Le Browning Automatic Rifle (BAR) est un fusil mitrailleur qui a marqué l'histoire militaire du XXe siècle. Conçu par John Browning en 1916, il a été adopté par l'US Army en 1918 et a connu de nombreuses variations et utilisations à travers le monde. Son héritage se perpétue aujourd'hui à travers des carabines modernes qui reprennent son nom et son principe de fonctionnement.
Le BAR M1918 a été adopté par l'US Army en 1918 pour remplacer le Chauchat M1915 français, jugé décevant. La production en masse a commencé à l'été 1918, et les premiers fusils mitrailleurs sont arrivés en Europe en septembre de la même année. Fabriqué par Colt, Marlin et Winchester, le FM BAR M1918 a été produit à 85 000 exemplaires entre 1917 et 1918.
Après la Première Guerre mondiale, Colt et FN Herstal ont continué la production du BAR. Au début des années 1920, l'US Cavalry a adopté un modèle allégé, le BAR M1922. En 1937, l'armée américaine a modifié ses M1918 en y ajoutant un bipied, créant ainsi le BAR M1918A1. La version la plus produite et la plus utilisée est apparue en 1940 : le BAR M1918A2. Fabriqué de 1940 à 1945 par IBM et New England Small Arms Corporation, il se différencie des précédents par l'adjonction d'un support tubulaire monté sur la crosse et d'un bipied fixé en avant du guidon.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l'arme a été modifiée avec un raccourcissement du devant, de nouvelles rainures de préhension, une crosse en matière synthétique et un régulateur d'emprunt des gaz. Le fusil mitrailleur Browning 1930 a été réglementaire dans l'armée belge. Il résulte de la modification du BAR M1918 par Dieudonné Joseph Saive, ingénieur de la FN Herstal et créateur du FAL. Il se différencie principalement par son calibre, sa poignée pistolet et son garde-main proche du Wz 28 dont il est l'évolution. En 1932, D.J. Saive conçoit une variante à canon démontable : le FN D. C'est une variante du FM modèle 30 belge adapté pour la 7,92mm Mauser. Le RKM Wz 28 (Fusil mitrailleur modèle 1928) diffèr seulement par la forme de la crosse.
De 1933 à 1939, la République de Chine a commandé 29 550 unités du fusil mitrailleur FN Herstal modèle 1930 au calibre 7,92 mm. Cet achat visait à renforcer les stocks de fusils mitrailleurs ZB.26, produits localement mais fortement sollicités par la guerre contre les communistes, puis surtout contre les Japonais à partir de 1937. Le FN Herstal modèle 1930 est une évolution directe du B.A.R 1918, avec l’ajout d’une poignée pistolet, d’un cache-flammes conique et d’ailettes de refroidissement.
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La famille des FM BAR a constitué l'arme de soutien du GI des années 20 à la fin des années 1950. Le premier modèle a servi les soldats de la 79e Division US en septembre 1918. Parmi ces fantassins figurait le Lieutenant Val Browning, fils de l'inventeur.
Le BAR a également été utilisé par les Français pendant la guerre d'Indochine. L'affiche de La 317e Section, un des rares films français sur cette guerre, montre Bruno Cremer portant un BAR sur l'épaule.
Il possède une très importante puissance de feu, et un sélecteur de tir permettant au tireur de choisir entre une rafale lente ou rapide selon les besoins du combat. De plus, une fois en position, le soldat disposait d’un bipied articulé muni de patins qui lui offrait à la fois une grande stabilité et amplitude de mouvement. La présence d’une épaulière articulée sur la crosse permettait également de tirer fusil à l’épaule lors d’escarmouches ou de contre-attaques notamment, même si son poids la rendait peu maniable dans ces cas-là. Le principal défaut de ce fusil mitrailleur est la faible capacité du chargeur, ainsi doté pour éviter toute surcharge de l’arme.
Voici les caractéristiques générales du BAR :
Bien que le fusil mitrailleur BAR original ait été retiré du service, son nom et son principe de fonctionnement ont été repris dans des carabines modernes. Avant la sortie de la carabine BAR moderne en 1967, les carabines à verrou dominaient le marché, et le calibre 7x64 était très répandu en France.
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La carabine BAR moderne reprend le patronyme du célèbre fusil-mitrailleur, mais sans véritable lien technique hormis l'emprunt de gaz actionnant un verrou rotatif à sept ergots. L’héritage du fondateur est en effet très présent dans cette carabine semi-automatique que son petit-fils, Bruce Browning, commença à développer en 1966, sous le projet dénommé fort à propos « carbine 66 ». Avec le soutien de Marcel Olinger de Herstal en Wallonie (siège européen de la société) un boîtier « action longue » - dans le format du calibre «.30-06 Springfield » - en acier gravé, abritant une détente fiable et démontable (mais complexe), ainsi qu’une culasse mobile rotative à sept tenons complétée par un mécanisme à emprunt des gaz indirect à deux barres d’action (système à piston en aluminium et à amortisseur en polyuréthane), forme le cœur d’une arme qui connaîtra en moins de deux décennies un succès planétaire.
La première version a duré environ dix ans, la seconde, à partir de 1976, proposant de nombreuses améliorations de détail comme le frein de bouche BOSS. À partir de 1993, la Mk IIII a proposé des lignes plus arrondies et de nombreuses versions à crosse composites ou camouflées, et le succès de cette carabine ne se dément toujours pas.
Ce qu'on sait moins, c'est qu'en 1997 elle fut proposée en sept calibres dans une assez rare carabine à pompe (BPR), et qu'elle tenta avec la FNAR de s'imposer, mais en vain, sur le marché US de la sécurité et des forces de l'ordre. Dans notre pays, en dehors de ses réelles qualités pratiques et des offres nombreuses de calibres (30-06, 300 Winchester magnum, 308 Winchester, et 9,3X62) on peut expliquer son succès par le fait qu'elle offrait des lignes élégantes assez proches avec l'amorce de la fameuse « bosse » du célèbre Auto 5 qui tenait encore, en 1965 le haut du pavé du marché des semi-autos à canons lisses. L'ergonomie s'en rapprochait beaucoup avec la sécurité derrière le pontet et le magasin tombant juste devant.
Fonctionnelle et bien équilibrée, robuste et fiable, douce au recul et simple à utiliser, mais aussi sécurisante et précise, tels ont été les mots d’ordre qui ont présidé à sa conception. Concrètement ce qui permet de distinguer ces deux séries se résume majoritairement à des évolutions d’ordre plus souvent « cosmétiques » que fonctionnelles (même si on note une amélioration du système à piston) : type et qualité de crosse, finition du boîtier, longueur du canon, absence ou présence d’organes de visée mécaniques, nouveaux calibres (dont le.270 Win) etc. C’est donc en 1993 qu’intervient une révolution majeure, la Bar se séparant alors en deux lignées.
Le fusil mitrailleur BAR est un exemple d'innovation et d'adaptation dans le domaine de l'armement. De sa conception par John Browning à ses nombreuses variations et utilisations à travers le monde, il a marqué l'histoire militaire et continue d'inspirer les concepteurs d'armes modernes.
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| Modèle | Année d'Adoption | Caractéristiques Principales |
|---|---|---|
| M1918 | 1918 | Modèle original, remplace le Chauchat |
| M1922 | Début des années 1920 | Modèle allégé pour l'US Cavalry |
| M1918A1 | 1937 | M1918 modifié avec un bipied |
| M1918A2 | 1940 | Version la plus produite, support tubulaire et bipied fixe |
| FN Herstal modèle 1930 | 1930 | Évolution avec poignée pistolet, cache-flammes conique, ailettes de refroidissement |
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