Il n'est pas facile de réconcilier les pro et les anti-chasse. Une opération de contrôles « sécurité à la chasse » se déroule depuis deux semaines au niveau national. Les uns sont méfiants, les autres aussi. Comment alors faire communiquer deux mondes qui se parlent peu, chasseurs et non-chasseurs, de manière apaisée ?
Est-il possible de faire comprendre la nécessité, pour les uns, passionnés, de réguler le gros gibier (sangliers, cerfs, chevreuils), et pour les autres, habitants ou promeneurs, de se sentir en sécurité ? Car des accidents, il y en a malheureusement chaque année.
« La quasi-totalité, en raison du non-respect des mesures de sécurité de la part des chasseurs », enfonce Patrice Friconneau. Alors s’assurer que les consignes sont respectées, c’est l’une des missions du chef de l’unité sud du service départemental de l’Office français de la biodiversité (l’OFB 44 compte trois personnes).
Ce samedi 16 décembre, lui et sa coéquipière Marjolaine Moreau sillonnent la campagne du Vignoble nantais. Très vite, à l’entrée du Bignon, ils repèrent un chasseur posté en bord de route. En ligne de mire, des habitations et des vaches. « C’est aberrant », lâche, agacé, le policier de l’environnement.
Après lui avoir demandé de désarmer son fusil et contrôlé les papiers, les agents lui expliquent que sa position est dangereuse. La battue s’arrêtera sur le champ pour l’homme de 82 ans, qui obtempère sans résistance et remballe son matériel.
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Les policiers de l’environnement et salariés de la Fédération des chasseurs sillonnent les campagnes du département de Loire-Atlantique depuis deux semaines. Depuis deux semaines, les policiers participent à une démarche nationale de contrôle, comme il en existe régulièrement.
Celle-ci vise en particulier à vérifier le port du gilet orange fluo et l’angle de tir par rapport aux zones à risques humain ou matériel. Cette opération est menée conjointement avec la Fédération des chasseurs.
La Loire-Atlantique compte 12 000 chasseurs. Une infraction coûte 135 €. Une cinquantaine d’amendes environ sont dressées chaque année dans le département. Pour la saison 2023-2024, déjà trois incidents (balle dans une cuisine, projectile sur un chien) et une blessure grave sur un chasseur sont recensés.
« C’est trop », déplore Patrice Friconneau qui ne veut pas revivre l’année 2017 où deux chasseurs avaient trouvé la mort. Ce type de signalisation fait partie des obligations pour la sécurité des chasseurs et non-chasseurs.
Cette démarche de responsabilisation convainc-t-elle les riverains ? « Je n’ai aucun problème avec eux », indique un trentenaire qui promène son chien et discute avec son ami Loïc, en gilet orange. Originaire de Château-Thébaud, le village voisin, il explique : « J’ai toujours vu des chasseurs à la campagne, ça ne me dérange pas.
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Un joggeur, croisé un peu plus loin, n’a pas la même tolérance. « Je ne m’interdis pas de courir mais j’ai peur, ils sont si proches des habitations et des chemins de promenade.
« Souvent, ils passent sur des chemins privés. On leur explique, ils ne veulent pas comprendre et nous insultent. Ils voient un chasseur et pensent qu’on est des tueurs », regrette Loïc, intransigeant sur la sécurité, chasseur depuis plus de trente ans.
Patrice Friconneau, chef de l’unité sud du service départemental de l’Office français de la biodiversité et sa collègue Marjolaine Moreau ; Nicolas Delattre et Mélanie Gireaud de la Fédération des chasseurs de Loire-Atlantique.
Il y a parfois des postures, souvent une méconnaissance de part et d’autre, analyse Patrice Friconneau. Même si les choses ne sont pas si tranchées, « les villages grossissent et certains néoruraux peuvent ne pas avoir la culture campagnarde.
| Mesure/Infraction | Détails | Conséquences |
|---|---|---|
| Port du Gilet Orange Fluo | Obligatoire pour les chasseurs | Assure la visibilité et réduit les risques d'accident |
| Angle de Tir | Doit être contrôlé par rapport aux zones à risques | Évite les tirs accidentels vers les habitations ou les personnes |
| Infractions | Non-respect des consignes de sécurité | Amende de 135 € |
| Incidents Saison 2023-2024 | Balle dans une cuisine, projectile sur un chien, blessure grave sur un chasseur | Renforce la nécessité des contrôles et de la sensibilisation |
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