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Le fusil Saint-Étienne calibre 16 juxtaposé est un symbole de l'armurerie française, riche en histoire et en savoir-faire. Cet article explore l'histoire de ce fusil emblématique, en particulier les modèles fabriqués par la Manufacture d'Armes et Cycles de Saint-Étienne (Manufrance).

Les Fusils de Chasse de Saint-Étienne: Un Héritage

Depuis le XVe siècle et la décision de François 1er d’envoyer ses ingénieurs organiser la production d’armes à feu dans cette ville, Saint-Étienne est LA ville française de l’armurerie. Saint-Étienne a longtemps été un centre important de production d'armes en France. On a compté jusqu’à 250 fabricants locaux en 1950 !

On y trouvait toutes les matières premières nécessaires à la fabrication des armes : bois, charbon de bois, fer, acier et houille. Parmi les nombreux fusils de chasse produits dans cette ville, les modèles juxtaposés en calibre 16 occupent une place spéciale. Ces fusils sont appréciés pour leur équilibre, leur maniabilité et leur fiabilité.

Un exemple de ces fusils est le Fusil de chasse signé Brun-Latrige Rey successeur à Saint-Etienne en calibre 16/65 centrale. Ce fusil illustre la tradition armurière de Saint-Étienne, avec ses canons juxtaposés de 70cm et sa crosse en noyer. Ces armes étaient conçues pour être à la fois fonctionnelles et esthétiques, reflétant le savoir-faire des artisans locaux.

L'Âge d'Or de l'Armurerie Stéphanoise

Saint-Étienne est marquée par cette histoire industrielle et nombreux sont les témoignages de ce passé, anciens ateliers, noms de rues… Le témoin le plus probant se trouve dans la rue Henri Barbusse. En demande d'une vitrine, les armuriers obtiennent en 1851, de par leur ancienneté et leur savoir-faire, des subsides de la ville pour la constitution d'une première collection d'armes.

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Au-delà de l’image et sans doute de l’imagerie de l’artisanat armurier toujours en cours, on perçoit ici que le savoir-faire de l’arme est aussi le savoir-concevoir et le savoir-organiser la production.

Des Modèles Emblématiques

Plusieurs modèles de fusils de chasse ont marqué l'histoire de Saint-Étienne, chacun avec ses particularités et son public cible :

Le Fusil « Idéal »: Une Arme de Classe

Le fusil « Idéal » à pontet à lunettes est une arme raffinée et d’un fonctionnement sûr, qui participa au succès commercial fulgurant de la Manufacture d’Armes et Cycles de Saint-Étienne. La découverte d’une de ces armes dans une maison de famille est donc chose courante.

Ce fusil d’une grande finesse et d’une réelle élégance avait été conçu pour une clientèle aisée, souhaitant avoir une arme de classe. Les premiers fusils Idéal relèvent d’un brevet déposé le 27 novembre 1887 et accordé en février 1888. Le fusil « Idéal » à pontet à lunette fut abandonné en 1907 mais continua à être commercialisé jusqu’en 1909 pour écouler le stock, sans que son mécanisme bénéficie de la moindre transformation notable.

Le Fusil « Robust »: La Solidité Incarnée

L’excellent fusil « Robust » fut commercialisé en 1913. Ce fusil juxtaposé, est certes moins luxueux que l’Idéal, mais jouit d’une solidité qui justifie bien son nom. Sa « robustesse » et le prix très accessible des versions de base le rendirent extrêmement populaire dans notre pays. Son remarquable mécanisme fit l’objet d’un premier brevet accordé en 1905.

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Le fusil juxtaposé Robust de Manufrance illustre à lui seul l’âge d’or de la chasse en France. Plus d’un siècle après sa sortie, ce fusil reste aujourd’hui très connu et ce malgré le manque d'intérêt des jeunes générations pour l'arme juxtaposée.

Le fusil Robust conçu et commercialisé par la société Manufrance à Saint Étienne est certainement l'arme juxtaposée la plus populaire parmi les chasseurs de petit gibier des années 1960-1970 en France. Un fusil simple, solide, fiable, bref une arme à toute épreuve conçue pour durer.

De type Anson, sa mécanique inusable intégrée au corps de la bascule ainsi que son triple verrouillage se révèle simple et solide. L'arme est munie de 2 détentes qui étaient le standard de cette époque et possède l'originalité d'avoir une bretelle qui s'enroule dans la crosse et ce dès 1949. Cette innovation est aussi considérée comme son seul point faible car parfois le ressort doit être changé si l'on souhaite conserver le fonctionnement automatique de l'accessoire.

La crosse est une demi-pistolet faite en noyer vernis d'une longueur assez courte il faut le souligné mais adapté aux morphologies de cette époque.

À sa sortie ce fusil représentait une révolution car à cette époque de nombreux chasseurs étaient équipés de fusil à chiens extérieurs qui tiraient des cartouches a broches et remplies de poudre noire. Son succès est très important en France principalement puisque près de 800.000 fusils de ce type seront vendus jusque dans les années 1970 dont certains sous la marque « Colt » aux États Unis.

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C'est son prix qui donnera à cette arme son volume important de vente car il était abordable pour les chasseurs dits « populaires » notamment dans le sud de la France.

Le fusil équipa l'armée Française pour l'entraînement au tir mais également les résistants pendant la seconde guerre mondiale ainsi que les combattants des deux bords durant la guerre d'Algérie.

Autres Modèles

  • Le fusil de chasse « Simplex » (à un coup)
  • Le fusil superposé « Falcor »
  • Le fusil semi-automatique « Perfex »
  • Le fusil à répétition commandée « Rapid »

Fabrication Militaire et Civile

Il est important de distinguer la Manufacture d'Armes de St Etienne (fabrication d'armes militaires) de la Manufacture d'armes et de cycles de St Etienne (Manuf), entreprise privée fabriquant des armes de chasse. À la libération, les manufactures d'état ont lancé des fabrications à destination des chasseurs, tant en armes lisses qu'en armes rayées.

Les armes lisses de calibre 12 ou 16 ont été fabriquées à la MAS; la MAC; la MAT. Les armes rayées à la MAS, en calibres 7x57; 8x60S et 10,75x68, sur la base de mécanismes du MAS36.

Le Banc d'Épreuve de Saint-Étienne: Gardien de la qualité et de la sécurité

L’epreuve des armes est l’activite historique du banc national d’epreuve, un service unique en france.

Histoire du Banc d'Épreuve

Eproveur d’armes, le Banc d’Epreuve de Saint-Etienne a été créé par ordonnance royale en 1782. En 1960, l’épreuve est rendue obligatoire pour toutes les armes à feu civiles et en 2010, l’institution est désignée « Banc National d’Epreuve ».

L’origine de l’épreuve à Saint-Etienne n’est pas clairement établie. Elle se perd au cours du XVIIe siècle avec la fabrication des armes de guerre que le pouvoir royal confie à des entrepreneurs et artisans stéphanois. Pierre François Girard, né et mort à Saint-Etienne (1674-1751), entrepreneur du roi, est le premier dont les lacunaires chroniques historiques de Saint-Etienne conservent la mémoire comme ayant établi un Banc d’Epreuve.

L’existence de ce Banc d’Epreuve, installé par Pierre Girard « au gué du Chavanelet dans le quartier de l’Heurton », est attestée en 1743.

La date de 1782 marque donc la réelle naissance de l’actuel Banc d’Epreuve. En effet, à la demande des armuriers, de la ville et de la chambre de commerce, dès 1856 et par décret impérial, la gestion de l’épreuve est confiée à la chambre de commerce et d’industrie de Saint-Etienne.

Après 1880, l’évolution des armes incite de plus en plus à en éprouver la fermeture autant que le canon. Dès 1883 il est ainsi envisagé d’agrandir le Banc d’Epreuve.

Entre 1903 et 1908, sur les plans de l’architecte Lamaizière, un nouveau Banc d’Epreuve plus vaste et plus moderne voit le jour rue Jean-Claude Tissot.

1910 est une année marquante dans l’histoire de l’épreuve des armes, avec la réunion d’une commission internationale (France, Allemagne, Belgique, Autriche et Italie) cherchant à normaliser l’épreuve des armes d’un pays à l’autre et donnant naissance à la Commission Technique Internationale bientôt transformée en Commission Internationale Permanente des armes à feu (CIP).

Il faut ensuite attendre un arrêté du 2 juillet 1960 pour qu’une nouvelle étape notoire soit franchie avec le rétablissement de l’épreuve obligatoire et la confirmation de la CCI dans sa gestion du banc d’épreuve de Saint-Etienne.

Au début de 1988, le Banc d’Epreuve s’installe dans ses nouveaux locaux, 5 rue de Méons, dans la ZI de Molina Nord.

Missions du Banc d'Épreuve

Répondant au souci d’assurer la sécurité de l’utilisateur, l’épreuve s’attache à vérifier la résistance de l’arme.

Après examen par un contrôleur assermenté qui vérifie l’état du canon, les cotes intérieures, les mécanismes de fermeture et de percussion, l’arme est testée par le tir de cartouches de surpression. Un second et profond examen est fait après le tir.

Les armes acceptées sont alors poinçonnées, certifiées et enregistrées.

Conseils aux chasseurs et tireurs sportifs

Vérifiez que votre arme soit éprouvée par un Banc d’Epreuve de la C.I.P.

Toute modification ou réparation d’une pièce de sécurité rend la ré-épreuve obligatoire et en cas de doute, le Banc National d’ Epreuve peut à tout moment tester votre arme; ce dernier conseille une ré-épreuve après 30 ans.

Essais additionnels de sécurité des armes de petit calibre Endurance Essais de précision Essais de chute Tirs avec obstruction de canon

Le Déclin et la Renaissance

De 1970 à 1990, avec le recul de la chasse, la fin des marchés coloniaux, les crises économiques et une concurrence grandissante, l'armurerie stéphanoise a subit de grands replis. Les grands noms de l’armurerie française ont tous ou presque mis la clé sous la porte les uns après les autres.

Il ne reste aujourd’hui qu’une fabrique de taille à Saint-Étienne même, la maison Verney-Carron qui fête cette année ses 200 ans. Guillaume et Jean Verney-Carron ont, non seulement fait survivre la marque mais ils l’ont développée, modernisée et maintiennent un très haut niveau de qualité pour les armes de chasse produites dans leurs ateliers.

Ils cherchent aussi à s’implanter dans le domaine des armes de petit calibre à usage militaire avec la production d’un fusil destinés aux tireurs d’élite.

Saint-Étienne abrite également des ateliers plus petits, spécialisés dans les armes de luxe comme celui de Richard Lévy.

C’est aussi à Saint-Étienne que se trouve le seul lycée des métiers de l’armurerie, le lycée Benoit Fourneyron.

Tableau Récapitulatif des Fusils Mentionnés

Marque et Modèle Type Calibre Caractéristiques
Zabala Hermanos Juxtaposé Variable Basique, années 60-70
Chapuis R-progress Juxtaposé 12/70 Crosse anglaise, bande plume, contre platine, 2.9kg
G.E. Lewis Juxtaposé Variable À chiens, canons damas, fabriqué à Birmingham en 1875
Plotton et Barret (St. Etienne) Juxtaposé 32 (14mm) Petit modèle

Conseils pour les Collectionneurs

Pour les collectionneurs de fusils anciens, il est essentiel de pouvoir différencier les armes d’épaule d’avant ou après 1900. C’est à la fin du XIXe siècle que l’on retrouve la première génération de Chapuis travaillant dans l’armurerie. À cette époque, les armuriers de Saint-Étienne recherchent des artisans capables de fournir des composants mécaniques de haute précision.

Jean-Louis Chapuis, né en juillet 1899, devient le premier du nom à créer son propre atelier. Ses fils le rejoignent à l’atelier et ensemble, ils commencent à fabriquer des armes complètes tout en continuant à basculer pour des fabricants stéphanois. En 1968, l’entreprise rachète Chataing-Durand, spécialiste de la mécanisation des bascules, renforçant ainsi son autonomie.

Les années 1980 sont marquées par le rachat de la société Gaucher, créant le groupe Chapuis-Gaucher. La première carabine à verrou voit le jour en 1980, il s’agit du « Centaure ». Introduction d’une nouvelle technologie de gravure laser en 2006, permettant des finitions de haute précision dès les premiers modèles de la gamme.

Lancement de la carabine ROLS, une innovation majeure dans le domaine des armes de chasse. Entre 2019 et 2024, Chapuis Armes a conduit un vaste programme d’investissement industriel pour moderniser en profondeur son outil de production. Ces investissements stratégiques ont permis de renforcer la précision des opérations, de gagner en réactivité, d’améliorer l’ergonomie des postes de travail et d’élargir nos capacités de production.

En 2024, Chapuis Armes franchit un nouveau cap avec le lancement de la ROLS.2, évolution naturelle de sa carabine à réarmement linéaire emblématique.

Informations Légales

Arme de catégorie C, soumise à déclaration, pièce d'identité en cours de validité, permis de chasser ou licence de tir sportif en cours de validité obligatoire. En tant que courtier, nous nous occupons de tous les contrôles administratifs liées à l'achat-vente d'armes.

Le vendeur professionnel s'occupera de la déclaration en préfecture ou auprès du SIA (Système d'Information sur les Armes). Dans le cas d'une déclaration en préfecture, vous recevrez directement les récépissés à votre domicile.

En Savoir Plus sur « Armes à feu collection »

L'histoire de la Manufacture d'Armes de Saint-Étienne

La Manufacture d'Armes de Saint-Étienne (MAS), était une entreprise française spécialisée dans la fabrication d'armes à feu. La Manufacture d'Armes de Saint-Étienne a joué un rôle prépondérant dans l'histoire de l'armement en France. Au fil du temps, elle s'est bâti une réputation de qualité.

Lors des guerres menées par Napoléon III, la Manufacture de Saint-Étienne a contribué à la fabrication des armes pour l'armée. Au cours de son existence, la MAS a produit une large variété d'armes à feu. L'évolution de la Manufacture d'armes de Saint-Étienne a continué en fonction des évolutions technologiques.

Malheureusement, les changements concernant les politiques de défense et les progrès de l'industrie de l'armement ont eu raison de la MAS. Bien que la MAS ait fermé, son héritage a perduré. Aujourd'hui, les anciens bâtiments d'administration de la Manufacture abritent la Cité du Design. Il faut dire que l'annexe des bâtiments de la MAS, situés dans le quartier créatif de Saint-Étienne, intègre le patrimoine de la ville.

Le Revolver Officier 1874 : une arme emblématique de la Manufacture de Saint-Étienne

L'une des armes qui ont le mieux représenté la Manufacture de Saint-Étienne est le Revolver Officier 1874 MARINE. Le Revolver Officier 1874 est chambré pour le calibre 11 mm. Il utilise un barillet basculant à six coups. En d'autres termes, six cartouches peuvent être contenues dans son barillet.

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