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La guerre du Vietnam, c’est le conflit en Asie du Sud-est, le Vietnam du Sud soutenu par les Etats Unis et le Vietnam du Nord, soutenu par l’union soviétique. La guerre a commencé peu de temps après la conférence de Genève qui avait provisoirement divisée le Vietnam en deux à partir du 17ème parallèle en 1954 : d’un côté la République Démocratique du Viêt Nam (Nord) et de l’autre côté la République du Viêt Nam (Sud).

Les racines du conflit

La guerre du Vietnam est en partie, un héritage de la colonisation française qui prit fin en 1954 avec la défaite humiliante de la France à Dien Bien Phu et l’acceptation des accords de Genève. Les élections prévues par cette conférence pour 1956 au Vietnam du Sud pour la réunification du Vietnam ont été annulées par le président Ngo Dinh Diem. L’annulation de Diem fut annoncée par Ho Chi Minh (président du Vietnam du Nord), qui s’attendait à une grande victoire des communistes.

L'engagement américain et ses limites

Quand, le 20 janvier 1961, John Fitzgerald Kennedy, nouveau président des États-Unis, prononce son discours d’investiture, l’engagement massif de Washington au Vietnam n’est pas encore à l’ordre du jour. Diêm est toujours en grâce. En visite à Saïgon en avril, le vice-président Lyndon Johnson qualifie même le dictateur de "Winston Churchill de l’Asie du Sud-Est". Mais à son retour, Johnson lâche à Kennedy : "Nous devons nous décider, soit à venir en aide à ce pays… soit à jeter l’éponge dans cette région."

JFK choisit évidemment la première option et, en octobre 1961, ordonne le déploiement d’une unité de l’US Air Force. Une opération qui répond au nom de code de Farm Gate. Dans le plus grand secret, des chasseurs sont dépêchés pour prêter main-forte aux actions de contre-guérilla menées par l’Armée de la république du Vietnam (ARVN). Dans le même temps, des membres des forces spéciales de l’armée de terre américaine - les Bérets verts - sont envoyés à Saïgon afin de doter l’ARVN d’une unité d’élite. Mais pour l’heure, et ce malgré l’insistance du général Maxwell Taylor, son conseiller militaire, Kennedy refuse catégoriquement qu’un contingent de 8 000 soldats parte se battre au Vietnam.

Après 1956, le gouvernement de Diem fut confronté à une forte opposition des Viet Cong, la guérilla communiste. Pourtant, même avec l’aide de l’armée américaine, Diem à été incapable de réprimer ces Viet Cong, qui avaient pour organisation politique le FNL (le Front National de Libération du Sud Vietnam) fondé par Ho Chi Minh en 1960.

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Au sud (l’Etat du Vietnam), sous la pression américaine, la France nommait Ngô Diêm comme chef du gouvernement en 1954 sous la présidence de l’empereur Bao Dai. Avec le soutien du président américain Eisenhower, son gouvernement refusait les élections générales initialement prévues. De ce fait, dès Août 1955, Ngô Dinh Diêm déclarait que son pays ne se considérait pas lié en aucune façon par les accords de Genève dont il n’avait pas été signataire. Les Etats Unis déclaraient ne pas reconnaitre la République Démocratique du Viêt Nam, déclarant également ne pas avoir été signataire des accords.

Entre temps, devenu chef d’Etat après le référendum truqué contre Bao Dai, Ngô Dinh Diêm proclamait la naissance de la République du Vietnam(RVN) le 24 Octobre 1955 et instaurait un régime nationaliste et anticommuniste. Le nouveau président américain Lyndon Johnson, annula le retrait des troupes, augmente le contingent et demanda l’aide de plusieurs alliés des Etats Unis, notamment la Corée du Sud et l’Australie. Cette implication grandissante était motivée par la peur des menaces de l’élargissement du communisme.

Escalade du conflit

Le 30 Janvier 1964, un nouveau coup d’Etat a eu lieu au Sud. Minh restait le chef officiel mais le pouvoir réel est passé aux mains du général Nguyên Khanh. En Mai ont commencé des raids américains sur le Laos pour tenter de couper la piste Hô-Chi-Minh. Le 6 Février 1965, 300 Viêt Cong ont attaqué le camp Holloway, à Pleiku provoquant la mort de huit(8) américains. En Février, le général Khan fut éliminé. Le 10 Février, le Viêt Cong attaqua Qui Nhon et provoqua la mort de 21 américains.

Deux bataillons de missiles sol-air Hawk furent installés sur la base de Da Nang très proche de la frontière de la République Démocratique du Viêt Nam. Lyndon Johnson franchit une nouvelle étape le 13 du même mois en ordonnant des raides aériens plus étendus sur le Nord (Opération Rolling Thunder). En raison de mauvaises conditions météorologiques, les raids aériens ne commenceront que le 2 Mars. Cette opération durera trois(3) mois et déversera un demi-million de tonnes de bombes.

Le 7 Mars, Johnson ordonna le déploiement terrestre d’une brigade de 3500 Marines en vue de protéger la base de Da Nang, celle-ci débarqua le lendemain. En Avril 1965, la République Démocratique du Viêt Nam décréta la mobilisation générale et décida de faire intervenir des unités régulières de l’armée populaire vietnamienne au Sud. Simultanément, et à l’issu de l’opinion publique américaine, le Pentagone et le président Johnson prirent la décision d’engager les Etats Unis dans la bataille terrestre au Sud avec pour ordre une mission offensive de « recherche et destruction » (search and destroy) afin d’écraser la rébellion.

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En Juin, le général Nguyên Vân Thiêu, nommé chef de l’Etat par un comité militaire avec le général Nguyên Cao Ky comme premier ministre. En Juillet, le président Johnson annonça que les forces américaines seraient portées à 125000 hommes. En Octobre se déroula le premier combat terrestre entre Américains et soldats réguliers du Nord à Pleme sur les plateaux du Centre-Annam, culminant en la bataille de la vallée de la Drang. En Décembre 1965, les effectifs américains étaient de 185000 hommes.

Développement des forces Vietcong

Les « insurgés » avaient organisé plusieurs compagnies et quelques bataillons dès 1959, la majorité dans le Delta du Mékong et les provinces autour de Saigon. Au fur et à mesure que les forces militaire Vietcong se développaient, les attaques contre les forces paramilitaires, et à l’occasion contre l’ARVN, devinrent plus fréquentes.

Beaucoup étaient conduites afin d’obtenir du matériel, des armes, des munitions mais également pour montrer l'incapacité du gouvernement du sud à protéger ses citoyens. En 1959 après une évaluation des conditions au sud, les leaders d’Hanoï décidèrent de reprendre la lutte armée lui donnant la même importance qu'aux efforts politiques pour saper le régime de Diem et réunifier le Vietnam.

Le VC prospéra grâce à sa capacité à se rapprocher et à contrôler les citoyens qui formaient donc la partie la plus importante de leur soutien. La population fournissait la main d’œuvre pour supporter et étendre l’insurrection. Les membres des villages servaient à la guérilla de première ligne de résistance contre l’intrusion du gouvernement dans les zones aux mains des communistes.

En effet en mobilisant la population, le VC compensait son manque d’effectifs et de matériel. La règle de base selon laquelle 10 soldats étaient nécessaires pour lutter contre une guérilla reflétait la politique des insurgés bien plus que leur supériorité militaire. Pour le gouvernement de Saigon la tache consistant à isoler le VC de la population était difficile dans tous les cas et impossible à achever en utilisant uniquement la force.

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En 1960 la première attaque d’une force de la taille d’un bataillon fut conduite par le VC. En 1961 le nombre d'attaques de ce type avait augmenté en fréquence et ces dernières étaient coordonnées à un niveau multi-bataillons. Afin de contrer l’insurrection grandissante, le gouvernement du sud-vietnam augmenta ses effectifs militaires, ses forces paramilitaires et son programme de pacification.

La combinaison des forces ARVN/US Army amena une évolution des forces engagées dans la bataille dès la fin 1962. Cependant avec le tourmente politique grandissante au printemps 1963, suivi par la chute de Diem en novembre les efforts militaires de l'ARVN furent mis à mal. Beaucoup de hameaux stratégiques initialement aux mains des gouvernementaux passèrent à l’ennemi avec des disparitions subites d’armes et mêmes l’évanouissement pur et dur dans la nature, au profit de l’ennemi, de certaines unités locales paramilitaires.

Après 1959, le personnel infiltré en provenance du Nord devint lui aussi important. Hanoï activa une unité militaire spéciale pour le transport logistique contrôlant les infiltrations au travers du pays le long de la piste Ho Chi Minh à travers le Laos et le Cambodge. Et une unité navale spéciale fut aussi mise sur pied pour l’infiltration par la mer.

Au début, ces infiltrés étaient issus du Sud Vietnam, d'anciens soldats Viet-Minh qui s’étaient regroupés au Nord après la guerre d’Indochine. Chaque année jusqu’en 64 des milliers d’entre eux retournèrent au sud pour rejoindre ou même former des unités VC, la plupart du temps dans les régions dont ils étaient originaires. Ils y servaient comme militaires expérimentés, cadres politiques, techniciens ou soldats lorsque le recrutement local était difficile.

L'offensive du Têt

L'offensive du Têt commença doucement à la mi janvier 68 dans la zone la plus reculée du sud-vietnam au nord ouest. Mais le 31 janvier les combats éclatèrent dans tout le pays, cependant les généraux de Hanoï n'étaient pas vraiment convaincus que cette offensive générale réussirait. Les forces VC en place, renforcée à la hâte par des nouvelles recrues et des guérilleros à temps partiel furent placés en première ligne. Le VC assuma le premier rôle dans l'offensive du Têt et subit environ 30 000 pertes. Le VC qui avait plus ou 300 000 hommes à la veille du Têt ne fut plus un acteur majeur après cet événement sur le terrain militaire.

A part dans les provinces du nord, l'ANV resta sur le banc de touche prête à exploiter un éventuel succès. Espérant faire pencher à leur avantage les négociations, les dirigeants communistes avaient probablement des objectifs plus modestes comme celui de réasseoir l'influence VC et de saper l'autorité de Saigon afin de jeter le doute sur sa crédibilité en tant qu'allié des USA.

A cet égard l'offensive était à l'attention des américains dans le but d’affaiblir leur confiance dans le gouvernement sud-vietnamien, de discrédité les revendications de progrès de Westmoreland et de renforcer le sentiment anti-guerre au sein de l'opinion américaine. Une fois le choc et la confusion dissipées, la plupart des attaques furent écrasées en quelques jours. Durant cette période cependant, les combats furent parmi les plus intenses du conflit.

Abasourdi par ces attaques le support des civils au gouvernement Thieu se renforça plutôt que de s'affaiblir. Beaucoup de vietnamiens du sud pour qui la guerre restait une abstraction, bien que désagréable, étaient scandalisés. Capitalisant sur ces nouveaux sentiments, les leaders du sud-vietnam osèrent pour la première fois décréter une mobilisation générale.

Le changement dans le comportement du VC, de la tolérance à contre coeur vers une résistance active offrit l'opportunité de créer des nouvelles organisations de défense locales et d'attaquer les infrastructures communistes. Stimulés par les américains, les sud-vietnamiens commencèrent à revitaliser la campagne de pacification.

Plus important encore le VC subit une défaite militaire majeure perdant des milliers de combattants expérimentés et de cadres politiques chevronnés affaiblissant ainsi sérieusement les insurgés dans le sud.

Vietnamisation et retrait américain

Richard Nixon est élu président et démarre à compter de Janvier 1969 sa politique de lent désengagement de la guerre. Le but est d’aider progressivement la République du Viêt Nam à mettre en place son propre armée et qu’elle puisse se défendre de ses propres moyens. Appliquée au Viêt Nam, la doctrine devient la « vietnamisation » déjà effectuée par les Français (qui l’appelaient « le jaunissement de la guerre ») dès 1949 avec la création un l’Etat Vietnamien de Saigon et son « armée nationale ».

Le but de la vietnamisation est de permettre à l’armée de la République du Viêt Nam de tenir de mieux en mieux contre le Front National de Libération du Sud Vietnamien et l’armée de la République Démocratique du Viêt Nam, et surtout, de ne plus faire subir autant de pertes à l’armée américaine. Cela doit aussi donner selon le mot de Henry Kissinger, « l’intervalle nécessaire » au désarmement des troupes américaines.

Il faut signaler que 200000 membres du Front National de Libération du Sud Vietnamien et soldats de la République Démocratique du Viêt Nam, ont fait défection entre 1968 et 1975.

La chute de Saigon

Début Avril, la région de Saïgon est encerclée. Après une quinzaine de jours de combat acharné, le président Thiêu démissionne le 21Avril et est remplacé par le vice président Trân Vân Hurong, lui-même remplacé par Durong Vân Minh le 28Avril, surnommé « le président de trois(3) jours ». Après que les communistes ont refusé toutes négociations, Durong Vân Minh ordonne la reddition des troupes de l’Armée de la République du Viêt Nam le 30 Avril, qui est acceptée par la République Démocratique du Viêt Nam, tandis que des hélicoptères américains surchargés évacuent la ville et que les premiers boat people font leur apparition.

Le 30 Avril, lorsque le dernier hélicoptère décolle du toit de l’ambassade des Etats Unis à Saigon, des milliers de candidats à l’exil se pressent encore dans les jardins. Cette scène de panique à Saigon, le 30 Avril 1975 sur le toit de l’ambassade des Etats Unis à Saigon est bien connue.

Conséquences humaines et environnementales

Des millions de Vietnamiens sont morts des conséquences de la guerre. Les registres officielles sont difficilement consultables, quand ils existent, et nombreux parmi les tués furent littéralement déchiquetés par les bombardements. Il est ainsi très difficile de s’accorder exactement sur ce qui doit compter comme »victime de guerre du Viêt Nam » ; des gens sont encore aujourd’hui tués par des sous-munitions non explosés et des mines, particulièrement les bombes à sous-munitions.

Les effets sur l’environnement des agents chimiques, tels que l’agent orange, qui était un défoliant très utilisé par les Américains, ainsi que les problèmes sociaux colossaux causés par la dévastation du pays après tant de morts ont certainement réduit la durée de vie de beaucoup de survivants.

Par ailleurs, la contamination d’une partie de sols entraine aujourd’hui encore de graves problèmes de santé (malformations à la naissance, hypertrophie, rachitisme, cancer des poumons et de la prostate, maladies de la peau, du cerveau, et des systèmes nerveux, respiratoire et circulatoire, cécité, diverses anomalie à la naissance) surtout dans les campagnes.

Le Viêt Nam a annoncé le 3 Avril 1995 qu’un total 1 million de combattants et 4 millions de civils avaient été tués durant la guerre. Les pertes du Sud Viêt Nam sont estimées à 255000 militaires et 430000 civils tué, dont 80000 en 1974, soit plus que toute autre année de guerre, alors que les forces américaines avaient été évacuées.

Le bilan pour les forces armées américaines est estimé à 58177 soldats tués et 153000 blessés pour un total de 8744000 militaires ayant participé à un moment ou à un autre à ce conflit. Sur les 46852 soldats australiens qui ont participé à la guerre du Viêt Nam, 492 ont été tués et 2398 ont été blessés.

Le nombre des morts à partir de 1965 jusqu’à la fin du conflit au Viêt Nam se situerait au-delà de 3 millions. Concernant les pertes aériennes nord Vietnamienne, 202 MIG furent abattus en combats aériens par 174 avions américains entre Avril 1965 et Janvier 1973.

Concernant les hélicoptères utilisés pour la première fois à une très grande échelle dans un conflit, plus de 10000 engins américains ont été engagés au total durant la durée de cette guerre avec un maximum instantané de 2850 en 1968. Le nombre de pilotes d’hélicoptères tués ou disparus s’élève à 2181 dont 1905 pour l’US Army.

Tableau récapitulatif des pertes

Forces Pertes estimées
Nord Vietnam (combattants et civils) 5 millions
Sud Vietnam (militaires et civils) 685 000
Forces armées américaines 58 177
Forces armées australiennes 492
Pilotes d'hélicoptères (US Army) 1 905

Conclusion

En somme, la guerre du Viêt Nam qui opposa de 1959 à 1975 le Nord au Sud Vietnamien, sanctionna aussi bien la défaite du Sud que celle américaine. Divisé depuis 1954, le Viêt Nam fut réunifié de la frontière de Chine à la pointe de « Camou » le 2 Juillet 1976 pour créer la « République Socialiste du Viêt Nam ». Saigon est renommé Hô Chi Minh, ville en l’honneur du président du Nord Viêt Nam.

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