Envie de participer ?
Bandeau

L'influence de l'occitan sur le français est un domaine d'étude fascinant, bien que les sources occitanes n'aient pas encore été pleinement exploitées. Il est important de noter que la maîtrise du français par les auteurs des dictionnaires n'est jamais équivalente à celle qu’ils peuvent avoir en français. L'occitan, avec le temps, s'est peu à peu déformé, et il est parfois difficile de retracer l'origine occitane de certains mots français.

De nombreux mots du français moderne ont une origine occitane avérée, comme en témoignent les dictionnaires. C'est pourquoi j'ai entrepris le travail que vous allez lire maintenant. Il faut excuser les erreurs possibles, car la maîtrise des langues est rarement parfaite.

Exemples de Mots d'Origine Occitane

Voici quelques exemples de mots français dont l'origine occitane est notable :

  • Abeille : Du latin apicula (diminutif de apis, abeille), via l'occitan abelha [a’b”¥O]. L’ancien français disait aussi « mouchette ».
  • Abricot : Emprunt au catalan albercoc, mais lié à l'occitan albricòt. L’histoire du mot se confond avec celle de la diffusion du fruit.
  • Acabit : Du verbe occitan acabir [aka’bI], signifiant « placer, ranger, caser, loger... », « contenir ».
  • Accolade : Bien que le TLF repousse l’emprunt à l’occitan, celui-ci connaît acolar (accoler, passer qc autour du cou). Le français utilise la périphrase « donner l’accolade ».
  • Accoster : Ce verbe était connu en ancien français (XIII° s.), mais son usage dans les termes de marine (XVI° s.) vient de l’occitan acostar (XII° s.).
  • Accoutrer : Contemporains (XIII° s.). « Se van ben armar et acotrar cascun » Chronique des Albigeois, col. 28. Ils vont chacun se bien armer et accoutrer.
  • -ade : Le suffixe -ade est emprunté à diverses langues méridionales : l'esp. -ada, le prov. -ado, l'ital. -ata (lat. d'abord, de la substantivation des part. forme pop. rég. -ée : entrée, montée, année, brassée, etc.).
  • Adouber : Terme féodal (11ème s.) qui, en occitan, signifie plus largement « accommoder », « réparer », « arranger ».
  • Adret : Un terme proprement panoccitan, signifiant le versant ensoleillé d'une montagne. En témoigne d’ailleurs la toponymie.
  • Affre : Bien que la recherche de l’origine d’un mot finisse toujours par s’arrêter, le mot viendrait de « horrible, terrible » et de l’occitan serait passé au français.
  • Affréter : « équiper un navire » (Arch. Nat. JJ 61 ds GDF. deschargier en l'ille de Chansuy). « L naus ben garnidas et afretadas » Cat. Dels apost. De Roma, fol. 164 Cinquante navires bien garnis et bien équipés.
  • Agachon : Prov. agachon, 1375 « témoin mis au pied d'un terme » (cité par P. PANSIER, Hist. de la Lang. Prov. XIIe au XIXe s., t. 3, 1927, p. 6); prov. mod. judas » (MISTRAL t. 1 1879); prov. mod. guichet » (ALIB. 1966 s.v. agachar); dér. de l'a. prov. agach « guet » (aguaitz, XIIe s., P. d'Auvergne ds RAYN. t. 3, p. no 8 s.v. agach), lui-même déverbal de l'a. prov. agachar « regarder ».
  • Aganter : Agantar [agan’ta] Saisir, atteindre, prendre… dans le vocabulaire de la marine.
  • Aigle : L’origine occitane est probable, l’ancien français avait « aille ».
  • Aigrette : De l’ancien occitan aigron (héron) (RAYNOUARD, LR. XII° s. NB. variable selon les parlers) du mot à travers peu ou prou le système graphique du français.
  • Agrumes : Ce nom collectif en français des oranges, citrons, etc... est arrivé en français au XVIII° siècle. l’ensemble des fruits à saveur acide. mot français par une sorte de pléonasme est toujours au féminin pluriel (les agrumes).
  • Aiguade : Douce. des sources et, par glissement de sens, une provision d’eau (aiga). français, comme beaucoup de termes concernant la mer et la navigation.
  • Aiguadier : Personne qui surveille la distribution de l’eau des canaux d'irrigation.
  • Aiguage : Droit de conduire de l’eau sur le terrain d’autrui au moyen d’un tuyau.
  • Aiguail : Rosée. De aiga, eau. Le mot français se veut recherché et poétique.
  • Aigue-marine : Nom d’une pierre fine et transparente. devenue aigamarina.
  • Aiguière : 1352 aiguière « vase servant à mettre l'eau, et qqf. le vin »/…/ Empr. à l'a. prov. aiguiera, attesté dep. le XIVe s. d'amors, fo 69 ds RAYN. I, p. 40 : Plenega per aiguiera), du lat. pop. *aquaria, subst. formé à partir de l'adj. rapportant à l'eau » (urceos aquarios, CATON, De agricultura, 9, 10, 2 ds TLL, 366, 30), dér. de aqua « eau ».
  • Aiguillade : On dit aussi - dans les deux langues - « aiguillon agulhon ».
  • Aiguillat : Sorte de poisson de mer, en occitan on l’appelle aussi cat de mar, chin de mar.
  • Aiguille : Agulha. Fine tige d'acier pointue. plantes...), cet emploi étant aussi parfois passé au français (aiguilles rocheuses)...
  • Aiguillon : Bâton pourvu d’une pointe d'acier, généralement pour conduire le bétail. agulhonar (aiguillonner). De agulha, aiguille.
  • Aiguillot : Terme de marine : pièce de fer pointue à l’avant du gouvernail. occitan est au pluriel et désigne littéralement des «petites aiguilles». De agulha, aiguille.
  • Aillade : Alhada. Croûton de pain à l’huile et frotté d’ail. venue des Gascons à Paris à la suite d’Henri IV (c’est à dire Enric III de Navarra). alhar, ailler), soit une soupe, ou une sauce, ou encore une tranche de pain frottée d’ail. Ensemble de têtes d’ail.
  • Ailloli : Alhòli [a’jOli] alh+òli (ail + huile, d’olive, est-il besoin de le préciser ?). parler à l’autre. TLF. 1744 « sauce à base d'ail pilé et d'huile » (GILLART, Dict. fr.-bret. ds QUEM. t. aillolis « id. » (Ac. Compl. Empr. au prov. mod. aioli (MISTRAL t. 1 1879) « id. » composé du prov. mod. ai « ail » et oli « huile ». est une francisation graph. pour préserver la prononc. prov. et faire sentir la parenté morphol.
  • Airelle : Selon le TLF il s’agit d’un emprunt : “à un mot dial. du Massif Central, t. 1, 1957, carte 212, points 9 et 4) ou des Alpes (voir ROLLAND, Flore pop., t. 7, p. Ling. fr. 1946, pp. 243-244), dér. d'un simple attesté par le prov. mod. aire, du lat.
  • Aliboufier : (18ème s. leur baume, en particulier lorsqu'il s’agit de l’espèce Styrax officinalis. du tronc. pulmonaires. On l’utilise aussi pour traiter certaines maladies de peau. en tant qu’encens. En parfumerie, il joue le rôle de fixateur, le plus souvent dans des parfums féminins. blanc-verdâtre. Le fruit se nomme alibòfi [ali’bOfi] en occitan. équivalent imagé de « testicule ».
  • Aligot : Ce mets a été à l’origine préparé avec des morceaux de pain et avec de la tome fraîche. finement. Purée qu’il faut travailler pour obtenir une texture très élastique.
  • Alose : (16ème s.) Alausa. Sorte de poisson. Celui-ci se pêche au moyen d’un filet appelé alausièra. aussi l’alouette bien que la forme lauseta soit plus répandue.
  • Amadou : Substance inflammable utilisée pour les mèches de briquets. amant », « amoureux » ou, dans l’acception classique, « digne d’être aimé ». vient plaisamment sans doute de sa facilité à « s’enflammer ». Le TLF conteste cette étymologie, sans en proposer d’autre. qui une fois sec s’enflamme facilement et servait autrefois à allumer le feu.
  • Amariner : navigation. vaisseau », « s’habituer à la mer » etc. (mar, mer ; marin, relatif à la mer). (PDPF)
  • Amarinage : Terme de marine : accoutumance à la mer. mer ».
  • Amas : (14ème s.) Amàs. Choses accumulées. Le mot occitan désigne encore un dépôt ou un abcès. amassar (réunir, suppurer). (PDPF) Réunir, entasser des choses.
  • Ambassade : Empr. à l'ital. ambasciata, attesté dep. le XIIIe s. Représentation diplomatique d’un État. non le lieu, la résidence de l’ambassadeur (cf. Ambassadeur), qui est une ambaissariá. En résumé : « vient de l’italien » (qui vient de l’occitan). « Papauté d’Avignon » (1309/1378) et du « Grand Schisme » (de 1378 à 1418).
  • Amble : Allure du cheval entre le pas et le trot. Le verbe latin est ambulare. d’autres animaux courant en levant les jambes parallèlement du même côté. ambladura (allure du cheval à l’amble), amblant (qui va à l’amble)... Ambler (12ème s. ) : Amblar. Aller à l’amble.
  • Amour : Sentiment, attrait puissant. Troubadour « D’un amor qui m lass e m te » B. de Ventadour. D’un amour qui m’enlace et me tient. En cossirier. du prestige du mot. DHLF. franques, et qui n’est guère féministe. normale ameur (cf. fleur) étant attestée plus tard (déb.
  • Amoureux : (12ème s.) Amorós. Celui qui aime d’amour. De amor (Cf. Amour). attesté dans sa forme d’origine - dans son passage en français. diffusé en Occitanie comme surnom, puis comme patronyme. de Malespine, Dona a vos, dame je suis bien gai et amoureux pour l’amour de vous.
  • Amure : (16ème s. ) Amura. Terme de marine : cordage tenant le coin de la voile du côté du vent. De amurar.
  • Amurer : s.) Amurar. [amy’ra]. Tendre l’amure.
  • Anatomie : 1370 « étude de la structure des organes par leur dissection » (ORESME, Eth., 29 ds GDF. Compl. « Aysso mostra la anathomia./ En un nervi en la anathomia apelat optic ». Eluc. De las propr. Fol. 53 et 16. montre cela. Un nerf appelé optique dans l’anatomie. « La sciencia de anotomia » Trad. D’Albucasis, fol. 1.
  • Anchois : Empr. à l'a. prov. anchoia, attesté dep. 1397 (d'apr. P. PANSIER, Hi...

Pour la plupart des mots, on constate qu’ils apparaissent dans les deux langues à des époques extrêmement voisines. Il est donc aléatoire d’établir l’influence de l’une sur l’autre. Reste la philologie, et l’histoire. L’occitan, dans aucun domaine, ne présente de retard par rapport au français au Moyen-Âge, et même une avance pour certains secteurs.

Dans certains cas, les dictionnaires vont chercher l'origine des mots dans les bases de données de l'italien, et parfois de l'espagnol, en désespoir de cause. Il arrive parfois que les terminaisons en -ée / -ade coexistent. Ailleurs, les dér. à la satire (cf. D’AUBIGNÉ). « gasconisés » se multiplient, avec de fréquents glissements ou spécialisations de sens. Un « toréador » qui n’est espagnol que d’allure.

Lire aussi: "Fleur au Fusil": une expression expliquée

Lire aussi: Découvrez des perspectives variées sur les armes à feu

Lire aussi: Décryptage de "Les mots sont des pistolets chargés"

tags: #citation #pagnol #coucourde #maruis

Post popolari: