerless à culasse rotative dans un très bel état de conservation, bronzage légèrement patiné sans oxydation, fines gravures de feuillages et rinceaux sans atténuation. Canons juxtaposés frettés marqués " Canon Darne St Étienne" sous les chambres, alésage 18.4, simple épreuve, bronzage noir postérieur sans usure ni tache avec deux fines taches en dessous, bande de visée percée de deux vis pour montage, chambrés en calibre 12/65, numéro de série 11996. cran de sureté au-dessus. Mécanisme complet et fonctionnel entièrement d'origine sans aucun jeu de verrouillage. Canons de 700mm, âmes lisses d'aspect satinées légèrement tachées sans corrosion, une trace de coup à re-former. Crosse type anglaise et garde main en noyer quadrillés sans usure particulière, plaque de couche corne (petits trous de papillons). Chokes demi / full
Travailleur et éternel perfectionniste, Régis Darne améliora par la suite les mécanismes initiaux et ses innovations firent encore l'objet de nombreux brevets, qui n'auront pour objet que d'augmenter la fiabilité et la solidité des fusils Darne, mais n'en modifieront jamais fondamentalement la structure. On peut donc estimer en toute logique que les fusils Darne sont tous établis sur des brevets antérieurs à 1900 Cet icône de notre patrimoine armurier sont donc des armes de catégorie D plus destinée à la collection.
Le fusil Saint-Étienne calibre 16 juxtaposé est un symbole de l'armurerie française, riche en histoire et en savoir-faire. Cet article explore l'histoire de ce fusil emblématique, en particulier les modèles fabriqués par la Manufacture d'Armes et Cycles de Saint-Étienne (Manufrance). Saint-Étienne a longtemps été un centre important de production d'armes en France. Parmi les nombreux fusils de chasse produits dans cette ville, les modèles juxtaposés en calibre 16 occupent une place spéciale. Ces fusils sont appréciés pour leur équilibre, leur maniabilité et leur fiabilité.
Un exemple de ces fusils est le Fusil de chasse signé Brun-Latrige Rey successeur à Saint-Etienne en calibre 16/65 centrale. Ce fusil illustre la tradition armurière de Saint-Étienne, avec ses canons juxtaposés de 70cm et sa crosse en noyer. Ces armes étaient conçues pour être à la fois fonctionnelles et esthétiques, reflétant le savoir-faire des artisans locaux.
Le fusil « Idéal » à pontet à lunettes est une arme raffinée et d’un fonctionnement sûr, qui participa au succès commercial fulgurant de la Manufacture d’Armes et Cycles de Saint-Étienne. La découverte d’une de ces armes dans une maison de famille est donc chose courante. Ce fusil d’une grande finesse et d’une réelle élégance avait été conçu pour une clientèle aisée, souhaitant avoir une arme de classe. Les premiers fusils Idéal relèvent d’un brevet déposé le 27 novembre 1887 et accordé en février 1888. Le fusil « Idéal » à pontet à lunette fut abandonné en 1907 mais continua à être commercialisé jusqu’en 1909 pour écouler le stock, sans que son mécanisme bénéficie de la moindre transformation notable.
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L’excellent fusil « Robust » fut commercialisé en 1913. Ce fusil juxtaposé, est certes moins luxueux que l’Idéal, mais jouit d’une solidité qui justifie bien son nom [4]. Sa « robustesse » et le prix très accessible des versions de base le rendirent extrêmement populaire dans notre pays. Son remarquable mécanisme fit l’objet d’un premier brevet accordé en 1905. Le fusil juxtaposé Robust de Manufrance illustre à lui seul l’âge d’or de la chasse en France. Plus d’un siècle après sa sortie, ce fusil reste aujourd’hui très connu et ce malgré le manque d'intérêt des jeunes générations pour l'arme juxtaposée.
Le fusil Robust conçu et commercialisé par la société Manufrance à Saint Étienne est certainement l'arme juxtaposée la plus populaire parmi les chasseurs de petit gibier des années 1960-1970 en France. Un fusil simple, solide, fiable, bref une arme à toute épreuve conçue pour durer. De type Anson, sa mécanique inusable intégrée au corps de la bascule ainsi que son triple verrouillage se révèle simple et solide. L'arme est munie de 2 détentes qui étaient le standard de cette époque et possède l'originalité d'avoir une bretelle qui s'enroule dans la crosse et ce dès 1949. Cette innovation est aussi considérée comme son seul point faible car parfois le ressort doit être changé si l'on souhaite conserver le fonctionnement automatique de l'accessoire. La crosse est une demi-pistolet faite en noyer vernis d'une longueur assez courte il faut le souligné mais adapté aux morphologies de cette époque.
À sa sortie ce fusil représentait une révolution car à cette époque de nombreux chasseurs étaient équipés de fusil à chiens extérieurs qui tiraient des cartouches a broches et remplies de poudre noire. Son succès est très important en France principalement puisque près de 800.000 fusils de ce type seront vendus jusque dans les années 1970 dont certains sous la marque « Colt » aux États Unis. C'est son prix qui donnera à cette arme son volume important de vente car il était abordable pour les chasseurs dits « populaires » notamment dans le sud de la France.
Le fusil équipa l'armée Française pour l'entraînement au tir mais également les résistants pendant la seconde guerre mondiale ainsi que les combattants des deux bords durant la guerre d'Algérie.
Il est important de distinguer la Manufacture d'Armes de St Etienne (fabrication d'armes militaires) de la Manufacture d'armes et de cycles de St Etienne (Manuf), entreprise privée fabriquant des armes de chasse. Toutefois, il y avait aussi des armuriers privés dans la région de St Etienne qui fabriquaient ou commercialisaient des armes de chasse.
À la libération, les manufactures d'état ont lancé des fabrications à destination des chasseurs, tant en armes lisses qu'en armes rayées. Les armes lisses de calibre 12 ou 16 ont été fabriquées à la MAS; la MAC; la MAT. Les armes rayées à la MAS, en calibres 7x57; 8x60S et 10,75x68, sur la base de mécanismes du MAS36.
Pour les collectionneurs de fusils anciens, il est essentiel de pouvoir différencier les armes d’épaule d’avant ou après 1900. La principale caractéristique des fusils à chien est bien la date de leur modèle. Cet article fait partie d’une suite d’articles formant une cohérence pour tenter de dater la fabrication d’un fusil de chasse à canon lisse.
On peut déjà éliminer d’un éventuel classement en catégorie C, toutes les armes dont le système de verrouillage est incompatible avec l’utilisation de munitions à poudre sans fumée (appelée à l’époque « poudre pyroxylée »), développant des pressions trop importantes pour les armes de conception ancienne. En particulier, les fusils à clef Lefaucheux, à clef Beringer ou Leclercq. Chien extérieur, percussion centrale et clef à volutes.
Sur les fusils de type Lefaucheux, l’axe de basculement divise en deux parties sensiblement égales une robuste longuesse de fer, dont la partie arrière fixe, est venue de forge avec la culasse. Cette pièce porte le verrou, tandis que la partie avant, mobile, soutient les canons qui basculent avec elle. Maintenus à l’origine par une simple vis, les canons sont, à partir de 1852, retenus par une petite clef qui pivote en bout de longuesse. Cette clef facilite le démontage des canons, et renforce la rigidité de la fermeture.
Les fusils à clef de pontet utilisent un verrou en « T » de type Lefaucheux. Mais la clef, au lieu de s’étendre vers la Ionguesse, est orientée vers l’arrière. Seule subsiste la face arrière fixe de la longuesse, qui porte le verrou et dont l’extrémité était barrée par l’axe de basculement. Cette clef de verrouillage devient le mode d’ouverture standard à partir de 1890. C’est donc sur ce type d’armes qu’il convient de vérifier les autres critères pour opter entre un classement en catégorie D§e) ou C1°§c).
Ce système est souvent combiné à une nouvelle forme de verrou, le « T double gripp », ou « T anglais », imaginé par Webley en 1867. C’est un perfectionnement du modèle précédent, qui consiste à incliner les deux branches du tenon en « T » suivant un profil hélicoïdal. Ce dispositif ingénieux a pour effet d’assurer un véritable « vissage » qui augmente de façon conséquente le verrouillage et assure dans un même temps un certain rattrapage automatique du jeu.
Les fusils à levier à volute utilisent eux un double verrou, solide et efficace, mobilisé par une branche en volute placée en avant de la face antérieure du pontet. La clef latérale type Leclercq, plus connue sous le nom de clef serpentine, fonctionne sur le même principe avec deux verrous. A ceci près que le levier contourne la platine et se termine par une petite pédale en arrière du chien.
La fermeture par clef supérieure (top lever) issue des travaux de Westley-Richards apparait en Angleterre dès 1860. Nous avons vu que tous les systèmes de verrouillage sont des modèles antérieurs à 1900 et fabriqués très précocement. Seul le système à clef supérieure pose problème car il s’impose à partir de 1890 et est toujours utilisé aujourd’hui.
Fusil de chasse à chien extérieure et clef anglaise (sous le pontet). Fusil de chasse, chien extérieur clef sur le dessus. Fusil de chasse, chien extérieur et double clef type Lefaucheux. Fermeture dans le double pontet (fusil idéal). Le pontet à lunette classe incontestablement le fusil Idéal en Classement en catégorie D§e). Fermeture à levier latéral dite clef « Leclercq ».
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