L'airsoft est un loisir récréatif qui simule des combats avec des répliques d'armes tirant des billes. C'est un jeu de guerre en extérieur, qui coûte cher et qui peut être dangereux.
Rémi, un pratiquant, explique que « L'airsoft est un loisir récréatif, à mi-chemin entre le paintball et le laser game ». Généralement, deux équipes s'affrontent avec des répliques factices d'arme tirant des billes. Le but est souvent d'éliminer l'équipe adverse en respectant un scénario donné (prise d'otage, braquage de banque, alerte à la bombe…). C'est l'équivalent d'un jeu vidéo mais grandeur nature.
Yoan, qui pratique l'airsoft depuis trois ans, décrit le jeu comme une simulation d’un fragment de guerre contemporaine. On est dix contre dix, et on fait semblant d’être au combat. Y a un camp de chaque côté, sur un terrain séparé, et on avance l’un vers l’autre. La partie se termine quand toute l’équipe adverse est morte. On meurt quand on se fait tirer dessus, alors on part et on se pose plus loin. Il y a juste la possibilité de revivre une fois, en criant « medic » et le joueur de l’équipe qui est le medic vient pour te mettre un bandage.
Les joueurs utilisent des protections, des treillis, des gilets par-balles et un casque-masque qui protège tout le visage. On a des armes automatiques qui tirent à blanc. On les achète dans un magasin, ça coûte entre 100 et 1 000 euros.
La seule règle est de ne pas viser la tête. On trouve les adversaires sur les réseaux, Discord ou Insta, on se met d’accord sur un lieu, comme des endroits abandonnés. On avait loué un terrain une fois. Ce qui me plait, c’est le fait de pouvoir parfois gagner de l’argent grâce à cette pratique. On fait des paris pour savoir quelle équipe va l’emporter.
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Les faits se sont déroulés dimanche soir, vers 18h, près du quartier Gambetta, aux abords de la rue Sully. Des pompiers sont appelés pour un accident de la circulation. Lorsqu'ils interviennent, ils entendent des tirs qui atteignent la carrosserie de l'ambulance de secours qui est garée dans la rue. Rapidement les policiers ciblent une habitation. À l'intérieur des jeunes frères de 9 ans à 13 ans jouent au jeu vidéo et s'amusent à tirer des billes avec une carabine à "Airsoft". Les deux frères avouent avoir utilisé le jouet, mais ils expliquent qu'ils n'ont pas visé les pompiers.
Un autre aspect important est la sécurité des armes. Yoan explique : "Mon arme, je dois pas la laisser traîner, parce que mon frère ou ma sœur pourrait jouer avec. J’ai acheté la mienne grâce à des paris. J’ai donné l’argent à quelqu’un qui l’a acheté pour moi, parce que je ne pouvais pas le faire, j’étais mineur. En soit, j’ai le droit de l’utiliser tant qu’un adulte est à côté."
Pas de quartier dans le monde de l'airsoft. Les organisateurs professionnels et associatifs de cette activité de loisirs qui consiste à se tirer dessus avec des armes factices se déchirent, les uns assurant qu'ils peuvent reprendre leur activité, les autres que c'est contraire aux règles de confinement. Une séance de jeu prévue ce samedi dans les Hauts-de-Seine, dans des bureaux désaffectés de Rueil-Malmaison a finalement été annulée. La préfecture de Nanterre indique sans plus d'explication que cette pratique est interdite.
Sur les réseaux sociaux, la Fédération Française d'Airsoft alerte depuis plusieurs jours les adeptes de ce loisir sportif. « La seule pratique autorisée aujourd'hui est la pratique individuelle de tir sur cible, la pratique collective n'est pas autorisée », assure Matthis Gournay, administrateur de cette association, qui siège à Moulins (Allier), ajoutant « La Fédération Française d'Airsoft a pris contact avec les préfectures des départements où des événements étaient organisés, pour savoir s'ils étaient autorisés. Non, ils n'ont pas reçu d'autorisation dérogatoire. »
Le dirigeant de la société Wild Trigger assure au contraire que cette activité se fait dans le respect des textes officiels et des mesures barrière. « J'ai consulté mes avocats et je n'ai pas besoin d'autorisation préfectorale, l'airsoft, qui est une activité de loisirs, est autorisé », affirme Guillaume Le Borgne. « Nous suivons un protocole strict. On prend l'identité des participants, ils sont masqués, utilisent du gel hydroalcoolique, portent des lunettes, des gants et une tenue pour le jeu », énumère le gérant. Il souligne que la plupart des sites de jeu sont en plein air.
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La société Wild Trigger fait intervenir son avocate, qui ne souhaite pas être citée nommément. Celle-ci dénonce « une campagne de diffamation » de la part d'une « fédération non agréée » à l'encontre de son client. Selon notre interlocutrice, les activités de la société Wild Trigger sont « parfaitement autorisées » par le décret du 27 novembre 2020.
Elle insiste sur le fait que la pratique de l'airsoft est une activité physique et non un sport, et que cette activité est donc soumise à la réglementation générale, dans les conditions indiquées aux articles 44 et 45 de ce décret, avec port du masque et distanciation sociale imposés aux participants. « Soit le texte autorise la pratique de l'airsoft, soit le texte est flou, mais en aucun cas il ne l'interdit », assure l'avocate de la société.
Si la pratique de l'airsoft (qui n'est pas un sport) n'est pas explicitement interdite par les textes en vigueur, reste un problème. Pour accueillir du public dans les bureaux désaffectés de Rueil-Malmaison, il faut pourtant bien une autorisation, indique de son côté la ville.
« Cette société ne nous a jamais rien demandé et il s'agit d'un lieu privé », rappelle Denis Gabriel, adjoint au maire de Rueil-Malmaison en charge de la sécurité. « Or pour pouvoir recevoir du public dans un lieu privé, il faut auparavant faire passer la commission de sécurité départementale, pour vérifier notamment les sorties de secours. »
| Aspect | Règle/Recommandation |
|---|---|
| Âge minimum | Variable, souvent nécessité d'un adulte pour les mineurs |
| Équipement de sécurité | Obligatoire: protections, masque intégral, gilet pare-balles recommandé |
| Armes | Répliques factices tirant des billes, puissance limitée |
| Zones de tir | Ne pas viser la tête |
| Autorisations | Nécessaires pour les événements publics et les terrains privés |
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