Ici, je vais développer ma méthode d'entretien courant, tirée de documents originaux, mais avec quelques entorses "moderne" pour procéder plus vite. Cela veut dire aussi que l'utilisation et l'entretien était l'un comme l'autre, des opérations qui se faisaient très régulièrement, (au moins une fois par mois) et donc ce qui suit, ne vaut que pour les tireurs qui se servent de leurs armes très régulièrement et qui n'ont pas peur de les voir prendre une patine "old time".
Ceux qui veulent garder leurs armes fraiches et flambantes comme au premier jour, même 10 ans après l'achat, circulez ! Ce qui suit risque de vous claquer un infarctus... Sinon il faut faire un démontage complet et un nettoyage en profondeur, ce qui n'est pas le but de cet article.
Dès cette phase, on peut déjà amoindrir le problème du nettoyage, en utilisant une graisse et une huile adéquates, ce qui permet lors de la phase de lavage, d'éliminer plus facilement les suies et résidus. A ce titre, les graisses et huiles à base végétales ou animales sont généralement de bons produits... à l'inverse, les graisses à base minérale (pétrolifères) sont à éviter car elles réagissent en mélasse collante au contact des résidus de poudre noire.
Seul un démontage succinct suffira pour un nettoyage "de campagne". Je ne fait qu'un démontage sommaire dont le but est de faire propre le canon et les chambres. Même à l'époque, il n'était pas prévu de démonter toute la platine à chaque nettoyage.
C'était même fortement déconseillé sans un motif important (problème mécanique). Sur les carcasses ouvertes (type Colt ) je ne démonte que le canon et le barillet... Dans le cas ou le canon aurait du mal a se détacher malgré le retrait de la clavette, il faut s'aider en plaçant le barillet entre 2 chambres en face du refouloir et s'aider du levier en fesant appuis sur la face avant du barrillet... En fesant gaffe, on arrive a forcer, sans martiriser le barillet.
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Sur les carcasses fermées (Remington, Roger & Spencer, Spiller), je retire juste le barillet. Pour les armes à chargement par la bouche, si le canon et la platine se démontent facilement, otez les, sinon laissez les en place. Pour les armes à culasse, n'enlever que les groupes de pièces aisément retirables.
Dans tous les cas, il est impératif de démonter les cheminées au moins une fois sur 2, pour éviter que la corrosion ne se développe dans le filetage. Il faut les démonter à chaque nettoyage si on ne compte pas utiliser l'arme rapidement...
IMPORTANT : Ayant monté aux préalables les cheminées avec de la graisse "marine" blanche, pour moteur (qualité : résistante à l'eau, à la pression et anti corrosion), je ne les démonte quasiment plus que pour le grand nettoyage de l'arme et pas pour l'entretien courant. D'origine, ils ne les démontaient que très périodiquement, ou lorsqu'il fallait les changer parce que cassées ou matées... et ça se fesait toujours a grand coups d'huile d'olive et de pièce chauffées pour pouvoir les dévisser malgré la rouille accumulée.
De nos jour, le WD40 et un chalumeau viennent a bout de n'importe qu'elle cheminée rouillée, mais si un produit existe pour que cela soit évitable, autant l'utiliser.... Donc, "vive la graisse blanche marine"...et "a bas le démontage systématique des cheminées..."
Voila les types de produit que l'on peut utiliser :
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Ces 2 derniers produits ne sont pas tendres avec les finitions bronzées, et les armes soumises à ces produits finiront par user leur finition d'origine.
Je ne vous ferais pas l'apologie de l'urine (humaine ou de cheval) qui fût très utilisé quand l'eau était rationnée.
Trempage de l'arme, canon dans l'eau, crosse dans la main (pas mettre le bois dans l'eau) et écouvillonnage. Un coup de brosse à dent humide sur le chien et aux endroits ou il y a eu dépôts de résidus de tir.
J'évite autant que possible, de mettre de l'eau dans la platine. Trempage du barillet et écouvillonnage des chambres, coup de brosse à dent sur les cheminées...
Dans tous les cas, une fois les pièces immergées, passez l'écouvillon bronze ou crin dans le canon et chambres, et pour le reste, un petit pinceau plat à poil courts et durs, est d'une grande utilité dans les recoins.
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Séchez déjà un maximum avec un torchon vaisselle... pour les intérieurs de canon et barillet, l'écouvillon laine est tout indiqué. Soufflez un maximum dans les mécanismes et trous borgnes. À l'époque, l'utilisation d'un petit soufflet allume feu était surement de mise, mais je fermerait les yeux sur ceux qui dispose d'un compresseur et d'une soufflette.
Le séchage par air soufflé (ou comprimé) a l'avantage d'être rapide et de ne laisser aucune auréole sur les surfaces. Si vous n'êtes pas sûr que tout soit bien sec, une séance sur un radiateur très chaud ou un fourneau finiront de sécher tous les recoins. Les impatients se serviront d'un sèche cheveux mais là encore, c'est anachronique... puristes s'abstenir !
Séchage de l'ensemble soit à la soufflette (méthode moderne) soit essuyage à l'aide d'un torchon et écouvillon laine pour secher chambres et canon... et finition sur un radiateur, ou un fourneau (l'hiver).
J'utilise plus qu'un seul produit : l'huile Balistol (elle se comporte de façon admirable avec les résidu PN, l'eau, qu'elle transforme en graisse, et lubrifie mécanique et canon) L'huile fine pour arme ou l'huile d'olive (très usitée à l'époque, mais légèrement corrosive à l'usage) peuvent être aussi utilisées.
Une fois que tout est sec, on peut réinjecter l'huile à l'aide du'une burette, dans le mécanisme et axe de barillet, en évitant soigneusement d'en mettre sur les surfaces qui seront en contact avec la poudre (chambres, cheminées ) si l'arme est immédiatement rechargée, ce qui était pratiquement toujours le cas à l'époque... sinon, il faut penser une fois le huilage fait, a secher proprement l'huile qui reste avant le rechargement (c'est en partie ce a quoi sert le flambage des cheminées).
Un coup d'écouvillon en crin (ou nylon) légèrement huileux dans le canon reste une quasi obligation ! Ca fini de décoller d'éventuels morceaux de plombs et ça huile l'âme.
À ce niveau, il faut aussi badigeonner de graisse ou d'huile épaisse, les espaces entre les bois et le métal, ce qui évitera à l'eau de rester dans ces interstices... Bien sûr, cela n'est utile que pour ceux qui trimballent et utilisent leur armes par toutes conditions atmosphériques...
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