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L’histoire que nous allons aborder est celle d’un tueur, Mallory Kubel-Lescarmontier, âgé de 31 ans, qui assassine deux fois et ne connaît pas ses victimes. C’est aussi l’histoire de deux femmes, Véronique Pierret, 57 ans, et Émilie Viseur, 29 ans, accusées de complicité d’assassinat pour s’être aidées mutuellement à se débarrasser de leur ancien compagnon respectif.

Les Faits

Dominique Laplace, un éducateur spécialisé âgé de 45 ans, est poignardé au cœur à Caumont dans la nuit du 14 au 15 mars 2013. Le lendemain, José Barreyre, un tatoueur de Laon de 47 ans, est mortellement blessé, à Laon, par arme à feu.

L'Intrigue Machiavélique

L’intrigue est si machiavélique qu’elle n’est résolue qu’à la faveur des déclarations d’Émilie Viseur. Elle évoque en garde à vue, en novembre 2013, l’existence d’un pacte criminel avant de se rétracter. « C’est elle qui amène la clé », relève Julien Haquin, avocat général. Il concède d’ailleurs : « ces deux assassinats auraient pu rester impunis. »

Sur les deux scènes de crime, aucune trace n’avait pu être relevée par les enquêteurs. « Nous avons agi comme des professionnels. Cela va durer longtemps », avait dit Mallory Kubel à Émilie Viseur.

Précautions et Préparatifs

À Caumont et à Laon, il est accompagné de sa tante, Véronique Pierret. Toutes les précautions sont prises. Ils surgissent, munis de gants, d’un bonnet pour lui, d’une perruque pour elle. Le poignard qui a tué Dominique Laplace n’a jamais été retrouvé. La carabine qui a mortellement blessé José Barreyre, vraisemblablement volée chez Dominique Laplace, a été jetée dans un étang de Saint-Nicolas au Bois, près de Saint-Gobain.

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C’est dans cette forêt que les vêtements de l’assassin et de sa complice Véronique Pierret sont brûlés. De la boue est appliquée sur les plaques du véhicule utilisé pour se rendre chez José Barreyre. Chaque détail a été soupesé. À chaque fois, Émilie Viseur conserve le téléphone portable de son compagnon Mallory afin que la présence de ce dernier ne soit pas relevée par des bornes.

Motivations et Mobile

Avant de mettre fin à ses jours, Mallory Kubel indique qu’il a tué pour rendre service aux deux femmes, sa tante, Véronique Pierret et sa compagne, Émilie Viseur. Elles sont rongées par la haine vis-à-vis de leur ancien compagnon.

Un Plan Minutieux

Il y a la souffrance d’aimer Dominique Laplace et d’être rejetée par lui pour la première. La seconde s’est livrée à une longue bataille avec José Barreyre pour la garde d’un enfant. « Vous n’êtes pas la complice. Vous êtes la commanditaire », lance Me Bouchaillou, avocat de la partie civile, à Émilie Viseur.

Mais curieusement, ce plan si minutieux a été échafaudé rapidement. Si Mallory connaît, évidemment, sa tante et sa compagne, les deux femmes ne se rencontrent pour la première fois qu’au début du mois de mars 2013. À peine deux semaines sont nécessaires pour assassiner deux hommes.

Le Procès et le Verdict

Mais Me Vignon, avocat de Véronique Pierret, ne croit pas à la réalité de ce complot criminel. « Ces morts, elle ne les a pas, ni souhaitées, ni données. Son discours a été discrédité dès le début », souligne-t-il.

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À l’issue de 10 jours de débats, la cour d’assises a condamné Véronique Pierret à 20 ans et Émilie Viseur à 10 ans pour complicité d’assassinat.

Réactions au Verdict

Après le verdict, deux sentiments bien opposés s’expriment. Le soulagement des accusées et de leur défense est perceptible après des réquisitions beaucoup plus sévères. Elles s’élevaient à trente ans pour Véronique Pierret et à une peine, comprise entre 12 et 15 ans, pour Émilie Viseur.

Mais sur le banc de la famille des victimes, des visages apparaissent crispés. Des pleurs résonnent. La famille de José Barreyre ne cache pas son désarroi. Certains de ses membres sont revêtus d’un tee-shirt à son effigie. Ils pleurent la mort brutale de l’un des leurs, un père de 3 enfants.

Questions en suspens

Après huit jours de débats aux assises de l’Aisne, des interrogations demeurent encore. D’abord sur la personnalité des deux accusées de complicité d’assassinat, Véronique Pierret, 57 ans, et Émilie Viseur, 29 ans. Sont-elles machiavéliques ou mises en cause dans une intrigue criminelle qui les dépasse ?

Mallory Kubel-Lescarmontier, accusé d’assassinat, n’est plus là pour s’expliquer. Il a mis fin à ses jours en août 2014. Sa disparition pourrait signer le remords d’un être qui a tué 2 fois « pour rendre service » à sa tante, Véronique Pierret et à sa compagne Émilie Viseur.

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Témoignages et Déclarations

« J’ai vu son bras se tendre. Je pense qu’elle le frappe », avait même déclaré Mallory à propos de Véronique Pierret, lors de l’assassinat de Dominique Laplace à Caumont. Il va même plus loin, en affirmant que sa tante a frappé la victime avec la crosse d’un pistolet. Mais Véronique Pierret conserve un tout autre souvenir. « Dominique a eu le temps de me dire quelque chose. Il m’a dit, pardon, ma chérie, je t’aime. » Des mots qui accusent La scène semble étonnante pour un homme qui agonise. Véronique Pierret insiste pourtant. « Je l’ai entendu. Ou, alors, je suis dans un délire. »

Sur l’assassinat de José Barreyre, le tatoueur, Véronique Pierret, explique que l’expédition nocturne répond à un unique objectif. À la demande d’Émilie Viseur, il fallait récupérer une urne funéraire contenant les cendres d’un enfant, né de son union avec José Barreyre. Dans d’autres circonstances, Émilie Viseur avance plutôt le projet de voler de la drogue et de l’argent. Mais la tentative de cambriolage, réelle ou factice, s’est achevée dans le sang. Là encore, les mots d’outre-tombe de Mallory Kubel pèsent.

« Émilie voulait se débarrasser de José Barreyre », a-t-il dit, dans une déposition. « C’est exagéré », se défend Émilie Viseur. Mais lors de sa garde à vue au commissariat de Laon, elle répond, ainsi, à cette question des policiers. « Avez-vous demandé à Mallory de vous débarrasser de José ? » « Oui », répond Émilie Viseur. « Les deux meurtres ont-ils été décidés en même temps ? » « Oui », répond, à nouveau, Émilie Viseur. Des mots qui risquent de ne pas être oubliés ce jeudi avec les réquisitions de l’avocat général.

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