L'entretien d'une crosse de fusil est essentiel pour préserver son apparence et sa durabilité. Diverses techniques existent pour nettoyer, éclaircir et protéger le bois, allant des méthodes douces aux interventions plus profondes. Cet article explore différentes approches et astuces pour prendre soin de votre crosse.
Pour un nettoyage léger, l'essence de térébenthine et l'huile de lin sont souvent recommandées. L'essence de térébenthine est utilisée pour dissoudre les saletés et graisses accumulées, tandis que l'huile de lin nourrit et protège le bois. Voici le mode opératoire suggéré :
Une autre option consiste à mélanger les deux produits (térébenthine et huile de lin) dans une proportion de 75/25, et à réchauffer légèrement le mélange. L'application avec de la paille de fer 000 peut également améliorer le résultat.
Pour un nettoyage plus approfondi, plusieurs produits ménagers peuvent être utilisés, en commençant par les moins agressifs :
Une méthode intermédiaire consiste à badigeonner la crosse d'huile d'olive, laisser imprégner pendant quelques jours, puis brosser avec du savon.
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Une autre méthode consiste à utiliser de la lessive St Marc et de l'eau chaude. Il faut frotter avec une éponge de cuisine, en utilisant le côté "qui gratte" pour les tâches les plus tenaces. Après avoir frotté la crosse, il faut la laisser sécher pendant 24 heures, puis appliquer plusieurs couches d'huile de crosse (Shaftol).
Si vous recherchez des alternatives à l'huile de crosse traditionnelle (Shaftol), l'huile de lin est une option naturelle et économique. Il n'est pas nécessaire d'ajouter un siccatif ; il suffit d'attendre un à deux jours entre chaque couche et quelques semaines pour un durcissement complet. L'huile de lin utilisée par les encadreurs de tableaux est particulièrement neutre et évite d'assombrir les bois déjà foncés.
Le poncé huilé est une technique prisée pour son rendu esthétique et son toucher agréable. Elle consiste à poncer, flamber et huiler le bois. Pour un résultat optimal, plusieurs couches d'huile sont appliquées, parfois avec du siccatif pour accélérer le séchage.
Le vernis au tampon, bien que plus complexe, offre un rendu exceptionnel. Il nécessite un savoir-faire spécifique et l'utilisation de matériaux tels que la poudre ponce, l'alcool, le vernis au tampon et un tampon spécial. L'application se fait en plusieurs étapes, avec des temps de séchage et de lustrage minutieux.
Si votre crosse est trop foncée, l'eau oxygénée à 110 volumes peut être utilisée pour l'éclaircir. Après le blanchiment, il est essentiel de rincer abondamment à l'eau chaude pour éviter que l'eau oxygénée n'agisse comme bouche-pores. Un ponçage et une teinte peuvent ensuite être appliqués pour obtenir la couleur désirée.
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Cet outil peut être passé sur les surfaces planes ; Beaucoup de restaurateurs l'utilisent, il est tres efficace et le travail est très rapide. Avec un peu de doigté, on peut très bien utiliser aussi une lame de cutter large.
Le passage du racloir se fait bien entendu toujours dans le sens des fils du bois, qui doit être sec. Dans le domaine des grains, différentes écoles s'affrontent mais une chose es sûre : plus le bois aura un poncé fin avant l'application de la première couche d'huile, moins l'huile pénétrera en profondeur (et ça n'a vraiment pas l'air d'être compris par tout le monde).
Un poncé avant huilage avec un papier de 400, 800, 1000 plus ferme totalement les pores, n'est d'aucune utilité et totalement contre productif. Avec une surface aussi lisse que du verre avant même la première couche, autant essayer de faire rentrer de l'huile dans une plaque d'inox.
Même la teinte ne pénétrera pas correctement, restant très proche de la surface et posera des problèmes si le bois viendrait à être retouché par la suite.
Le poncé huilé étant une protection qui se doit efficace et pérène dans le temps, un tel ponçage, c'est donc comme utiliser un bouche pore. C'est peut être la solution de celui qui veut faire vite (que ce soit un armurier ou un amateur), mais c'est un cache misère la aussi.
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Le papier de 120 est le seul que j'utilise sur la quasi totalité des bois. Ce papier doit être de qualité, et ne pas perdre de grains lors du travail (c'est parfois le cas sur des papiers de piètre qualité). Avec celui ci vous pouvez suivant l'appui exercé aller de la rayure dans le bois jusqu'au ponçage très fin avec un papier usé.
L'erreur classique du débutant étant de dégrossir au papier de 80 et de terminer au 2000, il remarque ensuite les rayures profondes dans le bois qu'il n'arrive presque pas à ressortir, puis tente de reprendre avec du 120 puis du 240, et cette étape terminée constate déjà que la crosse ou les fraisages sont déformés. Le plus moche dans tout ça, c'est qu'inspecté de près, on voit toujours encore les traces des rayures causées par le 80 dans le bois.
A noter que l'utilisation d'une cale doit être faite là ou c'est possible, et que l'on ponce toujours dans le sens des fils du bois. On commence par poncer les fonds de rainures de prise et les passages de sangle et on termine enfin par le ponçage à la cale sur les grandes surfaces, en évitant d'enlever trop de matière sous les anneaux de sangle (ils ne tiendront plus correctement) et près du talon de crosse.
Les précédentes étapes font que ce travail n'est qu'un travail de finition, en aucun cas les coups ne sont sortis dans cette étape. Ils auraient du être sortis à l'étape de la pattemouille !!!
La première chose que je regarde lorsque j'ai un fusil restauré en main sont les rainures de prise en main (les angles ne doivent pas être arrondis, et les 2 bords de rainure devraient être parallèles). Je regarde ensuite le talon de crosse. Si la plaque de couche est débordante, c'est que le restaurateur s'en ai donné à cœur joie.
Le dernier passage se fait en n’exerçant pratiquement aucune pression avec du papier "usé" , et sur toute la surface. Ainsi fait, vous n'aurez pas eu à sortir vos propres rayures du bois, et cette étape s'est finalement déroulée assez rapidement.
Le bois peut être à présent passé à l'air comprimé (souflette). Si vous n'en possédez pas, essuyez celui ci à l'aide d'un chiffon propre afin de sortir un maximum de poussière. Revérifiez une dernière fois toute la surface et reprenez au nécessaire, à la fin repassez un chiffon imbibé d'alcool pour finaliser cette étape.
Faut il teinter le bois ? Entre les partisans du naturel et les autres, la bataille peut faire rage. Cependant, le bois à l'état naturel lui même nous apprend une chose. Exposez quelques jours une planche de bois fraîchement coupée de n'importe quel type de bois à l'air, la lumière et aux intempéries, et vous verrez qu'il changera naturellement de couleur, certains bois comme le sapin ou le frêne tourneront vers le jaune/orangé, d'autres essences comme le teck et certains bois exotiques vireront vers le gris béton.
Une seule règle prévaut donc pour TOUS les bois : sans protection, sa couleur n'est pas stable dans le temps.
Pour aller un peu plus loin encore, chaque menuisier sait (ou devrait savoir) qu'un bois exposé à la lumière, aux conditions climatiques NE PEUT PAS être verni ou lasuré uniquement avec une couche incolore. Il faut toujours avoir un minimum de pigmentation dans le bois afin de rendre cette modification naturelle moins visible.
La magie, c'est pour celui qui ne ne veux pas teindre le bois, je réponds qu'avec l'huile de lin cela n'est pas nécessaire. Ayant tendance à jaunir avec le temps (à se patiner serait plus juste), la protection est suffisante !!!
Dans le cas de nos crosses, un autre problème se pose cependant assez souvent. Lors d'une remise à nu et d'une réfection complète, les différentes pièces ne provenant pas toujours des mêmes billes de bois, on se retrouve parfois avec des disparités énormes au niveau des tons, les pires étant les armes ayant beaucoup de pièces (type lee enfield), mais pouvant parfois aussi être criantes sur des crosses « au même numéro » de schmidt rubin n'étant pourtant composées que de 2 pièces.
Partant du principe de base qui tient à cœur à chaque tireur, si je refais, je refais bien, nous allons arranger ça, et bien !!! Pour ce faire, on dispose de toute une foule de produits des plus disparates, qui vont de la chicorée en passant par l'éosine jusqu'à la terre de bruyère.
Beaucoup de produits peuvent teinter le bois, mais tels les produits bas de gamme se déversant par contenaires en Europe en provenance d'oncle chinois dans le domaine des cartouches d'imprimante avec des produits dont les couleurs flétrissent en quelques semaines, nous allons préférer la cartouche de marque, la vraie.
Les produits de base, sont comme souvent finalement pas très nombreux :
Avec ces 3 produits, vous faites la quasi totalité des tons imaginables sur une crosse par un saint d’esprit. Le plus employé de tous est l'oxyde de fer.
Voici une méthode pour réaliser votre propre teinte, de la plus claire à la plus foncée :
Prenez un bocal en verre, mettez 2 à 3 litres de vinaigre blanc, et rajoutez dans celui ci quelques morceaux de paille de fer 0000. Cette paille de fer va oxyder, teinter le vinaigre, et vous suivez la progression tous les jours. Tous les jours donc, passez devant votre bocal, remuez, puis sortez une petite quantité de produit dans des bocaux en verre plus petits. Vu qu'il restera de moins en moins de vinaigre dans le gros bocal (vous pouvez en rajouter entre temps), ajouté à la durée d'oxydation de la paille de fer (que vous pouvez aussi rajouter au fur et à mesure), vous pouvez donc créer vos propres teintes, de la plus claire (couleur paille au début) jusqu'au plus foncées.
Cette méthode était utilisée autrefois par un très grand nombre de menuisiers et d'ébénistes afin d'adapter les couleurs sur différentes pièces de bois, et est très peu chère et très efficace. Cette teinte est ensuite coupée avec de l'alcool afin de créer encore une fois encore un nombre presque infini de sous nuances.
La plupart des teintes industrielles de type acajou, golden teak, merisier sont faites à partir d'oxyde de fer. La méthode évoquée évoquée plus haut vous permet donc de réaliser vos propres nuances, et d'adapter au mieux les tons des différentes pièces de bois de votre arme. Plus aucune excuse donc de type « oui mais tu sais, le bois était comme ça »
Pour ceux qui veulent ensuite teinter le bois (si ce n'est pas le cas, vous pouvez passer au paragraphe suivant). Les méthodes traditionnelles veulent qu'on puisse appliquer une teinte au pinceau, avec un tampon ou une éponge ( ces différentes manière influant sur la quantité de teinte déposée sur et dans le bois).
Je préfère de loin une application au pinceau, celle ci permettant de faire rentrer le plus profondément la teinte dans le bois, car l'huilage en fera toujours en dégorger une petite partie. Pour ce faire, je commence à teinter la pièce LA PLUS FONCEE avec la teinte la plus claire à ma disposition. Je coupe toutes mes mixtures à l'alcool (entre 30 et 60%, 50% étant une bonne moyenne), et en remuant bien avant application. Après quelques instants, je procède à un ré-essuyage complet de la pièce avec un chiffon propre.
Cette première pièce terminée servira de référence couleur « point haut » pour le reste des pièces constituant l'ensemble d'un fusil ou d'un mousqueton.
J'attaque donc ensuite le reste des pièces (la plus foncée d'abord) en teintant avec les différents tons à ma disposition afin de recoller au maximum à la 1ere pièce. Pour cela vous pouvez appliquer plusieurs tons plus ou moins foncés de suite (au moins 30 minutes d'attente entre les couches) en prenant toujours garde qu'une teinte mouillée est plus foncée qu'une fois sèche.
Pour revenir sur un bois teinté trop foncé, vous pouvez le ressuyer avec un chiffon imbibé d'alcool (le plus rapidement après l'application étant le mieux). Une partie de la teinte ira vers le chiffon, une autre partie s'enfoncera plus profondément dans le bois, provoquant ainsi un éclaircissement.
Après avoir teinté toutes les pièces, repassez une couche d'alcool au pinceau sur tout le bois afin de fixer la teinte profondément. Ceci a pour but aussi de faire ressortir plus le veinage, les parties plus molles absorbant plus l'alcool, et par la même occasion la teinte. Un séchage de 12h MINIMUM est ensuite ...
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