La 7ème édition de SOFINS s'est déroulée du 1er au 3 avril au camp de Souge, en Gironde. Dédié aux forces spéciales de tous les milieux (terre, mer, air), ce salon, organisé tous les deux ans par le Cercle de l’Arbalète, réunit militaires et industriels, français et internationaux, autour des grands enjeux opérationnels et technologiques de ce domaine.
Créé en 2013, SOFINS, nom issu de l’acronyme Special Operations Forces Innovation Network Seminar, est organisé par le Cercle de l’Arbalète au profit de Commandement des Opérations Spéciales (COS). Durant trois jours, il va réunir au camp de Souge, en Gironde, les représentants des forces spéciales d’une soixantaine de pays alliés et plus de 300 exposants sur une surface agrandie de plus de 10.000 m².
Il y aura là de grands industriels (dont pour la première fois Naval Group) ainsi que de nombreuses PME et TPE, qui viennent présenter leurs équipements et innovations, tout en pouvant échanger avec les militaires. Un espace dédié à l’innovation, SOFLAB et SOFTECH SI, favorisera la mise en relation entre les décideurs et des startups, souvent peu ou pas connues, qui ont été consciencieusement sélectionnées par les organisateurs.
« Ce salon offre un cadre pour tester en conditions de combat les équipements les plus novateurs. Notre événement est désormais le rendez-vous pour plus de 70 délégations provenant d’une soixantaine de pays alliés de la France.
Face à un contexte opérationnel de plus en plus incertain, le SOFINS est devenu un lieu privilégié, offrant des opportunités uniques pour réfléchir, anticiper et se préparer aux enjeux du combat de terrain, de l'infiltration urbaine, de la guerre numérique, de la lutte contre les menaces bactériologiques, de la lutte contre tous les types de drones... », explique Benoît de Saint-Sernin, président du Cercle de l’Arbalète.
Lire aussi: Informations Stand de Tir
Beaucoup de matériel présenté et de nombreuses démonstrations Tirs lasers, vision périphérique, encre quantique, leurrage de drones et autres innovations de rupture au service des forces spéciales et du « soldat augmenté » seront au programme de cette 7ème édition.
Côté grands matériels, l’une des « stars » de SOFINS sera le tout nouvel hélicoptère NH90 FS, spécialement conçu pour les opérations spéciales et produit par le site Airbus Helicopters de Marignane pour l’armée française. Cet appareil, présenté en statique, sera accompagné du nouveau véhicule de ravitaillement dans la profondeur (VRP) développé par Scania France.
Cette année, la société CILAS, filiale de MBDA et Safran (qui présentera par ailleurs sa nouvelle voile adoptée par les parachutistes français), va par exemple mettre en œuvre son nouveau système d’arme laser. « Pour la première fois, on va montrer la destruction d’une cible par laser sur le champ de tir de Souge.
La tourelle du système de CILAS va acquérir un drone en vol et le détruire. C’est une démonstration impressionnante car il n’y a pas de bruit, on ne voit pas le laser, mais la cible est détruite. On imagine l’adversaire sur le terrain, qui ne peut pas savoir d’où vient la menace car on n’entend rien et on ne voit rien », développe Benoît de Saint-Sernin, qui estime que le laser, « c’est l’arme de demain, pas encore sur un individu mais ça va venir ».
Le salon est aussi un lieu de rencontre et de réflexion. A ce titre, plusieurs conférences sont programmées afin d'échanger sur l’évolution et les enjeux des opérations spéciales, ainsi que les technologies de pointe et les solutions innovantes destinées aux forces. L’une d’elle, proposée par le COS, se concentrera sur la place des opérations spéciales dans les conflits de haute intensité, tant sur le plan capacitaire que de la préparation opérationnelle et psychologique.
Lire aussi: L'histoire du stand
« Les opérations des forces spéciales dans un environnement de haute intensité sont très différentes de celles qui ont été menées en Afrique ces dernières décennies. En haute intensité, il faut faire face à des blindés, de l’aviation, des drones, en somme un adversaire plus fort et robuste », explique Benoît de Saint-Sernin.
Le retour d’expérience de la guerre en Ukraine l’a bien montré, en particulier la difficulté accrue, pour les commandos, d’opérer discrètement dans un environnement hyper-surveillé, y compris depuis l’espace. Dans ces conférences, il sera également question d’un sujet assez sensible : si le COS n’a pas assez de moyens pour faire face à certains besoins, irait-il jusqu’à externaliser des prestations ?
Côté fréquentation, les chiffres sont bons puisque le salon devrait accueillir environ 4500 visiteurs uniques, c’est-à-dire globalement du même niveau que pour la dernière édition, en 2023. Déjà, le nombre de délégations officielles est passé à plus de 85, contre 64 pour la dernière édition (certains pays ayant trois délégations, comme l’Espagne, avec des représentants des forces terrestres, aériennes et navales qui viennent distinctement). Et dans le même sillage, le nombre de demandes de visiteurs augmente sensiblement.
« Le visitorat va augmenter un peu mais on essaye de contenir cette augmentation au visitorat étatique. Pour tout le visitorat civil, le filtre est sévère et nous l’assumons. Il faut avoir une bonne raison de venir au SOFINS », insiste Benoît de Saint-Sernin, qui ne veut pas de « touristes » ni de « fanas mili » dans cet évènement.
Le président du Cercle de l’Arbalète note, par ailleurs, que l’accueil des délégations étrangères a été complètement réorganisé pour cette nouvelle édition, notamment en ce qui concerne les rencontres avec les entreprises. Ainsi, les exposants expriment en amont leur souhait de voir les responsables de tel ou tel pays, cette liste allant être ensuite présentée à l’arrivée des délégations, qui feront elles-mêmes leur choix.
Lire aussi: Sensations fortes à Saint-Léger
« Chaque délégation va construire son propre programme, ce qui va permettre d’améliorer la qualité de l’accueil et l’efficacité des rencontres, tant pour les délégations qui verront ce qui les intéressent réellement que pour les exposants, qui ont la garantie que leurs propositions seront présentées aux délégations », détaille Benoît de Saint-Sernin
Ce dernier rappelle aussi qu’à l’occasion de SOFINS, une grande tombola est de nouveau organisée, permettant de collecter des fonds destinés aux associations qui aident les militaires blessés et les familles de militaires morts au combat. Les heureux gagnants auront l’opportunité de vivre une expérience unique, en immersion, dans des unités des Actions Spéciales Terre, chez les marins de la Forfusco, au sein de la Brigade des Forces Spéciales Air ou avec les gendarmes d’élite du GIGN.
Enfin, SOFINS se prolongera dans la soirée du 3 avril, puis le 4 avril, par un nouvel évènement baptisé COMBATERRE. « Nous allons utiliser l’infrastructure montée pour SOFINS afin d’organiser un grand séminaire de réflexion au profit de l’armée de Terre. Nous avons notamment travaillé sur cet évènement avec le commandement du combat du futur ».
L’évènement débutera le jeudi soir par une conférence sur les besoins de l’armée de Terre pour le futur champ de bataille, avec un horizon allant de 2027 à 2040. Le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général d’armée Pierre Schill, sera présent avec une quarantaine de ses généraux. De nombreux autres officiers sont attendus à COMBATERRE, où les exposants de SOFINS ont été invités à rester une journée de plus.
« L’idée est que l’armée de Terre discute avec ses industriels pour préparer ses engagements futurs. Comme pour les délégations à SOFINS, là aussi, on demande aux entreprises de choisir une liste de composantes qu’elles voudraient accueillir ».
Entre 1000 et 1500 visiteurs sont attendus, essentiellement des militaires, mais aussi des civils, dont plus de 200 jeunes étudiants de grandes écoles. « Ils auront un accès complet à COMBATERRE, pourront échanger avec les militaires et assisteront à des présentations.
Depuis sa création en 2013, le Sofins s’impose comme le rendez-vous incontournable pour les forces spéciales et les industriels de défense. Afin de favoriser les rencontres entre exposants et visiteurs, les organisateurs ont fait en sorte que le COS et les composantes d’intervention spécialisée du ministère de l’Intérieur (GIGN, Raid et BRI-PP) bénéficient également d’une « loge ».
En raison du climat international et du sujet sensible du salon consacré aux forces spéciales, un accent supplémentaire sera également mis sur la sécurité. L’accès au salon ne se fait en effet que sur accréditation, pour un public essentiellement professionnel. Les organisateurs ont d’ailleurs volontairement limité le nombre de visiteurs.
En tant que fondateur et directeur de l’École européenne d’intelligence économique (EEIE), je suis très sensible aux questions de contre-ingérence économique. Et donc, au Sofins, par exemple, il n’y a pas de catalogue regroupant les contacts et activités des exposants qui équipent les forces spéciales.
Les forces spéciales servent donc souvent d'éclaireurs sur l'innovation. Depuis la création du COS en juin 1992, elles disposent même d'une direction dédiée, la CIEPCOS (Commission interarmées d’études pratiques concernant les opérations spéciales), qui finance une soixantaine de projets par an, portés par des équipes mixtes entre opérationnels et industriels.
Les commandos sont aussi souvent les unités qui testent les nouveaux équipements en premier, apportant un précieux retour d'expérience aux industriels, start-up ou aux trois armées. Elles ont ainsi adopté le fusil d'assaut allemand HK416 cinq ans avant que les forces conventionnelles ne s'y convertissent. Les commandos avaient aussi été pionniers dans l'utilisation des petits drones tactiques, largement adoptés depuis.
| Année | Nombre de délégations officielles | Nombre d'exposants | Nombre de visiteurs uniques |
|---|---|---|---|
| Dernière édition | Plus de 85 | Plus de 300 | Environ 4500 |
| 2023 | 64 | - | Environ 4500 |
tags: #de #saint #sernin #arbalete #histoire