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Le viseur blindé est un élément essentiel des chars de combat, permettant à l'équipage de détecter, identifier et cibler des objectifs avec précision. Cet article explore le fonctionnement de ces systèmes, en se concentrant sur les exemples français et les innovations récentes.

Le Char B1 bis : Un Exemple Historique

Dans les années 1930, le char B1 bis illustre les défis de l'époque en matière de blindage et de puissance de feu. Simultanément à l'étude du char B1, trois avant-projets de chars plus puissants sont présentés dès octobre 1931, mais aucune suite concrète ne fut donnée. En janvier 1932, trois autres avant-projets désignés char B2 (35,5 t), char B3 (45 t) et BB (50 t) sont présentés et retenus pour étude. Entretemps, la conférence du désarmement de 1932 laissait planer la menace de l'interdiction des chars de plus de 25 tonnes et les études des chars B2, B3 et BB s'achevèrent en 1935. La solution retenue fut alors d'améliorer le char B1 et les essais démarrèrent en 1935 en expérimentant un surblindage sur le prototype n° 101. Les résultats s'avérant satisfaisants, le nouvel engin baptisé B1 bis fut commandé dès 1936. Le nouveau char B, dispose d'un blindage renforcé et les capacités antichars ont été améliorées.

Le moteur Renault développe maintenant 300 chevaux, le blindage passe à 60 mm à l'avant et à 55 mm sur les flancs, comme préconisé par le général Velpry, alors inspecteur des chars. On monte la nouvelle tourelle APX 4, qui armée d'un canon de 47 mm SA 35, ajoute enfin au char une réelle capacité antichar. La masse du véhicule passe de 28 à 31 tonnes, l'autonomie en souffre, bien qu'elle puisse atteindre 180 kilomètres à basse vitesse avec les 400 litres des trois réservoirs, mais à 20 km/h, elle n'est plus que de six heures soit 120 kilomètres. En cours de production, le B1 bis bénéficiera d'améliorations progressives, du n° 201 au 340, l'emport d'obus de 47 mm était de 62, celle de cartouches de 7,5 mm était lui de 4800 ; ils passèrent respectivement sur les suivants à 72 et 5250. Enfin en juin 1940, les derniers exemplaires produits, reçurent un réservoir supplémentaire de 170 litres. Les commandes sont passées pour ce nouveau modèle dès 1937, avec 35 B1 bis pour le 510e RCC (ils seront livrés en 1938), puis 35 autres, en 1938, pour le 508e RCC, 70 en 1939 pour le 512e RCC et un bataillon de marche. Après la déclaration de guerre, les commandes affluèrent, si bien qu'à l'armistice, elles totalisaient 1144 exemplaires, mais elles furent bien loin d'être honorées par l'industrie, qui réussit en tout et pour tout à produire 369 B1 bis. Avant le 1er septembre 1939, seuls 129 B1 bis ont été livrés, en novembre, 61 de plus sont fournis.

La Technique du B1 bis

La caisse du B1 bis était formée d'éléments en acier boulonnés et de plaques blindées : le train de roulement était protégé par de grandes plaques de blindage. Le compartiment de combat était organisé de manière spécifique :

  • Chef de char : Seul en tourelle, il disposait d'un canon de 47 mm semi-automatique modèle 35 couplé à une mitrailleuse calibre 7,5 à pointage électrique. Cette tourelle APX 4 était similaire à l’APX 1 CE montée sur le char SOMUA de la cavalerie.
  • Pilote : Il était aussi le tireur du canon de 75, dirigeait le char et pointait en direction au moyen d'un volant de conduite relié par des arbres à chaîne au système hydrostatique Naëder.
  • Chargeur : Servait toutes les armes et approvisionnait les munitions.
  • Radio-télégraphiste : Disposait d'un émetteur-récepteur, avec des améliorations apportées au début de 1940 pour permettre des liaisons en phonie.

Le maniement du B1 bis nécessitait un apprentissage long et une excellente cohésion entre les divers membres d'équipage. La tourelle monoplace, en dehors de ses problèmes ergonomiques, va se révéler un talon d’Achille sur le plan industriel. Ses cadences de production augmentant moins rapidement que celles des caisses, un déficit de tourelles apparaît au mois de juin 1940 et aboutit à la mise en service de certains chars sans tourelle (n° 505, 506, 507). Une variante à pans soudés a été étudiée par les FCM et la maquette en bois a été installée temporairement sur le char MARSEILLE mais ce modèle n'a pu être produit en série. La porte d'accès principale se trouvait sur le côté droit du véhicule ; le pilote avait un volet au dessus de sa tête et le chef de char avait à sa disposition la porte arrière de la tourelle.

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Le Compartiment Moteur

Le compartiment moteur était divisé en trois parties. Le moteur et la transmission occupaient la partie centrale. A droite, un étroit couloir conduisait, par une porte pratiquée dans la cloison pare-feu, aux indicateurs de niveau du carburant et à une partie des munitions. Toujours sur la droite, il y avait deux réservoirs étanches ; un autre était placé sur le côté gauche où se trouvaient deux radiateurs et deux ventilateurs qui aspiraient l'air extérieur à travers une grille blindée sur le flanc gauche du char. Les chars, contrairement à certaines affirmations, progressaient en ligne droite et non en zigzag (sinon comment utiliser le 75 ?). Les flancs n'étaient donc pas spécialement vulnérables. Le blindage du persiennage était équivalent à celui des surfaces voisines. L'examen de plusieurs centaines d'épaves ne montre pas une concentration particulière d'impacts sur cette zone.

Le Char Leclerc : Modernisation et Intelligence Artificielle

Entré en service en 1993, le char Leclerc demeure une référence internationale. Pour maintenir ses capacités opérationnelles, la DGA a fixé comme objectif d'aligner au standard XLR 160 chars en 2030 et 200 chars en 2035. Le programme XLR est le plan de modernisation du char Leclerc. L’opération vise à doter la flotte d’équipements nécessaires au combat collaboratif de SCORPION, la radio CONTACT, un tourelleau téléopéré de 7,62mm et un brouilleur BARRAGE (anti-IED). Mais la principale innovation au cœur de ce programme est incarnée par l’amélioration de sa conduite de tir grâce à de nouveaux viseurs numériques tireur et chef de char nommés « PASEO », qui intègreront une technologie d’intelligence artificielle.

Intégration de l'Intelligence Artificielle (IA)

Véritable innovation incrémentale, l’intégration de l’IA procurera de meilleures performances d’observation et de détection à l’équipage du char Leclerc. La veille sectorielle: mise en place d’un mode balayage de paysage sur un secteur donné pour permettre une surveillance automatique de secteur. Le viseur PASEO offrira ainsi aux unités de cavalerie lourde une capacité opérationnelle moderne et innovante.

Le Viseur PASEO : Un Atout Majeur

En outre, il s’agit également d’améliorer sa conduite de tir, grâce à des viseurs « PASEO », fournis par Safran Electronics & Defense. Seulement, les premiers Leclerc XLR remis à l’armée de Terre ne disposent pas de cette fonctionnalité… puisque celle-ci ne sera pas disponible avant 2028. Le contrat relatif à l’intégration des viseurs PASEO a été attribué à KNDS France et à Safran Electronics & Defense par la DGA en février 2024. « Ces viseurs sont les deux systèmes d’observation et d’engagement principaux du char Leclerc qui permettent à l’équipage de détecter, d’identifier et de cibler un objectif à plusieurs kilomètres avant de l’engager », avaient alors expliqué les deux industriels.

En juin de la même année, à l’occasion du salon de l’armement aéroterrestre EuroSatory, Safran dévoila sa solution d’intelligence artificielle ACE [pour « Advanced Cognitive Engine »], celle-ci devant être intégrée à l’ensemble de ses produits, dont les viseurs PASEO. « ACE permet notamment d’augmenter les capacités de détection, de classification et d’identification des cibles en corrigeant les effets générés par les conditions environnementales comme la turbulence atmosphérique ou la faible luminosité », avait expliqué l’industriel. Cette avancée a conduit la DGA à notifier un autre contrat au groupement momentané d’entreprises MODVIS, formé par KNDS France et Safran. « S’appuyant sur l’Intelligence Artificielle de Safran Electronics & Defense, ces dernières améliorent significativement les capacités de surveillance, de détection et de classification de cibles », a-t-il poursuivi.

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Modernisation des Viseurs : Collaboration Nexter et Safran

En effet, ce 8 février, réunis au sein d’un groupement momentané d’entreprises [GME], Nexter [ou KNDS France] et Safran Electronics & Defense ont fait savoir que la Direction générale de l’armement [DGA] leur avait notifié un contrat portant sur le « développement et l’intégration » de deux nouveaux viseurs, destinés au tireur et au chef de char. Il s’agit de « renforcer la fonction ‘observation’ au regard des nouvelles menaces », ont-ils précisé, dans un communiqué conjoint. Concrètement, Nexter et Safran Electronics & Defense vont « numériser le coeur optronique du système d’arme du char Leclerc afin d’accroître le « flux de données » et de « fournir des images de très haute qualité dans toutes les conditions ».

Comme l’explique Safran Electronics & Defense, PASEO est un « viseur d’observation et de tir longue portée de dernière génération. Hautement modulable, il est parfaitement adapté aux calibres 30-155 mm. Il confère des capacités optimales d’identification, de ciblage et de tir sur cibles fixes ou mobiles, de jour comme de nuit. À noter que l’Engin blindé de reconnaissance et de combat [EBRC] Jaguar est aussi doté du viseur PASEO… lequel équipera le futur char léger M10 Booker de l’US Army ainsi que la prochaine version du char Abrams.

Les Véhicules Blindés : Roues vs Chenilles

Une querelle identitaire oppose les partisans des véhicules à roues et ceux des véhicules chenillés. D'un côté, les partisans du "léger" estiment qu'à la guerre, il faut être "souple, félin et manœuvrier". De l'autre, les défenseurs du "lourd" savent que lorsque les choses sérieuses commencent, le soldat n'est jamais trop protégé, jamais trop armé. L'avantage de la chenille est qu'elle répartit mieux la pression au sol que ne le fera jamais une roue. Le poids de l'engin repose sur une plus grande surface. Elle s'enfonce moins et adhère mieux.

L'inventeur du véhicule blindé à chenilles est l'écrivain britannique H.G. Wells. Avant la première guerre mondiale, l'armée française avait déjà des engins blindés à roues. Mais dès les premiers mois du conflit, ces véhicules ne pouvaient plus circuler sur les terrains défoncés. Il fallait remplacer les roues par des chenilles. Le Français qui a inventé le char chenillé, le colonel Estienne, va également être celui qui fournira les plus solides arguments techniques à ses adversaires. Passionné par l'idée d'une route transsaharienne, il étudie, avec Renault, un prototype de camion 8x8, capable de rouler en tout-terrains, en particulier sur les dunes de sables. De ces travaux, naîtront dans les années 30, des projets français de chars à roues.

A la suite de la seconde guerre mondiale, la plupart des pays, en particulier les Etats-Unis, l'Union soviétique et les puissances européennes, privilégièrent l'usage de la chenille. Pour une raison simple : les chars de combat devenaient de plus en plus lourd, passant en trois décennies de 30 à 60 tonnes. Or, jusqu'aux années 80, il était quasiment impossible de construire un engin à roues de plus de 15 tonnes. "Les chenillés sont lourds, non pas parce qu'ils sont chenillés mais parce qu'on leur fait transporter des choses qu'un véhicule à roues ne pourrait pas transporter" explique un spécialiste militaire. Le camp de la roue a pourtant pris le dessus depuis les années 80. A l'exception du char Leclerc, qui ne manque pas d'ennemis au sein de l'armée de terre, tous les nouveaux véhicules français sont, depuis lors, équipés de roues. Sauf que les Français sont les seuls à penser comme cela. Toutes continuent à croire aux vertus de la chenille, sans exclure la roue pour des véhicules plus légers.

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Description d'un Blindé

Les chars de combat comprennent un train de roulement, une caisse surmontée d'une tourelle, un canon et un groupe motopropulseur. Le train de roulement comprend des chenilles permettant d'assurer la transmission de la masse du véhicule au sol en la répartissant sur une grande surface. Chaque chenille est tendue sur une série de galets, dont elle reste indépendante. La caisse constitue l'ossature du char et supporte la tourelle. Sa forme donne le profil général du char et joue, par sa matière et sa conception, un rôle essentiel dans sa protection. La tourelle, quant à elle, abrite le chef de char, le tireur et éventuellement le chargeur. Elle comprend le système complet de tir : canon, viseur, système de pointage, conduite de tir et, le cas échéant, chargement automatique.

L'armement principal d'un char est son canon, dont le calibre est le plus souvent compris entre 105 et 125 millimètres. Il dispose également, généralement sur les côtés ou sur le dessus, de mitrailleuses, essentiellement de calibre de 12,7 ou 7,62 millimètres. Certains véhicules blindés, généralement légers ou destinés au transport de troupes, disposent d'un canon de moyen calibre (20 à 40 millimètres). Enfin, le groupe motopropulseur comprend, outre le moteur lui-même, tout le système de propulsion et de refroidissement, ainsi que la boîte de mécanisme. Le type de moteur varie suivant les chars.

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