Le fusil Charleville est une arme emblématique de l'armée française, dont l'histoire s'étend du XVIIe au XIXe siècle. Les célèbres fusils et pistolets ardennais de la Manufacture royale puis impériale de Charleville ont parcouru le monde, et les exemplaires existants restent très recherchés par les collectionneurs.
La Manufacture d'armes de Charleville fut créée en 1675. Les guerres successives des XVIIe et XVIIIe siècles obligent le royaume à se doter de manufactures d'armes. La première est celle de Charleville, une cité nouvelle construite à partir de 1606 par Charles de Gonzague, duc de Nevers et de Rethel, pour rivaliser avec Sedan, ville protestante.
En 1675, une fabrique est créée à Charleville par le directeur général des manufactures et magasins royaux d'armes, Maximilien Titon, et le négociant Toussaint Fournier. En 1688, le privilège de Manufacture royale est accordé à la ville. Les armes sont montées à Charleville à partir de pièces produites dans deux autres établissements principaux, implantés à Nouzon et à Mohon, mais aussi dans de multiples « boutiques » d'artisans façonniers de la vallée de la Meuse et de la Semoy.
Le 24 juin 1717, la Manufacture a l'honneur de recevoir la visite d'un des plus grands souverains d'Europe, Pierre 1er de Russie. L'empereur russe, arrivé la veille de Paris, est sans doute intéressé par la ville nouvelle de Charleville, étant lui-même le bâtisseur d'une autre ville nouvelle, St Petersbourg. C'est Victor Fournier qui accueille cet hôte exceptionnel et curieux.
Si Pierre 1er peut observer les ouvriers à l’œuvre, aucun fusil n'est remis au tsar, pour protéger les secrets de fabrication et les choix de l'armée royale française, 1717 étant l'année d'un nouveau modèle de fusil.
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En 1717 sort la première arme réglementaire (approuvée comme arme de guerre par l'armée), un fusil à poudre noire dont les cotes de chaque pièce sont définies dans un règlement et des matrices, de façon à garantir leur standardisation et leur interchangeabilité. On estime que la Manufacture de Charleville a produit environ 72 modèles de fusils et 24 modèles de pistolets.
Plusieurs modèles se sont succédé au fil des années :
Le fusil 1777 corrigé An IX tire son nom du calendrier révolutionnaire français, où "An IX" correspond à l'année 1800. Il a été adopté en 1800, sous l'initiative de Napoléon Bonaparte. Ce modèle est une version modifiée du fusil Charleville 1777, une arme emblématique de l'armée française durant la Révolution. Les modifications apportées ont été réalisées pour répondre aux besoins de l'époque napoléonienne.
Le fusil 1777 corrigé An IX a été développé par une commission spéciale nommée par Napoléon Bonaparte pour améliorer le modèle de base du fusil Charleville 1777. Les principales modifications apportées concernaient la platine, la crosse et l'embouchoir, afin d'améliorer son efficacité et sa fiabilité sur le terrain.
La mise à feu du fusil se fait par platine à silex, une technologie couramment utilisée à cette époque, permettant une mise à feu plus rapide et fiable. Le canon lisse du fusil mesure 1 135 mm, avec un calibre de .69, ce qui permet une portée efficace lors des combats.
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Le fusil a une longueur totale de 1 510 mm, une taille standard pour les fusils militaires de l’époque, offrant une bonne maniabilité et une précision à longue portée. Son poids est de 4,5 kg, ce qui est relativement lourd pour un fusil d'infanterie, mais cela garantit la robustesse de l'arme et sa capacité à supporter une utilisation en campagne.
La version corrigée du fusil Charleville 1777 a été adaptée pour répondre aux exigences des guerres napoléoniennes. Le fusil 1777 corrigé An IX a été une arme stratégique de l'armée napoléonienne, intégrant les ajustements nécessaires pour renforcer la fiabilité et l’efficacité des soldats sur le terrain.
Le fusil français (modèle 1777 modifié an IX) tire une balle en plomb de 21 g. Le serrage de la balle dans le canon rend le tir plus précis (écart d'environ 1 mètre à 100 mètres) mais l'arme plus longue à charger (environ 2 coups par minute). Pour des raisons techniques, il a plus de ratés que le modèle britannique.
Le fusil britannique dit "Brown Bess" tire une balle de 32 g ce qui le rend plus efficace contre les chevaux. La précision est moindre que le modèle français mais la cadence de tir est plus rapide (3 voire 4 coups par minute).
Voici un tableau comparatif des deux fusils :
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| Caractéristique | Fusil Charleville 1777 corrigé An IX | Fusil Brown Bess |
|---|---|---|
| Calibre | .69 | .75 |
| Poids de la balle | 21 g | 32 g |
| Cadence de tir | 2 coups par minute | 3-4 coups par minute |
| Précision | Plus précis | Moins précis |
La manufacture sera arrêtée en 1836, jugée trop près des nouvelles frontières de 1815, en cas d'invasions. La fermeture de cette entreprise provoque la ruine de nombreux autres entrepreneurs et artisans ardennais.
Dans le contexte de la garde nationale, il est possible que ce soit le garde national qui se soit acheté ce fusil et ça dépend aussi de sa fortune personnelle.
Un forumeur a parlé des gardes nationaux d'Alsace assez friqués qui pouvaient se payer des fusils 1777 de bonne qualité et pas des N° 1. Ce 1814 lègue la mémoire fusse elle oubliée depuis 200 ans au moins le nom de son proprio !
Le Louis Guenin a fait poinçonner dans le bois son nom donc sur canon sur crosse et sous contreplatine. Il ne voulait pas qu'on lui pique a priori !!
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