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Cet article explore l'évolution et l'histoire des fusils mitrailleurs utilisés par l'armée américaine, depuis les premiers prototypes jusqu'aux modèles emblématiques déployés dans divers conflits mondiaux.

Les Débuts du Fusil Mitrailleur dans l'Armée Américaine

En février 1917, Browning présente les premiers prototypes de ce qui deviendra le Browning Automatic Rifle. L’armée américaine adopte le fusil-mitrailleur l’année même, mais la production ne sera en masse qu’à partir de l’été 1918 et les premiers fusils-mitrailleurs arriveront en Europe qu’à partir de septembre. L’arme continuera d’évoluer après la Première Guerre mondiale et la variante 1918A2 sera la plus produite et la plus utilisée.

L'étude ORO et le Projet SALVO

1948 : L’Operation Research Office (ORO) de l’US Army mène une étude sur l’efficacité des armes légères de l’infanterie. Cette étude se termine début 1950 et conclue que la meilleure arme légère d’infanterie doit être en calibre 22, doit posséder un sélecteur de tir et doit tirer une balle à haute vélocité avec une portée efficace de 300m et plus.

1950-1957 : l’US DoD conduit une nouvelle étude « Project SALVO » qui conclue en la nécessité d’avoir une munition de calibre .22 à haute vélocité pour le fusil de l’infanterie, la 7.62 étant trop lourde et trop encombrante à transporter, donnant un trop grand recul aux armes la tirant rendant le tir automatique quasi impossible et étant trop puissante pour la majorité des situations.

Le M1 Garand et le M14

Le M1 Garand appelé officiellement Fusil calibre .30, M1 est un fusil semi-automatique devenu en 1936 le fusil standard de l’armée américaine. Utilisé sur les champs de bataille de la seconde guerre mondiale et durant la guerre de Corée, il fut progressivement remplacé à partir de 1957 par le fusil d’assaut M14.

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L’alimentation de l’arme est assez atypique et complexe, les cartouches sont présentées dans un bloc clip introduit sur le dessus de l’arme, lorsque la dernière balle est tirée le clip est automatiquement ejecté vers le haut. Un nécessaire d’entretien est logé au sein de la crosse.

Premier fusil d’assaut de l’armée américaine permettant le tir automatique, le M14 fut adopté en 1957 et produit à partir de l’année suivante en remplacement du M1 Garand. De part sa puissance de feu et son canon long le M14 fut très utilisé pour le tir de précision avec lunette.

Il fut le premier fusil d’assaut de la guerre du vietnam massivement distribuées aux troupes US et de l’ARVN avant le remplacement progressif à partir de 1967 par le M16 plus léger et plus maniable.

L'Ère du M16

1957 : L’US Army fait appel à Armalite une filiale de la Fairchild Aircraft Corps pour développer un fusil en calibre 22, léger, avec un sélecteur de tir et capable de percer un casque d’acier à 500m. Eugène Stoner, un concepteur de chez Armalite commence le développement du fusil basé sur le premier fusil d’assaut qu’il à conçu : l’AR-10 en calibre 7.62mm.

Dans un premier temps, les experts des entreprises « Sierra Bullets » et « Remington » travaillent en collaboration avec Armalite et commençent le développement d’une nouvelle cartouche basé sur les cartouches .222 Remington et .222 Remington Magnum de chasse. La nouvelle cartouche est initialement appelée .222 Remington Special mais est finalement appelée 223. Remington. (5.56x45mm en désignation métrique)

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1958 : Armalite livre ses premiers nouveaux fusils, appelées AR-15, à l’Army pour évaluations. Les premiers tests montrent des problèmes de fiabilité et de précision.

1959 : Après 1 an de retard, Fairchild Co. découragé par le développement de l’AR-15 vend les droits du design de l’AR-15 à la société Colt.

1960 : Eugène Stoner quitte Armalite pour rejoindre Colt. La même année Colt présente l’AR-15 au général LeMay, le chef d’état major de l’US Air Force. Celui-ci souhaite 8 000 AR-15 pour les forces de sécurité de l’USAF Strategic Air Command pour remplacer les carabines M1 et M2 vieillissantes.

1962 : l’US DoD Advanced Research Project Agency (ARPA) achète 1 000 AR-15 à Colt et les envois au Sud Vietnam pour les tester au combat. La même année reviennent les rapports des membres des Special Forces chargés d’entraîner les force Sud Vietnamiennes. Ces rapports démontrent l’efficacité du nouveau « black rifle » utilisé par les forces Sud Vietnamiennes.

1963 : Colt reçoit un contrat de 85 000 fusils pour l’US Army (désigné XM16-E1) et de 19 000 fusils pour l’US Air Force (désigné M16). Le M16 de l’US Air Force n’est autre qu’un AR-15 avec des marquages différents. Le XM16-E1 lui diffère de l’AR-15/M16 par un système mécanique additionnel, le « forward assist », un bouton poussoir qui est actionné manuellement pour refermer la culasse en force en cas de problème.

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1964 : L’US Air Force adopte officiellement le nouveau fusil M16. L’US Army fait de même pour le XM16-E1 mais celui-ci n’est pas destiné à remplacer le M14 mais à être utilisé conjointement avec lui.

1966 : Colt reçois une commande de 840 000 fusils e la part de l’US Army pour un montant de 92 millions de dollars.

1967 : le 28 février 1967, l’Army adopte le XM16-E1 comme fusil standard de l’infanterie et remplace alors de façon complète et définitive le M14. Le fusil est alors renommé M16-A1.

Problèmes Initiaux et Améliorations du M16

1965-1967 : Les rapports revenant du Vietnam deviennent de plus en plus pessimistes. Le M16 qui est alors utilisé par les troupes américaines, sévèrement malmené dans les combats, est sujet à de nombreux accidents. Il y a plusieurs raisons à ses malfonctionnements. Tout d’abord pendant sa mise en service, l’US Army à remplacé la poudre originale spécifique fabriquée par Dupont IMR par de la poudre standard utilisée pour les cartouches de 7.62x51mm. Cette poudre laisse beaucoup de résidus en brûlant et l’arme s’enraye très rapidement si elle n’est pas nettoyée souvent et de façon minutieuse.

Ce problème a d’autant plus été amplifié que le M16 a été présenté comme une arme autonettoyante ne nécessitant qu’un entretien minime. Pour cette raison, aucun kit de nettoyage n’a été distribué aux troupes. Ensuite, la combustion de la poudre standard produisait des hautes pressions, accentuant les enrayements lors du tir, diminuant la précision et augmentant l’usure et la casse des pièces.

Pour finir le cache-flamme « tulipe » était inefficace et soulevait un nuage de fumée lors du tir en position couché, empêchant le tireur de voir sa cible après plusieurs coups et le rendant lui même très repérable.

1967-1970 : Les problèmes découverts les années précédentes commencent à être résolus. La munition de 5.56mm qui est maintenant utilisée dispose d’une nouvelle poudre produisant moins de résidus lors du tir. Le canon, la chambre et la culasse sont chromés pour augmenter la résistance à la corrosion. Le cache flamme est redessiné, le nouveau est appelé « bird cage » cage à oiseau du fait de sa forme. Un kit de nettoyage est produit et distribué aux troupes. Un programme spécifique d’entraînement est développé.

Les premiers kits de nettoyage sont produits séparément du fusil mais depuis 1970, tous les M16-A1 sont fabriqués avec une cavité dans la crosse pour y loger le kit. En même temps un nouveau chargeur de 30 coups est introduit et remplace le chargeur de 20 coups original pour être à arme égale avec le fusil d’assaut soviétique AK47.

Adoption des Munitions OTAN et Évolution du M16

1977-1979 : Les études de l’OTAN on conduit à l’adoption d’une nouvelle munition de 5.56mm améliorée. Développée par la firme Belge FN Herstal pour leur mitrailleuse Minimi, cette cartouche a une balle légèrement plus lourde avec une vélocité un peu plus faible. Il en résulte de meilleures performances à longue portée. La nouvelle cartouche SS109 requière une rotation plus rapide pour stabiliser la balle que la cartouche américaine M193 originale.

La M193 est utilisée avec un canon ayant un pas de rayures de 1:12 (1 tours en 12 pouces de longueur) mais la SS109 a besoin d’un pas de 1:7 pour être au maximum de ses performances. La plupart des fabricants préfèrerons fabriquer des canons à pas de 1:9 pour que les anciennes et nouvelles cartouches est de relatives bonnes performances.

1981 : Colt développe une nouvelle version du M16-A1 appelée M16-A1E1 adapté à la nouvelle cartouche de l’OTAN : la SS109. Ce fusil diffère du M16-A1 par un nouveau canon lourd à pas de 1:7, un garde main rond à la place du triangulaire, une nouvelle hausse réglable latéralement et en hauteur grâce à deux molettes, un déflecteur de tir et un sélecteur de tir avec un mode « burst » (rafales de 3 coups) qui remplace le mode auto par soucis d’économie des munitions.

Le déflecteur est une excroissance qui dévie les cartouches éjectées lors du tir empêchant celles-ci d’arriver dans la figure des tireurs gauchers.

1982 : Le M16-A1E1 est classé par le DoD sous le nom de M16-A2.

1983 : L’US Marine Corps adopte le M16-A2.

1985 : l’US Army adopte officiellement le M16-A2 comme fusil standard du fantassin.

Versions Ultérieures et Utilisation Actuelle

1994 : adoption des dernières versions du M16, les M16-A3 et M16-A4. Ce sont simplement des M16-A2 avec la poigné de transport détachable, révélant un rail type Picatinny pour la fixation d’optiques en tous genres. La seule différence entre le A3 et le A4 c’est que le A4 conserve le mode « burst » alors que le A3 est en full auto.

Aujourd’hui : Le M16 n’est quasiment plus utilisé par les différentes branches de l’armée américaine lui préférant la carabine M4-A1. Seul les personnels n’allant pas directement au combat (les femmes notamment) sont équipés de M16-A2/A3/A4. L’US Marine Corps fidèle à ses traditions utilise encore massivement le M16-A4. Ceux si sont tous équipés d’un RAS (Rail Adapter System) à la place du garde main standart permettant de fixer divers accessoires, lampes, désignateurs laser etc.

La Carabine US M2

La carabine US M2 tire son origine du modèle US M1 initialement développé pour remplacer le pistolet chez les soldats non combattants de l’armée US au début des années 40. Au vu du succès rencontré, notamment grâce à sa légèreté, sa maniabilité et sa précision, il en fut produit plusieurs millions d’exemplaires par au moins 8 sociétés différentes. Une version à crosse pliante la M1 A1 vit également le jour.

A la fin de la seconde guerre mondiale la version US M2 fut réalisée, il s’agit d’une variante munie d’un sélecteur de tir disposant également d’un chargeur de grande capacité avec 30 cartouches introduit sous le dessous de l’arme et d’organe de visée réglables.

C’est cette version qui fut présente dans les mains des troupes américaines au Vietnam notamment chez les lurps ainsi que les conseillers militaires au début du conflit.

Le Fusil à Pompe Winchester Modèle 1897

Le Fusil à pompe Winchester modèle 1897 est le premier fusil à pompe ayant connu du succès. Les forces armées américaines ont utilisé une version à canon court d’environ 50 cm pouvant disposer d’une baïonnette, ils étaient alors appelé "trench gun" durant la première guerre mondiale car utilisé par les nettoyeurs de tranchés.

La rapidité de la manoeuvre de la pompe du M97 et sa capacité de 6 coups le rendait très efficace.

Ithaca 37

Cette arme basée sur le Remington modèle 17 fut produite à partir de 1937 et les modèles de fusil à pompe Ithaca 37 utilisés au Vietnam étaient soit des "riot guns" anti émeute, en canon de 18 pouces soit des "trench guns" de tranchée en canon de 20 pouces.

Souvent porté par l’homme de tête des unités US Navy SEALS il permettait de disposer d’une puissance de feu à large dispersion pour les combats souvent à bout portant dans la jungle.

Le Fusil Mitrailleur Lewis Mark I

Le fusil-mitrailleur Lewis Mark I fut une des mitrailleuses légères les plus marquantes du Premier Conflit mondial. Inventé aux USA et perfectionné par le colonel Isaac Lewis, ce fusil mitrailleur (FM) fut d'abord produit en Belgique en 1913 (Armes automatiques Lewis) puis en France, ensuite en Grande-Bretagne (BSA) et enfin aux États-Unis (Savage Arms Company).

L'arme peut tirer en théorie 550 cartouches de calibre .303 (7.7 mm) à la minute. L'engin pèse 12,7 kg, soit la moitié du poids des autres mitrailleuses utilisées lors de la Première Guerre mondiale. Raison pour laquelle, à l'époque, l'arme était tant prisée des soldats, pour ce qu'elle pouvait être transportée par un seul homme.

D'un point de vue économique, la Lewis était bon marché, comparativement à une Vickers, qui coûtait près de six fois son prix. De conception simple, l'arme est composée de seulement 62 pièces, et, nécessite 6 fois moins de temps à la fabrication que la Vickers.

Sa légèreté valut à ce fusil-mitrailleur un franc succès comme arme embarquée sur les avions. Notons que le refroidissement du canon était grandement facilité par l'air envoyé à haute vitesse au sein de la mécanique, lors des vols. Cet avantage permettait par exemple de se passer d'un radiateur ou du système de refroidissement, tout en diminuant le poids du matériel emporté.

Le Pistolet Mitrailleur Thompson

John T. Thompson est né le 31 décembre 1860 à Newport dans le Kentucky, avec déjà un pied dans le monde militaire : son père, James Thompson, est à l'époque Lieutenant-Colonel au sein de l'Armée Américaine, et est également vétéran de la Guerre de Sécession. En 1890, John T. Thompson rejoint l'« Army Ordnance Department », le département en charge de la gestion de l’approvisionnement en armes et en munitions de l’armée Américaine.

Derrière cette fonction première, au delà de l’aspect logistique, ce département possède la lourde tâche de contribuer au développement, à la production et à la distribution de l’armement pour l’ensemble du corps militaire.

John T. Thompson, depuis lors promu au grade de Lieutenant-Colonel, s’illustre particulièrement auprès de l’Etat-Major Américain durant la Guerre Hispano-Américaine, en 1898. Alors que l’Armée Américaine était confrontée à de nombreuses difficultés logistiques, John T. Thompson parvint à mettre en place et à assurer la chaîne d’approvisionnement de plus de 18 000 tonnes de munitions depuis les Etats-Unis jusqu’au champ de bataille dans des conditions optimales pour l’époque.

Grâce à son efficacité en période de conflit, et à son expertise, John T. Thompson fut alors promu au rang de Colonel et devint alors la plus jeune recrue à obtenir un grade aussi prestigieux. Au cours des années qui suivirent il supervisa notamment l’approvisionnement des armes de combat rapproché.

Alors que les Etats-Unis prennent à leur tour part à la Guerre de 14-18, John T. Grâce à son aspect compact, et à l’utilisation de munitions répandues et déjà largement approuvées au sein des différents corps militaires américains, le Thompson s’impose alors comme une évidence : il est efficace en situation de combat rapproché avec de courtes distances d’engagement.

Bien que la Guerre en Europe était terminée, le pistolet-mitrailleur Thompson, créé en 1918, est finalement produit à grande échelle en 1921 pour répondre à un besoin d’équiper rapidement la Police et les forces de sécurité aux Etats-Unis.

Les Thompson, alors largement en circulation aux Etats-Unis, deviennent malgré eux le symbole d’une époque : cette arme aussi accessible que maniable devient le choix de prédilection des différentes mafias. John T. Thompson, décédé en 1940, n’a pas pu profiter du succès rencontré par ses Thompsons durant la Seconde Guerre Mondiale, succès contribuant à redorer l’image de ce pistolet-mitrailleur et qui fut largement utilisé par les Marines et les parachutistes américains qui contribuèrent à la libération et la victoire des Alliés face au régime Nazi.

Aujourd’hui, les armes Thompson sont toujours fabriquées par Auto-Ordnance, la société créée en 1916 par John T.

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