Alors que les États-Unis sont régulièrement secoués par des tueries de masse, le débat sur le contrôle des armes à feu reste vif. Les mouvements « Pro-Gun », soutenus par la NRA, puissant lobby en faveur des armes, s’activent dans les médias américains, défendant le droit de porter des armes. Mais quels sont les arguments avancés par ces mouvements et quelle est leur pertinence face à la réalité de la violence armée dans le pays ?
Le port d'armes est inscrit dans l'ADN des États-Unis. « Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un État libre, le droit qu'a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé »: le second amendement de la Constitution des États-Unis est le fondement de la défense du port d'armes.
Le principal argument des lobbies pro-armes est d'ordre historique. Le droit de porter des armes est profondément enraciné dans la Constitution américaine: le deuxième amendement garantit le droit de porter des armes. Voté juste après la guerre d'Indépendance, il était à l'origine censé permettre aux gens de former des milices si un dirigeant menaçait la liberté du peuple.
Un des grands arguments des « pro-guns » est le suivant: c'est parce qu'il n'y a pas assez d'armes qu'il y a de la violence. Comme le résume un des slogans favori de la Nationale rifle association, puissant lobby pro-armes à feu: « Comment arrêter un sale mec armé d'un flingue? Avec un gentil mec armé d'un flingue! »
Avant d'être la défense d'une « liberté », le lobby pro-armes à feu est avant tout la défense d'intérêts juteux. Au pays du dollar, Gun is good for business.
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Selon la NRA (National Rifle Association), les armes ne sont pas un problème : « Les armes ne tuent pas les gens, les gens tuent les gens ». De plus, les gens doivent pouvoir se défendre lorsque la police est inefficace.
Fatiguée par ce lobbying s’appuyant sur un vide argumentatif, Amanda Marcotte du magazine Rolling Stone avait « débunké » en 2015, lors d’un précédent drame, quatre de ces idées préconçues qui circulent sur les réseaux sociaux, y compris francophones, pour justifier le libre port des armes à feu.
C’est probablement l’argument le plus courant chez les pro-armes. Il ressort à chaque tuerie de masse pour défendre l’objet ayant permis à des individus dangereux de commettre leur crime avec un maximum de dégâts. L’arme ne serait qu’un simple outil au même titre qu’un marteau ou une pelle. En pratique, il s’agit d’un sophisme séduisant mais totalement fallacieux, comme l’explique la journaliste : « Cet argument est fantastique pour ceux qui ne savent pas faire la différence entre un mort et une douzaine de morts. Il est vrai, un meurtrier pourrait tuer une personne ou deux avec un couteau avant d’être arrêté. Ainsi, la question n’est pas de déterminer si la haine existe dans le cœur de telle ou telle personne (ce qui semble inévitable dans toutes les sociétés), mais bien d’éviter d’offrir un accès facile à l’expression meurtrière de cette haine à un instant T.
La solution concrète, rationnelle et immédiate est donc bien de limiter l’accès aux armes les plus meurtrières comme le font des pays pacifistes comme le Japon. Une solution qui prévient concrètement des décès inutiles en limitant immédiatement le potentiel meurtrier des âmes perturbées. On imagine ainsi mal un lycéen, sous le coup d’une colère ou d’une frustration, tuer 20 « camarades » avec une simple belle ou son cartable. C’est bien l’arme à feu qui rend la tuerie de masse possible. Si ce n’était vraiment qu’une question d’individu, de psychologie, et pas d’armement, pourquoi ne pas aller au bout du raisonnement ? Si on devait pousser la comparaison encore plus loin, au risque de faire soi-même une exagération hasardeuse, faudrait-il mettre à disposition de tous les citoyens des armes nucléaires en espérant que personne ne l’utilise ? À partir de quel moment une arme devient-elle à ce point dangereuse qu’elle ne devrait pas, au nom de la sécurité de tous, être entre les mains des badauds ? N’est-ce précisément pas le cas pour un certain nombre d’armes à haute cadence de tir, souvent utilisées dans ces massacres ?
La solution miraculeuse se trouverait dans l’armement de tout le monde, avec de potentiels « bons gars » dans le lot. Ceux-ci, ne quittant plus leur arme, y compris les instituteurs en classe, ils seraient en mesure de tuer « les méchants » dans un « happy ending » digne d’un mauvais films Netflix. Tout ce beau monde semble avoir oublié l’adage : les cimetières sont remplis de héros.
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« Si vous regardez le monde réel, vous verrez que, loin d’être notre seul espoir, les bons gars avec des fusils ne sont d’aucune aide. Aucune fusillade dans les 30 dernières années n’a été arrêtée par un civil armé. En 1982, un civil armé a tué avec succès un terroriste, mais seulement après qu’il ait commis son crime. Et ce n’est pas qu’on manque d’armes. Il y a autant d’armes que de gens dans ce pays. Un tiers des habitants sont armés. Même quand des fusillades se produisent dans des zones armées, où des civils armés sont à proximité, ce scénario d’autodéfense ne fonctionne tout simplement pas », précise Amanda Marcotte.
Pour cause, les USA sont déjà le pays où on trouve le plus d’individus armés dans le monde entier. Pour cause, nous ne vivons pas dans un film hollywoodien et la réalité en cas de fusillade est infiniment plus tragique. Les civils n’ont généralement ni l’expérience ni le savoir-faire pour gérer une situation de stress où leur vie et celle des autres sont en jeu. Dès lors, de nouveaux échanges de tirs en pleine fusillade ajoutent du tragique au tragique et de la confusion à une situation déjà confuse.
Après chaque fusillade, les opposants au contrôle des armes à feu aiment évoquer le problème des soins de santé mentale, qui sont clairement insuffisants aux USA, pour détourner la question sur un problème humain. S’il est vrai que la prise en charge des malades est insuffisante dans le pays, rien n’indique que les Républicains (la droite réactionnaire américaine) ne souhaitent s’attaquer politiquement à cette question. C’est même généralement l’inverse, la politique d’Obama (Démocrate) en matière de sécurité sociale fut vivement critiquée par les Républicains qui préconisent la loi implacable du marché. Donald Trump était d’ailleurs revenu sur toutes les avancées sociales de son prédécesseur, abandonnant les individus à leurs problèmes personnels et économies.
À nouveau, la vente d’armes de guerre est évacuée du débat pour tenter de reporter la responsabilité sur le caractère humain donc individuel, comme dans le cas du premier argument. Sauf qu’en pratique, la question de la santé mentale reste vague, comme l’explique la journaliste. Tout le monde à sa petite idée de ce qu’est un psychopathe, mais dans la réalité, comment anticiper de tels comportements ? « Quel est exactement le plan ? Rassembler tout le monde avec un problème de santé mentale et les enfermer ? Cela équivaut à 1 Américain sur 5, la grande majorité d’entre eux n’ayant aucune tendance violente. » Ainsi, ce déplacement du débat vers le « malade » pourrait être une porte d’entrée vers des lois liberticides et sécuritaires vivant chaque personne jugée « anormale » sans vraiment pouvoir régler le problème.
« Aurons-nous une sorte de vaste registre de santé mentale ? Par ailleurs, les données montrent qu’à peine 23% des tireurs répertoriés avaient un problème mental avéré. 77% des forcenés étaient donc « normaux » aux yeux de la société. La nature humaine étant complexe, il n’y a aucun moyen fiable de savoir qui, demain, peut prendre une arme et réaliser un massacre. Il en va de même pour les meurtres.
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La question de la constitution est évidemment centrale aux États-Unis. Objet de tous les patriotismes, elle se définit comme « loi suprême du pays » et promet prospérité et liberté au peuple. Dans le monde, c’est l’une, sinon la plus ancienne constitution qui soit encore appliquée. Vingt-sept amendements la constituent, dont un, tout particulièrement, qui pose polémique depuis longtemps : « Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit qu’a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé. » (Deuxième amendement de la Constitution des États-Unis).
Mais entre Républicains et Démocrates, les interprétations de la constitution sont nombreuses. Selon l’interprétation la plus raisonnable, la précision d’une « milice organisée » ne signifie pas que chaque individu a droit à une arme sur lui. Pour la journaliste, le débat ne se situe pas là, mais dans le contexte temporel : « Voici le bon moment pour rappeler à tous que le deuxième amendement a été écrit par des esclavagistes avant que nous ayons l’électricité, et ne concernait pas les armes que les meurtriers peuvent acheter aujourd’hui. » Elle précise enfin que les amoureux de cet amendement (écrit en 1791) peuvent également se sentir libres de vivre avec une perruque poudrée, de déféquer dans un pot de chambre tout en essayant de survivre avec ce qu’ils arriveront à tuer grâce à un fusil du 18e siècle. Car les armes de l’époque sont diamétralement différentes de celles d’aujourd’hui. Les fondateurs n’avaient aucun moyen de s’imaginer que, 200 ans plus tard, il serait possible de s’acheter une arme automatique à haute cadence de tir au coin de la rue.
Les États-Unis, ce pays de tous les records… Mais il y a un record dont les habitants aimeraient se passer : celui du nombre de fusillades de masse qui, chaque année, emportent les vies d’innocents qui étaient au mauvais endroit, au mauvais moment.
Cette dernière tuerie de masse prend des airs de simple statistique alors que les drames s’enchaînent semaines après semaines. Nous sommes à la moitié de l’année 2022, et plus de 200 tueries de masse ont déjà eu lieu aux États-Unis selon l’observatoire Gun Violence Archive. 27 écoles ont été la cible d’une attaque à main armée au cours des 6 derniers mois seulement… C’est plus d’une école attaquée par semaine. Les chiffres ne mentent pas. Ils sont même en constante augmentation. La problématique est réelle et ne peut-être camouflée par quelques pirouettes sémantiques.
En parallèle, le très puissant lobby américain de l’armement, voguant sur une culture de la liberté totale couplée à un historique guerrier, « conspire » en haute sphère à ce que le port d’armes reste un droit fondamental dans de nombreux États, usant de tous les subterfuges intellectuels. Il faut l’avouer, l’enjeu économique est colossal.
Rien que pendant les dix dernières années, plus de 300 000 américains sont morts des suites de la violence des armes. Indéniablement ce bilan est sidérant, mais les chiffres ne sont pas représentatifs de l’ensemble. Il n’y a aucun nombre qui peut refléter la peine causée par l’envoi de sa fille à l’université seulement pour que sa vie lui soit arrachée par un jeune homme armé en colère, mais Bob Weiss ne connaît que trop bien cette douleur. Les statistiques ne peuvent illustrer ce que c’est que de recevoir un appel en plein milieu de la nuit qui vous apprend que votre enfant - que vous nommiez votre « bébé miracle » - a été tuée pendant qu’elle était en train de faire rien de plus simple que de visionner un film, mais Sandy Philips connaît ce sentiment terrible. Les histoires de ces survivants de la violence induite par les armes sont à la fois exceptionnellement horribles et effroyablement ordinaires.
Les Américains aiment penser d’eux-mêmes qu’ils vivent dans un pays exceptionnel, et quand il est question de la violence des armes nous sommes certainement une exception - aucune autre nation riche ne subit ces tragédies aussi fréquemment que nous. Pourtant, même dans un pays aussi divisé que le nôtre, les Américains se mettent d’accord sur ce que nous devons faire pour résoudre le problème. Plus de 90% des Américains soutiennent la proposition de contrôler les antécédents de toute personne avant achat d’une arme, parce qu’ils se rendent compte de l’absurdité de devoir présenter plus de papiers pour acheter un sirop pour la toux que pour une arme. Et contrairement à ce que certains alarmistes de lobby pro-armes veulent faire croire, les personnes qui soutiennent les lois sur le contrôle des armes ne sont pas des « rapiats élitistes de la côte ».
D’autres politiques, comme celles qui permettraient à un tribunal de retirer les armes à feu d’individus en crise et donc potentiellement dangereux ainsi que des programmes qui s’investiraient dans des solutions prouvées efficaces pour briser le cycle de la violence dans les villes, ces propositions sont soutenues par de larges pans du public américain. Il n’est plus désormais question de si les Etats-Unis doivent renforcer les lois sur les armes, la plupart des Américains comprennent qu’il le faut.
« On ne peut pas faire un massacre à coups de couteau »: ce slogan résume bien la pensée des anti-guns, pour qui il y a une corrélation entre la prolifération des armes à feu et le nombre élévé des meurtres par balles aux États-Unis. 8855 homicides par armes à feu ont eu lieu en 2012 aux Etats-Unis.
« Nous devons admettre le fait que ce type de violence n'arrive pas dans d'autres pays développés, cela n'arrive pas avec la même fréquence », a déclaré Barack Obama après la fusillade de Charleston. En effet, les tueries de masse sont fréquentes aux États-Unis.
Sans aller jusqu'à remettre en cause le droit de porter des armes, certains s'inquiètent de leur prolifération et voudraient mettre en place un contrôle et une régulation plus juste. Aujourd'hui, il y a 88 armes pour 100 habitants aux États-Unis, le taux le plus élevé au monde. Dans certains états, les enfants ont le droit de « jouer » avec des armes à feu.
Ceux qui militent pour la régulation des armes s'appuient sur l'opinion, règulièrement choquée par les tueries de masse.
Avec quatre millions d'adhérents et 11 000 instructeurs, la NRA est devenue l'un des plus puissants lobbies capables d'influencer la politique américaine. Pourtant, lorsqu'elle est fondée en 1871 par un avocat et un ancien journaliste du New York Times, la NRA se consacre principalement à la chasse et au tir sportif, relate Jill Lepore dans le New Yorker. Mais depuis qu'elle s'est investie sur le terrain du lobbying politique en 1968, elle a réussi à imposer l'idée que la détention et le port d'arme est une liberté fondamentale, garantie par le second amendement, mais aussi un acte citoyen. Et, depuis une vingtaine d'années, elle a réussi à bloquer toute initiative destinée à durcir la législation sur les armes à feu.
Ce lobbying politique auprès des assemblées législatives des Etats mais aussi au Congrès, à la présidence et dans les tribunaux, est opéré par une demi-douzaine d'entités au sein de l'organisation. Il est financé par des donateurs issus notamment de la sphère conservatrice et de l'industrie des armes. Lors d'un congrès de l'organisation, le Violence Policy Center a ainsi relevé les noms de donateurs liés à cette industrie et leurs contributions, à l'instar de Harlon Carter ou de Joe Foss, deux anciens chefs de la NRA ayant fait don de millions de dollars à l'organisation.
Une convergence d'intérêts qui poussent certains commentateurs à se demander,comme Lee Fang dans The Nation, si la NRA agit en faveur des détenteurs d'armes, qu'il estime majoritairement partisans aujourd'hui d'une plus grande régulation des armes, ou en faveur de l'industrie de l'armement, uniquement intéressée par vendre ses produits ?
L'influence politique que le lobby des armes a acquise est telle qu'on lui prête la défaite d'Al Gore à l'élection présidentielle de 2000. Le candidat démocrate avait perdu les Etats de l'Arkansas, du New Hampshire et du Tennessee, où l'opinion est très majoritairement acquise au lobby pro-armes. Instruits par cet échec, les démocrates ont dès lors cessé de militer pour le contrôle des armes, trop dangereux en termes électoraux.
L'organisation excelle dans les primaires républicaines, où elle est capable de susciter des candidatures concurrentes à celles de candidats qui n'auraient pas adopté une position claire sur le contrôle des armes. "La NRA a une remarquable capacité d'intervention dans l'espace public et de mobilisation de ses soutiens politiques. Ils ne travaillent jamais seuls. Quand ils voient monter un homme politique qui est contre les armes, ils vont travailler avec d'autres groupes conservateurs sur les questions de l'avortement, du mariage homosexuel, etc., pour proposer un adversaire à cet homme ou femme politique. Cela s'est vu dans les dernières élections depuis 1996", analyse Vincent Michelot.
Pour son président actuel, David Keene, toutes ces victoires sont fragiles. Notamment en présence du président Barack Obama, qui a siégé de 1994 à 2002 au conseil d'administration de la Fondation Joyce à Chicago, qui finance la recherche et l'action pour le contrôle des armes. A son arrivée en mai 2011 à la tête de la NRA, l'éminence grise des conservateurs, qui aurait dit-on l'oreille de tous les présidents républicains, avait fait de Barack Obama l'homme à abattre lors de la présidentielle de 2012.
L'échec de la NRA aux élections de 2012 ne s'est pas limité à la présidentielle. Six des sept candidats aux élections sénatoriales dans lesquelles la NRA s'est financièrement engagée ont été battus. La NRA y a décelé une "anomalie" liée à la forte participation des jeunes électeurs, mobilisés par Obama, à des scrutins organisés le même jour que l'élection présidentielle. "Dans des circonstances normales, nous aurions fait la différence", a estimé David Keene, ajoutant que les idées défendues par son groupe sont toujours majoritaires à la Chambre des représentants comme au Sénat.
D'après un sondage Reuters-Ipsos réalisé en avril, 68 % des Américains auraient une opinion favorable sur la NRA. Mais, analyse Vincent Michelot, "il ne faut pas fantasmer sur une NRA toute puissante qui peut bloquer toute initiative. La NRA est efficace pour utiliser le débat public à ses fins et faire passer l'idée que le contrôle des armes n'est pas une solution consensuelle". Par ailleurs, poursuit-il, "la NRA n'est pas puissante de manière égale sur tout le territoire américain. Il existe des Etats où la culture des armes est forte comme dans le Sud et à l'inverse, certains Etats où il existe un fort contrôle".
Influente parmi les démocrates comme les républicains au Texas, elle a peu d'ancrage dans le Nord-Est des Etats-Unis. "On peut faire un bras d'honneur à la NRA quand on est à New York, dans l'Oregon et à Washington mais pas en Floride, en Virginie ou en Louisiane, où il y a une forte tradition du port d'armes", précise M. Michelot.
Il demeure que, dans son secteur, la NRA n'a pas d'équivalent et demeure incontournable sur la question du port d'armes. Fragmentés, ses adversaires ne font pas le poids. "On a, d'un côté, la gauche américaine, principalement urbaine, qui dit que le droit de porter des armes n'est pas un droit de la personne et que le second amendement a été perverti, analyse Vincent Michelot. Le deuxième groupe est composé des forces de l'ordre et des organisations nationales de la police qui s'inquiètent des armes faites pour tuer les flics." Si ces deux groupes se rejoignent sur cette question, ils n'ont pas constitué d'organisation équivalente à la NRA. "La NRA conserve de ce fait le monopole de la rhétorique sur cette question et peut à elle seule structurer le débat public", poursuit le chercheur.
En France, le port d’armes est strictement encadré par la loi. Le Code de la sécurité intérieure définit plusieurs catégories d’armes et réglemente leur acquisition, détention et utilisation. Pour les particuliers, la possession d’armes de catégorie B nécessite une autorisation préfectorale, accordée sous conditions strictes (pratique du tir sportif, collection). Les armes de catégorie C (certains fusils de chasse par exemple) doivent être déclarées en préfecture. Seules les armes de catégorie D comme certaines armes blanches ou de défense (matraques, bombes lacrymogènes) peuvent être acquises et détenues librement par les majeurs. Ce cadre restrictif vise à limiter la circulation des armes dans la société.
La légitime défense est un concept juridique central dans le débat sur le port d’armes. La jurisprudence interprète ces critères de manière restrictive. Le principe de proportionnalité est particulièrement important : l’usage d’une arme face à une agression sans arme sera rarement jugé proportionné. Cette conception stricte vise à éviter les débordements et à maintenir le monopole de la violence légitime entre les mains de l’État.
| Argument Pro-Armes | Contre-Argument |
|---|---|
| Droit constitutionnel (2ème amendement) | Contexte historique différent des armes modernes |
| Autodéfense | Civils mal préparés, risque d'escalade |
| Les armes ne tuent pas, les gens tuent | Facilité de tuer un grand nombre de personnes |
| Problème de santé mentale | Majorité des tireurs "normaux", stigmatisation |
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