La littérature est un ensemble d'œuvres comportant une dimension esthétique pour manifester les sentiments et émotions d'une personne avec un objectif de séduire, influencer ou même d'éduquer les lecteurs. Le genre exploite les ressources d'un langage pour vous faire découvrir la manière de penser et d'écrire, les valeurs et la culture d'un pays, ainsi que l'évolution de ceux-ci pendant les siècles. Découvrez les splendeurs de la littérature classique au travers de la poésie, du conte ou du théâtre.
Daniel Walther naît le 10 mars 1940 à Munster, en Alsace. Il grandit dans une région marquée par la Seconde Guerre mondiale, ce qui imprègnera profondément son œuvre future.
En 1963, Daniel Walther publie sa première nouvelle, « Le Corps déballé », dans la revue « Le Manifeste de la jeune littérature ». Parallèlement à son activité d’écrivain, Daniel Walther embrasse une carrière de journaliste.
Les années 1970 et 1980 marquent l’âge d’or de la science-fiction française, et Daniel Walther s’impose comme l’un de ses auteurs majeurs. Son style est caractérisé par sa noirceur et son pessimisme. Il explore des thèmes comme la violence, la décadence et la destruction, souvent dans des univers post-apocalyptiques.
En plus de ses romans, Daniel Walther publie également des recueils de nouvelles, des essais et des articles. Son œuvre est traduite dans de nombreuses langues et lui vaut une reconnaissance internationale.
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Daniel Walther s’éteint le 3 mars 2018 à Mulhouse, laissant derrière lui une œuvre riche et complexe. Son influence sur le genre est immense, et ses œuvres continuent d’être lues et appréciées par un large public.
L’événement majeur de la fin du xxe siècle dans les Balkans, la guerre civile en ex-Yougoslavie (1991-1995), marque un changement sans précédent dans la réception de la littérature serbe en France, provoquant dans le même temps un regain d’intérêt pour les écrivains de l’ex-Yougoslavie et imposant un nouveau prisme de lecture. En fait, la tragédie des peuples yougoslaves a créé assez rapidement un nouvel « horizon d’attente » chez les lecteurs français dont l’intérêt a été davantage éveillé par l’écho médiatique de la guerre. Les premiers à réagir furent les éditeurs et les traducteurs qui redoublèrent alors d’activité. La critique a réagi, elle aussi, immédiatement en montrant une attirance soudaine pour des auteurs jusqu’alors laissés aux seuls spécialistes.
Mais, obligée d’agir dans l’urgence et sous une pression médiatique grandissante, elle fut vite confrontée au défi que doit relever toute critique qui se veut crédible et impartiale : ne pas franchir la ligne rouge qui sépare l’esthétique de la politique. Forcée d'agir dans l'urgence et sous la pression médiatique, la critique française sera vite confrontée à cette question : peut-on parler de la littérature en temps de guerre sans franchir la ligne rouge qui sépare l'esthétique de la politique ?
La guerre dans les Balkans et l’ambiance qui régnait en France autour de ce conflit mirent les critiques dans une situation extrêmement délicate dont eux-mêmes avaient conscience. Ainsi, après la lecture d’un livre « traduit du serbo-croate », Norbert Czarny pointe l’une des difficultés majeures lorsqu’il constate que « le filtre de la guerre trouble fortement la perception » qu’on peut avoir de la littérature et de la vie littéraire en ex-Yougoslavie. Tout aussi explicite est Jacques Decornoy : faisant allusion à la tragédie yougoslave et à son écho médiatique, il conclut : « L’actualité, une fois encore assassine, pousse à privilégier une autre lecture ». Même si certains critiques ont réussi à éviter les pièges semés par le brouhaha médiatique, la majorité d’entre eux tentèrent de trouver un compromis en conciliant deux sensibilités et deux vocations pas toujours compatibles : celle du journaliste porté par l’actualité et ses aléas, et celle du critique littéraire dont le champ de manœuvre est défini et conditionné par des critères esthétiques.
En revanche, un certain nombre d’intervenants - en particulier les intellectuels engagés dans les débats sur la « crise yougoslave » et les journalistes politiques devenus pour l’occasion critiques littéraires - choisirent une autre voie : attirés surtout par l’actualité, ils trouvèrent là un moyen, indirect, d’exprimer leur propre engagement politique. Les objectifs visés, dans la plupart des cas, ne relevaient donc pas de l’esthétique : les critiques ainsi que tous ceux qui occasionnellement assumèrent ce rôle, privilégièrent en effet, pour reprendre les expressions de Decornoy et Czarny, une « autre lecture » de la littérature serbe vue à travers le « filtre de la guerre » et reposant sur des critères qui n’étaient pas le plus souvent d’ordre esthétique et littéraire.
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Pour éclairer les ambigüités de la critique, nous nous proposons dans cette étude d’analyser l’accueil qui fut réservé aux livres de quatre écrivains serbes - Milorad Pavić, Dobrica Ćosić, Vidosav Stevanović et Ivo Andrić - qui ont suscité en France, durant les années quatre-vingt-dix, un vif intérêt médiatique. Les exemples analysés dans cette étude qui se rapporte à l’accueil des livres de Milorad Pavić, Dobrica Ćosić, Vidosav Stevanović et Ivo Andrić, démontrent clairement que la réponse ne pouvait pas être affirmative car le prisme à travers lequel furent lus les auteurs serbes, prisme déformé par « l’explosion » médiatique du conflit yougoslave, comportait en soi le risque de piéger la critique, de la conduire à la dérive. Ils montrent aussi que certains critiques ont largement franchi la ligne fatidique qui sépare fiction et réalité : au nom d’une « juste cause », vraie ou fausse peu importe, ceux-ci sont allés chercher, dans des œuvres littéraires, des arguments pour étayer leurs idées politiques.
En 1988, quand fut publiée la traduction française du Dictionnaire khazar de Milorad Pavić qui provoqua l’explosion d’un enthousiasme exprimé souvent sur un ton exalté frisant la fascination, personne n’aurait pu imaginer que ce chef-d’œuvre de la littérature serbe contemporaine allait devenir, quelques années plus tard à peine, la cible d’attaques sournoises. Mais il s’imposait à l’évidence qu’un avenir prometteur devait être réservé en France au « maître de la voltige » byzantin. C’était la conviction de Belfond, son éditeur français, qui, enhardi par l’immense succès de l’intriguant « roman-lexique », publia cinq autres livres de Pavić au cours des quelques années suivantes. Toujours sous le coup de la forte impression que lui avait faite le « dictionnaire diabolique », la critique reçut avec sympathie et curiosité également Paysage peint avec du thé (1990), le Lévrier russe (1991) et l’Envers du vent (1992). Les deux livres suivants, le Rideau de fer (1994) et les Chevaux de Saint-Marc (1995) eurent, en revanche, un très faible écho, attestant clairement un changement d’attitude de la critique française à l’égard de l’écrivain.
L’une des raisons de cette volte-face réside évidemment dans le changement radical du « prisme de lecture » de la littérature serbe qui s’opéra alors. Dès 1992, certains critiques prirent ouvertement leurs distances avec l’auteur du Dictionnaire khazar tout en le qualifiant de « nationaliste serbe ». Cette étiquette devait être accolée à Pavić des années durant, suscitant la réaction virulente de l’un de ses lecteurs les plus lucides, Alain Bosquet, qui se vit obligé de prendre sa défense. Tout en fustigeant l’hypocrisie des ceux qui tenaient pour suspect « tout ce qui [venait] de Serbie », il exigea que soit mis fin au traitement réservé à Milorad Pavić, selon lui, « l’un des quatre ou cinq écrivains d’Europe les plus marquants et les plus originaux », un auteur qui avait « choisi la littérature de l’imaginaire » plutôt que « l’engagement immédiat et à court terme », raison pour laquelle, conclut-il, il devait être respecté et même célébré.
Quoique argumentée, la prise de position d’Alain Bosquet ne produisit toutefois pas les résultats escomptés. Preuve en est, parmi d’autres, un pamphlet rédigé quelques années plus tard, lors d’une nouvelle campagne médiatique déclenchée contre le « nationalisme grand serbe » qui accompagna une nouvelle guerre dans les Balkans, celle de 1999. Il s’agit d’un article de Jacob Rogozinski, philosophe et universitaire, à l’époque maître de conférences à l’Université Paris VIII. Ce lecteur érudit de Pavić s’était fixé comme objectif - à travers une analyse à première vue étayée, sophistiquée de la dimension allégorique et métaphysique du Dictionnaire - d’apporter la preuve que l’auteur avait, ni plus ni moins, « trahi » sa propre œuvre.
Selon Rogozinki, le Dictionnaire khazar, « un livre admirable », peut s’interpréter comme symbolisant le « dernier roman yougoslave, la geste nostalgique d’un pays aujourd’hui anéanti ». Rogozinski renforce cette affirmation en alléguant que « le légendaire royaume khazar » est à vrai dire « une métaphore de cette Yougoslavie plurielle d’avant la partition et la guerre ». La forme dispersive, mosaïque, du livre - la forme « d’une Encyclopédie fictive » qui mélange « les époques, les genres et les styles » - évoque, elle aussi, le souvenir de l’« utopie yougoslave ». Par ailleurs, poursuit-il, une telle interprétation est consolidée par l’idée centrale du livre que l’on soupçonne sous-jacente à sa structure complexe : l’idée - ou, peut-être, le « fantasme » de l’écrivain - sur l’unicité d’un monde qui gomme toutes les divisions et différences. Cette idée, précise encore Rogozinski, Pavić l’a développée dans l’enseignement ésotérique d’Adam Ruhani et, notamment, dans la tentative symbolique qui vise à reconstruire son corps en une unité unique. Dans cette tentative, « il était possible [de] voir une allégorie nostalgique du rêve yougoslave », du projet utopique de constitution « d’une Fédération transnationale », le corps d’Adam reconstruit dans son intégralité exprimant de manière symbolique « l’humanité entière au-delà de toute différence de nation, de religion ou de langue ».
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Au dire de Rogozinski, Pavić s’est montré infidèle à ce puissant message éthique, humaniste, il l’a « trahi ». De quelle manière ? Par son engagement politique aux côtés des « apôtres de la “purification ethnique” », par son « soutien » aux « “purificateurs” de Prijedor ou de Srebrenica » (!). Cet engagement indigne rappelle la trahison d’un Céline ou d’un Heidegger, poursuit-il, et permet une réinterprétation a posteriori de ce livre et l’identification « après coup » du « Royaume Khazar à la grande Serbie » ! Dans cette réinterprétation « après coup », le corps d’Adam ne symbolise plus ce qu’il laissait entendre auparavant mais devient l’allégorie d’un peuple unique - serbe, il va de soi - qui, au nom de « l’unité absolue du Grand Corps », s’échine à « purifier », à « exclure » tout ce qui lui est différent.
Cette interprétation audacieuse, en tout point « originale », en dit bien plus long en réalité sur celui qui la livre que sur le Dictionnaire khazar et son auteur. Surtout si on ne perd pas de vue les affirmations, « originales » elles aussi, exprimées sous forme de conclusion définitive : « ce reniement, cette trahison de son œuvre » dont l’auteur se rend coupable « étaient déjà inscrits en elle, appelés en un sens par l’œuvre elle-même ». À la lumière de ce dernier jugement catégorique se distinguent plus clairement les intentions véritables de Jacob Rogozinski : jeter le discrédit non seulement sur l’écrivain, mais aussi son œuvre. Cette œuvre, justement, qu’il disait... « admirable ». En outre, n’est pas non plus dépourvu d’intérêt le fait que cet humaniste, ce philosophe, ait fait paraître son article en mai 1999, au moment même où l’OTAN intervenait militairement contre la Serbie dans le cadre de l’opération Noble anvil (24 mars-10 juin 1999).
Le changement de prisme à travers lequel furent lus les livres de Milorad Pavić offre un contraste saisissant avec les manifestations d’enthousiasme qui accompagnèrent la première publication en France du Dictionnaire khazar. La spontanéité avec laquelle la critique, alors encore exempte de préjugés idéologiques et politiques, s’était mise à la lecture de ce roman - spontanéité débouchant parfois sur une fascination prompte à transformer l’interprétation critique en mystification - n’a pas toujours été le meilleur allié dans la lecture de cet ouvrage insolite. Mais la lecture spontanée qui caractérisa la première phase de sa réception, est sûrement plus proche de la vérité de l’œuvre que la lecture orientée que nous venons d’analyser.
Le cas de Dobrica Ćosić ressemble en partie à celui de l’auteur du Dictionnaire khazar : tous deux furent accueillis en France d’abord avec enthousiasme puis tombèrent en disgrâce auprès de la critique ; tous deux subirent un changement radical de prisme de lecture qui se doubla de tentatives visant à les discréditer sur le plan moral. Cela dit, il est toutefois plus facile de comprendre pourquoi Dobrica Ćosić s’est trouvé, avec le déclenchement des hostilités en ex-Yougoslavie, exposé aux tirs croisés de la presse française. Écrivain, intellectuel, homme politique, ces trois facettes de Ćosić montrent bien qu’il s’agissait d’une personnalité complexe qui n’a certes pas reculé devant les défis de son époque, mais qui n’a pas toujours pu concilier ses trois activités publiques. Avec son élection au poste du président de la République Fédérale de Yougoslavie au début de la guerre civile dans les Balkans, l’écrivain avait fait un choix politique qui lui coûta cher : d’abord dans son pays, mais aussi à l’étranger, et plus particulièrement en France où il aura été, depuis 1992, la cible de nombreuses attaques, parfois très virulentes.
Pourtant, dans un premier temps l’image que la critique française donna de lui fut tout à fait positive : aussitôt après la publication de ses grands romans - le Temps du mal (1990) et le Temps de la mort (1991) - Ćosić fut accueilli avec l’intérêt et le respect réservés habituellement aux grandes figures des littératures étrangères. Ainsi, la plupart des journaux et revues qui rendirent compte de ses livres s’accordèrent à dire qu’il s’agit d’un écrivain de premier plan qui fait penser aux grands maîtres russes - Tolstoj, Dostoevskij, Grossman, Solženicyn. On trouve certes, ici et là, quelques réflexions discordantes qui, sans préfigurer à proprement parler les attaques violentes qui seront portées quelques mois plus tard, manifestèrent du moins un certain doute sur les idées ou les intentions de l’écrivain.
| Auteur | Œuvre | Réception initiale | Réception ultérieure (post-1991) |
|---|---|---|---|
| Milorad Pavić | Dictionnaire khazar | Enthousiasme, fascination | Distanciation, accusations de nationalisme |
| Dobrica Ćosić | Le Temps du mal, Le Temps de la mort | Intérêt et respect | Attaques virulentes |
| Vidosav Stevanović | [Données manquantes dans le texte] | [Données manquantes dans le texte] | [Données manquantes dans le texte] |
| Ivo Andrić | [Données manquantes dans le texte] | [Données manquantes dans le texte] | [Données manquantes dans le texte] |
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