L'étude des statistiques relatives aux armes à feu en France est un sujet complexe, nécessitant une analyse minutieuse des différentes sources de données disponibles. Cet article vise à examiner les tendances et les facteurs liés à la détention et à l'utilisation des armes à feu dans le pays, en s'appuyant sur des données factuelles et des études pertinentes.
En France, le port d’armes est interdit depuis 1939 et la législation est aussi restrictive que chez la plupart de nos voisins européens. Les citoyens ordinaires se voient nier ce que d’aucuns considèrent comme un droit fondamental alors que, parallèlement, on constate une hausse des homicides par arme à feu depuis une dizaine d’années dans des villes comme Marseille, sur fond de trafic de stupéfiants. Marseille n’est pas la seule ville concernée : fusillade le 18 mai dernier à Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis, fusillade le 13 mai à Villerupt, en Meurthe-et-Moselle, fusillade le 9 mai à Valence, dans la Drôme, fusillade le 1er mai à Cavaillon, dans le Vaucluse, etc. L’attaque du 9 juin à Annecy a également relancé le débat sur le port d’armes pour se protéger de l’insécurité et des agressions.
Pour comprendre l'étendue de la question des armes à feu en France, il est essentiel de consulter diverses sources d'information. Parmi celles-ci, on trouve :
La détention d'armes à feu en France est soumise à une réglementation stricte. Les armes sont classées en différentes catégories, allant des armes de guerre aux armes de chasse, et les conditions d'acquisition et de détention varient en fonction de cette classification. Selon les données disponibles, le nombre d'armes détenues en France est significatif, bien qu'il soit difficile d'obtenir un chiffre précis en raison de la présence d'armes illégales. Les armes légalement détenues sont principalement utilisées pour la chasse, le tir sportif et, dans une moindre mesure, pour la défense personnelle.
En France, la législation sur les armes est extrêmement restrictive. Celle-ci répartit les armes en 4 grandes catégories en fonction de leur dangerosité (A, B, C et D). Toutes sont interdites de port pour les civils (hors exception à des fins de défense personnelle en cas de risques exceptionnels d’atteinte à la vie ou de l’exercice de fonctions professionnelles spécifiques pour une durée de 1 an renouvelable et encadré par le ministère de l’intérieur) et ce même pour les armes de catégorie D, quand bien même celles-ci seraient neutralisées ou non létales.
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Hors catégorie A, dont la détention est strictement interdite pour les civiles, il est possible après un parcours plus ou moins long, complexe et contraignant de détenir des armes de catégories B et C à des fins de pratique de chasse (encadré par l’obtention du permis de chasse), du tir sportif (encadré par l’obtention d’une licence de tir sportif délivrée par la Fédération française de TIR et soumis pour les armes de catégorie B à autorisation préfectorale) ou de collection.
Les sanctions encourues pour le port d’une arme, peu importe sa catégorie, ou un abus de détention peuvent aller jusqu’à 10 ans de prison et 500000€ d’amende (sanctions rarement appliquées même en tant que circonstance aggravante d’une action criminelle ou de proximité avec le pouvoir en place).
Dans ce contexte, la détention n’est pas égale à la propriété. En effet, un citoyen français possédant une autorisation de détention pour une arme à feu de catégorie B, la détient pour une durée de 5 ans, renouvelable. Si celui-ci manque à ses obligations ou ne souhaite pas poursuivre son activité «sportive», il a l’obligation de se dessaisir de ses armes sous peine d’application des poursuites précédemment évoquées et de son inscription au Fichier National des personnes Interdites d’Acquisition et de Détention d’Armes (FINIADA).
On notera ici l’importante divergence entre la sévérité de la législation française et son droit naturel, ce qui rend potentiellement celui-ci inopérant, inefficace ou injuste pour la part non criminelle de ces citoyens.
La relation entre les armes à feu et la criminalité est un sujet de débat complexe. Les chiffres départementaux mensuels relatifs aux crimes et délits enregistrés par les services de police et de gendarmerie permettent de suivre l'évolution de la criminalité liée aux armes à feu en France. Ces données montrent que les homicides et les tentatives d'homicide commis avec des armes à feu sont relativement rares par rapport à d'autres formes de violence, mais qu'ils ont un impact important sur la société.
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L'Étude nationale sur les morts violentes au sein du couple en 2017 met en lumière le rôle des armes à feu dans les homicides conjugaux. Bien que les armes à feu ne soient pas la méthode la plus fréquemment utilisée dans ces cas, elles sont responsables d'un certain nombre de décès. Cette étude souligne l'importance de prendre en compte la présence d'armes à feu dans les situations de violence conjugale et de mettre en place des mesures de prévention adaptées.
La question de savoir si les armes à feu sont "coupables" de la violence est un sujet de débat complexe. Certains soutiennent que les armes à feu sont des objets inanimés et que la responsabilité de la violence incombe aux individus qui les utilisent. D'autres estiment que la disponibilité des armes à feu facilite la commission de crimes violents et qu'il est nécessaire de réglementer plus strictement leur détention. Il est important de noter que la violence est un phénomène multifactoriel et que les armes à feu ne sont qu'un des éléments à prendre en compte. Les facteurs sociaux, économiques, culturels et psychologiques jouent également un rôle important.
Le site www.gunpolicy.org fournit des renseignements, pays par pays, fondés sur des preuves provenant d’un vaste éventail de sources officielles et académiques. Les comparaisons internationales montrent que la France se situe dans une position intermédiaire en ce qui concerne la détention d'armes à feu.
Après les multiples fusillades qui ont eu lieu un peu partout en France, le débat autour de la circulation des armes à feu a refait surface. Il est très difficile de connaître précisément le nombre d'armes en France. 8 027 armes ont été saisies par les forces de l'ordre en 2022. En France, il y a environ cinq millions de propriétaires d'armes à feu, dont quatre millions de chasseurs. La détention d'armes à feu est soumise à une législation très stricte qui oblige les détenteurs à déclarer aux autorités ce qu'ils ont en leur possession. Selon des données du ministère de l’Intérieur, environ dix millions d’armes illégales étaient en circulation dans le pays, en 2023. En revanche, les saisies, elles, augmentent considérablement. En 2022, les saisies d'armes ont augmenté de 9,5% en France par rapport à 2021.
Nous pourrons évoquer les chiffres suivants concernant la situation française :
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Depuis le mois d'août 2022, les médias français se font quotidiennement l'écho de «l'opération spéciale : déposez les armes » du gouvernement. Celle-ci permet aux français de déclarer ou de céder pour destruction leurs armes et munitions trouvées ou héritées sans poursuites judiciaires. Officiellement, il s’agit entre autres de réguler les armes détenues illégalement par les citoyens lambdas et d’empêcher leur hypothétique transfert vers des usages criminels, de potentiels accidents ou des violences domestiques.
Le gouvernement, par la voix de son ministre de l’intérieur, considère cette opération comme un succès « historique ». En effet, le dispositif, fort de 5000 agents de la gendarmerie, de la police nationale et des différentes préfectures, déployés dans 300 « Armodromes », aurait permis de retirer environ 150000 armes, dont 140 000 armes à feu et 4 millions de munitions du territoire. Similairement, environ 50000 armes auraient fait l’objet d’une régularisation via leur inscription au Système d'Information sur les Armes (SIA).
Au-delà du discours simpliste et politiquement correct, qui nous présente un combat informationnel entre les « ANTI » et « PRO » armes à feu, ce sont deux conceptions de la société et surtout deux philosophies qui s'affrontent.
Philosophiquement parlant, on distinguera donc :
Dans le premier groupe, que nous qualifierons par simplification d’« ANTI » et dans lequel nous pouvons grossièrement catégoriser :
Dans la seconde catégorie, que nous qualifierons par simplification de « PRO », et dans laquelle nous pouvons grossièrement catégoriser :
Comme évoqué précédemment, l’un des principaux champs de bataille informationnels consiste à manipuler les statistiques. Les études sur le sujet sont majoritairement biaisées de manière plus ou moins marquées en fonction de leurs commanditaires.
En effet, bon nombre des chiffres produits par les différents ministères, institutions ou organismes financés par l’État sont plus ou moins volontairement :
Une très grande partie des médias, des associations et autres organismes non gouvernementaux sont majoritairement dans le camp des « ANTI » et ont plus que tendance à utiliser des subterfuges tels que la globalisation. Ceux-ci servent donc de relais d’influence à divers intérêts, occultant par la même occasion la complexité du débat.
| Statistique | Chiffre | Année |
|---|---|---|
| Armes illégales en circulation | 10 millions (estimation) | 2023 |
| Armes légales en circulation | 4 millions (estimation) | 2015 |
| Saisies d'armes par les forces de l'ordre | 8 027 | 2022 |
| Accidents de chasse | 90 | 2021 |
| Décès par armes à feu | 1594 | 2014 |
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