Si l’ours brun, le lynx et le loup font aujourd’hui partie du patrimoine naturel de nos campagnes, leur développement ne doit pas mettre à mal 50 années d’efforts pour la réhabilitation des populations de grands ongulés en France.
La FNC (Fédération Nationale des Chasseurs) est particulièrement vigilante et préfère une approche pragmatique sur ce dossier. La présence de ces espèces doit rester en équilibre avec les activités socio-économiques telles que la chasse et l’élevage, et être compatible avec le niveau d’acceptation des populations rurales, sans qu’elles ne soient sacralisées et mises sur un piédestal ce qui n’apporte strictement rien à leur conservation.
« Notre pays n’est pas une réserve écologique grandeur nature, à l’image du parc de Yellowstone aux États-Unis. »
La FNC accueille avec bienveillance la mise en place d’une gestion adaptative de cette espèce, contribuant à désacraliser le loup qui avait été mis sur un piédestal en France.
Les Fédérations demandent donc à ce que cette problématique soit gérée de façon efficace et moins onéreuse pour le contribuable, et que l’impact sur les grands ongulés et la pratique de la chasse soient clairement expertisé.
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André Mugnier, président de la commission Grands Prédateurs à la FNC l’a annoncé en mars 2020 : « à la fin de cette année nous tiendrons un congrès extraordinaire sur le loup en France, avec nos amis du monde agricole, et d’autres composantes de la ruralité.
La FNC et ses Fédérations des chasseurs participent activement à l’élaboration du nouveau PNA visant à la reconstitution de populations naturelles de Lynx en France et y défend le maintien de populations de grands ongulés en bonne densité, en bon état de conservation, une coexistence avec les activités cynégétiques et la participation du monde de la chasse aux programmes de recherche et de suivi.
Avec un effectif estimé de 150 ours au début du XXe siècle, la population a été en baisse constante jusqu’à ne plus représenter qu’un noyau résiduel de 5 individus, localisé en Béarn, en 1995.
Dans le cadre du plan d’actions ours brun 2018-2028 et du fait de l’augmentation sensible des dommages aux activités d’élevage sur l’ensemble de la chaîne pyrénéenne et notamment en Ariège, l’État vient de fixer une feuille de route avec les principales mesures qui seront mises en œuvre pour accompagner les éleveurs face aux difficultés qu’ils rencontrent.
Comme pour le loup, cette feuille de route s’articule autour du renforcement des moyens de prévention et d’indemnisation, de la mise en place de tirs d’effarouchement et d’une gouvernance régionale (groupe de travail pastoralisme et loup à l’échelle du massif) animée par un préfet coordinateur.
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Le Groupe de Travail Grands Prédateurs de la FNC a pu faire une analyse comparative des mesures de prévention, formation, information « ours et chasse » mises en place dans les différents départements de France.
Les Fédérations des chasseurs de la chaîne pyrénéenne sont dans un processus d’échange constant avec la DDTM et les Préfets pour trouver des solutions de coexistence au plus proche du terrain.
Le cadre législatif et réglementaire encadrant la gestion de l'ours brun en France est rigoureux, visant à concilier la protection de l'espèce et les activités humaines, notamment l'élevage.
Les textes de référence incluent :
Ces textes définissent les conditions dans lesquelles des dérogations à l'interdiction de perturbation intentionnelle des ours bruns peuvent être accordées par les préfets, notamment pour prévenir les dommages aux troupeaux.
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Ces dérogations sont possibles à condition qu'il n'existe pas d'autre solution satisfaisante et qu'elles ne nuisent pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle.
Les préfets peuvent accorder des dérogations permettant le recours à des moyens d'effarouchement des ours sur une estive donnée selon deux modalités :
La délivrance de ces dérogations est conditionnée à la mise en œuvre effective et proportionnée des moyens de protection du troupeau.
Pour la mise en œuvre de l'effarouchement simple, tout éleveur, groupement pastoral ou gestionnaire d'estive peut déposer auprès du préfet de département une demande de dérogation en vue de l'utilisation de moyens d'effarouchement olfactifs et des moyens d'effarouchement sonores et lumineux suivants :
Cette demande précisera l'identité des personnes chargées de la mise en œuvre de l'effarouchement et doit être justifiée par la survenance d'au moins une attaque sur l'estive dans les 12 derniers mois, ou d'au moins quatre attaques cumulées sur l'estive au cours des deux années précédant la demande, ou de plus de dix attaques par an en moyenne lors des trois saisons d'estive précédentes.
La dérogation est délivrée par le préfet de département pour une durée maximale de 8 mois ne pouvant s'étendre au-delà de la saison d'estive en cours.
Le déclenchement des opérations d'effarouchement ne peut intervenir que lorsqu'un ours est repéré à proximité du troupeau ou lorsque des indices témoignant de la présence récente de l'ours brun à proximité du troupeau ont été relevés et validés par l'Office français de la biodiversité.
Pour la mise en œuvre de l'effarouchement renforcé, tout éleveur, groupement pastoral ou gestionnaire d'estive peut déposer auprès du préfet de département une demande de dérogation, permettant le recours à l'effarouchement par tirs à effet sonore à l'aide d'un fusil de calibre 12 chargé de cartouches à double détonation.
Cette demande peut être présentée dès la deuxième attaque intervenue dans un délai inférieur à un mois malgré la mise en œuvre effective d'opérations d'effarouchement simple, ou pour les estives ayant subi au moins quatre attaques cumulées sur les deux années précédentes, dès la première attaque survenue malgré la mise en œuvre effective d'opérations d'effarouchement simple lors de l'estive en cours, ou pour les estives ayant subi en moyenne plus de dix attaques par an au cours des trois saisons d'estive précédentes et ayant déjà subi une attaque après cette mise en œuvre effective.
Les opérations d'effarouchement renforcé doivent respecter des conditions strictes, notamment :
Dans le cœur du parc national des Pyrénées, aucune mesure d'effarouchement renforcé ne peut être autorisée.
Face au comportement menaçant d'un ours lors des opérations d'effarouchement renforcé, les agents de l'Office français de la biodiversité peuvent, pour la protection des personnes réalisant l'opération, recourir à des tirs non létaux, à l'aide d'un fusil de calibre 12 chargé de cartouches à munitions en caoutchouc.
La gestion de l'ours en France est un sujet complexe qui nécessite une approche équilibrée entre la protection de l'espèce et la prise en compte des activités humaines. Les mesures d'effarouchement, encadrées par une réglementation stricte, visent à prévenir les dommages aux troupeaux tout en minimisant l'impact sur la population ursine. La collaboration entre les différents acteurs, notamment les éleveurs, les chasseurs et les autorités, est essentielle pour assurer une coexistence durable.
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