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La lutte contre les collisions entre véhicules et faune sauvage est un enjeu majeur de sécurité routière et de protection de la biodiversité. En France, les assureurs estiment qu'il y a près de 40 000 collisions par an impliquant des animaux sauvages, soit environ 110 incidents par jour sur l’ensemble du territoire. Ce sous-comptage est un problème bien identifié par rapport au fait que seule une fraction des collisions est signalée aux autorités, ce qui signifie que les statistiques officielles n’incluent pas toutes les rencontres entre véhicules et faune.

Baisse significative des collisions grâce aux réflecteurs en Haute-Vienne

Depuis août 2024, le nombre de collisions entre voitures et gibier est en baisse significative sur la RD 941. Le dispositif de réflecteurs, mis en place en août 2024 par le conseil départemental de la Haute-Vienne et la fédération départementale des chasseurs, porte ses fruits. Ces piquets réfléchissants ont pour but d'effrayer les animaux sauvages en reflétant les phares de voitures, et d'éviter qu'ils ne traversent la route. Et ça marche.

D'après le conseil départemental, le nombre de collisions est en baisse significative sur les portions concernées : une seule collision en 1 an et demi contre 12 au cours de l'année précédente. Mais les chasseurs vont même un peu plus loin que ce bilan des accidents connus en extrapolant le bilan aux collisions non répertoriées. D'après leur estimation, on est passé d'une quarantaine à seulement 10 collisions entre un véhicule et un animal sauvage.

Le bilan sur 18 mois est éloquent : 12 collisions avec gibier avaient été recensées avant l’installation, contre une seule collision sur la même section depuis le déploiement du système. Lorsqu’on intègre les estimations des collisions non signalées, ces chiffres passent d’environ quarante à seulement une dizaine d’événements sur la même période.

Extension envisagée du système de réflecteurs

Forts de ce constat, le conseil départemental et la fédération des chasseurs envisagent d'étendre ce système de réflecteurs à d'autres routes, peut-être même à une 2x2 voies. Mais pour qu'il soit parfaitement efficace, il faut cibler les lieux de passage précis et récurrents des animaux sauvages. Le recensement des zones les plus sensibles est en cours.

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Ce système est d'autant plus facile à étendre que son coût est relativement limité : le dispositif de réflecteurs de la RD 941 a coûté seulement 3.000 euros au département.

Radars anti-gibier : une autre solution testée en Haute-Savoie

La Haute-Vienne n’est pas la seule à expérimenter des solutions contre les collisions faune-véhicule. Après l’Isère, la Haute-Savoie les teste depuis un an. Le nombre de collisions entre véhicules et animaux a été divisé par quatre.

Le conseil départemental a en effet installé un radar anti-gibiers au bord de cette route régulièrement traversée par de grands animaux. Quatre mâts sont équipés de caméras et de capteurs infra-rouges en bord de route qui surveillent de nuit la présence d’animaux sur le bas-côté, via la chaleur dégagée par les animaux.

Dès que la caméra détecte un sanglier ou un chevreuil, le message "Animal détecté", puis le message d'alerte s'inscrivent sur le panneau lumineux de forme triangulaire, installé bien en amont du radar, pour avertir du danger. Les automobilistes peuvent alors ralentir.

Selon des chiffres communiqués par le conseil départemental, 15 collisions avec des animaux ont eu lieu depuis le début de l’année, et l’installation du radar, contre 50 l’an dernier sur le même tronçon. Trois nouveaux radars seront bientôt installés dans le département, à 60.000 euros l’unité.

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Coût des accidents et intérêt des dispositifs de prévention

Le département de l’Isère, également en région Rhône-Alpes, utilisent un dispositif similaire depuis plus de cinq ans. "En France, il y a de plus en plus de collisions car la population de grand gibier est en augmentation croissante, expliquait dans Le Parisien fin 2016 Sylvie Vanpeene, chercheuse à l'Institut de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (IRSTEA). Quand on sait qu'un seul accident de ce genre peut coûter 20 000 euros aux assurances, notre dispositif, qui revient à 70 000 euros par site, peut être amorti rapidement".

Si les résultats de la Haute-Vienne sont encourageants, ils montrent aussi que l’efficacité de ce type de dispositif dépend fortement du ciblage des zones à haut risque, notamment les corridors écologiques où la faune traverse fréquemment les routes.

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tags: #efficacité #voiture #gibier

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