L'univers de la poudre noire est vaste et complexe, mais il représente une des pratiques de tir les plus démocratiques. Tirer à la poudre noire est bien plus qu'un sport; cela requiert des compétences et une adresse particulières pour mettre tous ses projectiles au centre de la cible à 25 ou 50 mètres.
Le premier challenge est de comprendre "l'Histoire" de son arme. Ces armes à feu ont été réalisées et utilisées par des hommes durs qui vivaient à une époque qui était dure également. Ils connaissaient parfaitement l'arme qu'ils utilisaient afin d'obtenir dans des conditions pas toujours idéales un tir précis et efficace.
Les fusils juxtaposés à poudre noire représentent un pan fascinant de l'histoire de l'armement. Ces armes, ancêtres de nos fusils de chasse et de tir modernes, dégagent un charme particulier et sont riches en histoires. De la conquête du Far West américain aux savanes africaines, ces fusils ont marqué leur époque.
De nombreux passionnés utilisent encore ces armes en stand de tir, appréciant la fumée dense qu'elles produisent lors du tir. Ce type d'armes est écologiquement intéressant, car il ne laisse pas de résidu ni de douille, contrairement aux armes modernes.
Les armes à poudre noire sont des armes de catégorie D, accessibles à toute personne majeure. De plus, elle ne nécessite pas d'être licencié dans un club de tir ou dans un Ball-Trap, ou encore d'être détenteur du permis de chasse.
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Le choix au niveau des armes est très important. Les armes de collections sont de véritables pièces d'Histoire, elles datent toutes pour la plupart du 19ième siècle ainsi que du début du 20ième siècle. Ce sont des armes qui ont été plus ou moins utilisées, plus ou moins bien conservées et qui sont donc en plus ou moins bon état de fonctionnement. Il est clairement déconseillé d'utiliser une arme de collection de façon intensive sur un pas de tir.
Les répliques, elles, comme leur nom l'indique sont récentes et elles sont fabriquées pour pratiquer le tir sportif ainsi que le tir de loisir. Des sociétés italiennes comme Chiappa et Davide Pedersoli fabriquent des répliques d'armes anciennes. Ces répliques offrent les mêmes caractéristiques que les armes d'origine, mais sont réalisées avec des aciers modernes de haute qualité et selon les procédés technologiques actuels.
Vous pouvez tirer avec une arme de catégorie D dans une propriété privée sous votre propre responsabilité. Vous devez pour cela vous assurer de réaliser un tir dit "fichant", c'est à dire que votre projectile doit cesser sa course après avoir touché sa cible (ou raté également). Une bute de terre, de sable, etc... sont généralement utilisées. Mais même là, attention aux ricochets potentiels !
Donc autant vous dire que cela exclu toutes les zones urbaines et résidentielles et à moins d'être propriétaire de plusieurs hectares à l'écart de tout voisin, vous risquez de voir débarquer les forces de l'ordre.
Dernier argument pour aller vous inscrire dans un club pour tirer à la poudre noire. Vous allez rencontrer là bas des tireurs passionnés qui vont vous aider, vous informer et vous conseiller.
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Ces premiers fusils et pistolets à poudre noire étaient chargés par la bouche du canon. La poudre noire était versée puis tassée. La balle, souvent précédée d'un calepin pour une meilleure étanchéité et précision, était ensuite insérée dans le canon.
Des cartouches en papier furent créées pour faciliter le chargement, suivies par les cartouches à balles métalliques. Au début, la mise à feu se faisait par un trou percé dans le fond du canon, avec une flamme et une mèche. Au XVᵉ siècle, l'arquebuse introduisit un bassinet contenant de la poudre servant d'amorce. En 1470, l'invention de la platine à mèche et la détente automatisèrent la mise à feu.
Le XVIᵉ siècle vit l'arrivée de la platine à rouet, une révolution technique trop coûteuse pour l'armée, remplacée par la platine à chenapan et la platine miquelet à silex, produisant une étincelle pour déclencher le tir. Vers 1610, la platine à silex améliora encore les performances avec une batterie et un couvre-bassinet séparés.
Voici quelques exemples de fusils à poudre noire disponibles :
Le fusil juxtaposé à percussion calibre 12 de Pedersoli (réf. DPSL241) est une arme traditionnelle conçue pour les passionnés de chasse et de tir récréatif à la poudre noire. Ce modèle se distingue par ses deux canons lisses juxtaposés, légèrement chokés, dont les intérieurs sont chromés pour une meilleure durabilité et facilité d’entretien. La platine double est finement jaspée, apportant une touche esthétique de qualité.
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Le fusil Juxtaposé Percussion calibre 12 (réf. DPSL241) de Pedersoli est un hommage aux armes classiques de chasse. Le fusil juxtaposé à percussion est l’un des modèles les plus emblématiques de la chasse européenne et américaine du XIXe siècle, symbole d’un âge d’or où le tir était un art de vivre, et où la mécanique d’armurerie atteignait un niveau d’excellence inégalé.
Passé du silex à la platine à percussion dans les années 1830-1840, ce type de fusil s’impose rapidement comme la norme chez les chasseurs soucieux de disposer de deux coups successifs sans rechargement, avec deux chiens indépendants, actionnés chacun par une détente dédiée.
Le fusil juxtaposé à percussion est souvent chambré en calibre 12 ou 16, les plus populaires pour la chasse au petit et moyen gibier. Ses canons lisses, généralement damasquinés ou bronzés, offrent une dispersion régulière et un excellent contrôle du tir.
Lors de l'utilisation de fusils anciens, plusieurs aspects doivent être pris en compte pour garantir la sécurité et la performance :
L'histoire du fusil à poudre noire commence au VIIIe siècle après Jésus-Christ, avec l'invention de la poudre noire par les Chinois, et peut-être aussi par les Indiens. Cette substance, un mélange de salpêtre (nitrate de potassium), de soufre et de charbon de bois, a révolutionné l'art de la guerre. Le salpêtre agit comme comburant, accélérant la combustion du charbon et du soufre. Lorsqu'elle est comprimée dans un canon, la poudre noire brûle à une vitesse de 300 à 600 mètres par seconde, créant une déflagration.
Initialement utilisée comme carburant, la poudre noire a servi à propulser des projectiles, puis de charge pour les fusées de guerre chinoises et les grenades en céramique et en fonte. Dès 1150, les armées du Moyen-Orient ont intégré les systèmes à poudre noire, sous la forme de canons à main propulsant des flèches. Cette arme, le Madfaa, est l'ancêtre des armes portatives occidentales, apparues vers la fin des années 1200.
En France, l'une des premières utilisations d'une bombarde remonte à août 1324, lors de l'attaque de la ville de la Réole (Gironde). Montée sur un fût en bois et posée au sol, son pointage rudimentaire se faisait à l'aide de cales. L'effet psychologique de cette arme était important, car son bruit rappelait le tonnerre et son odeur de soufre, le diable. Les grenades, petites "gourdes" de terre cuite remplies de poudre et de pierres, équipées d'une mèche, sont apparues en Europe vers 1467.
Vers 1370, l'hacquebute primitive, littéralement "canon à croc", du germanique "hakenbüchse", était conçue pour tirer en crochetant un mur ou une palissade, le croc de fer situé sous l'arme encaissant le recul. Vers 1460, l'arquebuse, dérivée de l'hacquebute, est une arme à feu à fût de bois, ancêtre des carabines, mousquets et fusils. On la tenait sous l'aisselle ou à l'épaule.
En 1520, l'arquebuse à canon rayé, inventée par Auguste Kotter, améliora la précision en stabilisant gyroscopiquement la balle. Le nom "carabine" vient d'un corps de gardes à cheval d'Henri III équipés d'arquebuses à canon rayé. Pour faciliter le rechargement, le canon restait lisse, avec une balle enveloppée d'un "canepin" graissé pour la caler.
Le fusil juxtaposé à percussion est un modèle emblématique de la chasse européenne et américaine du XIXe siècle. Passé du silex à la percussion dans les années 1830-1840, il s'est imposé comme la norme chez les chasseurs, offrant deux coups successifs grâce à deux chiens indépendants actionnés par deux détentes. Chambré en calibre 12 ou 16, il était populaire pour la chasse au petit et moyen gibier. Ses canons lisses, souvent damasquinés ou bronzés, assuraient une dispersion régulière et un bon contrôle du tir. La crosse en noyer massif, parfois sculptée, offrait une prise en main rapide et confortable.
Un exemple moderne est le fusil juxtaposé à percussion calibre 12 de Pedersoli (réf. DPSL241), conçu pour les passionnés de chasse et de tir récréatif à la poudre noire. Ses canons lisses juxtaposés, légèrement chokés, sont chromés pour une meilleure durabilité. La platine double est finement jaspée, ajoutant une touche esthétique.
Avant la percussion et la cartouche métallique, les fusils à silex représentaient l'apogée de l'armement civil raffiné. En 2019, Pedersoli a dévoilé un fusil juxtaposé à silex calibre 20, digne des plus belles pièces de chasse de l'Ancien Régime, avec des canons chromés intérieurement.
Le calibre 20, plus léger que les traditionnels calibres 12 ou 16, était prisé pour la chasse au petit gibier. Les modèles "de luxe" se distinguaient par leurs finis somptueux : platines gravées, crosses en noyer sélectionné, incrustations d'argent ou d'ivoire, et canons damasquinés. Chaque tir exigeait un geste précis : chargement de la poudre, bourrage de la bourre, mise en place de la grenaille, amorçage du bassinet.
John Moses Browning, un armurier américain né en 1855, a révolutionné l'armement. Avec 128 brevets, il a fondé "The Browning Gun Factory" et collaboré avec Winchester. Après un désaccord avec Winchester, il s'est tourné vers la Belgique et la FN Herstal. En 1925, il a créé le B25, premier fusil superposé, un chef-d'œuvre révolutionnaire.
Le B25, avec son axe avant transversal et son verrou plat, nécessitait 2310 opérations de contrôle et 155 interventions manuelles pour un ajustage parfait. Quatre modèles de B25 ont été lancés en 1931, en calibre 12, suivis par le calibre 16 en 1936. La production a été interrompue pendant la Seconde Guerre mondiale et a repris en 1948. Dans les années 1970, la production a été transférée à l'usine Miroku au Japon, donnant naissance à des modèles plus économiques. Le B25 continue d'être produit artisanalement par le Browning Custom Shop.
Les fusils de chasse français incarnent l'excellence et la tradition de l'armurerie nationale. Dès le milieu du XVIIe siècle, les commerçants de fourrures français fournissaient des fusils de chasse aux autochtones. En 1793, M. Devisme proposait des armes innovantes à l'armée. Plus tard, Charles Pidault fut le successeur de Houllier-Blanchard. En 1902, le fabricant Vidier était installé rue de Chaillot. Léopold Bernard et MM. Gastinne-Renette étaient également réputés.
Verney-Carron, fondée en 1820, incarne l'excellence française. L'Atelier Verney-Carron crée des fusils sur-mesure, des pièces uniques façonnées avec soin. Manufrance, bien que disparue en 1985, a marqué l'histoire de la chasse en France. Ses modèles Idéal, Robust et Simplex restent gravés dans la mémoire des chasseurs. Le fusil "Idéal" à pontet à lunettes était une arme raffinée pour une clientèle aisée. L'excellent fusil "Robust" était moins luxueux, mais très solide. Le fusil "Simplex" était utilisé par de nombreux chasseurs débutants.
Les fusils français se distinguent par leur précision. Les nouvelles technologies, comme l'impression 3D et les matériaux composites, ouvrent des perspectives inédites. La législation française classe les armes en différentes catégories (B, C, D) selon leur mécanisme et leur date de fabrication.
Recharger un fusil à broche calibre 12 nécessite plusieurs étapes et composants : cartouches en laiton à broche, amorces cannelées, poudre noire (PNF1 recommandée), bourre de liège/paraffine et plomb. La sertisseuse doit posséder une encoche pour laisser passer la broche. Les cartouches réemployées ou neuves doivent être amorcées. Pour la poudre noire, il est conseillé d'utiliser de la PNF 1. Les plombs peuvent être récupérés sur les cartouches de ball trap.
Aujourd'hui, l'utilisation des armes à poudre noire est une passion. Ces armes sont encore produites par quelques fabricants.
Les données balistiques (performances des projectiles de tir) citées dans cet exposé, font suite à des tirs réalisés par l’auteur avec des répliques d’armes et des armes authentiques, avec des chargements soignés et estimés proches de ceux de leur époque d’origine. Ils sont publiés à titre indicatif, pour donner une idée de la puissance des armes anciennes. Il est évident que ces résultats peuvent s’avérer différents si l’on emploie d’autres charges. Il s’agit du tir (à blanc) avec une reproduction d’hacquebute primitive (vers 1380), copie réalisée par l’auteur sur le modèle d’une authentique trouvée lors de fouilles au château de Calmont d’Olt à Espalion en Aveyron.
Au VIIIème siècle après Jésus christ, invention de la poudre noire par les chinois (et peut-être aussi les Indiens). Il s’agit d’un mélange de Salpêtre (nitrate de potassium), soufre, et charbon de bois. Le salpêtre joue le rôle de comburant, apportant de l’oxygène et activant la vitesse de combustion du charbon de bois et du soufre. Ce mélange, lorsqu’il est de qualité et comprimé dans un canon, brûle à la vitesse d’environ 300 à 600 mètres par seconde (suivant sa granulométrie), ce qui constitue une explosion de type « déflagration » (vitesse d’inflammation inférieure au km/seconde).
Vers 1370, l’hacquebute (primitive) : Littéralement « canon à croc » du germanique « hakenbüchse , destinée à tirer en crochetant un mur ou une palissade avec son croc de fer situé en dessous de l’arme pour que le mur encaisse le recul à la place du tireur. Elle comporte un long fût de bois (ou parfois de fer), à l’avant duquel est fixé un canon de fer de courte dimension (20 à 25 cm). Son calibre fait généralement de 18 à 28 mm. Une balle ronde en plomb, de 18 mm de diamètre part à la vitesse de 130 mètres par seconde, avec une charge de 4 grammes (7 grammes au moyen âge) de poudre noire. Allumage au boutefeu à mèche ou par un ringard chauffé au rouge. (Une planche de pin de 3 cm d’épaisseur est traversée à 15 mètres).
Vers 1460 jusqu’à 1660, l’arquebuse, mot découlant d’hacquebute : C’est une arme à feu, à fût de bois, véritable ancêtre des carabines, mousquets et fusils, que l’on tient sous l’aisselle ou que l’on commence à épauler. La mise à feu est faite par un « serpentin » en fer fixé sur le côté du fût et tenant une mèche.
En 1520, l’arquebuse à canon rayé (rainuré) hélicoïdalement : Il semble que le germanique Auguste Kotter, remarquant que les « viretons d’arbalète » (traits aux ailerons inclinés qui partaient en tournant sur eux-mêmes) avaient une plus grande précision que les « traits classiques » comme le « carreau . Il inventa le « rayage (rainurage) hélicoïdal » de l’intérieur des canons d’arquebuses. Cela apporta une précision nettement plus efficace de l’arme par stabilisation gyroscopique de la balle dans l’espace, et une augmentation de puissance en supprimant les fuites de gaz propulseurs des armes à canon lisse dont la balle était plus petite que l’âme du canon. L’ancêtre de la carabine était né.
1728-40 Généralisation en France de la cartouche de guerre en papier, comportant 10 à 12 grammes de poudre noire (suivant la qualité de la poudre) et une balle de 16,3 mm en général. La balle est plus petite d’environ 1,2 mm que le calibre de 17,5 mm, pour qu’elle rentre facilement lors du rechargement, même si le canon est un peu encrassé par le tir précédent. Il n’y a plus de calepin de tissu graissé avec la cartouche, le papier de celle-ci en faisant office, tassé avec elle lors du rechargement.
1777, puis an IX, et enfin le dernier modèle de fusil de guerre à platine à silex, le 1822….qui sera modifié en platine à percussion vers 1830, puis son canon rayé vers 1848. Il prendra alors l’appellation de « fusil 1822 T bis » ( « T » pour transformé et bis, 2 fois).
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