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L’usage des ultrasons se répand de plus en plus. Mais sont-ils les seuls, parmi les animaux, à être sensibles aux ultrasons? Avant tout, rappelons brièvement ce que sont les ultrasons. Il s’agit d’ondes dont la fréquence est supérieure à 20 kHz, supérieur à ce que peut percevoir consciemment l’oreille humaine (19 kHz).

Le son est une onde mécanique et élastique qui traverse différents supports que ce soit des fluides, des solides, des gaz ou des liquides. Les infrasons sont des sons dont la fréquence est inférieure à 20 Hz. Puis viennent les bruits basse fréquence, se situant sous les 125 Hz. Infrasons et bruits basse fréquence ne sont pas totalement inaudibles. Si leur niveau sonore est élevé, il est possible de les entendre. La plage de sons généralement perçus par l’oreille humaine s’étale entre 125 Hz et 20 000 Hz. Il apparaît que la sensibilité de l'oreille humaine aux sons dépend de l’âge. La majorité de la population active ne perçoit le son que jusqu’à 15 000 Hz environ. Mais souvent, les plus jeunes sont capables de percevoir les sons se situant entre 15 000 et 20 000 Hz.

Toutefois, de nombreux animaux ont une sensibilité plus importante, ce qui leur permet de capter les ultrasons. Concrètement, chaque espèce peut capter un spectre de fréquence bien particulier. Par exemple, les lapins peuvent capter jusqu’à 49 kHz, les chiens jusqu’à 44 kHz et les dauphins jusqu’à 160 kHz. En ce qui concerne le gibier, qu’il s’agisse de chevreuils, de biche, de sanglier, de cerf ou de lièvre, leur champ auditif leur permettrait de capter toute fréquence de type ultrason, au-delà de 20 kHz.

Sifflets anti-gibier : Fonctionnement et Installation

Cet équipement, vendu généralement à petit prix, fonctionne sur un principe très simple. C’est un petit accessoire qui prend la forme d’un cylindre, fermé sur l’un des côtés. Ils se montent sur tout type de véhicule, idéalement dans la calandre ou sur les parties hautes. Au-delà de 50 km/h, ce sifflet émet des ondes sonores dont la fréquence atteint 20 kHz. C’est donc inaudible pour notre oreille humaine qui atteint ses limites mais cela est (théoriquement) perceptible par la plupart des animaux.

Le fonctionnement de ce sifflet est très simple : le vent s’engouffre et génère des ultrasons qui pourraient avoir une portée allant jusqu’à 400 mètres. C’est d’une simplicité absolue. Il suffit d’ouvrir la boîte ou le sachet et d’en extraire les sifflets. Décollez la protection autocollante et installez les sifflets sur votre véhicule. Dans mon cas, nous avons fait le choix de les installer au niveau des rétroviseurs, afin qu’ils puissent capter le vent sans difficulté. Bien sûr, il faudra veiller à ne pas se tromper de sens. La partie conique doit pointer vers l’arrière du véhicule. Il existe une multitude de modèles différents. Je vous invite à vous référer aux instructions qui figurent sur la notice.

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Efficacité des sifflets anti-gibier : Avis mitigés

Les avis sont assez mitigés au sujet de ces sifflets. Beaucoup se réjouissent de ne pas croiser de gibier tandis que d’autres déplorent d’avoir heurté un cerf ou une biche malgré l’installation des sifflets… Tous les animaux n’ont pas la même perception du son et on peut imaginer que les ultrasons générés par les sifflets pourraient potentiellement les déstabiliser… De même, l’installation des sifflets et l’orientation et le sens du vent peuvent aussi avoir un impact assez fort sur ce qui transite dans les sifflets.

Il est assez difficile de faire l’apogée du sifflet anti-gibier ou bien d’en parler comme un vulgaire attrape-couillon. Le fait de jouer sur les ultrasons me semble pertinent mais il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, de mesurer l’impact réel de ce dispositif. Si vous circulez régulièrement de nuit, cet équipement vaut certainement la peine d’être testé. Mais il faut bien garder à l’esprit que c’est une aide supplémentaire pour éviter la collision avec un animal et aucunement une parade absolue.

Solutions alternatives pour la protection des cultures

Face à l’augmentation régulière des attaques de sangliers, les agriculteurs ont recours à différentes solutions, comme l’a montré notre enquête conduite à l’automne 2019. Cependant, aucune ne s’est révélée satisfaisante à ce jour. Dans ce contexte, beaucoup d’agriculteurs concernés par des dégâts de sangliers mettent en œuvre des barrières physiques ou des clôtures électriques pour protéger leurs parcelles. Mais ces solutions ont des limites, liées à la taille de la parcelle, à l’entretien ou au coût que cela représente.

Méthodes répulsives variées

Dans un premier temps, Arvalis a comparé quatre solutions susceptibles d’avoir un effet répulsif, mises en œuvre au moment des semis de maïs :

  • Un produit répulsif gustatif à base de piment, appliqué en traitement de semences.
  • Un produit répulsif olfactif, appliqué via des diffuseurs positionnés en bordure de champ.
  • Un équipement répulsif sonore, grâce à l’émission régulière d’ultrasons (Doxmand VR8).
  • Un engrais organique aux propriétés répulsives olfactives, appliqué en plein avant semis (Terragral Evolution).

Les trois premiers ont été évalués dans le Sud-Ouest tandis que l’engrais organique a été expérimenté en Alsace. Selon les modalités, le nombre de parcelles observées varie de 5 à 20. Les notations de dégâts ont été réalisées à plusieurs dates en début de cycle de développement de la culture, à la fois dans les parcelles d’essais, mais aussi dans des parcelles témoins, situées à proximité, et comparables sur le plan de la conduite culturale et de l’environnement.

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Résultats des études sur les répulsifs

L’analyse des résultats requiert beaucoup de précautions car il s’agit d’un dispositif expérimental assez fragile : l’hétérogénéité des attaques de sangliers à l’échelle d’un territoire et l’influence potentielle d’autres facteurs, notamment environnementaux, sont difficiles à contrôler. De plus, il s’agit de premiers résultats acquis dans le contexte climatique de l’année 2020.

Sur les 20 parcelles protégées à l’aide du répulsif gustatif (PNF), la moitié a été attaquée, dont huit d’entre elles se situent à proximité de parcelles témoins non attaquées. Le répulsif sonore à ultrasons (Doxmand VR8) a été installé sur six parcelles, dont quatre ont fait l’objet d’attaques de sangliers. Concernant les parcelles non attaquées, pour l’une il n’y avait pas de témoin, et pour l’autre, la parcelle témoin était dépourvue d’attaque.

Le répulsif olfactif (Hukinol) a été testé sur cinq parcelles, dont deux ont été attaquées. En revanche, les trois parcelles indemnes étaient proches de témoins ayant subi des dégâts de sangliers. Enfin, parmi les 11 parcelles ayant reçu l’engrais aux propriétés répulsives olfactives (Terragral Evolution), deux ont été attaquées (sans parcelle témoin à proximité). Pour les neuf parcelles sans attaque, trois étaient situées à proximité d’une parcelle témoin attaquée.

Tableau récapitulatif : Efficacité des répulsifs en début de cycle

La première étude ne permet pas de mettre en évidence l’intérêt technique de produits de la gamme PNF appliqués en traitement de semence ou de l’équipement répulsif sonore à ultrasons en évaluation.

Type de Répulsif Nombre de Parcelles Protégées Parcelles Attaquées Parcelles Non Attaquées
Répulsif Gustatif (PNF) 20 10 10
Répulsif Sonore (Doxmand VR8) 6 4 2
Répulsif Olfactif (Hukinol) 5 2 3
Engrais Répulsif (Terragral Evolution) 11 2 9

Étude sur le maïs au stade grains laiteux

Le répulsif sonore à ultrasons Doxmand VR8 et le répulsif olfactif Hukinol y ont été testés dans les mêmes conditions qu’au semis. L’application de Tabasco sur le rang de bordure du maïs complète les modalités d’essais.

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Sur ces sept parcelles indemnes, quatre étaient situées à proximité de parcelles non protégées et ayant subi des attaques. Sur la seule parcelle protégée avec Hukinol et ayant subie des attaques, les dégâts y étaient moindres que dans la parcelle environnante non protégée. Les cinq parcelles ayant reçu la modalité Tabasco n’ont pas été attaquées alors que trois parcelles se situaient à proximité de parcelles témoin attaquées. Le répulsif à ultrasons n’a pas permis de limiter les dégâts pour trois des cinq parcelles suivies (deux parcelles sans attaque mais situées dans un environnement également sans attaque).

Le produit Hukinol a également permis de confirmer un certain niveau de protection sur maïs au stade grains laiteux, autre période de grande sensibilité de la culture aux attaques de sangliers. Les travaux méritent d’être poursuivis afin de confirmer l’intérêt répulsif de ces solutions.

Autres dispositifs à ultrasons

Il y a un générateur et un amplificateur de sons, ainsi que de l’intelligence artificielle intégrée dans nos appareils. Les animaux perçoivent les ultrasons comme un bruit assourdissant qui leur fait peur et leur font quitter la zone tout simplement. Les effaroucheurs émettent des ultrasons à fréquences variables. La technologie ultrasonique est inefficace et inappropriée pour éloigner les oiseaux. Notre méthode est basée sur l'imitation des sons d’oiseaux prédateurs en chasse (aigle, buse, faucon, merle).

A certains intervalles, l’appareil diffuse le son des ennemis naturels des oiseaux par le biais des haut-parleurs intégrés. Plus un oiseau vit dans son milieu naturel, plus il est réceptif l’effarouchement sonore. Nous avons par exemple de bons retours d’expérience sur l’effarouchement des canards sauvages, pies, palombes, corbeaux, pigeons. Il est important de souligner que les pigeons ne peuvent être dissuadés que s'ils ne sont pas habitués à un bruit constant et à la présence humaine. Malheureusement, un pigeon de ville ne connaît pas ses prédateurs naturels, et il ne réagira probablement pas au son de celui-ci.

Installation et maintenance des effaroucheurs

L’efficacité dépend en grande partie du positionnement et de l’orientation des appareils. Le dispositif doit être installé à hauteur des oreilles des animaux et orienté dans la direction d’arrivée de ceux-ci. Si votre région est ventée, vous devez prendre en considération la direction du vent dominant. L'efficacité d'un effaroucheur installé face au vent dominant sera nettement réduite les jours ventés.

Une clôture physique est par nature plus efficace selon sa hauteur et son entretien. 1 seul effaroucheur à ultrasons peut protéger entre 1 à 5 hectares selon l’appareil. Tout dépend de la configuration et de la topographie de la parcelle. Les effaroucheurs solaires ont une portée entre 100 et 150 mètres par haut-parleur en conditions optimales. Sur une grande parcelle l'installation de plusieurs effaroucheurs peut être nécessaire. Il convient de les installer à toutes les 100 à 200 mètres selon la topographie du terrain. Chaque haut-parleur émet des ultrasons ou des sons dans un rayon de 120 degrés.

La règle d’or ? Les effaroucheurs émettent des ultrasons et divers sons audibles de fréquence variable et intermittente. Les émissions sonores aléatoires limitent l’accoutumance des animaux, mais une accoutumance sur une longue durée est possible. Vérifiez si l’appareil fonctionne. Contrôlez le niveau de la batterie. Vous pouvez ensuite modifier la position et/ou la hauteur des effaroucheurs. Vous pouvez modifier l’intensité des sons émis.

Programmation et compatibilité

Nos effaroucheurs sonores peuvent émettre des ultrasons et des sons jour et nuit ou pendant des horaires spécifiques. Oui, tous les effaroucheurs commercialisés depuis le 1 avril 2025 sont programmables. Il est possible de programmer les heures de fonctionnement des effaroucheurs avec un interrupteur crépusculaire (mode jour/nuit) ou à l'aide d'un horloge. En général, non. Certaines espèces avec une excellente ouïe, comme les chiens de chasse ou les chevaux peuvent être dérangés. Non. La grande majorité des humains n’entendent pas les ultrasons. Les jeunes enfants peuvent entendre les ultrasons.

Application mobile

C’est un réel plus ! L’application mobile n'est pas indispensable pour le fonctionnement des effaroucheurs, mais elle permet :

  • Le diagnostic et la gestion de certains paramètres de l’appareil en Bluetooth.
  • Le monitoring de l’appareil si vous êtes en Wifi.
  • La mise à jour de l’appareil si vous souhaitez acheter une fonction supplémentaire non activée à la commande.

Maintenance et réparation

Les effaroucheurs Pro / Duo / Tripla / Hexa ont un panneau solaire qui recharge la batterie intégrée. Ces appareils fonctionnent de manière autonome. Si les conditions d'installation ou météorologiques ne permettent pas au panneau solaire de recharger les batteries, vous pouvez les recharger sur secteur avec le câble USB, fourni avec l'appareil. Les effaroucheurs Mono sont rechargeables uniquement en filaire. Le câble USB est fourni. Oui. Les appareils défectueux sont réparés par le fabricant.

Initiatives des autorités

La gendarmerie de la Manche va équiper ses 250 véhicules de sifflets anti-gibiers. L'objectif est de réduire les accidents avec les animaux sauvages. Depuis le début de l’année, quatre véhicules de gendarmerie de la Manche ont eu un choc avec des animaux sauvages. Il s’agit principalement de chevreuils. « Les accidents arrivent plutôt en soirée sur des routes secondaires. La voiture heurte l’animal qui occasionne d’importants dégâts… Ne parlons pas en plus du sort de l’animal », explique le colonel Cyril Piat. « Ces collisions ont des incidences budgétaires non négligeables. Inaudibles à l’oreille humaine, ils sont installés sur la calandre de la voiture. »

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